‹ L'abolition de l'esclavageChapitre 3 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce voyage autour du monde, de TA-frique it 1'Asie, de l'Europe a FAmerique, a la recherche de Fhomme libre, ah ! qu'il est d'abord douloureux !

Un tiers du globe terrestre estinhabite; il en est encore au cinquieme jour de la creation ; il attend Fhomme.

Deux tiers des habitants du resle du monde sont demeures oti l'Europe en etait il y a dix-neuf cents ans; ils attendent Dieu.

Par un autre mystere inexplique, le soleil. dont les rayoas plus vifs font lever sur les terres tropicales les plus magnifiques produits, le soleil en chasse Fhomme. II est une race intelligente qui pourrait former sur ces terres une societe civilisee; elle n'y peut pas vivre en travaillant. II est une race vigoureuse qui pourrait les habiter et les cultiver; elle n'y developpe aucuue civilisation. Du moins, ces deux races pourraient se rapprocher ; de leurs efforts reunis sortiraient le progres avec le travail ; de leurs sangs meles, nailrait une troisieme race intermediaire, predestinee a posseder et a peupler ces regions, une race providentiellement faite pour

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ce climat par Celui qui fit ce climat pour elle. Non ! l'esclavage intervient.

L'esclavage est, avant lout, la negation de la fami He. Or l'homme est doue d'une etonnantecapacite pour souffrir; il sait vivre sous terre ou sur 1'eau, indien dans les forets, chinois sur son bateau, lapon dans ses tenebres, mais a la condition de pouvoir dire : ma femme, mon enfant, ma mere, mon bateau, ma cabane, mon outil. L'esclave est sans famille; il n'est pas sur de garder sa femme, ou de connaitre son pere, sa pioche n'est pas a lui, et lorsqu'il met sa main sur sa poitrine, il ne peut pas dire : cette peau est a moi. Or, sans ces droits, l'homme n'^st pas un homrne, la nature est violee dans sa personne.

Au lieu de families, l'esclavage forme des troupeaux. II parque des captifs sous la garde des geoliers dans un petit coin d'une des terres les plus magnifiques de la creation ; cette terre ne sera pas peuplee. Aux rapports defrere a frere, il substitue les rapports de bouvier a boeuf, et de maitre a betail ; cette terre ne sera pas crvilisee. II inspire a Tune des races pour 1'autre une horreur, un eloignement, reciproques ; s'il se forme entre elles des liens, ils sont un crime, les deux races vivent sans se meler ; la race des heritiers predestines de ces contrees ne sera pas fondee. On verra la race inferieure souffrir, se revolter ou se soumettre, ne jamais s'elever, s'abrutir, puis s'eteindre. On verra la race superieure s'endurcir, se corrompre, s'a-

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charner au mal, y chercher la richesse, la preferer a tout, y trouver l'abaissement, le deshonneur, puis la mine. En eommengant a ecrire, j'etais emu du sort desopprimes, du sort de cette pauvre race qui a fait la fortune de ceux qui perpetuent sa misere ; en finissant, je me prends a plaindre les oppresseurs, je les conjure d'avoir piiie d'eux-memes, et de mettre un terme au mal qu'ils se font.

Suivez, suivez l'esclavage sous toutes les latitudes, dans toutes les regions, quelles que soient les institutions, les nations, les cultes; partout meme origine, memeprogres, memeloi, meme consequence; le temps est ici sans effet; monotone et horrible comme la vie des esclaves, l'histoire de Tesclavage ne connait pas de changement. II est en tous Iieux, il fut, a toute epoque, un. obstacle an peuplement regulier de la terre, un obstacle a la propagation de TEvangile, un obstacle a Televation modeste des races inferieu res, un obstacle a la civilisation progressive des races superieures. Le moraliste l'appelle un crime, l'historien et l'economiste un fleau.

Oui ! dit-on, mais comment faire? le mal est Fceuvre du passe; le defruire sans precaution serait un autre mais L'esclavage corrompt les societes, mais Emancipation les mine. Comment faire?

L'experienee des deux regimes est faite; on pent done comparer. Cette comparaison est tout mon livre.

