‹ L'abolition de l'esclavage (volume 4)Chapitre 19 sur 56 · I.A HIM.L^MiL i.r · texte numérisé non relu

I.A HIM.L^MiL i.r

corps tendu les coujis d'un marlinel à neuf branclits tenu par un vigoureux nègre, sous les yeux d'une créole ûléganfeel souriante'.

Je crois el je me hàle de dire que les violences excessives sont rares, mais la situation est plus forte que la législation. On voudrait girder les enfants à leurs mères, mais la gène force à les séparer*. On voudrait bien nourriiet bien vélir les esclaves, mais l'avarice, la négligent' ou la pauvreté mènent à les laisser souffrir, et l'ordonnance de 1817 t'alleste'. On voudrait bien ne pas imiter les grossiers procédés des Américains, mais, quand les esclaves prennent la fuile, il faut biim nller à la chasse e( employer des patrouilles d'autres nègres , de nègres boscli, que l'on paye pour dépister et iippréhender les fugitifs*. On voudrait bien évangéliser ces esclaves, el les Frères moraves s'en occupent. Mais ces Moraves euxmâracs ont des esclaves; leur parole sans culte agit peu, e\ leur exemple agit davantage, aussi bien que celui des maîtres, peu dévols en général, dans cette vie qui est une' continuelle tentation de dureté ou de mollesse. Aussi des observateurs peu suspects de sensibilité ou d'exagération s'expriment ainsi" : « A Surinam, on laisse les noirs entièrement libres sur l'article de la religion, plusieurs même exercent la religion de leur pays'. » On voudrait

' Siaven en Vrijen onder de Ned^rlaiidsdie Wel, iiilgeten door f»' W B. ïan Hoévell, 1854, V volume, p. 97. ' Ibid., ch. u, Moeder m Kînd.

'fWd.ch. »i, il.

' 2" ïol., cil. TU, WegioopeTS en BoschpatrouiUes. > Holet de MM. Zém (1824), Soleau, Ugrange (1854), \<. 45. ' Van Hœïcil, U, cli. ti, p. It6, de Godsdienst.

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^66 i;ksclavage.

■enGn ne pas battre les esclaves, et ta loi, la pilié, l'intérêt le défendenl ; mais, écrivent les mêmes témoins, » il y a des lois établies pour les punitions infligées suivant les fautes, mais on n'y tient guère la main; cliacun a^it ■à. peu près comme il veut. »

Il en est ainsi jusqu'au moment où le gouvernement, voulant enfm agir d'une manière efficace, intervient, fixe les heures de travail, ou bien interdit le transport et par ^nséquent la vente d'une habitation à l'autre'. Dans ce «as, la tutelle du gouvernement linit par paraître intolé- ■rable atix propriétaires, en sorte que le régime d'une colonie à esclaves aboutit toujours à l'arbitraire des maîtres sur les esclaves, ou bien à l'arbitraire du pouvoir sur les maîtres.

Sous ce régime, la prospérité matérielle de la colonie «strclleen décadence? '

Les fondateurs de Surinam ont été dignes de leurs compatriotes; ils ont, par d'clonnant» travaux, conquis

■ «ette terre sur la marée et sur la pluie, ils ont fait sortir des eaux une vaste étendue de terrain qui s'élend du Maroni à la rivière de Demerari, et formée d'une vase

. bleue, recouverte d'une couche épaisse de fumier végé- ■tal, porte avec abondance la canne et le coton, le café et le cacao, et à peu près tous les produits que la main de l'homme lui confie. On prétend qu'à la Qn du dernier

' H. de Casieltiau cile les résistances contre cette règle, imposée en ISiti par le gouverneur Van Badcrs, loc. cit., p. 375.

Comme dans lotis les paye k esclaves les lois sont itussi nombreuM'S que stériles. Le rapport de la Commission de 1855, 1" par^e, p. \5, fi'e ont* lois ou règlements de 1S18 » 1853.

