I.A TRAITE. 28îi
ûsientoa'. Ils cessèrent en 1580, mais les besoins du trésor, la nécessité de rembourser aux Genevois les sommes énormes qu'ils avaient fourni pour l'expédilion de rinvincibte Armada, portèrent Philippe II àconférerdenouvenu te privilège de /'aM«»to. laomezReinelenfutgTiitifié -de 1595 à 1600. En cette année, on traita pour neuf ans, avec le Portngais Jean Rodriguez (k>D]inho, gnuvern«ur d'Angola. U s'engagea à fournir aux colonies 4,250 esclaves paran et à payer au roi une rente de j 62,000 ducats.Sa mort, en 1605, fit passer lecontratà ^on frère Gonzalez Vaez Continho.
. [^ 26 septembre 1615, nouvelle concession à un autre Portugais nommé Antonio Fernande?. Deivas, poar huit 4>ns. Il s'oblige à introduire 5,500 esclaves et à payer 115,000 ducats par an. Encore un Portugais, Manuel Bodrigues l^amego, U-âile pour huit autres années, en
1625, et s'engage à fouroif 5,500 esclaves et à payer 120.000 ducats. 2,500esolave9 et 95,000 ducats sont les condi lions stipulées, en 1651, pour huit nouvelles années, avec les Portugais GrislAbal Mendez de Sossa et Melchior Gomez Anjel.
La guerre entre la France et l'Espagne et d'autre motife ignorés interrompant les a$k^los jusqu'en 1662. Uooiin^'O Fullo et Ambrosio Lomelin en jouissent alors pour neuf ans, , pendant lesquels ils doivent fournir 24,500 nègres et payer au roi ,2,100,000 piastres. La
' Tratados, convenios y declaTactones de pm y de comerdo que htfn hecho con las poientias eslrangeras los monarcos espmiotes de Ui casa de Borbon d£ide el ano de 1700 hatlaeldia, fuestosenorden. etc., por don Ali'janHi'odelCiinlillo. Madrid. 1843, pg). 5?.55,58, 7S, 78, 800, 857.
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ferme passe pour cinq ans, en 1 B74, à Antonio Garcia et don Sébastien de Siliccos, moyennant 4,000 esclafes et 450,000 piastres. Le contrat e.st rompu, faute d'eiéculion, et un autre est conclu en 1676, pour cinq ans, arec le consulat de Séville, offrant de payer 1,125,000 piastreset 1,200,000 de prime, puis le 27 janvier 1682, avec don Juan Barrozzo del Fazoet don Nicolas Porcio, de Gadii, pour 1 ,125,000 piastres. U est transféré après cuxaux Hollandais don BalihazarCoimans, puis en 1692, à don Bcrnardo Francisco Marin de Gnzman , résidant au Venezuela. moyennant2, 125,000 écas {escudos de plata), pour cinq ans, en6n à la' compagnie portugaise de Guinée, de 1696 à 1701.
Ce contrat, par lequel ta compagnie s'obligeait, en propres termes, à fournir dix mille tonnes de nègres {die: mit toneladas de vegros), donna lieu à tant de scandales et de difGcultés, qu'une transaction pour le melire à néant dut intervenir, le 18 juillet 1701, à Lisbonne, entre les deux roisd'Espigne et de Portugal, Pbilippe V et don Pedra II, traitant, comme d'usage, au nom de la sainte Trinité (e/ nombre del santinma Trinidad%
Au trailé avec le Portugal succède un traité avec la France. Le 27 août 1701 , le roi trè»-i:atholique et le roi très-chrétien slipulent pour dix nns {1702-1712), que le monopole du transport des nègres dans les colonies de rAmériqueapparliendra à la compagnie royale deGuinée, représentée jiarM. duCasse, chef d'escadron, gouverneur de Saint-Domingue. Elle se charge Ac v Vasiento « ,
• V. le teile dans le recueil de Cuitillo, p. 32.
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c'est-à-dire de l'inlroduction des esclaves nègres dans les Indes occidentales de l'Amérique appartenant à Sa Majesté catholique, afin de procurer par ce moyen un louable, pur, mutuel et réciproque aTantage()ma luahte, pura, mutvay reciproeadutUidad), h leurs Majestés et à leurs sujets ; elle fournira en dix ans 4,800 pièce$ d^lnde (pteitu de Indias), des deux sexes et de tous Ages, tirés d'une partie quelconque de l'Afrique, excepté de Minas et du cap Vert, attendu que les nègres de ces pays ne sont pas propres pour lesdites Indes, soit 4,800 nègres par an (art. 1").
Pour chaque nègre, la Compagnie payera 53 écus 1 3 (chaque écu valant 3 livres tournois (art. U).
A cause des besoins pressants de la couronne d'Espagne , la compagnie avancera 600,000 livres tournois (art. III), sur les 4,755,000 qu'elle doit, et en retour, il lui est fait remise des droits sur 800 nègres par an. Les navires doivent être fi'ançais ou espagnols, les équipages de toute nation, mais exclusivement catholiques (art. VIII). L'introduction pourra avoir lieu dans tous les ports où il y aura des officiers de l'Espagne. Dans les îles du Vent, Sainte- Marthe, Cumana, Maracaybo, les noirs ne pourront être vendus au delà de 300 piastres, mais partout ailleurs, le plus cher q ne. la compagnie le pourra (art IX). Sa Majesté catholique place le traité et les opérations de la compagnie sous la protection de tous les fonctionnaires des possessions espagnoles. Elle engage tafoy e( .sa parole royale à ladite compagnie, regardant le traité comme son propre biei... el $c réservant à elle ieule la tonnoiisance de tout let cas qui peuvent turoeair
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dan» l'exécution (art. XIX, XX). Mais si les capitaines d^arquent d'autres imrduindises que les nègres, ne fmient-ils coupables que de négligence pour n'avoir pas veillé soigneusemetHt à ^npêcker le- débarquement de ces objets de contrebande, ih $eront tondmnm» à mort et la settietice exé&itée sans délai niappel (art. XXII). Le droit sera de même pour lesnùgres itioris avant d'être v^dus(art. XXIV). Iics navires de \'A»etito pourront faire de» prises sur ceux qui feraient illicitem«nt le même commerce qu'eus (art. XXVil). Les detue rois $onl iiUérettés pour moitié dam l'affaire, chmim pour un quart. Sa MiijesLé catho|tt)ue a pogr sa part à verser un million delivres tournois, mais oo l'en dispesse, moyennant un intérêl (le 8 0/0 et la compagnie comptera Âès à préstni à liulîte MajeMé des profib qui lui appartiendront (art. XXVll).
