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Il résulte en second Heu, delà mémedoclrine, qu'un progrès peut être l'œuvre du christianittne, sans êUe Vteuvre des ckréti^is.
Notre-Seigoeur a mérité pour tous les hommes, et l'Église garde pour tous les hommes le dépôt de la doc- Iriae. Les protestants profitent de l'immuable dépôt qu'ils mutileut, les philosophes ne sont pas libres de vivre en dehors de l'atmosphère chrétienne qui les entoure; toutes les murailles ne préservent pas la Chine ou la Turquie de recevoir les rayons que projette l'Europe chrétienne. Lorsque Voltaire demandait la réforme des lois criminelles, il faisait du christianisme; lorsque le bey de Tunis a aboli l'esclavage dans ses Ëtals, il a fait du christianisme ; lorsque la Révolution française a établi l'égalité des impôts, elle a fait du christianisme; lorsque l'empereur de Russie abolit je servage il fait du christianisme ; lorsque la philosophie défend . des causes justes et généreuses, ellefait du christianisme. En un mot, le christianisme, comme Dieu même, ne fait rien à lui tout seul ici-bas, mais il a le droit de revendiquer comme fait par lui tout ce qui ne se serait pas fait $ans lui.
J'en conclus que les chrétiens ont grand tort d'être injustes envers les philosophes et les philosophes d'être ingrats envers les chrétiens. Cette ingratitude est particulièrement coupabledans la grande œuvre de l'abolition de l'esclavage.
On traite avec dédain le christianisme, qui n'a opposé à l'esclavage que des maximes générales de charité ; on lui fait uu crime des fautes de ses disciples, on attend
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mieux des lumières activée de la raison et de la saine phi' losophie, sans se demander si le christianisme n'a pas quelque peu conlribiië à rendre ces lumières actives et saine celte philosophie ; on déclare d'ailleurs à l'avance que « l'honneur de la philosophie ne petit être mis en cause même par les plus graves aberrations de ses disciples*, n réserve qu'on n'étend pas à l'Église. Admettons tout cela. Mais de quoi donc se servira la philosophie? Tient-elle en réserve un moyen nouveau de transformer sur l'heure le genre humain, comme un rëacliffondune pierre 7 Non, elle n'a elle-même à opposer à l'esclavage que des maximes générales d'égalité, et je ne l'en blâme pas, car je crois que les îdëes mènent le monde; mais pourquoi reprocher au christianisme de ne pas agir autrement? Paroles pour paroles, avant de dédaigner celles du chrislîjinisme, il conviendrait que la philosophie eût parlé ta première ; or, elle a été muette. Arislote, dit-on, cite les doctrines de philosophes abolilionnisles de son temps. Doctrines pour doctrines, je me demande quelle trace il est resté de l'argumentation ou du nom des philosophes abolitionnistes contemporains d'Aristote, et je n'ai pas besoin d'ouvrir les yeux bien grands pour contempler les merveilleux effets de ce petit mot du Sauveur Jésus : « Tu aimeras ton prochain comme (oi-m^mc/ » Pourquoi ce mot a-t-il fait plus d'impression sur les âmes que les paroles des philosophes ? Par la même raison qui donne à la morale de Jésus- Christ nne efficacité à jamais refusée à celle de Platon
' LeChristianiime et l'Esclavage, parU. Larroque.
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468 LE CURISTIANISME
ou de Confucius ; parce qu'à ces paroles est attacliée une vertu réellement et certainement dmne,, parce que celui qui parle aux âmes a changé les âmes, fùirce que celui qui a fait la lumière pour l'œil, a fait la vérité chrétienne pour l'homme.
Que de tels déliais sont injustes, mais surtout combien ilssontstérllcs!
Àh ! plulât, réjouissons-DOus de rencontrer un terrain où tout le monde estd'accord,cld'habiter une époque où les questions d'humanité enflamment-tous les hommes de bonne volonté. La cause de l'émancipation est gagnée devant la conscience du genre humain.
