‹ L'abolition de l'esclavage (volume 4)Chapitre 39 sur 56 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA THÉORIE DE L'ESCLiVACE.

On trouvera bon qu'avant de résumer et de conclure, je m'arrête pour poser cette question : Si Jésus-Christ n'a pas aboU l'esclavage, qui donc l'a détruit? qui donc le supprimera?

Est-ce la philosophie? est-ce la raison humaine?

Je demande à la philosophie, je demande à la raison humaine de m'expliquer, s'il en est ainsi, qu'est-ce que l'esclavage? quelle est la nature, quelle est l'origine de ce lléau?

Qu'on interroge la conscience : elle répond que la liberté est le plus précieux des biens, le plus clair, le plus sacré des droits'.

< Je n'ai pas liesoin de raisonner pour savoir que ma liberté est inviolalile. Elle est mon droit, comme la vie elle-même. Personne ne peut m'ôter la îie Bans crime, et personne ne peul mutiler mon être, le vicier, le dégrader sans crime. Je liens du même Dieu l'esistence et les facultés qui me la rendent po.s^ible. Il ne se peut pas que les lois divines et humaines condamnent l'assassin et absolvent le liberticide ?{on-seulement ma liberté

est à moi, comme ma vie, et personne n'en peut disposer à ma place, mais je ne suis pas maître d'en disposer moi-même. Ce n'est pas asscE de dire que

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Mais qu'on interroge l'histoire : elle enseigne que la moitié du genre humain a vécu dans l'esclavage, y gémit encore, y retombe sans cesse, et que les tyrans et les victimes sont éternels.

Comment comprendre, comment expliquer cette lamentable contradiction? comment résoudre cette énigme?

Voici un fait monstrueux, et il est le plus antique dont les hommes aient conservé la mémoire. Dès que deux hommes, dès que deux peuples ont été en face l'un de l'autre, le plus fort a asservi le plus faible, et, dès qu'il y a eu une loi, elle a donné raison au plus fort.

Le plus antique des faits est aussi le plus universel. L'esclavage est une institution des Romains et des Grecs, des Germains, des Scythes, des Éthiopiens, des Perses, des Indiens, des Barbares, plus raffiné chez les uns, plus brutal chez les autres, partout impitoyable, incontesté. Tous l'exercent ou le subissent, quelquefois on l'ébranlé, jamais on ne le détruit, et les esclaves révoltés ou les affranchis détiennent à leur tour des esclaves.

Voici un fait immémorial, opiniâtre, naissant et renaissant jjartouL, indestructible, universel, à la fois naturel et contre nature. L'homme, pour se dispenser du travail, condamne au travail un autre homme; s'il résiste, il tehat; s'il devient inutile, il le vend; s'il est fécond, il dispose de sa descendance-, en un mot, sur cet être, son semblable, qui a la même forme, le même langage, la

la liberté est un droit: la liber lé est un devoir Il ne dépend pas de moi

de rejeter la responsabilité que Dieu m'a imposée il ne m'est pas permis

de déserter le poste où nj'a placé le Créateur.

(Jules Simon, la Liberté, l. I, p. 25. 26.)

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même âme et le même visage, il eserce en Loul point

l'empire (le l'Arabe sur son cheval.

Ce prétendu droit, les philosopliies ne le condamnent pas, elles le démontrent; les lois ne le réprouvent pas, elles l'organisent.

Encore une fois, comment le comprendre et comment l'expliquer? Qui osera répondre froidement : Puisque ce fait est universel et immémorial, donc il est légitime.

On lui répliquerait par cette boutade de Voltaire : « 11 y a trente ou quarante siècles, plus ou moins, que les fouines sont en possession de manger nos poulets, mais on nous accorde la permission de les détruire quand nous les rencontrons. »

L'universalité de l'esclavage ne prouve pas plus contre l'égalité des hommes que l'universalité du polythéisme ne prouve contre l'unité de Dieu.

Cherchons , cherchons encore le secret de cette énigme...

Trouve-t-on la théorie d'Aristote sur l'inégalité naturelle des âmes digne d'une réfutation? Veut-on se perdre avec les Hindous dans les nuages de la doctrine de la préexistence?