Lorsque ce traité prit fin, IWnglelerre obtint que le monopole lui fût concédé pour trente ans (17J 5~l 754). Ce fut l'objet du traité connu proprement sous le nom de traité de t'Asiento, en date du 26mars't715. Sa Majesté britannique se chargeait d'introduire dans l'Amérique espagnole 144,000 pitces d'/nrfe des deux sexes de tout âge, soil 4,800 par, an, moyennant 55 piastresécus et 1/5 de piastre par tète {.I, II). Les conditions étaient à peu près les mêmes que celles du traité avec la France. Même obligation d'avancer à cause des besoins de la couronne, deux cent mille piastres escudos ( III) moyennant remise annuelle du droit sur 800 nègres (IV }. Même droit d'importer dans tous les ports du nord et Buenos-Ajres (Vil). Mais lesAnglais, plus habiles, ob-
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LA TRAITR. 287
tinrent de plus grands avantages commerciaux. Us po u vaient iatroduire plus de 4,800 esclaves par ao, pendant lesvingl-cinq premières 90ii<1cs, en ne payant pour ee supplément que 16 2/3 piastres (VI). Us recevaientdesteri'ain» pour^blir leurs factareries aux licuid'embarqaemant et'do débarquement ( fV). Us lireot changer la peine de mort pour contrebande en une peine et uneamende(XXU), se fïi-enlaccorderquinie jours de répilavanlde payer pour les nègres débarqués en él«l de maladie, et di^>ense si le nègre mourait dans .ce délai ( XXtV ). Les deux nùs étaient intéressés pourmoilié, chacun pourun quart, dans le traite, et le roi d'Espagne dispensé de payer sa part en capital, à condition de senirun intérêt de S> pour 100, comme dansleprécédenttraité(XXVlU).EnGn, par unarticle additionnel, pour témoigneràSa Majesté brilanniquerenrie </i.'c//e a de lui faire plamr, Sa Majesté catholique accordait la faculté d'envoyer annuellement un vaisseau de 500 tonneaux pour commercer avec l'Amérique, à condition de ne vendre les marcliandises qu'au temps des foires, pas avant l'arrivée des flottilles et galions, Sa Majesté se réservant d'aiUeurs encore dans cette opération 1 A des profils et 5 pour JOO sur les trois auti^es quarts (art. 45)'.
Toutes ces stipulations furent consacrées de nouveau dans le traité de paix préliminaire, signé à Madrid le
< l)Ës le 12 juin 17*6, par un (raité inleriiréUlir, l'Anglelerre obtenait que les 500 tooDeinx AiEseot portés à 650, pendant dix ans, que l'Époquc des foires de Cartbagèoe, Porto-Bello et la Vera-Croz Tussent i jour Sic, qu'on [lermit de porter b Buénos-Ajres le resie des marchandises contre lesquelles étaient troqués les nègres en Arriquc, enfin que le payement des droits ne fût compté qu'ï partir de 1717.
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27 marsni5(art. 9), etpar l'art. 12 du traité d'Utrecbt ( 1 5 juillet 1 705), le même traité qui 8xe la succession d'Espagne, et cède à l' Angleterre la possession de Gibraltar cl de Minorque.
En 1745, l'Angleterre faillit rallumer la guerre en Europe, parce que l'Espagne refusa le renouvellement de ce traité'.
L'âme est remplie d'horreur lorsqu'on se condamne à parcourir ces tristes détails. Un seul gouvernement, l'Espagne, qui prend te nom de catholique, a conclu en moins de deux siècles, plus de dix traités pour autoriser, protéger, exploiter, le transport de plus de 500,000 esclaves. 11 a prélevé sur chacune de ces têtes humaines, comptées par pièce ou par tonne, un impôt dont le total dépasse 50,000,000 livres. Dans tous ces traités, pas une disposition, pas une syllabe destinée à défendre ces malheureux contre les abus et les souffrances. Mais des rois stipulent ^ans pudeur leur part de proHl, et l'une des plus puissantes nations, l'Angleterre, alors gouvernée par une femme, la reine Anne, s'assure par un Irailé fameux dont l'un des négociateurs fut un évéque', l'autre, un lordStrafTordjun monopole lucratif ethonteux, dont elle jouit encore jusqu'à la moitié du dis-huitième
■ Discours de M. Dndon, Moniteur du 18 oui 1835.
Ed France, jusqu'en 1101, lu Iraitc a été encouragée par des primes. Eolre autres documents, j'ai sous les }'eux une lettre du minisire de la marine (8 septembre 1785) écricanl i HM. de Bellecombe et de Bongars i Saint-Domingue. < 11 est trËs-inléiwsant de maintenir la confiance du commerce pour ne pas ralentir les s|>écuIalioiis pour la traite. •
{Archives des coloniet.)
* Jean, eTéque de Bristol, doyen de Windsor, gardien du sceau priié.
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siècle, qu elle partage avec les autres natioDs jusqu'à la fin.
J'ose dire à l'hoaueur du dii-neuTième siècle qu'il ne se trouverait plus en Angleterre, en France, è peine en Espagne, un roi, un ministre, un commis, prêt à mettre son nom au bas de pareilles infamies.
U. — Ce n'est pasà la Révolution qu'est due l'abolilion delà traite. On trouve les nègres au nombre des denrées coloniales, dans la Balance du cmmnerce, en 1789, en 1790, en 1791. Dans le rapport sur les résullats du commerce extérieur de la République fait à la Convention, le 17 septembre 1792, imprimé par son ordre en 1793, le ministre Roland s'excuse, attendu l'état des colonies» de ne pouvoir faire connaître exactement le nombre de» cultivateurs africaint transportés par no$ armateun dan* le$ îlet de V Amérique '. Au tableau des primes et encouragements, il indique que les grati/ications relatives à la traite des noirs n'ont pas été payées postérieurement à la loi du 25 janvier 1 791 , vu le silmce que les Atsmélées constituante et législative ont gardé d^imis sur cet dijet *. A la fin de ce rapport, emphatique et ridicule, Roland s'ccrie à propos des colonies : « Puisse le génie de la liberté puri^er sam les anéantw-, des relations qui , sous plus d'un rapport, n'honorent pas l'humanité...» U conclut en montrant « le territoire de la République, fermé par un double mont, baigné par l'une et l'autre mer, devenu le clgb central où les hommes de toutes les na-
■ Note, au bas du Ubieau n" 23, |). 150. ' ObsiTi-ations sur le lableau 25, p. 156,
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29fl L'ESCLAVAGE.
lions se rendront pour puiser des leçons de fralernilé'.D-
Ce que l'Europe eulière avait fait, ce que la RéT(^u> tion française n'avait pas défait, ceque le pouvoir absolu refit, l'honneur de le détruire appartenait h l'Ëvangilë, servi par la liberté. Une poignée de chrétiens, en agissant sur l'opinion j a agi sur le mondé; ils ontohlenu, spectacle presqu'inoul sur lïi terre, un triomphe pacifique de la justice.
Ces honnnes, on lésait, étaient Wilberfofce.Ghirksoar Grenville,Sharp,Buxton, quelques pasteure ou chrélieds^ obscurs et persévérants.
