‹ L'abolition de l'esclavage (volume 3)Chapitre 32 sur 78 · PO UT U G AL · texte numérisé non relu

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vastes possessions du Portugal au seizième et au dixseptième siècle, lorsque, maître de la côtedeZanguebar et de Mascate, il avait fait de Mélinde une florissante colonie.

Il ne faut pas chercher seulement la raison de la décadence de ces immenses possessions dans les obstacles que le climat oppose à la santé des Européens, car plusieurs points, notamment sur la côle orientale, sont salubres, arrosés de cours d'eau, ombragés de forêts, peuplés d'animaux nombreux nourris par une terre fertile. La disproportion entre les ressources d'un petit royaume d'Europe et l'étendue de ses établissements, n'est pas non plus une explication suffisante; on sait ce que la Hollande afait de Java. Lesdeuxplaiesdel'Afrique portugaise furent la mauvaise administration et la traite; encore est-ce la traite qui a surtout corrompu l'administration. « A force de vendre des esclaves, dit M. Vogel ^ on a dégarni le? plantations, fait fuir les travailleurs, exaspéré la popula lion indigène,... et, par l'appât d'infâmes profits, fait de ces provinces un exutoire de la société porlugaise. » Qui donc voudrait salir son nom en plaçant ses capitaux dans des entreprises si aventureuses et si honteuses? Si l'on disait que les nègres ne travaillent que par contrainte, on les calomnierait, car, dans cette partie de l'Afrique, dit encore M. Vogel * , « le mode d'exploitation par accord avec des noirs libres et salariés est celui par lequel on a toujours obtenu les meilleurs résultats. »

« P. 564, ch. XXII.

« p. 579, ibid.

Nous avons cité ailleurs la lettre du pape Benoît h Jean, roi de Portugal, où il lui remontre que les traitements exercés par les chrétiens envers les malheureux esclaves leur font prendre en horreur le christianisme.

Ainsi, un même crime biise à Isi fois les trois instruments de toute civilisation , la religion , le travail, le capital. Débarqués, très-fiers de leur race et de leur civilisation supérieures, sur ces rivages lointains, les Européens chrétiens avaient la mission d'élever les misérables peuplades qui les habitent au-dessus de la polygamie, de ridolâtrie, de la chasse aux esclaves, de la vente des hommes. Au lieu de les convertir, ils les ont imités; ils ont pratiqué l'esclavage, la traite, la polyganiîe et s'ils n'ont pas été idolâtres, s'ils n'ont pas adoré les faux dieux, c'est parce qu'ils n'en ont adoré aucun. Puis on s'étonne que quelques pauvres missionnaires, jetés entre de teli^ fidèles et de tels néophytes, n'aient pas transforrtié l'Afrique, et Ton s'écrie que les nègres résistent au clirîslianîsme! Oui, quand ils regardent les chrétiens.

L'avenir de l'Afrique portugaise est dans rëvangélisàtion et dans l'agriculture. L'abolition de l'a traite, puis de* l'esclavage, est le préliminaire indispehsable de toutes* deux. On l'a compris enfin. Après la traite, l'esclavage commencée être frappé.

Par un décret du 14 décembre 1854, et par une loi du 30 juin 1856 \ les esclaves appartenant à V État , àusê municipalités , aux établissements charitables de Vordre

« Bev, coL, 1858, 20*' vol., p. 585.

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