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Assurement, Femancipation fut Foccasion de partes efc de malheurs regrettables. « Le chatiment des fautes, a dit M. Thiers, serai t en verite trop leger s'il suffisait de n'y pas persister pour en abolir les consequences \ » Ces consequences facheuses ne sontpas toutes finies. Nous sommes, en verite, bien presses ! Nous demandons a vingt ans de liberte de reparer les suites de deux cents ans d'esclavage ; nous ne supportons pas la pensee de travailler sans esperance de contempler le resnltat de nos efforts.

Cependant, deja notre impatience a de quoi se satisfaire; apices dix ans, pour les colonies de la France ou de FAngleterre, les frayeurs ont etedlssipees. II semble que chaque colonic ait regu mission de representer une experience a part. On vena, dans Fenquete dont ce livre est Febauche, le succes de Femancipation depend re, a Antigoa, de F education religieuse ; a la Barbade, de Fabondance de la population; a la Martinique, de Fintelligente activite des colons ; a Saint-Thomas, de la liberte commerciale ; a la Reunion, des precautions prises des le debut pour maintenir le travail ; a la Guyane anglaise, des progres de la petite propriete ; a Maurice, de la facilite de se procurer des bras. On verra, au contraire, de longues souffrances causees, a la Guadeloupe, par les troubles politiques; a la Jama'ique, par lemauvais

1 Thiers, Histoire du Consulat et de V Empire, t. XVII, liv. lt, i>. 80.

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vouloir lies anciens maitres; a la Cuyane frangaise, par la rarete cles capilaux et l'insuffisance de la population sur un vaste territoire. Mais, quelles que soient ces differences, on verra enfin toutes ces peliles soeietes se relever, sorlir de l'ancien regime du pacte colonial, affronter la liberte commerciale, devenir plus morales en meme temps que plus heurcuses, et l'abolition tenir ainsi toutes ses promesses.

Lresclavage, helas ! tient aussi toutes les siennes.

A Cuba, au sein d'une prosperity exceptionnelle, dont nous analyserons les causes, les gros profits ne liquident pas les clettes, la presence d'une autoriti forte ne preserve pas les lois, le regne d'une meme religion ne purifie pas les inoeurs, le grand nombre des esclaves n'assure pas le progresde la population, la douceur des relations n'empeche pas les revolles, la facilile des rachats n'avance pas la liberte.

Memes embarras, memes consequences, dans les colonies bien ad ministries de la prudente Hoilande.

Mais c'est surtout aux Etats-Unis que les faits demolissent les systemes des partisans de la servitude.

Aux Etats-Unis, d'etranges moralistes affirment que l'esclavage ele\e 1'intelligence de la race qui possede et, la degageant de tous soins, la voue a la poursuite des nobles travaux de F esprit, lui communique les qualites du gouvernement, dilate le coeur toujours

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emu par le speclacle d'etres faibles et imparfaits, landis que, dechargeant la societe du fardeau de ces etres Faibles, il les place sous le patronage des meilleurs citoyens, qui les elevent, les dirigent, les assistent; bienfaisante et productive organisation, superieure a toutes les combinaisons des rapports entre les riches et les pauvres que presente 1'hisloire du monde! L'experience, l'impitoyable experience repond que le maitre devient dur, paresseux et sensuel, que Thabitude de commander ote toute cordialite meme envers les ouvriers libres, qu'il porte a confondre dans le m6me mepris le travail et le travailleur, que la plus-value des terres cultivees par le travail libre depasse le capital represente par les esclaves, que Tintelligence humaine ne se developpe que par Tactivite, que, passive, elle s'endort, contrainte, elle saigrit ou s'abaisse. En un mot, dans ce detestable systeme, le possesseur devient une bete de proie, le possede une bete de somme, le maitre est sans calcul, l'ouvrier sans progres ; le temps, bien loin d'adoucircette situation, Taggrave; avec le temps, l'instruction, pretexte de Tesclavage, est interdite par la loi; raffranchissement, espoir deTesclave, est interdit par la loi; la separation des classes s'elargit et s'envenime; le prejuge, cree par 1'esclavage, lui survit, au point que le Nord refuse au noir Tegalite pendant que le Sud lui refuse la liberie ; la pretendue superiorite politique du Sud n'est que la reso-

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lution unanime et perseverante de sacrifier, au mainlien de Y institution particuliere, tout, meme l'honneur, meme la paix, meme la patrie. Le sacrifice est fait, la guerre est declaree, non pas une guerre d'esclave a maitre, mais la guerre entre blancs, entre freres, entre concitoyens, la guerre contre la justice et contre la nature, la guerre civile !

