POSUERUNT
coNSULES NOB. Fr. Quiquerati de Ventabren
Guillelmus Fassin, in suprema aquensi curia causidicus,
Joannes Vaugier et Joan. Dan. Aymar
ANNO DOMINI MDCCXXIII (2)
La Vénus d'Arles est actuellement au Musée du Louvre, dans la salle Melpomène, avec cette inscription : « N" 137. Vénus d'Arles, marbre de Paros, époque
(i) V. cette pièce à la.Bibl, d'Aix, Recueil mss. 540, 14 p. in-4°. Elle n'est pas signée, mais elle est de François Peilhe (mort en 1726). Voir V Index Bibliographique.
(2) Bibl. Méjanes d'Aix. mss. 806. Annales d'Arles.
grecque. Trouvé à Arles, en i65i, et offert par la ville à Louis XIV. La tête est celle de la statue mais rapporte'e. Le bout du nez, deux morceaux de l'oreille gauche, la partie flottante des bandelettes, le bras droit et l'avant-bras gauche, une partie du pied droit, quelques parties des draperies, le pourtour de la plinthe, draperie et pied très retouchés. M. N. 263. M. R. 365.» La ville d'Arles ne possède plus qu'un moulage très imparfait de cette statue, placé sur le premier palier du grand escalier de l'hôtel de ville.
La querelle, dont nous venons d'esquisser le tableau, est complètement oubliée, et c'est dans les écrits du temps que nous avons essayé d'en retrouver le récit exact. Les modernes ont souvent donné des détails fantaisistes.
V. Mercure galant, avril 1684, p. 170-174; août i684, p. 3-17, 3i3-322; juillet i684, p. 256-277; avril i685, p. i49-i63; juin i685, p. 81-96. Journal des Sçavans, 28 août i684, p. 297-300; juin 1681, p. i4i ; 5 juin i684, p. 192; 11 septembre i684, p. 3i6; Dictionnaire des Hommes illustres de Provence, t. II, p. 25 1; Boufferel, Mémoires pour servir à l'histoire de quelques hommes illustres de Provence, Notice sur Terrin,p. 3o8-338; Les Antiquitez de 5. Séguin, passim; Marce/, Histoire de l'origine et des progrès de la monarchie françoise, t. I, p. 168-169; Gaspard de Saint- Andiol, Lettre latine à Elias Lorens, 3o décembre 1681, à la fin des Juvenilia. Le Nouveau Panthéon de. Wtvlvon y passim \ lesMss.de Rebatu à la Bibl. d'Aix ; enfin les Registres des conseils et des comptes. Archives d'Arles.
Jean Giffon
Nous lisons dans le Registre de Sainte Anne, 1673 à 1686, p. io5 : « Le 20 mars 1676, dans l'Eglise et paroisse de N.-D. la Principale de cette ville d'Arles
a été suppléé aux sacrées cérémonies du saint baptême à M. Jean Giffon, docteur en médecine, né et baptizé dans la Religion prétendue etrefFormée, aagé présentement d'environ 45 ans, fils à feu Nicolas et demoyselle Emerantiane Bergier, tous de laditte religion prétendue. Son parrain a esté Messire François de Bertrand de la Pérouse, prestre, docteur de la maison de Sorbonne et doyen de Savoye, prêchant actuellement le carême dans cette ville, fait par moi soussigné avec le baptisé, le parrain et témoins. De Bertrand de la Pérouse,dojQn de Savoye, parrain; Giffon; Jos. Guys; Franc. Agneau, de l'Or., curé.» Archives d'Arles.
Au Registre de la même paroisse, 1687 à 1700, p. 826, est consigné l'acte ci-dessous, autrefois caché par une feuille de papier, fixée à l'aide de cachets, aux armes de M^' de Grignan, en cire rouge, qui existent encore : « Le 25 mars 1695, dans l'Eglise et paroisse de N.-D. la Principale de cette ville d'Arles, ont été conjoints au saint sacrement de mariage, par parole de présent. Monsieur Jean Giffon, docteur en médecine (ces trois mots rayés), fils naturel et légitime à feu Nicolas et damoyselle Emerande Bergier, ses père et mère, âgé d'environ 58 ans, de la ville de Montélimar en Dauphiné d'une part, et Marguerite de Bègue (i), fille naturelle et légitime de feu Claude et de Pierre Gambe, ses père et mère de cette ville d'Arles, âgée d'environ 38 ans, d'autre part (2), après les publications de bans
(i) Les Bègue ou Bégou sont une bonne famille d*ArleSk En 1697, un Bégou était greffier garde des baptistaires et autres actes ecclésiastiques. Son nom figure sur les registres paroissiaux.