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LA HOLLANOE. 267

siècle, 80,000 esclaves, distribues siirOOO élablissemenls, produisaient ;iniiuellement une valeur de 40,000,000 fr. de denrées'. On n'y comptai! plus, en 1845, qiielO'2 sucreries, H6 caféieries, Ai colonnerics, 2 plantations de cacao, i d'indigo, 49 exploitations de bois, produisant au lolal 5,502,218 fr.' Depuis que la Guyane française et la ^îiiyane anglaise ont traversé la crise de l'émancipation, b Guyane hollandaise en a peu profilé. L'csportalion du sucre, qui était en 1845 de 29,787,960 livres, et en 1849 de 31,121,20-2, n'est en 1857 que de 51,896,995 livres, presque la même'. En 1824 comme en 1854, en 1845 comme en 1849, tousies observateurs déclarent que l'agricullure est arriérée, les procédés imparfaits, les machines nouvelles presque inconnues, et les comptes présentés par plusieurs d'entre eux montrent le revenu net sans grand progrès. Enfin, aujourd'liui comme alors, Jes colons se plaignent, et leurs doléances se résument dans celte phrase d'un écrit déjà cite : la situation do Surinam est mortellement malade, Suriname's tœ.!slaiid is iloodelyk krank'.

L'histoire de tous les peuples qui ont des esclaves est ^^onc fatalement tonjours la même; en fait, misère morale et matérielle; en droit, l'arbitraire; m résultat, la routine ou la décadence; mêmes conséquences, mêmes efforts, mêmes procédés, on peut ajouter : mêmes arguments.

' M.Favart, p.l58.

* K Vidal de Lii^eiules.

' Bapiwrt de H. DienJonno, Rev. cot..m>0, p. 9'J6. — M. FaMrt, Ibid., 1859, |i. (66.

* Opmerkingen, p. 82.

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-m-i l/ESCLAVAGE.

M. Van Hoevell ' a pris h peine de relever tous les aigumenls nllégués par les pnrlisans de l'esclavage en Hollande. Ils se réduisent toujours à ceci :

Les noirs sont une race inférieure. — Ce n'est pas une niison pour les réduire à un état qui les dégrade encore plus et s'oppose à jamais à lenr élévation.

Ils scraienl tués ou opprimés en Afrique, s'ils n'élaienl pas esclaves en Amérique. — Au lieu d'un crime chez les païens, un autre crime chez les chrétiens.

lissent brulaux. — Et les maîtres? Et les intendants? El les surveillants?

Ils sont paresseux. — Quel intérêt ont-ils à travailler? La paresse est leur seul bénéfice. Tout homme est paresseux, et l'espoir de posséder et de transmettre le fruit de notre travail, est le seul aiguillon qui triomphe de noire paresse native

Ils sont plus heureux qu'ils ne seraient en Afrique, ou que ne sont beaucoup d'ouvriers libres en Hollande. — Améliorez le sort des Hollandais. Mais consullez les esclaves sur leur bonheur! Et pourquoi parler de bonheur? La liberté est une question de justice.

l'as d'esclavage, pas de colonie. — En d'autres termes ; si 40,000 hommes esclaves ne reçoivent pas de coups de fouet, 200 planteurs ne recevront pas de reventis. \ at-il égalité entre les deux maux, s'il fallait choisir ?

On allègue, comme un argument spécial à la Guyane hollandaise, l'exemple des nègres libres, marrons ou bosih, au nombre de plusieurs milliers, qui vivent dans

' T. ll.cli.vui, p. 210. Verdedigers lier Slitvemij.

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l'oisiveté , résistent à l'évaugélisation , ne se civilisent pas, et préfèrent la vie sauvage à la vie régulière. Mais qu'ont-ilsdans le souvenir? l'esclavage; qu'on l-ils devant les yeux? l'esclavage. Sous quelle forme le travail se préscnte-t-il à eux? sous l'image d'un noir baitu par un blanc. Sous quelle forme la liberté s'orTrc-t-elle à leur vue? sous l'image d'un blanc qui ne fait rien. ilo. qu'ils voudraient, ce n'est pas être libres, c'est être mailres, avoir des esclaves à leur tour et ressembler aux blancs, qui font travailler et ne travaillent pas. Quoi ! vous vous éloonez que les &"gcA fuient les villes eL demeurent oisifs? Ils craignent votre compagnie et ils suiveni votre exemple.