Préfère-t-on croire à la différence des races et espèret-on découvrir dans la couleur de la peau ou dans l'inclinaison de l'angle facial le titre de la possession d'un frère sur son frère?

Faut-il écouler les faux économistes qui louent l'organisation du travail forcé, les faux jurisconsultes qui déduisent la servitude d'un contrat où manquent à la fois

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ET L'ESCLAYAGi!;. 449

l'objet licite et le consentement, les faux pliilaolhropes et les faux chrétiens qai font de l'esclavage un heureux système de moralisalion et un caléchuménat commode, les faux libéraux qui fondent sur l'asservissement d'un grand nombre la vie politique d'une minorité dirigeante? Â tous ces systèmes vains ou cruels, fondées sur la nature, ou sur l'utilité, le cœur humain et l'histoire infligent un éclatant démenti.

Le Créateur est innocent des inégalités que la science invente. A tous les hommes il lui a plu de donner une âme, h toutes les âmes la liberté.

Non, non, le travail, la morale, la religion, la politique n'acceptent pas tes odieux services de la servitude qui les déshonore sans les seconder.

Fussent-elles vraies d'ailleurs, ces explications auraient à leur tour besoin d'être expliquées. Si le travail, la morale, la religion, la politique tiraient un vrai profil de la servitude, comment comprendre ce monstrueux amalgame, comment justifier Dieu d'avoir ainsi rendu le mal inhérent et nécessaire au bien 7 Ce serait une seconde énigme à résoudre.

On répète assez volontiers que la servitude est au nombre des imperfections qui marquent les premiers pas de l'humanité sur la terre, qu'elle disparait peu à peu par l'influence du progrès et par le cours du temps.

Si l'humanité doit passer par l'esclavage comme elle passe par l'enfance, c'est une loi commune à tom les hommes sans exception; qui donc a le droit à'èlremattre?

S'il est un mal destiné à disparaître peu à peu et suivant les lois d'un progrèsconlinu, l'esclavage a sans doute

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été plus cruel et plus universel auxpremiersjoursiJe l'humanilé; après quelques siècles, on le verras' affaiblir, puis enfin disparaître. Or, il n'en est pas ainsi. Au commeu' cernent, il se confond avec la domesticité au sein de la vie patriarcale. A mesure que la société s'éclaire et s'organise, l'esclavage s'organise aussi; plus il dure, plus il pèse, et les tribus païennes de l'Afrique, ou les traitants païens du nouveau monde ont invaité des cruautés et forgé des chaînes que les anciens ne connaissaient pas. Les modernesont possédé plus d'esclaves que les anciens, ils ont inventé la traite, Vétève, la défense d'affranchir, raffinements odieux inconnus de l'antiquité. Ainsi, bien loin de décioitre, le mal grandit, comme le mouvement d'un corps qui tomhe s'accélère sous la loi invisible de la pesanteur.

L'esclavage n'est donc pas un. état inférieur qui disparaît par le seul cours du temps. Quelle est enfin sa nature, quelle est son origine?

Veut-on, comme presque tous les écrivains, revenir à la vieille théorie qui fait dériver l'esclavage de la guerre, c'est-à-dire du droit du plus fort?

Cette thèse nous révolte. A notre époque, au sein de guerres formidables, les puissances chrétiennes s'empressent de rendre sans échange et sans rançon les prisonniers après les avoir humainement traités ' . Cette thèse est pourtant la plus vulgaire et la plus plausible; car la colère est quelquefois l'emportement de la justice, et la vengeance est le châtiment criminel d'un autre crime ; on otisauraitleur pardonner; on les comprend toutefois.

' Moniteur du SS mai 1859.

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Histoi-iqucmenl, la guerre a, en effet, été souvent l'origine dé l'esclavage ; mais il est venu de mille antres causes, de la misère, des dettes, de l'aliénatioD toIodtaire, eoiin et surtout de l'hérédité. Comment d'ailleurs jusliQerl'uD par l'autre?