La servitude est un fleuve empoisonne, elle conduit au mal et elle y prend sa source. Pendant que ses fatales consequences dechirent l'Amerique, un autre continent, FAfrique, souffre de ses criminelles origines.

Les efforts de TAngleterre et de la France pour abo- \khtraite des esclaves ovdeie perseverants. enormes.

Traites internationaux ; lois speciales de chaque eontree; traites avec les chefs indigenes; etablisseinent de comptoirs et de stations ; enrollment de travailleurs libres ; correspondances avec les ambassadeurs et les consuls ; decisions des tribunaux et des commissions mixtes etablies par les traites ; voila la part de la politique, de la diplomatic et de la justice.

Exercice du droit mutuel de visite ; systemes de croisieres permanentes ; saisies et confiscations ; expeditions militaires ; voila la part de la marine.

Des faits incontestables etablissent que d'immenses resultats ont eteatteints, et que la loi qui a proliibe la traite n'a pas, comme Fannongait le voyageur

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Jaequemont1, (< eondamne les colonies a perir. » Le principal resultat a ete la hausse du prix du travail servile, qui peu a peu, produisant moins que le travail libre, arrive a couter davantage. Le jour ou ce resultat sera evident sera le dernier jour de Pesclavage. Jusque-Ia, lant qu'il vivra, la traite ne sera pasmorte, et une operation tres-legitime? tres-desirable, l'engagement de noirs libres pour les colonies de l'Europe, demeurera equivoque et dangereuse. 11 faut, pour aneantir la traite, abolir ou diminuer an moins deux maux : 1'esclavage en Amerique, la harbarie en Afrique.

L'etat affreux d'un continent entier, eondamne depuis le commencement du monde a n'etre jamais civilise, jamais libre, jamais eleve au gout du travail, des arts, reduit au-dessous du niveau de tous les autres, destine a fournir, eomme une mine produit le charbon, desesclaves noirs au reste de la terre : telle est la premiere et la derniere consequence de Fesclavage. Peu a peu, le commerce apprend aux chefs qu'ils out plus de profit a employer leshommes qu'a les vendre; les voyageurs enseignent a l'Europe que d'incalculables richesses et d'abondantes populations sonf tombees suree continent des mains du Createur ; les missionnaires, s'efforgant d'effacer les traces du sang etdu scandale repanclus par les Chretiens, plantent

1 Correspon dance, ler volume.

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lacroix surces rivages redoutes. L'Europe commence a payer sa dette. On finit par ou Ton aurait du commeneer ; au lieu cF exploiter FAfrique, on songe a F explorer et a la civiliser. Peut-etre le siecle suivant, plus heureux que le notre et succedant a ses travaux, verra-t-il se retablir entre FAfrique, mieux connue, et les climats analogues, ces migrations regulieres et libres d'habitants et de produits qui peuplent le monde et melent les hommes, dociles aux lois de la Providence, dont leurs fautes peuvent suspendre mais non point arreter a jamais Fin&vitable cours.

Deux de ces lois augustes se degagent au-dessus de ces fails compliques et lointains ; la grande loi de la solidarity entre les hommes, la grande loi de Faccord foiidamental des interets avecles devoirs.

L'exemple memorable donne par FAngleterre et par la France honore Fhumanite tout entiere, Fobstination de l'Amerique et de FEspagne la deshonore; c'est la solidarity morale. L'eselavage de ces nations menace, par une concurrence inegale, la prosperity de nos colonies ; il eternise la traite, il enlrave les emigrations regulieres, il expose FEurope, par le contre-coup des crises qu'il excite, a d'effroyables malheurs; il perpetue Fabaissement de FAfrique; rien n'est fait quand tout n'est pas fait : c'est la solidarity materiel! e.