(2) Ici le renvoi, écrit sur un morceau de papier collé en marge : « Ayant déclaré lesdits sieurs Giffon et Marguerite Begou qu'ils ont deux enfants nommez l'un Jean-Pierre-Hyacinthe, et l'autre Jeanne,
faites sans opposition. Le tout a été fait en présence des témoins soussignés : P. Bernard Forissier/prestre de l'Oratoire, Sextius Brun, d'Audebert et Antoine Héraud confrères aussi de l'Or, et François David, frère de ladite congrég. Giffon ; M. Bègue ; d'Audebert^ Héraud de l'Or. ; David de l'Or.; Forissier prestre de l'Or.; Vélin, curé. »
« Anne-Thérèse Giffon, fille de Jean Giffon et de Thérèse Mercurin, née et bapt. le 23 mai 1680, parrain Jean d'Azégat, Mar. Anne Bouchet, signé Giffon, A:{égat, Bouchet, Jouvène de l'Oratoire. » Registre de Sainte-Anne de 1674 à 1686, p. 328,
« Le 1 1 sept. 1697, enterré dans Sainte Anne (sa sépulture de famille)Thérèse-Anne Giffon, âgée d'environ 20 ans, fille à maistre. . . Giffon, docteur en médecine, morte dans la paroisse après avoir reçu les sacrements. Florent prestre de l'Or., Vélin, curé, » Registre de Sainte-Anne de 1687 à 1700, p. 41 1.
baptisés sous le nom d'enfants de Parens inconnus, sçavoir led. Jean-Pierre-Hyacinthe dans la paroisse de Trinquetaille, le 25 oct. i683, et la susdite Jeanne dans celle de Sainte-Croix, le 4 janv. 1686, le tout ayant été ainsi pratiqué par ce que pour l'or ils n'étoient pas mariez. Signé Giffon, M. Bcgou. »
Au Registre de Sainte-Croix, 1 586, p. 2, nous avons vu le baptême en question, et à la fin de l'acte, on a ajouté plus tard : « Nota que M. Jean Giffon, docteur en médecine, mariée avec M"« Marguerite Begou ont déclaré ladite Jeane leur appartenir et être leur fille. »
Au registre de Saint-Pierre de Trinquetaille, se trouve le baptême de Jean-Pierre-Hyacinthe né de parens inconnus, parrain Pierre Francillon maître apothicaire d'Arles, marraine Pierre Bourdclon veuve de feu Ant. Gibert, signé Imbert, prêtre, 25 oct. 1683. On a ajouté: M. Giffon médecin et damoyselle Marguerite Begou ont déclaré ledit Pierre-Hyacinthe estre né de leurs oeuvres et qu'ils en sont le père et la mère et se sont soussignés avec moi prieur. » Suivent les signatures. — Archives d'Arles.
« Le 21 janvier 171 2 a été enseveli dans l'église paroissiale N.-D. la Principale M. Jean Giffon, docteur en médecine, natif de Montélimar, âgé de 84 ans, mort dans la paroisse. Bîaquières ; RaphéliSj pr. de rOr.; Issautier curé.» Registre de Saint-Anne de 1701 à 1714, p. 343. Archives d'Arles.
D'après les 3 actes où son âge est donné, Giffon serait né en 1628, i63i ou 1637, nous pensons qu'il doit être né vers i635. On le voitj il n'était pas originaire d'Arles, mais il s'y était fixé dès avant 1 666 : à cette date, il y avait déjà une situation établie. Il était le médecin de la noblesse, et^ en 1666, nous trouvons qu'il figure au 4° rang des médecins de l'hôpital, avec Trophime Serrier, Gravier et Lavabre. Délib. du conseil. Aux comptes de 1672, est conservé un mandat de 225 livres à Claude Faucher^ Honoré Simon, Jean Giffon, Paul- Antoine Gravier^ Jean Marchand, docteurs en médecine, 56 1. 5 s. à Faucher, et 43 1. 3 s. aux autres pour six mois de leurs gages comme médecins de l'Hôpital. Le 17 mars 1673. » Archives d'Arles.
