LES ACTES DES AP0TIIE5 ET I.KS EI-ITRES
Od sait que les Actes des A]>ô(res, écrits par saint Luc , présenlent le tableau de l'Église primitive. Y est-il question des esclaves'? p^s une seule fuis. On y voit que tes princes des apôtres travaillaient de leurs mains; on n'y lit pas qu'ils se Gssenl servir par des esclaves.
Prctendra-t-on que les apâtres et les premiers chiûtiens pratiquaient le communisme, et qu'ils ne peuvent parler d'escluves, puisqu'ils n'admettaient pas la propriété privée ?
C'est là, pour le dire en passant, une absurdité gratuite, très-souvent répétée à cause de ce texte :
Ac(., l'Ii. IV, 33. — La iniiUitiKte de ceux qui €i-oyaîeiit n';wait'iif qu'un cœur et qu'une âme ; et nul ne considérait ce qu'il possédait comme étant à (m en particulier, mais toutes choses étaient cornmunes entre eux.
Hais les versets suivants démontrent manifestement que les croyants vivaient ainsi pour pratiquer la
' Ou lil seulement que Paul et Silae, étant k Ptù'jppc, colonie romaine, r^Kootrèrent ua<: esclave qui, possédée dn démon, rapportait beiucaup h se» maîtres par ses divinatians ; or, sans souci du profit des inailres, \ei Apôtres cliasîérent l'esprit qui possédait celle femme, et les inailres, priics ite lem" gain, firent prendre, emprisonner ctfoiicUcr le' Apnlres. (Aclfs, xkii 16-23.)
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charité, nullement pour pratiquer le communisme. En
effet :
34. Il u'ï avait aucun pauvre ftamii euï, parce que Ioub ceux qui possédaient quelques fonds de terre ou des maisons les vendaient et en apporL-iieiit le prix ,
55. Qu'ils mettaient aux pieds des apôtres, et on le distribuait ainsi i chacun selon qu'il eu avait besoin.
Lesversela 56, 37, nous montrent Barnabe donnant cet exemple, puis, au chap. v, i-12, nous voyons Ananie et Saphire frappés de mort, pourquoi ? non parce qu'ils n'ont pas apporté leurs biens en commun, mais parce qu'ils ontmenti, déclarant les donner, tandis qu'ils e» retenaient une partie. En elTel, saint Pierre dit à Ananie :
3 Comment Sjtan a-t-il tenté votre cœur, pour tous porter
à menlir au Saint-Espi it et à détourner une partie du prix de ce fonds de (erre?
i. Ne demeurait-il pas toujours à vous, sivottsraviezvottlugai-der? Et même après l'avoir vendu, le prix n'en était-il pas encore à vous?... Ce n'est pas nui hommes que tous avez menti, mnisà Dieu.
Ces textes consacrent donc parfaitement le droit de propriété privée, bien loin de l'abolir, et le silence des apôtressur la propriété des esclaves ne peut être attribué à leur prétendue opinion sur le droit de propriété en lui-même.
Aucun trait, aucun mot, aucun détail qui ne révèle, dans les apôtres et duns tes premiers fidèles, la conviction la plus pure et la plus pratique de la fraternité des hommes, si nettement professée par saint
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Panl devant l'Aréopage (Actes, xxiif 25, 26). «. Ce Dieu que vous adorez sans le coonaUre c'est celui que je vous annoDce. . . c'est lui qui a fait naître d'un seul tang totUea les Hati(ms des hommes pour habiter toute la terre, dans le temps et avec les bornes qu'il a déterminés. » On sait d'ailleurs qu'un esclave, pour être admis au sacerdoce, devait être mis en liberté; l'esclaTe Onésyme fut affranchi avant d'être diacre, puis il devint évêque, bien qu'ancien esclave.
Les Ëpitres furent composées, soit pour développer aux fidèles les règles de la foi et de la morale, soit pour résister aux premiers mouvements qui les portaient vers l'agitation ou vers l'erreur. Les recommandations que contiennent les Ëpîtres dénotent donc les points où l'autorité de l'Ëglise était déjà obligée de se manifester, elles conseils de patience donnés aux esclaves peuvent prouver que la loi nouvelle les inclinait à l'impatience d'un joug donl ils sentaient mieux l'injustice.
Mais, quoi qu'il en soit, ces conseils sont positifs. 11 est nécessaire de les analyser, et d'abord de les connaître.
