LA TRAITE, L'IMMIGRATION, L'AFRIQUE
John Wesley a appelé l'esclavage l'ahrégé de fotd-s tes infamies. Ganning a déliDi un navire négrier, la plu* grande réunion de crimex$oia te plui petit espace. Robert Peel a dit que ce trafic excite à plus de crimes qu'aucun acte public qui ait jamavt été commis par aucune nation, quelque fût son m^ms pour les lois dirhicset humaines. Je crois qu'on peut appeler aussi l'histoire de la traite des esclaves et de l'abolition de la traite un résumé de la honte et de la grandeur du genre humain.
I. — Au dix-septième et au dix-huitième siècle, aux siècles de Louis XIV et de Voltaire, à la veille de la Révolution française et encore au lendemain, l'Europe entière
se livre ouvertement h la traite des noirs. Quelques hommes gémissent, et, disons-le à l'honneur de la foi catholique, l'Ëgtisene cesse de protester'. Mais les rois signent des traités, au nom de la sainte Trinité, pour organiser la traite. Elle est l'une des ressources financières principales d'une grande monarchie catlioHque, i 'Espagne.
Les asietitus, Irailés ou contrats du gouvernement.es- ])agnol avec divers piirticuliers ou diverses compagnies étrangères pour fournir d'esclaves noirs ses possessions d'outre-mer, furent très-fréquents depuis le commencement du seizième siècle. Comme ce trafic élait entouré de beaucoup de garanties, et qu'au monopole de la vente des nègres s'ajoutait le bénéfice d'introduire en fniude beaucoup d'autres objets de commerce, les gouvernements de l'Europe tâchaient par tous les moyens imaginables d'assurer ce privilège à leurs su jets. Charles V ioctroya en 1517 à ses compatriotes les Flamands. Ils en tirèrent de tels bénétices et se multiplièrentà un tel point 'en Amérique, qu'ile en vinrent aux mains avec les &pagnols à Saint-Domingue, tuèrent, en 15^2, le gouverneur 4le cette île, et assiégèrent le fort. Depuis lors, le gouvernement se résolut à limiter considéra blemwil les
* A la mite de Rt)))erlson, Hiit. d'Amérique, lii. tll, toac les écnrains .uni. redit,.. et, )t> sfi^nt lllr.tnoir« de M. Charles Giraud ri^pèle [Cojnptes rendus de l'Académie des sciences morales. Avril 1861 , p. 118) que la Iraile est due à Lis^ssas, 'dont'la dinrité inconséquente, sfin de décharger lus Indiens <|u'il doténdit si éiicrgiquemeol, aurait proposé d'asservir les Africains. Mais Doehlinger {Hisl.-ecd., t. III, g 160, p. 397) démontre (jue cetie imputation eal calomnieuse, ainsi que nous l'avons déjà élabli, 1" partie, h Retîgioti dam Uscoloni-x, p. 286. '
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