Au Journal de l'Oratoire, mars 1676, on lit : « Le 10, après la mort de M. Simon (i), nous avons prié M. Giffon d'estre nostre médecin. Nous luy donnons tous les ans un sestier bled, et le lui avons donné pour la première fois, en 1677.» Giffon semble avoir été
(i) M. Simon, père de médecin, était fils de M. Simon médecin du chapitre, enterré aux Minimes, le i4juil. i65o. Sacristie Livre A. fol. I ig. Nous voyons, dans les Annales des Minimes du P. Fabre, année 1662, que M. Petiteau, chirurgien d'Arles^ les soigna gratis jusqu'en i66i, époque de sa mort, que M. Pierre Deloste, apothicaire, fournit gratis les médicaments, « ce qui était considérable, à cause du grand nombre de malades au couvent.» En i64o, il donna quittance gratuite, mais, observe l'annaliste, son successeur ne continua pas sa générosité.
aussi le médecin des Visitandines (i). En 1669, il composa, à leur demande, la Relation des fêtes de la canonisation de Saint François de Sales, pour lesquelles la ville donna 3oo livres, et où prêchèrent deux Académiciens, l'abbé de Boche et l'abbé de Barrême. Il avait composé, paraît-il, semblable relation pour les fêtes données, en la même circonstance, par les Visitandines du premier monastère d'Avignon. Tout protestant qu'il était, Giffon parle avec un profond respect du culte des Sainfs et des sacrements de l'Eglise. Il est même impossible de ne pas reconnaître, dans sa Relation, un très réel sentiment religieux, et il n'y a pas un mot qu'un catholique n'ait pu écrire. D'autre part, Giffon était dans les meilleurs termes avec les Grignan, archevêque et coadjuteur d'Arles. 11 avait épousé, dès avant 1674, Thérèse Mercurin^ d'une bonne famille d'Arles, et en 1674, il écrivait à son ami Antoine Pomme : « Vous sçavez que mon employ est aujourd'huy bien différent de celui des Muses. Dès que nous nous chargeons d'une femme et de l'embarras d'une famille, serviteur aux doctes pucelles, et je puis dire à ce propos ce que disoit autrefois le docte Menuisier (Adam de Nevers) qui mériioit bien de ne travailler jamais que sur le cèdre :
« Suivant du rossignol les prudentes leçons, Le bruit de mes petits a fini mes chansons. »
« Je le dis sérieusement, mon cher, je n'ay plus d'accès au Parnasse, et je ne fus jamais plus embarrassé que je
(1) Il soigna M. Bertrand d'Ubaye, mort en 1687. Son testament, en date du 29 juil. 1687, ouvert le 18 août 1687, fut reçu par Jacques Briançon not. et parmi les témoins, il y a Jean Gift'on. « J'ay été présent et me suis servi de mon chiffre et cachet, Giffon. » Archives d'Arles, G. G. t. 3, Instruction publique.
le suis, pour satisfaire au désir que vous avez que je vous donne un sonnet, pour la gloire de votre livre (i).» Cependant Giffon rimait agréablement, le Registre cite plusieurs pièces de lui, et Pomme disait de son ami :
« Il a de l'esprit et du fin
Pour en munir une centaine.» (Lettre 34 p. 82 et suiv.)
Giffon publia, en 1667,1a Relation de la mort de M"' de Ganges, qui eut grand succès. Il venait souvent à Avignon, où il était bien accueilli dans la famille de M. de Chateaurenard et dans la société. Il mit en scène Chloris, dans a une comédie dont la représentation fut le divertissement de toute la noblesse d'Avignon et de toute la cour du vice-légat. » Merc. Gai. de janvier 1678. Ce fut là qu'il se lia avec Mignard le Romain, qui lui donna plusieurs tableaux. En 1673, Mignard fit le por^ trait de l'électrice de Bavière (Mercure de sept. 1682, 2* partie p, 354) et Giffon composa, à ce sujet, une ode qu'il communiqua à l'Académie, mai 1674, Registre fol. 1 19. Il connaissait également Lebrun, puisqu'il lui dédia une ode, en mai 1673, Registre fol. i i2.DeVizé, en 1678, inaugura les £'Ar^r^or<f/«aî>^5 du Mercure, destinés à publier les pièces de ses correspondants de province, et à leur proposer des énigmes (2) ou autres jeux d'es-
(1) Apologie, entête des œuvres de Pomme, Lyon in- 12, 1674. Il est impossible, sans doute, de trouver l'acte de mariage de Giffon, puisqu'il était protestant. Thérèse Mercurin était peut-être la sœur de M. Mercurin, député d'Arles à Paris, qui rendit bien des services à l'Académie, durant les premières années de son existence. V. t. I, passim. Le sonnet en question est en tête des œuvres de Pomme.