A l'œuvre donc, souverains et liommesd'État. Achevez dans les faits l'heureuse révolution accomplie dans les idées ! À l'œuvre, philosophes, au lieu de nous hamilier, eihortez-nous. Â l'œuvre, démocrates, trop indulgents envers l'Amérique, qui laisse Qotter le drapeeu de l'indép^ancc sur des pcmtons de oégïiers et préfère la guerre civile à la justice chrétiennel A l'oeuvre, Ois de Washington et de Franklin, qui laissez la Russie donner des leçons à l'Amériq^uu! A l'œuvre surtout, chrétiens, prions, écrivons, agissons, affranchissons, donnons le mouvement ou l'exemple, qu'on ue nous trouve pas absents d'une croisade pour délivrer non la tombe, mai les temples vivants du Seigneur !
 mes yeux, et c'est la conclusion de cette dernièi'e partie de mon travail, l'asservissement de nos semblables, la privation de leur liberté, qui est leur premier bien, est dès à présent condamné par le commandement de Dieu : Le bien d'aulrui tu ne prendrat. Cette propriété, c'est le vol .
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Je vais plus loin. On prétend que la condamnation de IV'Sclavage n'est pas un des pfincipes du christianisme, je soutiens qu'elle est une conséquence de chacun de SCS principes. Il n'est pas un seul des dix commandements qiue l'homme et l'enfant récitent dans leur prière de chaque jourqui ne soit altéré par l'esclavage. Essayez d'associer an seul de ces commandements avec la possession de voU^ semblable. Comment un chrétien peut-il adorer et aimer parfailement Dieu et l'appeler notre Père, quand il regarde ses frères comme un bétail Les serments qu'il prèteà Dieu, lui promettant de pratiquer la justice, ne les viole-t-il pas, et iiQJtire44l pas en vain le nom de Dieu à tous les moments d'une vie coupable? Quels sentiments apporte-l-il au service de Dieu aux jours de fête et comment apprend-il à ses esclaves d j/arrfi?r /e efimoneAe, à jouir devant Dieu de l'égalité fraternelle, à croire en ses bontés, à s'aimer les uns les autres? Leur permet-il d^hoTwrer leurs pères et jnères, s'ils les ont jamais connus? N'est-il pas homicide de toutes façons envers cet homme qu'il prive de la dignité d'homme, ou qu'il châtie comme une brute? Rien ne le défend contre la luxure et il trouve son intérêt à l'exciter. Il vit entouré de mensonge ; il se ment à lui-même, il rend faux témoignage devant Dieu, car sa conscience lui révèle la vérité du mal qu'il commet. Il a convoité le bien d'aittrui, il l'a obtenu injustement. Exposé à trahir le mariage, souvent il brise celui de son semblable, il trouve dans Vœur^re de chair une tentation que rien n'arrête, et un odieux proBt. EnJin, il a pris le bien d'aiitrui, il le retient, il le sait, il perséièie. J'ai tâché de
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470 LE CHRISTIANISME ET L'ESCLAVAGE, prouver que le clirisUanisme a détruit l'esclavage, mais il m'est plus clair encore que l'esclavage abolit le chrisliauisme.
Qui sera vainqueur, est-ce le mal, estK» le bien? Ce sera certainement, ce sera prochaioement le bien. a L'œuvre avance... L'abolition de l'esclavage est l'accomplissement même de l'Ëvangile;.'.. malgré les résistances de l'intérêt , les raisons spécieuses de la politique;.... on peut dire au zèle de la charité marchant à l'ombre de la croix : In hoc sigm vinces' I »
L'espérance entrevoit déjà l'aurore du jour où la servitude aura complètement disparu du sein des nations chrétiennes.
En ce jour, il y aura grande fête, au ciel et sur la terre.
> Villemain, Essais sut le génie de Piiuiare et la poi'sie lyrique, W partie, ch. »T, p. 606.
m DE LA DEUXiËHE PARTIE.
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iLiï. IV, ch«i>. n, g2, p. 50)