Sept fois ils proposèrent lebil) d'abolition et sept fi>h il échoua. Lorsqu'ils réussirent enfin, ils avaient à lutter contre les plus puissants personnages de leur pays, lord Ëldon, qui affirmait encore en {807 au Paiement que tt la traite avait été sanctionnée par dès paHemenls où siégeaient les jurisconsultes les plus sages, les théoli^ens les plus éclairés, les hommes d'Étal les plus éminenls;» lord Hawkesbury, depuis le comte de Liverpool, qui proposait de rayer dans le préambule de la loi les mois: « incompatible avec le» principes de justice et d'humanité »; le comte de Westmoreland qui déclarait que « lors même qu'il verrait tous les prerfiytériens et les prélats, les méthodistes et prédicateurs, les jacobins et les assassins, réunis en faveur de l'abolition de la traite, il n'en élèverait pas moins sa voix dans le Parlement contre celle mesure'.»
■ p. 13. On sait qu'en 1802 le Consulat plaga de Douveau la Iraile bousU protection de la loi.
* Cités dans In [irolcslation du ministre du Brésil, N. de Abreu, 2S octobre 18i5, Revue col..i»K, Vm, 62.
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LA TRAITE. m
Grâce à Dieu, la passion généreuse qui iospirail la loi de 1807, anima désormais lous les miotstres qui eurent à l'appliquer et, depuis plus d'uu demi siècle, celte flamme ne s'est pas éteinte un seul jour.
On a accusé l'Angleterre d'avoir agi par intérêt, on a même imaginé qu'elle avait pour but de ruiner toutes tes colonies à travailleurs africains, y compris les siennes, afin d'assurer le monopole agricole et commercial de ses immenses possessions des Indes '. On a prétendu qu'elle avait voulu conquérir, sous prélexle d'humanité, la surveillance de toutes les marines du monde, ta haute police des mers.
Ses efforts, ses dépenses, les difficultés auxquelles elle s'est exposée^ le langage de ses hommes d'Ëlat, mettent hors de doute le complet désintéressement de l'Angleterre. Il est possible qu'elle ait trouvé son intérêt dans son devoir, et que, parmi ses hommes d'Ëlat, tes uns aient été plus sensibles à l'utilité, les autres à l'humanité. Sachons féliciter la nation dont les intérêts sont si bien d'accord avec ceux du genre humain, sans chercher toujours de petits motifs aux grandes actions. L'abolition de la traite dans l'univers entier est devenue comme un article de foi de la politique an glaise.
Au Cart^èt de Vienne, le 8 février I8i5, une déclaration centre la traite fut signée au nom de l'Angleterre, l'Autriche, la France, le Portugal, la Prusse, la Russie, l'Espagne et la Suède. I^jà, l'Angleterre avait obtenu de
' Opinion de M. Dejean de la Bàlîe, Précis de l'aboUHon de Vetclavage.
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la France, dans le Traité de Parts du 30 mai 1814, un
article ayant ce but'.
En 1818, au congrès d'Aix-la-Chapelle; en i822, au congrès de Vérone, les oing gi-andes puissances répètent les mêmes déclarations.
L'Angleterre employa sans relâche tous les elTorls de sa diplomatie, depuis 1814, pour obtenir des diverses puissances des traités particuliers *.
Elle eut besoin de vingl^ept années pour persuader le Portugal.
Par une convention du 21 janvier 1815, suivie d'un traité signé le 22, l'Angleterre avait promis la remise d'une ancienne dette et 300,000 livres sterling pour indemniser les propriétaires des bâtiments portugais capturés avant cette époque par les croiseurs anglais, et le Portugal avait interdit la traite sous pavillon portugais, excepté pour alimenter ses propres possessions. Par une autre convention du 28 juillet 1817, les deux nations s'accordèrent ledroitréciproquederecfterc/if, de détention des négriers, de jugement par des commissions mixtes. Le Portugal promit une pénalité spéciale contre les sujets portugais qui se livreraient à la traite. En dépit de ces conventions, près de 60,000 esclaves' étaient transporta au Brésil en 1822, dans l'année où ce vaste empire se sépara de la métropole. Notes, remontrances, menaces, demeurèrent sans etTet jusqu'en décembre 1856. Un dé-
' Articles additionnels. Art. i".
* Someaccount oflhe trade in slaves, by James fiandiael, 1843, Itev. coL, 1844, II, p. 15* à 214. — On the Slave Trade, bj sir I. Fowell Buxion, 1S49.
» hev. cot.iloc. cit., 160.
cret défendil alors aux sujets portugais d'opérer la traite, mais il ne fut exécuté nuJle part, et pas même publié au Mozambique. La traite continua à se faire smis pavillou portugais, avec la conniveocedes fonctionnaires portugais au profit de l'Amérique et de tous les aventariers des colonies de l'Europe. Le 24 août 18S9, les deux cbambres anglaises votèrent un bill qui autorisait les croiseurs britanniques à arrêter les négriers portugais ^ les cours de vice-amirauté à les juger.
C'était punir une violation du droit des gens par une autre violation. Vaincu, le Portugal concéda par un traité du 3 juillet 1842 le droit de visite et de recherclie, le jugement par des commissions mixtes, l'obligation de démolir ou de vendre les navires condamnés, l'assimilation de la traite à la piraterie, l'application aux condamnés de la peine inférieure à la. peine de mort, la liberté des esclaves saisis.
Il fallut user du même procédé, eu 1845, avec le Brésil, bien que le traité de 1817 avec le Portugal eût été suivi d'une convention nouvelle du 23 novembre 1826. Plus de 50,000 esclaves élaientencore importés en 1849. Une loi du 17 juillet 1850 réprima eulin cet odieux trafic.
Avec l'Espagne, la lutte dura vingt et un ans. Le traité du 28 août 1814, celui du 23 septembre 1817 par lequel l'Angleterre avait promis 400,000 livres sterling, le décret du 19 décembre 1819, la convention additionnelle du 10 décembre 1822, demeurèrent sans eHet. A Madrid, le gouvernement prohibait la traite; à la Havane ses agents l'encourageaient et la mettaient à profit. Toutes les représentations les plus énergiques furent inutiles
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jusqu'au 28 juin 1835. A cette date, après la mort du roi Ferdinand, le gouvernement constitutionnel conclut avec l'Angleterre un traité efficace, au moins pour la traite sous pavillon espagnol.
Nous l'avons dit, la France avait promis, au traité de Pans (1814), l'abolition de la traite. Le 29 mars JS15, à son retour de l'Ile d'Elbe, Napoléon la déclara abolie. Une ordonnance du 8 janvier 1817 répéta cette interdiction. Cependant le gouvernement de la Restauratibn refusa d'entrer dans une ligue proposée aux grandes puissances par l'Angleterre pour assimiler la traite à la piraterie, relirer aux trafiquants la protection de leur pavil- 'Ion national, interdire l'accès aux produits des' colonies à esclaves. On se borna â prononcer, par une loi du 25 avril 1825, la peine de l'amende, de l'emprisonnement et de la déportation contre les Français engagés dans le commerce de traite. On connaît assez les traités du 50 novembre 1851 et du 22 mars 1853, qui concédèrent le droit réciproque de visite, les débats auxquels ils donnèrent lieu, le refus de ratification du traité du 20 novembre 1841, entre les grandes piiissances, enfin la convention du 28 mai 1845, dont le terme est maintenant expiré sans qu'elle ait été renouvelée. C'est d'ailleurs à la fin de 1 830 que remonte la constatation du dernier fait de traite sous pavillon français.