(2) On lit, dans le Mercure de mai 1678, p. 33o-336, une curieuse lettre qui atteste le succès de l'Extraordinaire du Mercure, en province. — « A l'autheur du Mercure galant,
« Je croy être obligé, Monsieur, de vous apprendre ce qui m'arriva hier au soir. J'étois dans une auberge, où j'ay accoutumé de
prit. Giffon applaudit à cette idée. V. Extraordinaire d'avril 1678 p. 240-248. Il expliqua plusieurs fois les énigmes (i) mai 1678 p. 354et 362 ; juillet 1678, p. 356. Il publia même, dans l'Extraordinaire d'oct. 1678, p. 332-344, un conte en prose et en vers, dédié à M™" de Grille, sur l'origine de l'horloge de sable, sujet traité par plusieurs auteurs, dans ce numéro et dans ceux qui suivent(2). Giffon était trèslié avec François Graverai de Nimes, Il avait un cabinet « remarquable par ses livres et par ses peintures, dont la plupart sont de l'illustre Monsieur Mignard, peintre de Sa Majesté » dit Séguin. Antiquitez d'Arles 2* partie p. 9. 'Ce cabinet fut, sans doute, dissipé par le fils de Giffon, Joseph-Esprit Giffon, bachelier en droit et avocat (conseiller noble dès 171 5), qui habitait sur la paroisse Saint-Julien, et mqurut vers
trouver un assez bon nombre de provinciaux. Ils me parurent plus fiers qu'à l'ordinaire. Chacun d'eux tranchoit du bel esprit, et la cause ne m'en fut pas longtemps inconnuç, On parla de l'Extraordinaire de vostre Mercure galant, et je m'aperçeus bientost que leur fierté venoit du panégyrique que vous avez fait d'eux et de leurs lettres qui composent la plus grande partie de cet ouvrage. Ils estoient modestes, vous les rendez fiers et on seroit mal venu à les traiter présentement de provinciaux. »
Suivent quelques critiques, puis l'auteur continue : « II n'y a pas une des villes de ce florissant royaume qui ne doive garder vostre Extraordinaire dans ses Archives, ny pas un provincial qui ne le doive conserver dans son cabinet, comme des titres de l'esprit de sa famille. » On y insérait les œuvres des beaux esprits de province.
(i) En 167g, le marquis d'Estoublon, le jeune, d'Arles (fils du secrétaire), devina Tenigme. Extraord. de juil. 1679 p. 32 1.
(2) Il est souvent question d'Arles et de son Académie, au Mercure. Giftbn n'aurait-il pas été le correspondant habituel de M. de Vizé ? Nous inclinerions à le croire. Il y a plusieurs pièces signées de son nom, en particulier, diverses relations de fêtes célébrées à l'Académie, dont nous avons parlé, passim.
lySo. Il avait épousé N. Amhrun (i), dont un des frères était chanoine de Saint-Trophime. Il est qualifié avocat, dès le i" août 1693. (Censives de la Visitation d'Arles, fonds Nicolaï, carton 62 pièce 5i). Julien Giffon, fils de Joseph Esprit, fut chanoine-diacre de Saint-Trophime, en 1 736, par la résignation de son oncle Denis Ambrun^ mort 6fév. 1737. Il résigna (après 1758) son office à M. Gérard, recteur de Grans, et se retira au Séminaire d'Avignon, où son successeur lui servait encore une rente, en 1768 (Sacristie Livre B. passim). Le chanoine Julien Giffon fut, croyons-nous, le dernier représentant de sa fariiille: tout au moins, cette famille est retombée dans l'obscurité, d'où l'avait tirée momentanément Jean Giffon (2).
(i) Elle était sans doute fille de Pierre Ambrun ou Embrun doct. en médecine, qui obtint du chapitre un banc près de la chapelle de Mgr Du Laurens, le 1 5 avril 1667. Registres du chap. d'Arles, 22 mars i665, 12 âéc. 1672. Archives des B.-du-Rh.