Tous les textes de saint Paul et de saint Pierre qui parlent des esclaves peuvent être divisés en deux catégories : les uns enseignent avec énergie le devoir du travail et de l'égalité des hommes; les autres recommandent aux esclaves la soumission, aux maîtres la bonté et la justice. En général, on ne cite ces textes que par extrait, et on ne les cite pas tous. J'ai pris à tâdie de les rechercher avec le plus grand soin, et je demande la liberté de reproduire en entier ces vénérables articles de la charte de l'égalité chrétienne.
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Je suivrai, pour les textes de saint Paul, l'ordre chronologique (cl que l'indique dom Calmet :
l" Épître aux Thessaloniciens, an 52 de Jésus-Christ :
Ck. IV, 10, H. Je TOUS eihorte i travailler de vos propres mains, ainsi que nous TOUS l'avons ordonaé... Afin que vous tous mettieien état de n'avoir besoin de personne.
ir Épître :
Cn. III, 10. Celui qui ne veut point travailler ne doit pas manger.
1 1 . Nous apprenons qu'il y a parmi vous qudques gens inquiets qni rm travaillent poinl...
1 2. Noiu ordounoos à ces personnes et nous les conjurons par Notre-Seigneur Jêsus-Cbrîst de manger leur pain en travaillant en silence.
Epître avx Gâtâtes, an 55 de Jésus-Christ :
Ch. III, 28. II n'y a plus maintenant ni de juif ni de gentil, m d'esclave ni de libre, ni d'homme ni de femme, mais vous n'êtes tous qu'un en Jésus-Chrîst '.
Ch. IV, 7. Aucun de vous n'est maînlenant serviteur, mais enlant.
51. Nous ne sommes point les enfants de la servante, mais de la femme libre, et c'est Jésus-Christ qui nous a acquis cette liberté.
Cii. V, 13. Mes frères, vous êtes appelés à uu état de liberté ; ayez soin seulement que celte liberté ne vous serve pas d'occasion pour vivre selon la chair, mais assujettissez tous les uns aux autres par une charité spi[iiuclle.
14. Car toute la loi est renfermée dans ce seul précepte : vous aimerez votre prochain comme vous-même.
t Les imh regardaient avec une hauteur dédaigneuse tous ceui qui n'étaient pas Juifs; les Grecs ceux qui n'étaient pas Grecs; ils les estimaient esclaves par nalure et d'une race inférieure L'intelligence de celle parolu
de S. Paulsupposelacunnaissancedu sentiment d'Aristote (Ucclher.ch.iu).
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15. Que si vous tous mordei et tous dËTorez les uns les autres, pieoea garde que tous ne tous consumiez les uns les autres.
P' Épîlre ««a; Corinthien», an 56 de Jésus-Christ :
Cu. Tii, SO. Que vliacnn demeure dans l'âtatoù ;i] était quand Dieu l'a appelé.
21. Atcz-tous été appelé à la foi étant esclaTC? Ne portez point cet êtutaTec peine, mais plutôt faites-en un bon usage, quand même vous pourriez devenir libre*.
22. Car celui qui, étant esclave, est ai^ë au MarviceduSâgneur, devient aiïranchi du Seigneur, et de même celui qui est a[^6, étant libre, devient esclave de Jésus-Cbrist,
23. Vous avez été achetés d'un grand pris ; ne tous rendei pas
3S. Je TOUS dis tout ceci pour votre avantage, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter seulement à ce qui est de plus saint et TOUS donner le moyen de prier Dieu sans empêchement,
Gd. XII, 13. Nous avons tous été bi{itisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs ou gentils, soit esclaves ou litres. Et nous avons tous reçu un même breuvage pour n'être qu'un même esprit.
14. De même le corps n'est pas un seul membre, maLi plusieurs.
22. Or, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires.
S3. Nous entourons même de [^us d'honneur les parties du corps qui paraissent les moins iu^iorables.
27. Or TOUS êtes le corps de Jésu»^rist et les membres les uns des autres.
II"* ÉpUre aux Corinthien» :
' Peul-oa comprendre que H. de Cassagcac traduise ainsi ce texte reonrquable : Si ta,pettx avoir la liberté, retu d'auCanl plut en servitude.
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Ch. XI, SO. Vous souffrez qu'on vous réduise en s^tude, qu'on TtHis dévore, qu'on tous d^iouil le, qu'on vous abaisse, qu'on vousfrappe à la face.