L'abolition de la traite est un des articles de la constitution des États-Unis, mais cet article en ajourna ji:squ'en ,1807 la cessation. Toutes les propositions dé traité, adressées au gouverriement de Wasbington par l'Angleterre, en 1819, 1820, 1-823, 1824, 1851, 1834, 1839; 1841, les
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lA TRAITE. 295
résolutions du congrès en 1821 et 1822 n'oulpas abouti à une convention. Les Ëlats-Unis se sont toujours refuses au droit de visite. Sea|,ement,. par un traité, du 9 août 1842, les deux puissances se sont obligées (art. 8) à entretenir séparément en surveillance à la côle d'Afrique une force navale d'au moins 80 canons.
L'Ajigleterre a traité plus aisément avec la Hollande ', la Suède', le DaneaKvk.*, le premier Ëtat qui aitaboli la traite, la Russie, l'Aulricbe, dont les bâtiments transportaient des noirs de Barbarie en Turquie, la Prusse\ le royaume de Naples*, la Toscaoe*, la Sardaigne', les villes aDséaliques\ Haïti', te Texas*", le Mexique", la Colombie", la Nouvelle-Grenade", Venezuela", l'Equateur", l'Uruguay", Bueno6-Ayres", le Chili", le Péroa et la Bolivie".
< i mars 1818. 51 décembre tSSâ, 35 janvier 1835, 7 féi-rier 1837.
* 6 DOTembre 1 »U, 1 5 juin 1lt3&.
■■ 26 juillet 1855.
■* 19 rcvrier 18*2, Russie, Autricbe, Prusse. « I* récrier 1858.
* 34 twTenibrc 1S37.
'' S août 185i.
* 9 juin 1837.
^ ai déc«a]br« 1839.
"I 18 juin 18*2.
■> 26 décembre 1826, 29 juillet ISil.
** 18 avril 1825. ' )
't 15 mars 1839.
** 13 juin 1839.
" Féïrier 1825, 24 mai 1850.
'» Ifljanïier 185S, 7 août 1841.
■» 5 juin 1837, 25 septembre 1840. Y. la liste de cei Irailcs, Bev. col., 18*4. IV, 253.
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Par TiDgl-lrois Irailés, obtenus en moins de trente ans, l'Angleterre est ainsi parvenue à décider presque toutes les nations chrétiennes, selon la belle expression de lord Aberdeen, « à prendre place parmi les grandes puissances de la chrétienté, qu'unit entre elles un sentiment commun de commisération et de justice'. »
La plupart de ces peuples et quelques autres, comme la Grèce (1840), avant ou après ces traités, consacrènnt des lois spéciales à l'interdiction du trafic des esclaves, tandis que par une bulle mémorable du 3'décembre 1 S39, le souverain pontife Grégoire XVI faisait retentir d'une sentence solennelle de condamnation contre cette odieuse coutume ta catholicité tout entière, au nom de la loi des lois, l'Évangile, au nom du législateur des législateurs, Dieu.
L'œuvre eût été incomplète si l'on n'eût agi que sur tes acheteurs d'esclaves, sans influer sur les vendeurs. Aux traités avec les grandes puissances de l'Europe ou del'Amé' rique,succédèrentles traités avec les petites puissances de l'Afrique. On aurait pu être tentédemalmener par la forée ces inQmes monarques régnant par la brutalité sur des territoires mal définis, et sur des sujets misérables; l'Angleterre crutdigned'elledeles traiter selon le droit des gens, Science où elle les trouvait peu avancés. C'est dans toutes tes meilleures formes des chancelleries que Sa Majesté britannique signa des conventions avec Nama-Comba, chef de Cartabar, en Gambie'; avec Obi-Osai, chefdu
■ DépèchedulSIiai 'Ibid.. 1819, p. 25(
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pays d'Ai>ok, sur les bords àa Niger , avec Eyamba, chef duCalebar, ou avec Radanaa, roi de Madagascar, en 1 841 ; puis, en 1847, avec presque tous les chefs des cdtes des Bissagos,' de Sierra-Leone, des Graines, d'Ivoire, deCongo, du Gabon, de Loango. Pour donner une idée de ces sortes de conventions, nous citerons la plus courte, faite le 7 mars 1841'.
WiUiam Simpson Bknint, lieutenant commandant le bjlîmenl à Tapeur de Sa Majesté, lePttOm, aa aom âe Sa Majesté la Reine d'Ang'eterre, et le roi Bell, du village Bell, h Cameroons.
Sont conveinis les articles et conditions qui Etùvenl : An. 1". Les dwi parties amtraclanles arréteot qu'à prtir de la date de ce traité, ceseeronl eottèremeiit sur le territoire du roi Bell, et partout où son InQuence pourra s'étendre, la vente et le transport des esclaves ou autres personnes, quelles jqu' elles soieiil; et que ces personnes ne pourront être transiërées d'un point quelconque du territoire du roi [tell dans une autre contrée, île ou posses«on d'aucun prince ou potentat. Le roi Bell fera une [H^)damation et une loi défendant à ses sujets ou à toute personne dépendant de lui, soit de vendre aucun esclave, pour le traiBpiH^r hors du territoire, soit d'aider ou d'en* coiirager aucune vente de cette espèce, sons peine de punition sévère.
Art. IL Le roi Bell s'engage â avertir les croiseurs de Sa Majesté Britannique de l'arrivée de tous les navires négriers qoi pourraient entrer dans la'rivière.
Art. III. En considération de cette concessioo du roi Bdl, et pour remédier à la perte de revwius qu'elle doit lui occasionner, le lieutenant W. S. Blount s'oblige, au nom de Sa Majesté Britannique, à remettre, chaque année, pendant cinq ans, audit roi Bell les articles snivaii ts :
Soixante fusils, cent pièces de drap, deui barils de poudre, deux
•/frid., 1344.111, 536.
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|)und)eons de rhum, un liabJt écarlate aVec épauleltes, une épée.
Lesdils cadeaux mmnt délivrés ea .écliaugc d'iui certifiait ^giié du roi Boll, constatant que les coudilions ci-defisiig out été mises à exécution.