A CCS noirs libres au sein de l'esclavage, fuyant comme les Indiens et redoutant les blancs, sous l'empire d'une rancune secrète et d'une défiance instinclive,il faut opposer les populations affranchies de la Guyane anglaise et de laGuyane française. Nous l'avons montré', dans ces deux colonies, un nombre considérable de travailleurs a déserté la grande culture, mais !ti l'on compare le travail (le ceux qui s'y consacrent encore avec le travail des esclaves de Surinam, on trouve que si 100 esclaves fournissent 57journées de travail, 100 individus libres en fournissent 54; le nombre des ouvriers a diminué, le produit du travail d'un ouvrier libre l'emporte d'environ dix-sept pour cent sur le produit du travail d'un esclave'.

■T. I, IletliT. n

' Cftle comparaison a été Eiile, et appujée nir des lableaui sUtistiquts, par V. le lîeulenant de nisseau Dieudonné, août 1850. [Btv. col-, (850, p. 299, 300.)

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370 l/KSCI,AVAGE.

Les faits et les raisons commencent à approcher de ce point, où la théorie et la pratique étant de plus en plus d'accord, une réforme peut être opérée sans iJanger. En effet, l'abolition de l'esclavage a été, -depuis plusieurs années, mise à l'ordre du jour par le gouvernement hollandais.

Mais, avant d'indiquer où en est la question, disons quelques mois des autres colonies à esclaves moins importantes.

n* AntlUcB hoUBodalscB.

La Hollande possède dans la merdes Antilles:

1° Dans ie$ Ilessom le Vent :

Curaçao, île de 762 milles carrés de superficie, avec la ville do Willemstadt pour capitale et les petites îles de Bonaire (450 milles) et d'Aruba (565 milles) pour dépendances. Ces îles sont catholiques.

'2" Dans tes petiles Antilles :

Sdiitt-EriHache, qui a 5,712 milles carrés, .S'fl6ael unepartie de Saint-Martin, l'autre partie étant possédée pr la France qui a, sur ce point du monde , comme autrefois en Europe, la Hollande pour voisine, et lui a rendu ce territoire, après l'avoir repris en 1794 aux Anglais, par la main de Victor Hugues.

Curaçao renferme environ 16,850 habitants, dont 7,189 étaient esclaves', le 1" janvier 1854, savoir :

' Tweede Rapport (ter Staats commissù, 1856, 2' partie, p. 6. Uoinmea. . . . 3,438 Femmes, . . . 3,761

D.nt.zedbïG0O^lr

LA IIOLLA^Dl:. 37f

69 appnrlieanent au gouvernement, llya eu, de 1844à 1854, 870alTraneh!ssements.

Bonaire a 2,359 liabilaDL<i, dont 769 esclaves (561 hommes, 408 femmes), 656 appai'lenant au gouvernement.

Aruba, plus petite et plusstérile, contient 5,*201 Ames,, dont 552 esclaves (15t hommes, el IHl femnics).

Saint-Eustache a 1,856 habitant^, dont 1,071 esclaves (528 hommes, 545 femmes).

ï>al>a, la plus petite des iles hollandaises, qui est plutôt un pic qu'une ile, renferme 1,709 habitants, dont 649 esclaves (505 hommes, 546 femmes).

A Sainl-Marlin, les esclaves, au nombre de 1,000 à 1,200, sur 2,790 habitants, ont dû être affranchis à la suite de l'émancipation française par les codons, avec l'approbation du commandant, le 6 juin 1848, mais les colons ne soDt pas encore indemnisés.

Ces petites îles', Saint-Euslache surtout, que la Hollande possède depuis 1655, ont un commerce et une production encore assez actifs.

