‹ L'abolition de l'esclavage (volume 4)Chapitre 22 sur 56 · L-IHUIfiHATIO.V. 5ir · texte numérisé non relu

L-IHUIfiHATIO.V. 5ir

Or l'esclavage n'est pas partout aboli, et tes nations qui l'ont aboli se livrent, pour procurer à leurs colonies un supplément de trarailleurs, au recrutement d'Africains libres connu sous le nom d'immigration, qne l'on accuse d'être un retour k la traite. Qu'en faul-il penser?

I. IHMlfiRATION, OU L ENROLBHENT DES NOIRS LIBRES SUR LA COTE d' AFRIQUE.

Depuis que les Français se permeltenl d'enrôler de'^ nègres sur les côtes de l'Afrique, à destination de leurs colonies, de tout poste ott Qotte un drapeau anglais sur une maison consulaire, sont parties des dépèches qui semblent calquées les unes sur les autres.

Ainsi H. Su nley, consul à l'île Maurice, écrit en 1857 au Commodore Trotter, commandant la station de la côte orientale d'Afrique, pour signaler l'arrivée aui Comores, à Oïbo, à Johanna, de navires venant de l'île de la Réunion, avec des permissions et des agents du gouvernement français, pour engager des nègres rachetés et affranchis. Il ne signale aucun abus. Il déclare même que le capi-

pas larges. Le ?ent souffle {iresque toujours dam la méoie dire«ti«Ht, et, pendant <(uatre heures environ le nutin, il j a un calme plat qui donne aux steamers une grande supériorité Bur les Taisseaui à voiles, elcepondanl on importe au moins 30,000 esclaves â Cuba chaque année.

(Diseours de M. Gare, Chambre des communes, S juin 1860.)

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laine Durand, de VAuréUe,» refusé de slaùonner h Maroni (i)esComareB)et de.donaerle,lemps'au3ullaii, qui le lui proposait, de iormer sur la côte des dépôts d'esclaves, parce que tes intlntclions d« goHvemement le lui défen'daienlexpi-estémmt. Gepoidanl il ajoute qu'il ne pourra empêcher les sultans indigènes, malgré les traités qui les lient envers l'Angleterre, de chercher à profiler des rachats de nègres opérés par la France. Aussitôt le commodore Troller écrit à l'amirauté' : « Il n'y a aucune tentative de transport d'esclaves autour du cap de Bonne- Espérance. Mais il est fort à regretter que le gouvernement français persiste dans son système d'émigration des noirs de la côte est d'Afrique vers Pile de la Réunion, système qui porte naturellement les chefs, pour approvisionner sur la côte le marché des travailleurs, à tirer de l'intérieur dès esclaves au lieu des productions du sol. » Nous trouvons les mêmes doléances partant de la côte occidentale de l'Afrique. On connaît la singulière petite république de Libéria, fondée, en 1822, sur l'ancienne Côte des Graines entre le cap Palmas et Sierra-Leone, par les abolition nistes américains pour y réexporter des noirs libres sur leur terre natale. Cette république, où les noirs seuls sont citoyens, est loin d'être un modèle.'.

J, Journal de covaneree àeTiem-^ork, ^ iivrill85$. ' G>inn)e essai pour, abolir graduellement l'esdaiage va. Êluts-Uais, el <''loigii(^'1a r^cé noire, Eelnn les espérances de M. Clay, la république de Libéria n'esl qu'une illusion. On s'; débarrasse des noirs les plus paresseux ou \es plus turbulents, quand le colon est en baisse ; ou envoie ainsi en Afrique des hommes nés en .\rtiëriquc. Libéria est aussi chère à ceui qui veulent l'atwlition qu'à ceux qui la repoussent, et ne sont pas fichés d'éloigner dé leurs esclaies la vue de noirs libres. Enfin il n'est pas dout«ix que l'ei-pré- ^enl Roberls était payé pour second' r la traite, ainsi que plusieurs h^uls

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L'IHHIGrtATION. 515

Cependant elle dure, elle grandit ; .elle a une constitulion, un président, un sénat, un parlement él^tiCs, un cens d'éligibilité, un corps judiciaire inamovible; elle compte onze villes, près de 400,000 âmes, 50 églises, 50 écoles, un collège. Elle traite avec les nations de l'Europe qui entretiennent l'amilié par de petits cadeaui ; ainsi l'Angleterre lui a fait présent d'un schooner, et la France lui a, dit-on, donné.mille uniformes de zouaves. Enfla elle cherche à s'agrandir, et envoie des explorateurs à l'intérieur. Or c'est dans une lettre, datée de février 1858, d'un de ces explorateurs', M. George Seyniour, envoyé à, l'est dans le territoire de Peesay, que je lis ces lignes:-» Le système français de chercher des émigrants sur cette côte pour ses colonies indiennes, porte les chefs indigènes, voisins du cap Mount, à recommencer, leur vieille pratique de la chasse aux nègres {kidnapping), et à se faire entre eux des guerres de pil-, hne pour s'approvisionner d'émigrants. »

11 n'en fallait pas tant pour que la France fût hautement accusée en Angleterre de ressusâter la traite des esclaves et [mur réveiller tous les échos des meetings d'Eieter-Hall, toutes les ardeurs des vieux abolitionnistes du parlement et delà Chambre des lords.

Ije il juillet i857, lord Brougbam interpella le gouvernement sur l'in^rtation des;aègres dans les colonie^ françaises, « Il croit que l'Empereur est liximpé; il espère que, les influences religieuses qui l'entourent lui

Anctionnaires. Lilwria n^eet înléressanl que comme expérience de .ce que p««aitlM ntgres^rM'goufernM-ettnii'uller, mèmedans de détestablef «flpdifions. y. la Bévue dÉdit^bourg 1859, p. 550-5«5. '

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r.lti L'ESCLAVAGE,

démon tl'eront que celte importalion ressuscite la traite, que les nègres sont incapables de comprendre le contrat qu'on leur propose, que les chefs se livrent, pour les amener à la côte, à toutes les horreurs imaginables. II propose une adresse à la reine. » Lord Malmesbury, lord Harrowby, l'appuient. Lord Clarendon répond qu'il est très-occupé de ces faits, qu'il a écrit au gouvernement français, qu'il veille. L'adresse est adoptée.

Cependant l'opinion n'était pas encore fort émue ; cnr le Times du 18 juillet, en rendant compte de la séance, allègue quelques arguments pour et contre, et finit par déclarer que chaque pays doit agir en cette matière comme il l'entend.

Mais deux incidents, survenus en i858, ont animé l'opinion et ravivé le débat.

lie premier est la révolte des noirs émigrants etle massacre de l'équipage de la Regina-Cœli , de Nantes, capturée ensuite par un navire anglais et menée à Monrovia. I^es journaux de juin 1858 ont tous reproduit les émouvants détails écrits par un témoin du massacre, M. de.« Brûlais, chirurgien du navire, qui a vu couper en morceaux le maître d'équipage, tuer tous les matelots, et n'a survécu qu'à force de courage et comme par miracle, après avoir passé deux jours et deux nuits au milieu d& ces noirs révoltés, véritables bêles fauves.

Le second incident est celui du Charle$-Geor(je$, capturé sur la côte du Mozambique, en dehors de la zone légale, et malgré la régularité de ses papiers, par les autorilés portugaises, incident qui a forcé le gouvernement français à envoyer devant Lisbonne deux vaisseaux

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