Dai^sd'autres traités, des conditions plussérieuses ont été introduites. Ainâi dans le traité avec les chefs de Malimba (1847), il est convenu que nulle maison, magasin, baracoon quelconque, ne peut être élevé pour la traite, que les chefs doivent détruire celles qui seraient ou sont déjà construites, et que, s'ils ne le font pas, les Anglais peuvent les démolir eux-mêmes, de même quesaisir les embarcations, et prouver, d'une manière sérieuse aux chefs de Malimba, le déplaisir de la reine d'Angleterre. Il est convenu encore que les nègres d^à détenus pour être exportés, seront remis aux Anglais pour être conduits dans leurs colonies etlibérés. Enfin, il est accordé aux Anglais une entière liberté de commerce ^.
Des conventions furent signées, en 1822, en 1859, puis renouvelées en 1845, avec un roi plus puisant, l'iinan deMascate*, qui domine une grande partie de la côte orientale d'Afrique depuis le golfe Persique, jusqu'aux possessions portugaises, y compris les îles de Zanzibar, Pemba, Monfia. Ses étais sont le théâtre de la traite odieuse faite par les Arabes, il en reçoit de la côte et de Madagascar. Des nègres chargés de denrées, sonlconduitsà la côte, puis vendus par-dessus le marché,
' Jbid., 18*0, ¥111,387.
«/6îd., 1847, Xin, 198.
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avec leur fardeau ; l'iman tire de ce commerce plus de 20,000 livres sierlings par an ; on vendait, en i 844, au direducapitaineHammerton.unenfantdeSOàSOfrnncs, un homme de 80 à 160 francs, une femme jusqu'à 190 francs; sauf à la revendre, Dieu sait dans quel état, sur les côtes d'Arabie ou de Perse, de 15 à 30 francs; on jetait aux chiens les esclaves morts. L'iman Seîd-Saïd promit de renoncer à la traite, et de l'interdire à ses sujets. Un consul fut établi à Zanzibar, et les croiseurs ang'Iais furent autorisés à saisir les navires et les sujets de Sa ' Hautesse.
Un certain nombre de traités Fut conclu avec des cbeiks arabes snr la côte ocâdentale du golfe Persique.
La France, depuis la convention de 1 845, fut associée à plusieurs de ces traités et en conclut directement quelques autres.
Un comité d'enquête, nomme en 1 855 pir la Chambre des communes, constata qu'il y avait h celle époqae entre la Grande-Bretagne et les autres puissances civilisées, vingt-six traités en vigueur pour la suppression de la traite, et soiïante-cinq traités conclus avec les chefs africains'.
On a TU les stipulations conteDues dans ces derniers. Parmi les premiers, dix traita ont établi ledroit réciproque ,de visite et lajaridi^lldn de commissions mixtes, quatorze le droit de visite, mais avec la juridiction des tribunaux nationaux;denx (avec la France et les É(ats4Jnis) sans garantir le droit de visite, contiennent l'obligati«n
•Rev. (!0(., 1853, XI, p. 3)7.
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réciproque d'entretenir des escadres sur la côle d'Afrique.
L'Angleterre n'a rien négligé pour assurer le succès de tous ces moyens compliqués. Pendant que le gouvernement établissait des croisières, des consulats, des commissions, des eorrespoodancea qui remplissent chaque année deux volumes in-folio', soumis aux deux Chambres, l'opinion abolitionuiste organisait des missions, des voyages, des enquêtes, des sociétés, des meetings, des journaux*.
En France, une agitation moindre, notable cependant, . fut entretenue pendant toute la durée du gouvernement constitutionnel, et ce gonvernemenl, avec le zèle le plus sincère, exécuta les traités, demanda des cn'sdits, négocia des conventions/multiplia les instructions et, enfin, ordonna la traduction de tous les documents dans la Revue coloniale, dont les trente-trois volumes (iS45-1857), contiennent l'histoire, jour par jour, de cet immense effort de deux grandes nations au service des membres les plus inûmes de l'espèce humaine.
m. — Quel a été, en résumé, le résultat de tant de peine et de persévérance?
On l'a beaucoup contesté. En Angleterre, le premier o:^ane de l'opinion publique, le Timet, a pris à lâche de nier les effets de la politique suivie pour la répression de la traite. Nous avons dépensé, a-t-il souvent répété, des sommes énormes, 4 ou 500 millions, pour arriver à quoi? à faire payer plus cher le sucre et les nèg res.
' Correspondances rekttmg to the Sioiw trade. * Anli-Siavery Reporter, elc.
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La société pour l'abolition de resclarage, contrairement à l'opinion de ses fondateurs les plus anciens et les plus illustres, a vivement attaqué le système des croi> sières ', et quelques membres du parlement ont, par des motions successives, demandé leur suppression, en prétendant qu'on dépensait 20 millions * par an pour compromettre la vie des marins, et rendre plus o-nol le sort des noirs, h cause de l'embarras de les cacher et de les transporter clandestinement.
Enfin, on sait les susceptibilités et les violents débals auxquels a donné lieu le droit de visite.
Que l'abolition de la traite aitaggravé les soufTrancesdes noirs, c'est cequ'on admettra difficilement.Âvantta traite, les rois indigènes sacrifiaient leurs prisonniers; grâce à la traite, ils les vendaient à de diaritables Européens ; depuis l'abolition de la traite, ils sont de nouveau conduits à les tuer. Les négriers, obligés de les cadier, tes rendent plus malheureux*. Voilà ce qu'on afGnne, mais comment le prouver? comment savoir au juste ce que les petits souverains font de leurs prisonniers? comment, pour diminuer le crime douteux de ces souverains, tolérer le crime certain des négriers? Si ceux-ci sont obligés à se cacher, c'est que la croisière est efficace. On assure qu'ils traitent leurs noirs plus mal qu'avant; cela est impossible. Il faut lire les horribles descriptions des témoins de l'ancienne traite, et notamment les rapports anglais qui nous dépeignent, par de si fortes expressions, tes souf-
> TIa Slave trade. bj sir Ftmdl BuiUui.
■ 650.000 liv. st. ou 16,350,000 t.
* CëUil 1'o|>iDion du voyageur RafTenel (ttO). col-, 1646, VEll, p. 496).
Cioo^lc
fraaces de ces malheureux, places comme des coins , (wedgedthemin). serrés comme des cuillers ^spoonways, en langage technique, presi^ comme des figues et des raisins, stowed in bulk Hke ^tjs or ranin. ■
Je prends m tâche de ne rjen exagérer, je me fais violence pour bannir les .tableaux qui peuvent sembler trop dramatiques, et, cependant, on me permettra de citer deux témpignages imposants, l'un sur la traite par les chrétiens, l'autre sur la traite par les mahométans.
Je laisse ^'abord la parole à lord Palmerston devant la Chambre des lords, le 26 juillet |844 [Rev. Coi, 1844, p. 557):
a Au rapport de MM. Venderwelt et Buxtoti, on débarque, chaque année, en Amériittie, de ISOàtSft.OOOesdaTes. On cèdculeque, sur trois libres saisis dans l'intérieiH' de l'Afrique pour être envoyés eit esclavage, un seul «rive à deetÎDatioa, deux autres meurent dans le cours des opératioia de la (raite. Ain» qudqoe s<^ le nombre de ceux qu'on transporte, il faut le mulUplier par trois pour avoir le chiffi:e des créatures humaines que ce détestable trafic enlève chaque année à l'Afrique.
