B. — LES MALFORMATIONS ASSOCIÉES
1° Etat des muscles de la cuisse.
L'état des muscles est conditionné par deux éléménts d'importance très inégale ; par le degré de la malformation osseuse d’une part, par la physiologie du membre d'autre part. Or le facteur osseux a sur le muscle une influence directe très atténuée. Herlich pense que les causes qui influent sur le développement du système osseux ne retentissent pas directement sur le système musculaire ; le développement de ces deux systèmes resterait indépendant même si quelquefois les troubles du système osseux paraissent influer d'emblée sur le développement normal des muscles.
Il en est tout autrement du facteur physiologique qui est de beaucoup le plus important. C'est pourquoi il faut distinguer deux éventualités. |
Quand l’hypoplasie osseuse est très intense, la masse musculaire de la cuisse s’atrophie considérablement, devient méconnaissable, disparaît parfois complètement remplacée alors par du tissu non contractile. Malgré l’apparence, la lésion osseuse n’a qu’une action indirecte sur le muscle. L’atrophie progressive des muscles, est une atrophie par inertie, et par perte de la physiologie normale, car, dans ces cas graves, le membre est inutilisable.
Quand au contraire l’hypoplasie osseuse est modérée, les muscles sont certes quelque peu altérés, changés dans leurs rapports, leurs insertions, leur direction, leur volume, mais
néanmoins il existe un manchon musculaire bien développé.
C’est qu'ici le sujet peut, tant bien que mal, se servir de son membre, au besoin avec un appareil prothétique, et ces muscles qui fonctionnent sont appelés à subir une améhoration graduelle. C’est aussi dans ces cas que nous avons vu la lésion osseuse avoir tendance à s'améliorer avec le temps, et l’on peut dire ainsi que les muscles s’améliorent parallèlement à la lésion osseuse qui évolue.
En réalité, le facteur osseux et le facteur physiologique sont profondément intriqués et il est quasi impossible de les dissocier. En effet, comment ne pas voir que le facteur physiologique est lui-même directement influencé par le facteur osseux, puisque la physiologie n’est possible que si la malformation osseuse n’est pas trop accentuée ? Il y a là un tout inséparable formé de deux éléments, et l’on peut conclure que dans l’ensemble le muscle est à l’image
de l’os.