Au lieu de tuer son eDuemi, dll-ou, le vainqueur le conserve; il fait ceuvrede force et de bonté, il échange un droit contre un autre. Touchante bienfaisance!

Est-ce que la guerre donne le droit de tuer? Oui , pendant la mêlée-; après que le combat a cessé, pcut-on cou< per la tête à l'ennemi désarme? Non, ce serait une infamie! Où donc puisez-vous le droit d'asserïir, puisque vous n'avez plus le droit de tuer? ce droit naît avecla nécfêsité de vous défendre, il expire avec elle.

Et les enfants de l'ennemi, sa femme, sa race à perpétuité, vous aviez donc le droit de les immoler, car ils deviennent votre possession et votre chose 1 Fragile et honteux argument, crime justifié par un autre crime, explication perpétuée à la faveur d'un jeu de mats. Serviis vient, dit-on, àe$er(!atiis ; et pourquoi pasde «crwirc, ou bien du nom des Serbes, esclaves des Grecs, comme esclave vient des Slave»?

Si l'esclavage naît souvent de la guerre, plus souvent encore la guerre nail de l'esclavage. On la fait pour prendre des captifs, et on les prend pour les vendre.

Admettons, cependant, cette explication; elle n'explique rien, car elle eslelle-mème inexplicable. Pourquoi donc, dans quel but, sous l'empire de quel penchant, le guerrier réduit-il son captif, son semblable, en servitude?

Afin qu'il travaille pour lui. L'homme a donc horreur

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452 LE CHltlSTIAINlSHE:

du travail ? le Iraraîl est donc une peine? une peine, du quoi 1 l'homme est donc non-seulement tenté, mais vaincu par celle inclination à rejeter le travail? Qu'est-ce que cette créature vaincue par le mal et châtiée? Dieu a-l-il fait l'homme ainsi, malheureux et mauvais?

A tous ces redoutables mystères je ne connais qu'une seule réponse. Demander quelle est l'origine de l'esclavage, c'est poser la plus redoutable question qui existe : quelle est l'origine du mal ? Voici la réponse :

Oui, le frère ne connaît pas son frère, le même sang coule et lutte dans leurs veines, un (rouble évident se trahit entre tes membres de la race humaine, parce que le berceau même de la famille a été le théâtre d'un désordre secret, profond, incontestable, qui se transmet de génération en génération, et s'étend de peuple à peuple. Nul n'échappL' à ce désordre, il explique, il produit à la fois le crime et la souffrance, le crime de ceux qu'on appelle maîtres et la souffrance de ceux qu'on nomme esclaves*. Instruments d'une justice supérieure, preuves

■ Le premier des Quatre chapitrai inédili sur ta Russie, du comle Joseph de Haislre*, publiés eo 1859 par son fits, est consacré ïla libiTlé, et vsioi lu question analogue k celle que j'eiamine, qui est posée par ce grand es-

• Goinmeot est-il arrivé qu'ûMinl le ckrislianisme l'esdavage ait toujours été considéré comme une pièce nécessaire du gouTemeinent et de l'état politique des nations, dans les républiques comme dans les mooardiiies, sans que jamais il soit venu dans la tête d'aucun législateur de l'attaquer par des lois fondamentales ou de circonstance? > .

Si H. de Huslre se bornait k répondre : > L'histoire prouve à l'évidence que le genre humain, en général, ji'esl susceptible de tiberli civile qu'à Mesure qu'il est pénétré et conduit par te christianisme [f. 10), » je ine garderais bien de contester.

Mais il résout le problème par celle formule Iranchanle : < L'homme, en

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vivantes d'une antique déchéance, les uns el les autres composent une société violente, fatale, inhumaine, où l'absence de la liberté semble la vengeance de l'abus qui en a été fait. En autres termes, l'ordre aété originellement

générai, s'il est réduit à Itii-wime, est trop méciiml pour être libre. » Puis il ajoute :

• Si la liberté civile appartient à tout U monde, il n'y aura plut moyen de gouverner les hommes en corps de itaiion. Voilï pourquoi Télal naturel de h pli» grande partie des hommes » toujoura été l'esclatage, jusqu'à l'établistemeot du dirittianisme, et comme le bon tens universel sentait la nécessité de cet ordre de choses, jamais il n'a été comballn p.ir les Ims ni par le raison nemeot. • (P. i-5.)

n eo conclut que t la Russie s'étant soustraite au mouretneiit généra) de la cinlisalion et d'an'i-anehissement qui venait de Rome, Veseiavage est en Russie parce qu'il y est nécessaire et que l'empereur ne peut régner sam l'esclavage. • (P. 15, il,}

Ainsi, ou la religion catholique, ou l'esclatagc.