Les esclaves y sont mieux traités qu'à la Guyane. Il en est ainsi en général dans les iles, oiî l'esclave ne désire pasetoiï le maître ne craint pas la fuite autant que dans les vastes territoires. I^es maîtres habitenldavanlage leurs propriétés, et s'il faut en croire un auteur déjà cité *, la manière dont ils traitent leurs esclaves est cor-

' Les possessions coloniales de laUollatide en 1859, par M.deJonijuièi'es Itev. col.. Jcci'uilirc 185», |>. 336.

Celauleur donne à Sainl-Ëustachu 10,000 liubilanU. Les tlii(frcs (|ii'il indique [lour 1;i furEice soal aussi en dcsaccard avec les cbilTres ofCciels

* Opmerkingen, etc., p. 72.

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diale et paternelle, mrtsvaderlyk. Aussi la moralité parmi eux est moins gninde qu'à Surinam, et même, s'il faut en croire M. Van Hoevel', les naissances excèdent les décès.

Surinam 2.83% 3,49 7.

Curaç;io 3,86 a.77

Bonaire 3,22 1,21

Araba 4.83 1,25

Cependant, ces petites colonies ne sont pas ce qu'elles étaient autrefois, et elles ne vivent qu'à l'aide de subsides de la métropole. On assure que Curaçao, il y a vingt ans, possédait plus de 10,000 esclaves au lieu de 5,000. La grandecultui'e n'y peutéviilemment lutter avec lu sucre de l'Europe ou le coton de l'Amérique. Les petites cultures, le nopal ou la cochenille, sont leur avenir. !« territoire étant peu étendu, la fuite des esclaves n'est pas à craindre, et si les maîtres se sont fait aimer, ils rc seront pas abandonnés. L'émancipation ne présente donc pas là de sérieuses diftlcultés.

4* Forts hoUa«d«U de la cAM d'AM^Me.

La Hollande, qui a fonde la colonie du cap de Bonne- Espérance, ne possùde plus en Afrique, sur celte C4itfi occidentale, qui s'étend du cap des Trois-Pointes au cap Saint-Paul, sous le nom de Côte-d'Or, et sur un espace d'environ 90 lieues, que quelques forts comme Âxim,

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Boutry, Saccondée, Chaîna, maintenus au milieu d'autres forts en ruine, comme Akra, Baracoé, et une petite ville, SaiotGeorges d'El-Mina, bâtie sous la volée d'un fort, an bord d'une petite rivière et divisée en un ramas de cases à nègres et un quartier européen, avec un jardin et une promenade'. La Bollande entretientlà une pelile garnison, et y a longtemps recruté des soldats pour ses colonies (les Indes; elle en tire en pelile quantité, du mais, du coton, des épices, et attend des ressources du lavage de l'or et de l'exploitation de vastes richesses minéralogiques. Mais elle n'a ni un territoire, ni une population qui dépendent d'elle d'une manière définie.

Cependant, hRapporl de la commission de \8bZ',élh\e à 136,000 le nombre des habitants, sur lesquels la Hollande prétend dominer, savoir :

Libres 34.000

Esclaves domestiquas. . . 82,000 Autres escliTM 30,000

Il n'y a pas d'enregistrement, mais des règles pour améliorer le traitement des esclaves ont été faites, et les marchés d'esclaves sont interdits.

La commission estime que la Hollande a sur ces hommes et sur leur territoire une vraie souveraineté, et non un simple contrat avec les habitants, néanmoins elle regarde comme fort difficile d'imposer ta liberté au milieu de l'universel escli)v;ige qui règne en Afrique.

> Desci-iplion da côtes de i Afrique on-iéntaU, jur M. Bmiël Willaumcz 1819, p. 207.

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a° Proiets d'éMumcIpBtioi

De 1855 à 1855, aussitôt que le.gouTe]:neme^t eut nominé une commission pour préparer l'abolition de l'esclavage dans les colonies df laHoliantle, il reçut 32 projets pour Surinam, 7 projets pour les Antilles',, , .,

Une enquête et un examen approfondi, parfaitemeat résumés dans les deux rapports du 26 août 1855 pour Surinam, et du 26 mai 1856 pour les Antilles, ont abouti à un projet, proposé le 23 septembre 1857*. U est curieux de voir comment un gouvernement si prudent, éclairé par l'expérience des autres nations, entend résoudre celte grande question.

