ABSORPTION PAR L'ACIDE SULFURIQUE
Il suffira, pour cela, de faire passer les gaz dans de l’acide sulfurique concentré. L’acide absorbera la vapeur d’eau et, c’est regrettable, il se diluera alors légèrement ; quant à l’alcool, il formera avec lui de l'acide éthylsulfurique. Pour le doser on emploiera deux procédés.
Dans le premier, et c'est le plus simple, on le dosera au moyen du bichromate de potasse en suivant la marche décrite dans le chapitre suivant. Un grand excès d’acide sulfurique ne gêne pas pour le dosage ; je m'en suis assuré par l'expérience.
Dans le second on ajoutera, après dilution, du carbonate de baryte pur en quantité suffisante. Comme on aura eu la précaution d’avoir nn notable excès d'acide sulfurique pour être sûr de ne laisser perdre aucune vapeur alcoolique, il se formera en même temps du sulfate de baryte insoluble et de l'éthylsulfate soluble. Il suffira de filtrer, de bien laver le précipité et d’évaporer à siccité les eaux de lavage, puis de calciner au rouge et de peser le sulfate de baryum ainsi obtenu. Pendant la calcination il se fait de l’alcool, de l’éther
LC NR AE sulfurique vrai ou sulfate diéthylique (1); mais, au total, la réaction peut être ainsi formulée :
(SO:C:H5)?Ba — BaSO+ + SO(C'H5):
À une molécule de sulfate de baryum obtenu correspondent donc deux molécules d'alcool. Ce dernier procédé a malheureusement le grave inconvénient d'exiger l'évaporation d'une grande quantité de liquide ; en outre, l'acide éthylsulfurique, comme tous les éthers, se forme mal ou même se dissocie en présence d’une grande quantité d’eau. Aussi le procédé de dosage au bichromate me paraît-il beaucoup plus rapide et plus sûr.
Au total, il est donc très possible de retrouver tout l'alcool arrêté par l'acide sulfurique. Mais, en présence des résultats négatifs fournis par mes essais d'arrêt au bichromate, où le réactif employé a contenu jusqu’à 50 0/0 d’acide sulfurique libre, des résultats négatifs fournis aussi dans les expériences [V et V par de l’acide sulfurique dilué au 1/5, il était permis de supposer à priori que l'acide sulfurique est un agent d'arrêt insuffisant. C’est ce que confirme l'expérience suivante :
Expérience IX
Je fais passer 12 litres d'air dans 400 c. c. d'alcool à 16°5 environ ; cet alcool est à l’étuve à 37° ainsi qu'un flacon laveur renfermant 30 c. c. d’acide sulfurique concentré. A la suite 50 c. c. d’eau distilléedans un courant d’eau froide.
Cette eau, additionnée de carbonate de soude et d'iode et chauffée, présente une odeur forte d'’iodoforme. Comme la cristallisation a été troublée, les cristaux se montrent au microscope confus, mais abondants.
(1) M. Denoix. — Société de pharmacie de Paris. (Voir : Union pharmaceutique, 30 mars 1897, p. 132.)
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