Il est vrai que M. de Maistre, reproduisant sa formule sous une autre forme moins contestable : Jamais un grandpeuple ne peut être gouverné par le gouvernement seul {p. 25, U), ajoute : • Comment la Turquie est-elle gouvernée? par l'AlcoraD; comment la Chine esl-elle gouvernée? par les maiimes, les lois, la religion de Confuciua. • U reconnaît donc que le utholicisme n'est pas le seul supplément des lois civiles.

En outre il éctit plus loin :

• Si l'affranchissenient doit avoir lieu en Russie, il s'opérera par ee qu'on appelle la nature. Des circonstances tout ï iait imprévues le feront dùsirer de pari et d'autre. Tout s'eiéculera sans bruit et sans malheur. • (P. 33.)

Enfin la demiire partio du diapîtrede H. de Kiistre se termine par des conâdératîons sur la nécessité de rendre les hautes classes plus SarUs et plus parfaites avant d'affirandiir les basses classes, et c'est la noblesse el non la religion qui est présentée comme le cootre-poida de la libolé.

Ces contradictions, ces lacunes, ce défaut d'harmonie, entre le début et |a conclusion, me laissent croire que le chapitre posthume est l'im de ces premiers jets trop rapides, habituels ï ce grand homme ; il n'avait ps destiné ï ta publicité des pages incomplètes, qui, je ne sais pourquoi, sont mises au jour au moment mâme où 1" affranchissement des serfs s'opère par ce gu'on appelle ta nature.

S'il fallait prendre les premières for.nules ou chapitre à la lettre.

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troablë dès la naissance de l'humanité sur la terre; l'esclavage est une des preuves et une des suites de ce fait qui domine l'histoiredu genre humain. Sanscettecxplicalion, il est inexplicable.

Qui rétablira Tordre profondément, originellement troublé? Celui-là seul qui l'a établi, Uieu.

Un désordre primitif, un réparateur nécessaire.

Je défie qu'on explique et qu'on guérisse nutrement les maladies inconcevables et antiques de l'humanité sur la

je n'iié s lierais pas à les coinlinltrc. au nom Aes deux seules voii que la supëriorilédu talent ae saurait étouffer, l'histoire et la conscience.

Oui, la ïérilé hblorique élève deui réclamations :

1* Les philosophe? elles légiskileurs ne sont pas demeurés muets; ils ont ouTertement approuvé l'esclavage ; leur opinion ou leur silence ne sont pas l'effel du bon sens universel, mais au contraire le résultat et la preuve des ténèbres et de l'erreur universelles, qui subjugaieitt les Smcs avant le christianisme.

S* L'esclavage n'a été attaqué, détniit que depnù et par le chrwtiamsnie, cela est certain, maïs en dehors de l'unité catliolii|ue aussi Menqne dans son sein; Notre- Seigneur est morl pour les Dusses comme pour le reste des hommes, et les philosophes et les législateurs, !i Londres, à Pélersbourg et même à Tunis, ont été éclaires par les reflets de sa lumière.

La conscience s'unit il l'histoire pour protester contre cette thèse >l>s<dDe : Leshommes itatil trop méchants pour être libres, donc une parUe des hommes doit être esclave. Pourquoi donc une partie? Le méchant c'est le maître et non pas l'esclave. Dans les pays sans religion, est-ce que tous les hommes sont esclaves? dans les pajs sans esclaves, estK« que tous les hommes sont religieux? Si la religion estunfreîn qui remplace. L'autre, qui donc, maître ou esclave, voudra l'accepter? Quoi I la foi ou la chaioe, voilà deux équivalents I Ces conséquences odieuses sont assurément bien étoigaéee de la pensée de l'illustre écrivain, mais puisqu'elles s'en déduisent, c'est que cette pensée est trop absolue ; nul n'atteint plus souvent que lui au sublime, mais ce sommet est près d'un précipice, le paradoxe.