Voici les bases du projet de 1857 :

1° L'abolition sera immédiate; on a reconnu que les délais troublent tout et ne préparent rien .

2° Les maîtres seront indemnisés. Le tarif de l'indemnité ne sera pas uniforme.

A Surinam , on évalue les esclaves, mâles ou femelles :

PlanUtions lie cumii! à G'jcre ï 500 florins

— de café, cacao. ■ 525

— deforêU 240

Coton, riz 200

Domestiquée, suivant l'âge, de 50 à SOO et

> Nous remarquons au nombre de ces projets ceux de Mgr NiewindI, licaire ajwslolique de Curaçao, et de H. Pulman, ancien curé de cette lie!

' Nous devons tous ces l'enseigneraents à l'obligeance de H. de Frétais, secrëlaire de la légation de France en Hollande, el i une eKcellenle Nob^ l'édigcc par H. lux, l'un des hommes les plus distingués el les plus hon<H^ blés de la Hâve.

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Dans les Aolilles, on estime l'esclave mâle ou femelle, sclun son âge, de 50 à 500 florins; de 50 à 405 fl. pour la petite île de Saba.

5° Les esclaves s'engageront pour douze mois au moins, à travailler pour leur ancien maître ou pour un autre h letir choix. Ceux qui n'auront pas pu ou pas voulu s'engager seront groupés, au nombre de 1 ,500 au plus, en communes rurales,sous la direction d'officiers du gouvernement, sur des terres achetées ou expropriées dans ce but.'

Tout' meihbre d'une commune, âgé de 20 à 60 ans, doit à la commune cinq jours de 9 heures, par semaine, de travail.

Les esclaves domestiques sont groupés en sociétés ou gililen, dirigées par des oflicicrs du gouvernement e) dont le siège est à Paramnribo. Ils doivent au gilde un travail analogue, selon leur mélier.

4" Les esclaves doivent prendre un nom de famille, élire un domicile et en justifier.

5' Les enfants nés après la loi sont libres, mais jusqu'à l'âge de douze ans, ils demeurent sous la puissance des parents.

6° Tous les émancipés doivent contribuer à la création d'un fonds destiné à rembourser l'État des frais de leuiémancipation.

7* On a préparé, en outre, de nombreux règlements de détail.

La Commission avait proposé d'exproprier les plantalions et les esclaves :i la fois, par ce motif que le sol sans les esclaves n'a pas do valeur. IMus généreux, le gouver-

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nemeni laisse aux propriëlaires la terre et les constructions, et leur promet une indemnité, dont le total s'élève à

Surinim 1 4, 096, 7«0 florins

Curaçao et les iles 3,993,950

S:.in(-H;<rtm 350,000

On évalue les receltes des communes et des gUden à 5,000,000 florins, et leurs charges à 1,288,475 fl.

Ce serait donc un excédant annuel de i ,711,525 fl. servant à rembourser l'Élat.

Ces projets, présentés à la deuxième Chambre des Ltats généraux le 24 septembre 1857, ont été retirés, étudiés, modifiés et transformés en un second projet déposé le 25 octobre 1858'. On avait trouvé dure l'oblig'ition imposée à l'esclave de payer sa liberté, pendant Je longues années, et de rester ainsi indéfiniment esclave d'une dette; on se borne à le soumettre à un impôt de capitation et à un droit de réquisition pour les travaux publics. On avait jugé dangereux le payement d'une indemnité toute en argent qui, une fois payée, irait aux créanciers, sortirait de la colopie et n'alimenterait pas le travail; la Ibndaiion d'une banque à Paramaribo et k payement en actions de cette banqued'une partie de l'indemnité, parent à ce danger. On accorde aux propriétaires le droit d'opter entre l'indemnité et une expropriation tolale qui rendrait l'Élat propriétaire de leur plantage, sauf à l'afrermer pour un prix convenable. I^es

■ V. le lexte de ce projet k l'Appendice.

