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et ses trois fils avaient la même conformation irrégulière du genou, la table généalogique de la famille brachydactyle d'Hyères, pour ne citer que les plus évidents, sont très suggestifs pour démontrer la part de l’hérédité.
D'autre part, comment concilier avec la théorie mécanique les observations fréquentes des petites anomalies, telles que l'absence de quelques os du carpe, aloïs que tout le membre est d'apparence normale ?
Comment, par cette même théorie, expliquer l’anomalie très curieuse, observée par Rabaud et Hovelacque, sur une souris ectromèle et dont l’autre membre était normal en apparence; or, sur ce dernier, il y avait une augmentation considérable du volume du péroné, une diminution de la largeur du tibia, et, chose bizarre, une indépendance absolue de ces deux os sur toute leur hauteur, permettant certams mouvements de torsion, fait normalement impossible chez les rongeurs dont le tibia et le péroné sont soudés au niveau du tiers inférieur avant la naissance.
Enfin, comment vouloir admettre comme cause la compression, puisque dans les 194 cas, réunis par Schultz, de grossesse extrautérine avec enfant extrait par laparotomie, il existait de nombreux signes de compression, mais jamais de malformations aplasiques ?
Théorie actuelle de l’ Absence ou de l’arrêt du développement.
Après cette longue discussion, nous comprenons que les malformations congénitales doivent avoir une origine embryonnaire, de façon que c’est dans l'embryon lui-même qu’on doit chercher la cause du mal, et non dans ses annexes, et cela non seulement pour les grandes aplasies seg-
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mentaires, mais pour toutes les malformations de moindre importance, telles que luxation congénitale de la hanche, de la rotule ou pied bot congénital.
La coexistence assez fréquente de plusieurs segments aplasiés chez le même sujet, et le type souvent héréditaire des malformations, montrent bien qu'il s’agit d'un arrêt de développement.
Ce sont les recherches de biologie comparée de Rabaud, de Salmon, de Brachet, d'Hovelacque, qui ont éclairci ce point obscur.
Pour esquisser l’état actuel de la question, il nous faut rappeler les études qui ont été faites sur l'œuf.
Grâce à de nouvelles techniques, les études de l’œuf ont été singulièrement facilitées depuis quelques années.
Un fait est déjà acquis : les aspects morphologiques qui accompagnent la formation de l’œuf, sa fécondation et les différentes étapes de sa segmentation se présentent chez les animaux avec une très grande uniformité.
Deux points essentiels ont également été établis par la seule observation et confirmés expérimentalement :
1} Pour évoluer, un œuf fécondé d’une espèce donnée, a besoin du milieu dans lequel il vit, mais uniquement pour conserver et entretenir les potentialités morphogénétiques qu'il renferme. Le milieu extérieur lui est nécessaire, mais il ne crée rien par lui-même.
2) Dès qu'il a atteint son volume définitif, l'œuf fécondé subit une série régulière et constante de processus morphologiquement visibles, qui résultent de l'entrée en jeu de mécanismes ou de fonctions, ou, si l’on veut, d’un métabolisme dont toutes les étapes se déroulent dans un espace étroit, acessible dans toutes ses parties.