Giftbn eut-il d'autres enfants que ceux que nous venons de nommer .'' c'est possible. Nous lisons aux Reg. de Sainte-Anne, à la datedu 22 nov. 1688, qu'on enterra dans cette église Jean Giffon âgé de 8 ans, fils d'Esprit Joseph mort sur Saint-Julien. Le i3 avril 1694, on enterra dans la même église, où était le tombeau de famille, Jean Giffon, fils d'Esprit Joseph, âgé de 3 semaines ; et le 21 oct. 1697, un autre Jean Giffon, fils du même, âgé de 18 mois, tous les deux morts sur Saint-Julien. Le nom de la mère n'est pas cité.
(2) Giffon avait des rhumatismes, dès 1672, Reg. fol. 106. Il paraît avoir beaucoup apprécié les eaux de Balariic, où il venait luimême. C'est là qu'il connut M. de Ranchin en 1670 et qu'il envoyait souvent ses malades. Il y accompagna M. de Chateaurenard^ après la campagne d'Allemagne, où celui-ci faillit mourir. V. t. I passim.
Le i«' octobre 1674, M. de Chateaurenard et Roubin arrivèrent d'Avignon à Arles. On voulait les prier d'assister à la séance, a M. Giffon dict que ces Mrs estoient venus malades et qu'ils se font porter aux beins de Balaruc, que ce seroit les mortiffier un peu que de les prier de venir, ne le pouvant point vraisemblablement, quoi-
Les Epitres de Sabatier
(V. p. 69 et sqq.)
^' Nous avons parlé d'une correspondance échangée, au sujet des Epîtres de Sabatier^ entre Madame d'^rmencay^ Sabatier et Vertron. En voici quelques fragments. — Vertron à Madame d'Armençay :
« Madame, Monsieur vostre cher parent, mon illustre confrère en m'envoïant ses épîtres morales, m'a envoie celle que vous avés escrite à Madame la duchesse roïale. Je ne doute point que la lecture n'en ait extrêmement plu à cette grande et charmante princesse, qui a tant de pénétration. Je ne doute point que comme elle connoît parfaitement vostre mérite et vostre génie, elle ne vous attire auprès d'elle, ou du moins qu'elle ne vous fasse recevoir dans la célèbre Académie de Thurin.
En faveur de cette princesse
Emploïons la prose et les vers;
Pour l'esprit et pour la sagesse,
On la cite dans l'Univers.
« En vérité,Madame,vous faites si bien parler l'amour à cette charmante héroïne que l'on ne peut se défendre d'en avoir un peu pour vous. Je crois que vous ne
qu'ils en eussent grand dézir, mais qu'ils s'attendoient bien et l'un et l'autre d'assister aux assemblées après leur voyage et qu'ils s'engageoient d'arrester huit jours pour cela en cette ville, on les invite et on les regalle en véritables confrères. » Reg. fol. 123 verso. On lit dans l'Histoire de l'Académie d'Arles, mss. de M. Arbaud, après le récit de la fête du 19 oct. 1682, en l'honneur du Dauphin : « Le soir, les Académiciens d'Arles donnèrent un superbe repas à leurs confrères étrangers, dans la maison Giffone. Après il y eut un bel opéra à l'honneur des Dames. » V. ci-dessus t. Il p. '1 10- 4i3, et sur la maison Giftone, t. III p. 235, en note.
vous formaliserés pas qu'un inconnu vous fasse une telle déclaration qui ne tire point à conséquence, puisqu'elle est inséparable du respect qui vous est dû et avec lequel je suis, Madame, votre... (i).»
De M. Sabatier de l'Académie roîale d'Arles, à M. de Vertron, de la même Académie.