« En effet les nègres destinés à la traite ne sont pas pris dans le voi^nage du Heu de leur embarquement. Un grand nombre d'entre eux vieniifflit de l'intérieur. Beaucoup i-ont des captifs faits dans de» guerres excitées par la soif du gain que procure la vente des prisininiers. Hais le plus grand nombre provient des chasses qui se fffiit pour prendre les esclaves, et du système organisé dans l'intérieur de l'Afrique pour voler des hommes. Quand approche l'époque de faire partir pour la côte des caravanes d'enclaves, des hommes entourent au milieu de la nuit, un viBage paisible, rincendient, et s'emparent des habitanls. tuant tous ceux qui résistent. Lorsque le village attaqué est »tu£ sur une montagne, qui olfreplus de faintités pour la tiiitc, les habitants se réfugient quelqu^ois dans des cavei'nes : alors les cha.sseurs allument
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(le grauda feiu à l'eotrée de ces cavernes, el ceux qui y out cbcixhé neTiige, placés entre la mort [lar la «ilibcation et l'esdavage, soitl Torces de se livrer; torsqae les fujards se réfugient sur les liauteurs, les assaillants se rendent maîtres de toutes les u>nfGes et des puits, et les maltieureax dévorés par la soif, revienneut tro(|uer leur liberté contre la TÎe. Les prisonniers étant iàils, <hi [Hwède au dioii. Les indiTidiis robnsm des deux seus, el les enl'wts de six à sept ans, sont mis de eôlé pour faire partie de la caraTaue, qui dmt se diriger veis la cote. Oa se d^rrasse des enfants au-dessous de sii ans en les tuant sur kchamp. Ou abandcnne les fieiUards e( le$ inliraes, les condamnant ainsi à mourir de faim. La caraTane se met en roule; hommes, femmes et enfants traversent less.ibles Iwùlanls et les déiUés rocailleux des montagnes de l'Afrique, presque ims et sans clunssure. On stimule les bibles à coups de fouet; ou s'aasure dea pkis brta eii les attac^nl ensemble avec des chaînes, ou en leur mettant un joug Beaucoup tombent d'épuisement en route, et meurent ou dcvieimenl la proie de^ bétes saunges. Arrivés snr b cAle on les parque dans les éL-JItlîsseaients appelés barraamt», où ib scmt entanés de manière i devenir la proie d'épidémies. Souvent la mort à d^â cruellemeut éclairci leurs rangs avaut l'arrivée d'un négrier. Le premier qui seprésmte luit son choix, laissant de cdté les malades et le» bûbles, et ayant »oin de prendre toujours le quart ou marne le tiers d'hommes de plus que sou uavire ne peut en contenir, et cela d'après un calcul inalltématiqne, et par une raison semblable i celle qui tût qu'en raobarque sur un navire chargé de vin des barriques destinées à compenser la perte qui résulte de l'évaporation eu du coulage; car leca|ntaiiie tait parfaiteroenlqu'uK grand nombre des nègres formant sa cargaiscm périra, les nus succombant an chagrin, les autres mourant par la suite du changement àir^ime, etbeaucoup par l'as[diyiie.
« On n'attend pas toujours que les mouiants aient expiré pour les jeter à la nvr; quelquefois on j lanre ceux qu'on désespère de sauver. L'orateur cite un événement de ce genre arrivé en 17S5. Un nommé O>llingwood transportait une cai^ison d'esdavee à l<i Janutque : le navire fit busse route; on manquait d'eau ut de vivres. Sachant que si les nèi-res mour.iient d'inanition, les armateurs perdriû^t la piime
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d'assurance, tandis qu'ils auraient droit à cette prime, s'il était proiné qn'on avait été conlraint, par fortune de mer, à sacrifici* la caifaison, , le capitiiine n'hésita pas à piiâpiter dans tes flots 1 32 personnes vivantes. >
Lord Palmersten Tait ensuite la description d'uu négiîer, et il rapporte ce mot d'un homme qui avait vu un de ces navires : ■ Vn nègre « n'ya pat autant d'egpace qu'un corja eoudt^ ibuu un cercueil.! Par toutes ces causes, le noUe lord pense que si 150,000 esclaves ahordent en Améiîque, tous les ans, la traite eolève à l'Afrique 300,000 ou 400,000 Imes. Selon lui, tous les aimes du geare humain, depuis la création du monde jusqu'à nos jours, ne suipasseal pas ceux que la traite a causés.
Voici maintenanl un épisode de la traite mabométane, raconté par un témoin oculaire :
0 Le lOG^ier 1 843, je quittai Farrec, dernière ville du royatmie de Sboa. Notre caravane se composait des employés de l'ambassade et des domestiques, et d'aiviron 130 ou 140 esclaves, dont une partie appartenait aux conducteurs des chameaux destinés au service de l'iimbassade, et le reste à des traitants qui proâtaient de l'escorte de l'ainhassadeur pour échapper au brigandage des bédouins du pays d'Adal.
« Pliis des deui tiers de ces esclaves étaient des jeunes filles andessous de quatorze ans. Plusieurs d'entre elles n'avaient pas encore atteint leur huitième année. Le reste était composé de jeunes garçws âgés de dix S quatorze ans. L'un d'eux avait été réceoiment victime de l'usage barbare d'après lequel les Abyssiniens mutilent tous les tiommes tués dans les combats, et tous les enfants de leurs ennemis qui, étant âgés de moins de six ans, sont ordinairement épargnés, tandis qu'on égorge sans miséricoide ceux qui ont dépassé cet âge. Indépendamment de 1' opérati(m cruelle qu'il avait subie, cet enfant, nommé Afîrano, avait été ^vement Ues^ à la cuisse d'un coup de sabre. Il avait à peine sept ans, et c'est à cet ige et dans un tel état qu'on lui faisait ccnnniencei' un voyage de 350 milles, â grandes journées. Il devait être dirigé, en effet, surlesmircliésde Moka, du Cair^
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ou métnc de ComUntînoiile, pour êti-e veuilii comme euiuique i quelque riche mahoméUu.
M Sa dluation misérable nous remplit de conipnssiun. Le ca|iilaitie Harris obtint rautorisatton de le placer sur une de ses mules. Adi'faut de ce secours i) ne serait jamais panrenu vitant :iu ferme du voy^i;tc.
a Je remai^uai, pendant le cours du voyage, que les jeunes filles dont b beauté promettait des profils plus cmtsidérables recevaient la pemiissim de moDln*, de deut jours l'un, sur les chameaux ou sur les mules de leurs maitres. Cette humanité intéressé n'hait d'ailleuis «urcéï qu'à r^ard de 5ou6 jeunes filles. Les autres, i l'exccptisii d'une si'ulc, iiui, étant tombée malade, fut placée sur un chainean, mardtérenl avec une gaieté étonnante jusqu'au dernier jour de notiii iioutc.
f Les garçons, »u contraire, aiTosuient littÛMlement la roitte de leitn larmes ; ils se (rainaient le long du chemin, {M-esscs par leur cofidnetnu, jeune garçon qui, par sa brutiditét avait mérité le stHiumi de SheUan (démon), titre dont U était Irës-fier et qu'il s'efibrçait de justifier par un redoidilemeut de rigueur.