On s'est eerie un jour : « Perissent les colonies plutot qu'un principe ! »

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Le prineipe n'a pas peri, les colonies n'ont pas peri.

il n?est pas exact que les interets doivent ceder aux principes; entre les interets legitimes et les principes vrais, l'accord esiinfaillible; voila la verite. Ceuxqui n'ont en vue que les interets sont totou tard trompes dans leurs calculs ; ceux qui, exclusivement preoccupes des principes, sontgenereux sans elre pratiques, cessent d'etre genereux, car ils conduisent la cause qu'iis veulent servir a une deroute certaine. C'est la volonte deDieu que les choses soient melees aux idees, et que des obstacles materiels forcent a acheter le progres par le travail. Derrieretoute question morale, nesoyons done pas surpris derencontrer une question de budget et de tarif, et ne nous indignons pas si les arguments des philosophes semblent arreles par le sucre ou par le coton.

Un obscur ouvrier des Etats-Unis a plus travaille contre les esclaves,en inventantla machine a eplueher le coton, que tous les negriers. Le coton, enAmerique, c'csl 1'esclavage; le coton, en Afrique, ce seraitpcutetre la liberie ; Fesclavage aura cesse quand on ira ac?ieter des choses la ou Ton a continue d'acheter cles personnes, et les progres de la culture de l'arachide et du commerce de 1'huile de palme sur la cote d'Afriquc feront plus pour 1'emaneipation que bien des meetings, des d i scours et des travauxcomniele mien. Les discours et les livres, a leur tour, sont efficaces, lorsqu'en relevant daiis les ames le respect des prin-

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cipes eternels ils peuvcut en meme temps etablir, par cles faits certains, que tandis que les maux dc Pesclavage ont depasse lout ce que les predictions les plus sinistres avaient annonce, les avantages, meme materiels,deFemaneipation se sont, enpeu d'annees, eleves au-dessus de ce que toutes les espdrances les plus partiales avaient fait concevoir.

Devant cette belle conclusion, 1'interet, dernier mais solide rempart des pen pies que la religion et la raison n'ont pas encore persuades, s'ecroule a son tour. La France et l'Angleterre n'ont pas a se repen* tir, la science et la morale n'ont pas a se resigner, la derniere race des hommes n'est pas desheritee de la liberie, l'esclavage n'est pas un mal necessaire; toujours condamnable, il finit meme par n'etre pas utile. Une fois de plus, il demeure etabli que Dieu a mis toutes choses d'accord, que la science de 1'economie politique tient le meme langage que la morale, et qu'une inebranlable harmonic enlace aux phenome* nes du monde de la matiere les lois sublimes du monde moral.

Ges conclusions, monsieur 1c due, vous indiquent dans quel esprit ce livre est compose.

Je dois au christianisme l'horreur que l'esclavage

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m'inspire. Mon travail m'eutdonc semble incomplete et surtout ingrat. si je ne l'avais pas termine par un chapitre sur le christianisme et Veselavage, chapitre destine a demontrer, a la suite et a l'aide de tant de savants ecrits, non pas que le christianisme a detruit Tesclavage a lui seul, mais qu'on ne l'aurait pas aboli, qu'on ne l'abolira pas sans lui.

Que ceux qui parlent, que ceux qui ecrivent, n'oublient jamais que 1'aboUtion de l'esclavage au dixneuvieme siecle fut et sera 1'ceuvre de l'Evangile, de la tribune et de la presse.

La puissance du mal en ce monde est formidable. Les siecles passent apresles siecles sur la Chine en sur l'lnde sans ebranler son empire. Mais, grace au christianisme, la conscience sait entendre ; grace a la liberte, la conscience peut parler. Sous le regne de cette alliance sainte, le mal n'est pas aisement surmonte, mais il est inquiete sans relache, il lui est interdit de se faire dans l'ensemble d'une societe reguliere un domaine paisible.

