ABSORPTION PAR LE BICHROMATE DE POTASSE
J'ai étudié ce procédé avec beaucoup de soin, car il meparaissait présenter de très sérieux avantages : le principe en était évidemment celui-ci : oxyder les vapeurs alcooliques par une solution de bichromate de potasse additionnée d’acide sulfurique et, à la fin de l’expérience, doser le bichromate — ou plutôt l'acide chromique — restant dans la liqueur. La pratique de ce dosage est décrite dans le chapitre II de ce travail.
Pour établir un calcul précis, 1l suffit de connaître la quantité d’alcool qui correspond à la réduction d’une quantité déterminée d'acide chromique.
Cette méthode avait l’avantage d’être commode et d’effectuer le dosage de l’alcool en même temps que son arrêt ; malheureusement elle n’est pas sûre.
La solution que j'ai employée renfermait :
Bichromate de potasse pur. . + . 100 gr.
Acide sulfurique concentré. . . . 150 c.c.
Eau distillée . . . . . Q.s. pour 1000 c.c.
Comme on le voit, elle renfermait en abondance de l’acidesulfurique libre, de l’acide chromique libre et du sulfate de potasse ; elle jouissait par conséquent d’un grand pouvoir oxydant.
Voici les essais auxquels je l’ai soumise :
Expérience 11
Un matras, à la température normale du laboratoire et renfermant. 400 c. c. d'alcool à 9°25, est suivi de deux barboteurs renfermant cha--
te
-cun 50 c.c. de solution de bichromate de potasse et d’un troisième -Contenant 40 c.c. d’eau distillée.
Après passage de 5 litres d'air, le dernier barboteur, soumis à la “réaction de Muntz, présente une odeur très nelte d’iodoforme,
Expérience III
La même expérience, répétée sur de l'alcool à 47°20, me fournit naturellement les mêmes résultats.
Expérience 1V
Je fais passer 6 litres d’air dans 400 c. c. d'alcool à 17°20, puis dans trois flacons laveurs renfermant :
Le premier: Solution de bichromate . . . . 50 c.c. Acide sulfurique concentré. . . 5 c.c.
Le deuxième: Acide sulfurique concentré. . . 10 c.c. Hourdistiiée ee 70.2: ro iONC.c:
6 rOISIOMe- RRAUUISHIIÉe CRT 2 50 cc.
Cette expérience, comme les précédentes, est faite à la température normale du laboratoire.
Une fois terminée, le troisième flacon laveur analysé est reconnu renfermer de l’alcool. Cependant, en titrant l'acide chromique qui reste dans les barboteurs après les expériences III et IV, je vois qu'une plus grande quantité d’acide a été réduite dans le premier barboteur de l'expérience IV. Il est permis d’en conclure que l’augmentation de la teneur en acide sulfurique du réactif employé permettrait peut-être d'arriver à un arrêt complet.
Expérience V
J'ai donc mis à la suite d'un matras, toujours à la température ordinaire du laboratoire, soit Æ 15° environ, et renfermant 400 c.c. d'alcool à 13°20, trois barboteurs :
Le premier renfermant: Solution de bichromate . . . 50 c.c. Acide sulfurique concentré. . 20 c.c.
Le deuxième: Acide sulfurique concentré. . 10 c.c. Eau distilées es Te PAC CC Le troisième : Éaudisäilliée. Le 00 OU CC:
Après passage de 6 litres d'air, il y a encore de l'alcool dans letroisième barboteur.
Expérience VI
Devant ce résultat, encore négatif, j'ai augmenté de nouveau la
proportion d'acide sulfurique et j’ai mis dans uné fiole d’Erlenmeyer : Solution de bichromate. 9er HUBDICTC:
Acide sulfurique concentré . . . . . . . . 50 c.c.
Il se fait immédiatement une abondante cristallisation d'acide chromique. A la suite de cette fiole, un matras renfermant 50 c. c. d'eau distillée. En tête, 400 c.c. d’alcool à 12°9. Après barbotage de 5 litres d’air, à la température du laboratoire, la réaction de Muntz ne donne pas d'iodoforme dans le matras à eau distillée.
Il y avait donc eu arrêt complet de l'alcool ; malheureusement, la liqueur employée était à modifier à cause de la présence des cristaux d’acide chromique qui pouvaient venir obstruer le tube d’arrivée de l’air. L'expérience n’était en outre pas complète. Il fallait, pour avoir un résultat certain, mettre le matras à alcool à l’étuve et faire passer un volume d'air supérieur à 9 litres. Je suis allé jusqu’à 12, ce nombre pouvant être pris comme chiffre moyen. C'est en effet le volume d’acide carbonique qui se dégage pendant la fermentation de 400 c.c. d’un moût renfermant environ 120 grammes de glucose par litre.
NT a
Expérience VII
Je mets donc à l’étuve, chauffée à 37°, 400 c.c. d'alcool marquant environ 17°. A la suite un barboteur, à l’étuve lui aussi, renfermant:
SOON IDICHÉCMALC RP PARENT 50 c.c.
Acide sulfurique concentré...:....,..,.... DUC. Ce: POI UNE SES ENTER NAT RE e à 10 c.c.
Cette eau distillée est destinée à redissoudre les cristaux d’acide chromique. J'ajoute un deuxième barboteur que je place dans un courant d’eau froide et qui contient 50 c.c. d’eau distillée.
8 litres d'air. La réaction de Muntz donne une odeur très nette d’iodoforme ; au microscope, cependant, je ne vois pas de cristaux.
Expérience VIII
Afin de rendre plus intime le brassage du bichromate par l'air qui le traverse, j'ai essayé de remplacer mes fioles d'Erlenmeyer par un tube de Liebig à 7 boules renfermant 50 c.c. d’une solution com-
posée de :
SODIONPHeADICNTOMALE MT N — oUCA Ce Acidé-sulfurique. concentré: 2.4. 2,0. GOIC-c: DAUFUISUHÉe EE Dre re Aimer mes Tee 2060.
Le tube de Liebig était à l’éluve ainsi que 400 c.c. d'alcool à 16°8. Hors del’étuve et dans un courant d’eau froide, 25 c.c. environ d’eau distillée. Après passage de 5 litres d'air, je prélève 5 c.c.de cette eau distillée avec lesquels, par le carbonate de soude et l'iode, j'obtiens à chaud une légère et douteuse odeur d'iodoforme. L'eau distillée. pure du laboratoire, d'où avaient été pris les 25 c.c. en expérience, me donne la même réaction. A froid, l'odeur disparaît et le microscope ne me donnerien dans les deux cas.
Le barbotage continue. Après 8 litres, nouvelle prise de 5 c.c. d’eau qui sont essayés comme précédemment. L'odeur d'iodoforme n’est pas nette encore et l'examen au microscope est négalif.
se VE CES
Après 12 litres, nouvelle prise d'essai de 5c.c. Cette fois-ci la réaction n’est plus douteuse. L'odeur d’iodoforme estsuftisamment nelte, et les cristaux, quoique peu abondants, sont assez caractéristiques pour que l’on puisse affirmer que toul l'alcool n'avait pas été arrêté. L'arrêt cependant avait été plus complet que dans l'expérience VII.
J’ajouterai, pour terminer, que le bichromate du tube de Liebig était loin d’être tout réduit, attendu que la liqueur avait encore une couleur jaune-brun. La ‘pression dans l'appareil était d'environ 1 centimètre de mercure.