< Il fnut attribuer la dilféfence de ^tualiou d'esprit des deux sexes à l'état difiëi'eiit de leur moral et de leur physique an comotencement du TOjage. Les jeunes tilles sont adietées en considération de Icitr beauté et de leur bonne constituttou. Hmis l'acliat des garnons, au coub^re, les Biardtauds ne saut guidés que par le bon marché.
« Je ne parle pas des violences commises publiquement sur Jcs jilus jeunes filles par les traitants ou leurs amis, dans le trajet de l'Abys^nie à Tadjoui'ah. C'est une des circoikstances les plus infâmes de cet ■nfàme trafic.
M Plus de là moitié de ces esclaves étaient chrétiens. Quelques-uns portaient le taaUb, sorte de pagne en soie bleue ou blandie qui, dans cet contrées, e4 la marque distinctive du clirislianisme.
t Nous atteignîmes la câte le 15 mars, aprïs avoir traversé, eu 56 jours, une distance de 550 milles, ce qui fait une moyenne de lOniillespar jour. Hais nos journées avaient souvent été plus long-ies. On a peine il comprendre que des cillants aient \ax accom^ilir une route anœi longue rt aussi pénible. Les jeunes filles étaient excédées
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defutigue; les garçons, à demi-morts ; et poui-tatit |ia# un n'avait succombé. Ce fut un grand sujet de joie pour les tia'L nls t lou amis. Ils ne se rappelaient pas avoir jamais accompli d o; ge a at lieureiix. Ils déclarèreut en conséquence que nous leu a ptMié
bonheur, et que nous possinlions à un ti'èr-iiaut degr I t
Comment peut-on affirmer, en présence de pareils tableaux, qu'il soit possible de dépasser encore ces horreurs, el que les mesures prises pour l'abolition de la traite aient pu les aggraver? Jedélie qu'on aille plus loin dans le mépris de l'homme, et dans l'excès de la brutalité!
CependantlevoyageurVogel.ce héros de vingtans, tué lui-mêmedepuisparlesullanWadaï, a raconté qu'en 1854 le scheikdeBomoii, ayant pris 4,000 noirs, tua tous les hommes et ne garda que 500 femmes et enfants. Le docteur Barlh pense aussi que les massacres ont augmenté depuis que les chefs n'ont plus le débouché de leur marchandise.
Mais, au contraire, Livingstone écrit à lord Glarendon, le 19 marslS56,de la rivière Zambesi : «[Incertain docteur Brysson a écrit que tes mesures prises pour réprimer La traite n'en avaient fait qu'accroître les horreurs. On m'a gravement affirmé aussi que les Maravi tuaient maintenant leurs captifs, qu'autrefois ils gardaient pour les vendre aux hommes blancs. Je puis affirmer à Votre Seigneurie qu'une pareille assertion ne peut venir d'un homme mêlé, comme je le suis, aux marchands d'esclaves dans le pays même où se fait le commerce; elle est répandue par ceux qui onl intérêt au Irafic. Dans la par-
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tie étendue de l'Afrique que je connais, les giierr.'s sont maintenant Irès-rares; eliet ^4aietU provwfiiéei évidemment par la traite. II est rare de voir À présent une cafilah d'esclaves se diriger vers la cdte , et les (ratiquanls saventqn'ils risquent plus qu'en aventurant leur argent au jeu. Le commerce des esclaves, en enlevant tonte possibililé d'industrie, est la cause de l'élat complet de ruine de l'estetde l'ouest de l'Afrique.»
L'abolition de la traite fûl-elie l'occasion de quelques <aimes nouveaux, n'est-ce pas l'effet d e toute loi pénatequi pousse quelquefois le criminel à un second crime pour cacber le premier? On peut dire aussi que les voleurs BelucRÛMitjamais ceux qu'ils détroussent, si le vol était pernùs.
Laiswns .ce raisonnement, et ne souffrons pas qu'on aocase la- répression de la traite d'avoir aggravé ses ' horreors.
Seuleotèat, il fout convenir que de tmis les moyens employés,!] n'en est pas un qu'on ne puisse contester, pas un qu'on nepuisse éluder.
Le droit de visite réciproque, l'assimilation de la traite i la piraterie, la surveillance des câtes par des croisières, l'établifisemenlde eommissions mixtes, voilà les moyens vraiment efBcaoes.
Or, le érMt de visite répugne à l'bonneur des nations. Eji pleine mer, en temps de paix, les nations sont indépendantes les unes à l'égard des antres. Jl y a cependant une police internationale qui dérive du droit des gens ; tout navire a le droit de vérifier l'identité du pavillondu navire qu'il rencontre. Il y a d'autres droits, résultant
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:M r;KSCLAVA6E.
lie traités. Tel est le droit de vUite pour cause de traite
(les nègres, auquel l'ADgleterre ajoutait le droit de recherche, droit de demander les papiers, di-ùt d'explo> rer les navires. On comprend que vis-à-vis d'un faible, ce droit est oppressif, que vis-à-vis d'un fort, il est humiliant.
Aussi lorsque le gouvernement de juillet crut devoir accepter les traités de 1851 et 1853, dont le gouvernement de 1815 avait repoussé le projet', la marine et l'opinion publique protestèrent. Lorsqu'en J842, un nouveau traité fut signé, la ratification fut refusée. Enfin lorsque M. de Broglie et M. Lushingtoa eurent signé (a très-raisonnable convention du 29 mai 1 845, aux termes de laquelle la France ei l'Angleterre se sont engagées à entretenir, chacune pendant dix ans, 26 croiseurs au
• moins sur la côte occidentale d'Afrique, et l'Angleterre une autre croisière sur la côte orientale, sansaucun droit de visiter les papiers ou la cargaison, si ce n'est quand le navire était $uxpect, on s'écria que cedroit était exorbitant, on demanda, dansdes adresses fameuses, que lecommerce français fût replacé som la surveillance exclume du pavillon fraaiçait* . Enfin, lorsque le terme de la convention arriva, en 1855, on l'a laissée silencieusement tomber. Qui oserait proposer de la reprendre?
Les ËtatS'Unis se sont toujours absolument refusés au droit de visite, et les débats avec l'Angleterre à ce sujet se sont terminés seulement en 1^58.
' ÛépétJies de M. àe Polignac el de H. de Laval.
* Discussmna des deu\ chambres, janvier 1846, d'iEcours de MM. de la Redorte ri Billault. {Rev. col.. 1846, VSl, 156.)