En 1773, dix ans apres l'odieux traite del763, qui assurait a l'Angleterre le monopole de la traite, un genereux chretien, William Wilberforce l, alors sur les bancs de Fecole de Poklington, ecrit pour la premiere fois contre cet infame trafic, dont le nom meme

1 The life ofW. Wilber force ^by his sons Robert and Samuel i London, Murray, 1858.

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etait un mot anglais1, et qu'un conciie tenu dans la villedeLondres, en 1102, sous lapresidence de saint Anselme, avait interdit, huit cent ans avant que le meme objet fut debattu dans la meme ville en seance du parlement2. En 1780, Thomas Glarkson propose d'abolir la traile. En 1787, Wilberforce renouvelle la proposition. Sept fois presente de 1793 a 1799, sept fois le bill echoue. Ajourne successivement, il triomphe entin cn 1806 et 1807. Toutes les nations chretiennes suivent ce memorable exemple. Au congres de Vienne, toutes les puissances s'engagent a reunir leurs efforts pour obtenir V abolition enti&re et definitive d'un commerce aussi odieux et aussi hautemerit reprouve par les lois de la religion et de la nature*. La traite est abolie en 1808 par l'Amerique du Nord; en 1811, par le Danemark, par le Portugal et par le Chili; en 1815, par la Suede ; en 1814et 1815, par la Hollande ; en 1815, par la France; en 1822, par l'Espagne. Cette meme annee 1822, Wilberforce attaque, apres la traite, l'esclavage, etil saisitl'opmion par des appels et des meetings reiteres, pendant que son ami M. Buxton propose au parlement 1'abolition. Le bill pour 1'emancipation est presente en 1855. Le 1" aout 1834, l'esclavage cesse de souiller le

1 Traite, de Trade.

2 Remusat, Vie de Saint- Anselme, p. 163.

Declaration du 4 fevrier 1815 et article additionnel de la convea lion du20 novemke 1815.

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sol des colonies anglaises. En 1846, la Suede, en 1847, le Danemark, l'Uruguay, la Valachie, Tunis, obeissent a la meme impulsion, que la France suit en 1848, le Portugal en 1856, el que la Hollande promet d'imiter en 1860. Un mouvement serieux

agite le Bresil.

Enfin, pendant 1'annee 1861, laderniere forme de la servitude disparait en Russie ; l'Espagne, en repreriant line partie de Saint-Domingue, promet de n'y jamais retablir l'esclavage, et la cause des esclaves obtient la majorite dans les elections generates qui ont porte M. Abraham Lincoln a la presidence des Etats-Unis.

En un siecle, l'initiative de Wilberforce a mis Tesclavage en deroute ou au moins en question sur toute la surface de la chretiente.

Les destinees de la servitude et de la liberie se iouent a la fois dans la crise qui ebranle le nouveau monde. Ge combat est le plus rude, mais il sera le dernier. Au lieu de se laisser abattre par Finconcevable lenleur des progres moraux, c'est precisement parce cue le dernier effort est difficile qu'il faut s'y livrer, plein de foi dans le triomphe assure de la religion chretienne, de la justice et de la perseverance sur la conjuration des interets, l'obstination des prejuges , 1'engourdissement despotique des habitudes. Quand Wilberforce a commence, la lutte etait moins avancee et <a cause etait plus desesperee.

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Un si memorable exemple est digne de fortifier a jamais la perseverance. Le plus obscur des hommes a le devoir et c'est mon excuse, de s'associer aux grands esprits pour jeter au mal une protestation comme un enfant a le devoir de s'unir aux gens de coeur pour jeter une goutte d'eau a l'incendie.

a La loi eternelle nous oblige a prendre en main la defense des victimes de l'injustice. Nous ne sommes pas libres sur ce point. Donner un corps ou une expression a cetle grande verite est au pouvoir de tout homme, et ainsi tout homme peut faire quelque chose pour briser la chaine de l'esclavage1. »

Yous avez, monsieur le Due, compris ce devoir ; veuillez permettre que je vous dedie et que je vous rapporte l'humble tentative entreprise pour suivre I'exemple que vous m'avez donne.

Atigustin Cochin.

« 1 The eternal law bind us to take the side of the injuried. On this point we have no liberty. To embody and express this great truth is in every man's power, and thus every man can do something to break the chain of slavery. » (Charming.)

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