‹ L'abolition de l'esclavage (volume 2)Chapitre 20 sur 59 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

4 u!m. — Porto-RIco.

Les villes, les temples, autrefois fondés par l'Espagne sur le confinent de l'Amérique du Sud, les monuments qu elle éleva, les travaux d'art qu'elle sut exécuter, ont laissé d'imposantes ruines. On se demande comment tant de grandeur a disparu. Le mépris de quelques esprits exclusifs pour le génie des races latines n'explique rien. Car, au nord de l'Amérique, les Anglais ont perdu la plus belle de leurs colonies avec une facilité qui n'excite

1 Voyages de Humboldl et de Bonpland, V partie, relation historique, tome III, liv. X, thap. vu et vin. Paris, 1825, in-fol. — Description de Vile deCuba, par M. Ramon de la Sagra, correspondant de l'Institut.— Cuba, ses ressources, etc., par don Vasquez Queipo et don José Antonio Saco, traduction de >I. d'Avrainville, imprimerie impériale, 1851 . — Documents espagnols et anglais sur Cuba et Porto-Rico, Revue coloniale, 1845-1800. — La Question de Cuba, Paris, 1859, Dentu. — The west Indies and Oie Spanisk Main, par Anthony Trolloppe, 18G0. Tauchnitz, etc.

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pas moins la surprise. On a peine à croire que les soldats que Washington eut à combattre fussent du même sang que les soldats qui, peu d'années après, se mesurèrent avec les armées de la France. Pourquoi les Anglais, pourquoi les Espagnols ont-ils laissé tomber de leurs mains ces possessions magnifiques? Parce que ces mains étaient devenues débiles et corrompues.

Or cette corruption, due à des causes bien diverses, tienl avant toutà celle-ci : sur la surface entière du globe^ les races qui font travailler, sans travailler elles-mêmes, tombent en décadence. Là où passe le Turc, la familledisparaît, le sang s'appauvrit, la terre se stérilise. C'est une loi générale, et cette loi est la justice même.

Comparez aujourd'hui les États-Unis du Nord avec les Élats-Unis du Sud, ou les États-Unis du Nord avec le Brésil ; sous d'autres aspects, la même loi se manifeste.

Dans la seule colonie qu'ils aient conservée en Amérique, dans l'île de Cuba, les Espagnols maintiennent cependant avec obstination l'esclavage.

I.a prospérité de cette colonie paraît même une objection, la principale objection des partisans de l'esclavage.

Il se fait à Cuba des fortunes énormes, et la ville de la Havane, avec ses 200,000 habitants, est une des capitales de la richesse et du luxe ici-bas, une des premières places du monde commerçant. Le gouvernement espagnol tire de Cuba un revenu croissant. Le chiffre des importations et des exportations est magnifique1. Sur le sol de l'île, la canne se reproduit par ses propres rejetons

1 L'Espagne a pour politique de ne pas faire connaître annuellement le»

COLONIES ESPAGNOLES. 19ff

plusieurs années de plus que partout ailleurs1. Les sucresbruns de Cuba sont égaux aux sucres blancs anglais de seconde qualité*.

revenus qu'elle tire de son commerce. Cependant de divers renseignements réunis dans la Balanza gênerai de cotnercio et dans d'autres documents il résulte le tableau suivant du progrès des importations, des exportation* ei des revenus, de 1827 à 1847.

\R(C. col., 1851. 7, 445, d'après Y Anti-Slarery reporter, cl 1847, 13, 161. d'après le Colonial Magaitnt. Cul», par d'ATrainville, tableaux annexée y

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