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On a opposé la même résistance à rtStabHssement de commimoni mvrtet. La France s'est toujours refusée ù sonmeltreses nationaux à une autre juridiction que celle des tribunaux nationaux. L'Angleterre entretient des commissions anglo-espagnoles à Sierra-Leone, à Saint- Paul de Loanda, au Gap, elà la Havane.
La France s'est également refusée à assimiler dnns ses Iras la traite à la piraterie. Deux conditions réunies constituent le pkate, n'avoir pas de papiers réguliers, être armé*. Un navire négrier, s'il n'est pas armé, quand même il n'aurait pas de papiers, n'est pas un pirate, à moins de lois spéciales. L'Angleterre, le Portugal, l'Espagne, les États-Unis, entin le Brésil ont déclaré que la traite était piraterie. C'est une assimilation parfaitement juste, mais, en 1825, la traite continuait, et on n'osa pas la frapper de peines aussi graves. On y viendra, jç le crois, le progrès de la morale en cette question est lent mais continu. Il y a cent ans, on encourageait la traite; il y a cinquante ans, on la tolérait; il y a quarante ans qu'elle est un délit, il est temps qu'elle passe au rang de crime.
La $urveiUance des eôtes par des croisières est assurément un moyen coûteux et incomplet; on ne fait pas la police de l'Océan comme celled'un village. Mais les croi-
• Loi du 12 airil 182â, Momleur du 25. Le rapporteur fui M, le baron Porlal.
La piraterie simple est punie des iravaui forcés: quand elle est accoiiipagoée àe tléprédatioD, elle est punie de nwrt.
La baraterie est le crime commis par un capitaine ou pilote sur le lu- >ire métoe qu'il est chargA de con'liiire, lorsqu'il le vole, le perd, ou le
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sières ool beaucoup fait pour le service de l'humanilé; elles ont délivré un nombre énorme de victimes; en même temps qu'elles préviennent Ifi traite, elles- pratégoit le commerce, elles étendent sur les missions l'ombre tutélaire du drapeau de la France. Ajoutons qu'elles ont beaucoup fait aussi pour l'honneur de l'humanité. Qui refuserait le iribut d'une admiration reoMinaissaidé à ces nobles officiers, à ces matelots courageux qui affrontent l'exil, la mer, le soleil, la mort, passent sans gloire et sans repos deux années en sënlinelle pour courir sus aux oppresseurs, et mettre en liberté d'obscures victimes!
Quels que soient les inconvénients, qaelles que soient les imperfections de tous ces moyens, leurs résultats ont été très-considérables, on n'en saurait douter. Les hommes les plus expérimentés et les mieux, informés, lord Palmerston, lord Aberdeen, lord Glarendon, sir Robert Peel, lord John Russell, n'ont pas cessé d'afârmer en Angleterre, et M. Guizot, M. deBroglie, Mi l'amiral Du>perré, M. de Mackau, en France, que le nombre des esclaves enlevés à l'Afrique par la traite avait considéra*blement diminué. Les calculs produits devilnt le Comité d'enquête de 1 848 portent de 100,000 à 140,000 par an le nombi% des esclaves exportas de 1788-à 1840, et de 50 à 80,000 le nombre des esclaves exportés de i840 à 1848 '. Ce serait donc une diminution d'environ moitié.
Il y a des pavillons sous lesquels la traite ne parait plus, comme les pavillons français, anglais, hollandais,
' Rev. co/,,1848, U8.
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suédois, aulrk-hiens. De toutes les terres chrétiennes, l'Amérique seule, et, en Amérique, les Etals-Unis du Sud Cuba et le Brésil seuls, reçoivent des esclaves. '
Depuis lors, des lois spéciales ont ét^ obtenues de ces pays : de l'Espagne, en 1855, du Portugal, en 1842, du Brésil, en 1850. Il a suffi d'un gouverneur honnête à €uba, le général Valdès, pour y arrêter presque complelement la traite, pendant quelques années.Laloi de 1850, au Brésil, a fait descendre à 7 ou 800 le nombre des esclaves importés, qui était de plus de 50,000 par an, quelques années auparavant'.
■ La croisière &nglaise*captura, de 1837àl847, 634 ■n^riers, en destination du Brésil et de Cuba, Si les croiseurs français firent moins de prises, c'est que n'ayant pasdetrailés spéciaux avec les différentes nations, ils ne pouvaient saisir les négriers qu'en cas de piraterie.
La destruction de nombreuses factoreriesd'esclavespar le système du blocus près de terre {in shore blockade) a frappé de terreur les marchands, et substitué le trafic de l'ivoire et de la gomme à celui des esclaves. On a été jusqu'à faire le siège de villes, comme Lagos, en 1852, et à y substituer un chef à un autre*.
a Quand on compare ce qui avait lieu il y a quelques années, a dit lord John BusscII le 8 juin 1860*, quand on se rappelle que 140,000 esclaves par,an étaient en-
*h'Etcailre africaine vengée, par le lietilcmnt Henrj Yul«, Colonial Magazine, mars 1850; heo. ce/., 1850, IV, 277. " Hev. cet., 1852, VID, 270, 560.
*PapeTS relating to-lhe SUtve Cratfe, Lcndon, ]8GI,Barclaj.
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levés par la traite à l'Afrique, tandis que cette année te nontbre n'a pas atteint 50,000, on ne doit pas nier le progrès ni abandonner l'espoir d'une complète suppression de ce trafic. »
En résumé, ce commerce qui était l'apanage des rois est considéré comme un crime; toutes les nations de l'Kurope sans exception en ont, par des traités, promis la suppression à leurs alliés, interdit par des lois la pratique à leurs sujets; cet odieux trafic a été traqué, circonscrit, puni, diminué, à une époque où l'immense accroissement de la consommation des produits coloniaux . l'eût inrailliblement augmenté. Les colonies ont-elles.été ruinées? Leur production a-t-elle baissé? Nullement'. L'esclave est seulement devenu plus cher, et par suite il a été mieux traité; le travail servile augmentant de prix, l'émancipation a rencontré moins d'obstacles. Le mal déshonoré, la traite plus rare, l'esclave plus heureux, la liberté plus facile, voilà d'immenses et satislaisants résultats.
J'appelle un autre résultat très-considérable cette conviction que l'entière abolition de la traite ne sera réellement opérée que par l'entière abolition de l'esclavage.
Tant qu'on est sûr en effet de vendre très-cher une marchandise, on trouve toujours moyen de se la procurer. Le risque augmente le bénéGce'.
' Eiporlalion du sucre des colonies anglaises des litdes occidentales :
i' Avaturabotitim de la traite. imi-llUie. . . 1,158,590,756 kil.
i' Ap-èsV^H>Utim de la traite, Wl-XSii. . . 1,141,1^7,028
- 1829-185*. . . 1,190,990,56(1 {Rev. col., mars 1845, p. 262.)
* Aii)SL la surveillance (te GiiUa est fucile. (.es passes navigable!: n'y sont
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