« J'ay receu avec bien de la joye, Monsieur mon cher confrère, vostre ouvrage que Monsieur le marquis de Robias nous avoit déjà montré. Je trouve vostre jjar^/ié/e très beau et d'un dessein particulier, tous les cognoisseurs de ce pays le trouvent fort de leur goust aussi bien que moy ; je ne m'étonne pas qu'il ayt pieu à la cour et à Messieurs de l'Académie françoise. Vous souhaités, mon cher Monsieur, que je fasse un sonnet sur le beau plan que vous me fournisses, mais en vérité je ne suis pas encore en état d'y travailler. Mon esprit est presque épuisé de 42 épistres que j'ay achevées depuis un mois, et que je polis et corrige à présent. Je ne sçaurois m'occuper à aucun autre travail que celuy là ne soit fini. Je n'avois point receu de vos nouvelles depuis le mois de décembre dernier, ni de celles de Monsieur le duc de S. Aignan^ à qui vous pristes la peine de rendre une lettre de ma part. Gomme vous m'escrivites que vous faisiés pour quelque temps trêve aux lettres, pour travailler uniquement pour le roy, je n'osé pas vous destourner d'une occupation si illustre et qui vous a si bien réussi. J'ai
(i) Nouvelle Pandore, t. I, p. 248. Elle n'est pas date'e, mais la lettre de Madame d'Armençay à Madame la duchesse royale, publiée dans la Nouvelle Pandore s. d. t. I, p, 24i-248, et dans le Mercure galant de juillet i684, p. iii-i24, est du 25 avril i684. Sur le mariage du duc de Savôye et de Mademoiselle, 10 avril i684, voirie Mercure d'avril, p. 3o4-325.
envoyé depuis ce temps là à Paris quelques épistres à Madame la marquise d^Armençay, famé d'un grand esprit, d'un grand mérite et ma proche parente. Elle a trouvé les Epistres très belles, d'un stile noble et aisé et elle me sollicite de les donner en public et de les adresser au Roy. Je les ay remises après à Monsieur Charpentier qui les a encore et qui les estime dignes de l'impression. Monsieur le coadjuteur d'Arles et Madame la comtesse de Grignan sont aussi de cet avis, et ils m'escrivent que le public en tirera du profit et de l'utilité. Ces raisons m'ont obligé à me déterminer. J'escrivis, il y a un mois, mon dessein à M""° à''Armen^ cay,QX je lui envoyé l'épistre liminaire, que j'ay faite pour le Roy et les sujets de morale touchés en chaque épistre, ce que vous trouvères aussi dans ce paquet. Je vous prie, Monsieur, d'examiner l'un et l'autre et de m'en dire vostre sentiment. Madame d'Armencay ne m'a pas répondu, elle est sans doute en campagne; si elle estoit à Paris, je vous prierois de prendre la peine de la voir. Toutes les épistres sont presque du caractère de celle que j'ayescrite à Monsieur le duc de S. Aignan; au premier jour elles seront toutes reveues, polies et corrigées. Escrivés moy, je vous prie , tout ce que vous pensés pour leur impression, et faites moy la grâce de croire que je suis tout vostre (i). »
Réponse de M. de Vertron à M. de Sabatîer.
« Je m'étonne, Monsieur, mon cher confrère, qu'a-
(i) Nouvelle Pandore, t. I, p. 25o-252. Elit n'est pas datée, mais elle doit être de i685, car le Paralelle de Louis le Grand... par Vertron, auquel il est fait allusion, fut imprimé les premiers mois de \Ç>^b . Le permis d'imprimer, signé De La Reynie. est du 6 janvier i685. En voir un ex., Bibl. de Saint-Louis des Français, à Rome, Q. iv.i, non cité à VIndex Bibliographique.
près l'approbation du docte Monsieur Charpentier et celle de Madame vostre illustre parente, vous me demandiés la mienne ; vous leur faites injure, quand vous me faites honneur; car si mes ouvrages estoient comme les vostres, estimés de ces deux beaux génies, je serois sûr qu'ils le seroient des plus critiques des deux sexes. Nostre académicien honoraire est trop de mes amis pour le louer ici, et comme il est aussi modeste qu'habile et galant, je suis persuadé qu'il aura plus de plaisir d'y voir les louanges dues à M"" dMrmencay que les siennes. Elle en mérite pour la belle, lettre qu'elle s'est donnée l'honneur d'écrire à Madame la duchesse de Savoie, et dont vous m'avés foit la grâce de m'envoyer copie.
Tout est charmant, et tout est vrai Dans ce que cette Muse expose; On retrouve dans d'Armençay Soit pour les vers, soit pour la prose La Vigne, La Suse et Gournay.