Pourquoi l'esclavage domme-t-jl avant le Christ? parce que l'erreur, la soufTrance et le vice sont universels. Pourquoi disparail-ît depuis le Christ? parce que le Christ apporte la vérité, la rédemption, la vertu, et rend ains^ l'homme i sa vr.iîe nature ; or la nature de l'homme, c'est lu liberté.

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ET L'ESCLAVAGE. i'^Ti

terre. En ce problème, comme ai beaucoup d'autres, la raison est inseosiblemenl mais forcément conduite à une sorte de cliristianisme instinclif. Jusque-là, comme un bomme qui cliercheS tâtons dans les ténèbres, et se heurte à loules les murailles, l'esprit n'aboutit qu'à des énigmes et à de décourageantes impossibilités. Dès qu'il a mis la main sur cette clef, la seule issue par où pouvait pénétrer la lumière s'ouvre aussitôt, et tout se montre à sa place et sous son vrai jour.

Mais cet instinct, ces pressenlimenls, ces actes de foi involontaires de l'esprit, l'histoire, la véridique histoire, les contrôle et les ratifie. La déchéance primitive? les annales del'uaivers et le cri de la conscience sont les deux témoinsqut l'attestent. Le Rédempteur? voilà bientôt deux mille ans que l'humanité l'a reçu dans les bras qu'elle lui tendait depuis l'origine du monde. Ainsi, ce que ma raison me démontre, l'histoire me le montre : les faits servent de ccmtre-épreuve aux idées. Est-il possible de s'élever à un plus haut degré de certitude?

Singulier spectacle 1 Cette lumière éblouit. Quand l'homme reçoit la preuve de ce qu'il pressent, c'est alors qu'il hésite; quand il faut passer d'une intuition intérieure à une foi positive, il tremble, il recule. L'homme croit au Dieu' caché ; Dieu se montre, l'homme prend In fuite. Notre conscienci: est d'accord avec un christianismo invisible; devant leChrist iacsmé. elle n'ose plus confesser tout haut ce qu'elle contemplait tout bas. Ce n'est plus saint Thomas s' écriant : « Si je iie vois pas, je ne croirai pas. » Nous, au contraire, nous semblons dire : a Si je vois, je ne crois plus. » Démonstration nouvelle de

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456 LE CHRISTlAiNISME

celte étrange faiblesse de la raison et de ta volonté qui ne peut, sans le secours d'en liant, se relever du doute et s'élancer dans la foi!

Saisissons d'une main ferme les preuves si abondantes et si claires d'une solution qui est ta meilleure; que dis-jeî il n'y en a pas deux, il n'y en a qu'une.

» C'est une faute, dit saint Augustin, qui fit créer ce mot et non la nature. lia première cause de l'esclavage est dans le péché.... »

Ce fait universel et immémorial vient d'un autre fait universel et immémorial, la déchéance de l'homme.

Oui, l'esclavage est un mal positif, un désordre né, comme tous les autres, de la déchéance communiquée à tous les hommes par la faute de leur premier père. Il n'est qu'une des formes de cette servitude lamentable de l'âme dominée par le corps et du corps dominé par la nature révoltée, servitud" dans Ias lione Ai^ UnupUi^ les hommes, dans le séjour battent pendant les siècles et de laquelle ils s'affranchiss huit cents ans, tour à tour il ou abatius, honteux ou plei •de leur patrie véritable.

On a bien nommé le chri:

feuillets de l'histoire. Ouvron

.\vant Jésus-Christ, dans I l'attend poînl, l'esclavage d' ment où on l'attend, IWlav sanl. Depuis ,lôs us-Christ, su adoré, l'esclavage est mort 01

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Le jour où i. La même I, la même

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