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mesures les plus minutieuses sont prises pour que l'esclave soit TdaAa libre avec ses vêlements, ses outils el tout ce qui est censé lui appartenir, mais en même lem|>s les mesures les plus sévères sont proposées pour que la liberté ne le dispense pas du travail ; il doit être engagé, au moins pour douze mois; il est puni pour vagabondage ou simple oisiveté ; c'est encore un esclave, mais un esclave qui peut choisir son maître et sa résidence ; il a toutes les libertés, excepté celle de ne pas trnvailler.

Après des discussions, des amendements et trois années de retards, ce projet, pourlanl si prudent, n'a pas été encore adopté, malgré de solennelles promesses, qui^ aprèsavoir apaisé l'opinion, Gniront par la lasser.

Il arrive ce qui est arrivé en France. A une viveagitatiou par la presse, les livres, les pétitions, qui s'est manifestée surtout de 1840 ù 1844, a succédé le silence. Puis c'est des colonies elles-mêmes qu'est venue la demande de l'abolition '. Après l'émancipation française, précédée de l'émancipation anglaise, on s'est écrié que Surinam placé entre Demerary et Cayenne, allait perdre tous ses esclaves par l'insurrection ou par la désertion ; inquiets d'une propriété si menacée, au moins les colons voulaient-ils s'assurer de 1 indemnité.

Les projels ont été entassés sur les projets, les promesses ont été ajoutées aux promessesi mais on s'est aper{;u que les pauvres noirs restaient tranquilles; de même que leurs défauts servent à justifier resclava<>e, leurs vertus servent à retarder l'affranchissement. On a calculé l'in-

* Étal de la queiiion cotonitiU.paTU Ackiirsdich, l'ircclit, ISIil, cIipz T. de Bniju.

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demnité, et elle a pani aux propriélaires irès-maigre, aux linanciers très-lourde. Les budgets ne s'ouvrent pas aisément aux actes de vertu qui coûtent cher.

Il est vrai, l'inccrtitudeferaplusdemal aux colons qae ne leur en pourrait faire l'ëinancipation; mais i\ ne faut pas attendre ni que les oègres se révoltent ni que les blancs se repentent; c'est au gouvernemeiit à se résoudre. Le roi qui l'a promis ne tardera pas, espérons-le, à ajouter ce lustre à l'honneur de son régne et à la gloire dé la Hollande. Riche, commerçante, libre, chrétienne, cette noble nation voit sa richesse et son commerce, sa liberté et sa religion, souillés par la servitude. .Quelques-uns des palais du lleerengracht ou du Keizersgracht ont été payé^ par le labeur des nègres. La France, l'Angleterre, le Danemark, la Suède, la Russie, la régence de Tunis n'ont plus d'esclaves, el la Hollande est, avec la Turquie et l'Espagne, la seule nalion de l'Europe qui en possède encore. L'opinion est décidée, l'expérience est faite, la loi esl préparée, le gouvernement est engagé, la colonie est résignée; on attend, on ajourne, on hésite.

Dans son généreux écrit, M. Van Hoevell', rappelle la grande fête qui eut lieu dans l'église neuve d'Amsterdam, le 12 mai 1849, à l'occasion de l'avénenient du roi {Guillaume III. Autour d'uh'écusson dont les allégories rappelaient la gloire et la fortune de là Hollande, resplendissait cette belle devise: Justitia, Pietas, Fides, mais une main inconnue se sentait tentée d'écrire au-dessous de ces mots: Subinam ! Sur cette terre hollandaise où sévit l'esclavage, la devise est fausse et l'écusson est taché.

I Skven en vrijen, Tweede Dcel, p. 346, et .iiissi E.Tsfe ïke\, p. 1 , 2. 3.

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LIHHiGRATION

D.nt.zedbïGoOglc

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