« J'iray avec plaisir rendre mes devoirs à cette aimamable marquise, aussitôt qu'elle sera de retour. La lettre obligeante que vous luy avés écrite en ma faveur, sera une agréable introductrice pour moy auprès d'elle, et nous verrons ensemble tout ce qu'il y aura à faire pour vostre gloire. C'est vous parler en zélé confrère et en véritable ami (i). »
(i) Nouvelle Pandore, t. l. 252-254, s. d. : sans doute i685. Suit le sonnet de Sabatier sur le Paralelle de Louis-le-Grand ;
(( Sacrez mânes des rois, demi-dieux de la France... »
Ce sonnet composé dès le 14 mai 1668, (Reg., fol. 55) est dans les Œuvres diverses de M. de Sabatier, mss, de M. Arbaud ; dans le Mercure de janvier 1681, éd. de Lyon, p. i63 et dans les Relations de M. le marquis de ***, éd. de 1677. p. 347. Il a été tra-
On lit, au su jet de M"® d^A?^mencayj dans les Mémoires de Saba^ tîer, mars-mai 1680 (v. ci-dessus, p. 68).
« Il m'arriva une aventure à Paris qu'il ne faut pas que j'oublie ; M. le coadjuteur me dit qu'il avait trouvé chez la marquise de Cordes, une dame qui lui demanda si la maison de Sabatier était encore à Arles, et s'il ne pouvait pas lui en donner des nouvelles; le coadjuteur lui parla fort obligeamment de notre famille et lui dit qu'il y avait un gentilhomme de cette maison à Paris, qui lui apprendrait ce qu'elle voulait savoir ; il m'apprit ceci le jour après. Je fus d'abord chez la marquise de Cordes chercher cette dame, qu'on appelait la marquise d'Armançay; je ne la trouvai pas, mais l'on me dit où elle logeait et je fus la voir. Elle me fit toutes les honnêtetés possibles, me dit qu'elle avait toujours souhaité avec passion de voir quelqu'un de sa maison ; qu'elle était Sabatier comme moi, petite-fille d'un cadet de notre maison, qui s'établit en Berry et que son père, fils de ce gentilhomme, étant devenu pauvre, s'était mis dans les aflaires, du temps du cardinal de i?ic^^/zeM, qu'ayant gagné dans les partis près de cinq millions et étant d'ailleurs fort honnête homme, ce cardinal le maria en premières noces à la fille cadette du duc de Brissac, sœur de la maréchale de la Milîeraye, et en secondes noces à la fille du marquis de Rocheposé, cordon bleu et lieutenant du roi du Poitou, dont elle était sortie ; en me disant cela, elle me fit entrer dans un cabinet dont la tapisserie étoit couverte de plusieurs écussons en broderie, où l'on voyait nos armes écartelées avec celles de ces illustres maisons, auxquelles son père s'était allié ; elle me donna un des écussons que je portai de Paris, et qui est à présent dans mon cabinet. Je me souvins alors qu'étant encore fort jeune, je vis un capucin de Paris, qui vint voir feu mon père de la part de M. Sabatier, partisan, et lui demanda ses armes ; mon père apprenant son mérite et sa fortune, les lui donna agréablement.
« La marquise àî'Armançay me dit ensuite que son père et sa mère l'ayant laissée fort jeune, elle fut élevée par le marquis de Rocheposé, son aïeul, qui lui avait dissipé la plus grande partie de son bien et qu'il l'avait mariée, il y a vingt-deux ans, au marquis d'Armançay, gentilhomme de Touraine, lieutenant des gardes du feu duc d'Orléans. Je reçus de cette nouvelle parente et de son
duit en latin par le P. Daugières, Carmina, Lyon, 1708, p. 142- 143. Il est assez bien tourné.
mari raille marques d'amitié; je leur écris encore fort souvent, et je conserve avec plaisir le commerce que j'ai avec eux; ils ont un fils encore très jeune qu'ils élèvent à la cour, auprès du duc de Chartres qui est de son âge. Quoique la parenté de Madame d'Armançay fût très avantageuse à notre maison, il est pourtant vrai qu'elle n'en est pas ; mon aïeul qui en a fait la généalogie exacte, ne parle d'aucun cadet qui se soit établi en Berry. » Musée, III, 2Î>5. D'après l'original donné par Pierre de Sabatier, fils de l'auteur, chan. d'Arles, à M. de Jumilhac, arch. d'Arles. Copie de Bonnemant, à la Bibl. d'Arles, fonds Bonnemant, vol. Mémoires historiques. Où est la Géytéalogie en question i Nous ne savons.