Epître aux Romains, an de Jésus-Christ, 5S : Cb. II, 11. Dieu ne fait point acception de personnes.
On peut ajouter mêmeÉpUre :
Cb. VI, 46. Ne savez-vous pas que, de qui que ce soit que vous vous soyez rendus esclaves pour lui obéir, vous demeurez esclaves de c^' 3 qui vous obéissez, soit du péché pour y trouver la mort, soit de l'obéissance pour y Irouver b justice?
1 8. AfTranchis du péché, vons êtes devenus esclaves de k justice.
2t . Quel fruit tiriez-vous alors de ce dont vous rougissez main- . tenant?. . ,
âS. Hais ft présent que vovs êtes af&andiis du pêdié et devenus esclaves de Dieu, le fruit de cet esclavage est votre sanctification, d la vie étemelle en sera la fin.
23. Car le salaire du ])éché est la moit, mais le don de Dieu à ses Bo-viteurs est la vie étemelle par Jésus-Christ Notre Seigneur.
Dans tout ce passage, saint Paul s'adresse aux Romains qui pratiquaient l'esclavage, et il parle par figure de l'assujettiâsement au péché ou à la justice. Hais qui tlonc trouvera dans ces paroles une consécration de l'eiclavage? Que l'on mette partout le mot : serviteur à la place du mot : esclave, et lesens reste le même. Bien plus, qu'on serre les mots de près, et l'on remarquera : 1° Qu'il s'agit d'un assujeltissement wJontoira ; 2* qu'on peut s'en affranchir ; 5° qu'il comporte un salaire. Or, l'esclavage n'est pas volontaire, n'a pas de lerme, n'est pas salarié. Donc la figure même dont se sert saint Paul ne peut s'entendre que du service proprement dit.
D.nt.zedbïG0O^lc
Même Epîlre :
Ce. xit, 1. Daneurex unis avec celui qui est faible dans la fd, sans contester avec lui sur ses sentim^ts.
i. Qui éte»-vous pour juger le serviteur d'autrui? C'est à son maître à TtHT s'il demeure ferme ou s'il tombe ; mais il demeurera ferme parce que Dieu est puissant pour l'affranchir.
U est trop évident que le maître ici, c'est Dieu, et que le serviteur n'est par conséquent pas un eiclaw. C'est encore une allusion aux mœurs des Romains.
Toutes les autres Épltres aux Églises sont de la même année de Jésus^brist, 62.
Ep&re aux Ephésient, an de Jésus-Christ, 62 :
Cn. Ti, 5. Voos, serriteurs, obéissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, avec crainte et avec respect, dans la simplicité de votre CdBur, comme â Jésus^Christ même.
6. Ne les servei pas seulement lorsqu'ils ont l'oeil sur vous, comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes; mais faites de bon cœur la. volonté de Dieu, comme étant serviteurs de Jêsus-ChrisL
7. Et servez-les avec affection, regardant en eux le Seigneur, et non les hommes.
8. Sachant que chacun recevra du Seigneur la récompense du bien qu'il aura fait, soit qu'il soit esclave, ou qu'il soit libre.
9. Et TOUS, maitres, témoignez de même de l'affection à vos serviteurs, ne les traitant point avec rudesse et avec menace, sadiant que vous avez les nns et les autres un maître commun dans le del, qui n'aura point d'yards à la oonâition des personnes.
C'est la fin de cette belle et tendre Ëpitre dont le cba< pitre lY commence par ces sublimes paroles :
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Ch. it, t . Je TOUS conjure donc, moi qui suis dans les chaînes pour le Seigneur, de tous conduire d'une mamère qui soit digne de l'état auquel vous avez été appelés.
i. Pratiquant en toutes choses l'humilité, etc.
i. Vous n'êtes tous qu'un corps et qu'un esprit, comme tous avez tous été appelés Sk une même espérance.
5. Et qu'il n'y a qu'un Seigneur, qu'une Toi et qn'un baptême,
6. Qu'un Dieu, père de tous, qui est au-dessus de tous, qui étend sa ProTÎdence Hur tous, et qui réâde en nous tous.
7. La grâce n été donnée à chacun de nous selon la mesure du don de Jésus-Christ.
8. C'est pourquoi l'Ëcriture dit qu'étant moi>tâ en haut, il a mené captive une multitude de captifs, et a répandu ses dons sur les hommes,