Epîtres morales et académiques de M. de Sabatier, de V Académie royale d'Arles, in'i2y à Lyon,
« La poésie qui a d'elle mesme assez de charmes, semble avoir pris de nouveaux agrémens dans les Epîtres morales et académiques de M. de Sabatier. C'est un gentilhomme également recommandable par sa naissance et par son mérite. Il y a dans ses Epîtres un mélange agréable de toutes sortes de sujets. Il y en a de piété. Il y en a de galanterie. On en voit de sérieux et d'enjouêz. Tantôt il donne dés maximes de morale, soutenues des plus beaux exemples de l'antiquité ; et tantôt il nous instruit sur de jolies avantures, narrées avec beaucoup de délicatesse. Partout il est égal, bien qu'il prenne autant de différens caractères qu'il traite de différons sujets. Il se soutient partout avec une égale force. Il a évité l'élévation qui tient plus de l'enflure que du sublime,, et n'est jamais tombé dans Tautre extrémité qui est le stile bas et rampant. Sa muse est douce et aisée, noble et chaste. On trouve ces différens caractères dans ses epîtres. Celle qui est écrite à M. l'abbé Bichi, clerc de la chambre Apostolique est un tableau de Rome payenne et de Rome chrétienne. Celle qui est adressée à M. de Boches, sénéchal d'Arles, exprime des sentimens fort tendres sur l'amour et sur l'amitié. Mais Tépître de M. d^Arbeau surpasse les autres. M. d''Arbeau est un gentilhomme de mérite originaire d'Arles et membre de son illustre Académie. Ce fut la seule maison dans cette ville qui adhéra au schisme. C'est pourquoi ses ancêtres se retirèrent ailleurs. Mais M. d^Arbeau estant rentré dans le sein de l'Eglise quelque temps avant la réunion générale, il fit connoître par les motifs de sa conversion, dont il fit part au public, qu'il avoit embrassé la foi catholique sans aucune vue d'intérêt humain. C'est sur celte conversion que M. de Sabatier dit des
choses fort chrétiennes et touchées fort finement. Au reste M. de Sabatier a diins toutes ses épîtres un air de beauté qui se trouve en fort peu d'auteurs. C'est d'être extrêmement court. Il seroit ainsi fort à souhaiter qu'il voulût continuer d'écrire sur de semblables matières, puisqu'il n'y a rien d'aussi utile que ce qui instruit en divertissant. » L'article, on le voit^ est fort élogieux.
Journal des Sçavans, lundy i6 fév. 1688, p. 206. Voir Goiijet, Bibl. Franc. j t. XVIII, p. 236; Dict. des hommes illustres de Provence, t. II, p. 186 et ci-dessus p. 72.
Antoine Pomme, après avoir lu les Epîtres de Sabatier lui écrivit : « J'ay tant de choses advantageuses à vous dire sur les beautés de vostre livre qu'en vérité je ne sçay par où m'y prendre ni par où je doibs comancer. Si mon devoir ne m'obligeoit indispansablement de vous rendre mille grâces très humbles du présent que vous m'en avés fait, je demeurerois dans un respectueux silence et me contenterois de faire brûler en secret quelques grains d'encens à la gloire d'un ouvrage que toute la France aplaudit; non, Monsieur, je ne viendrois point icy mesler ma plume avec celle des Charpentier et de Scudérjr, et ne me serois point meslé dans la foule de tant d'illustres approbateurs, crainte de ne vous faire repentir par la médiocrité de mes éloges de la complaisance que vous avés eue de me mettre du nombre de tant d'honnêtes gens que vous avés favorisé d'un de vos exemplaires, mais comme il est permis jusques aux peroquets de crier : Vive le Roy, j'espère aussi que vous souffrirés les acclamations de nostre muse champêtre et que vostre nom soit chanté sur les bords de la Durance, après qui vous acquis tant d'honneur et de gloire sur ceux du Rhosne et de la Seine
Quoyque le fameux Charpentier Ait de l'illustre Sabatier
Fait Péloge en toute la France, Sera-t-il deffendu de la part d'Appolon Au chétif poète d'Orgon D'en dire aussi ce qu'il en pance 1
(c Non, Monsieur, rien au monde ne sçauroit m'empêcher de dire du bien d'un livre si utile au public. Le révérend Père... qui vous rendra la présente, qui est un très bon connoisseur et d'un mérite distingué, vous dira combien des moments nous avons passés ensemble à la lecture de ce bel ouvrage. Je laisse à ce galand homme le soin de faire le panégyrique de vos belles et sçavantes épistres et de payer pour moy dans cette occasion, mais je ne céderay jamais à personne l'amitié dont vous m'honnorés nil'advantage que vous me procurés de pouvoir dans une lettre vous marquer à quel point je vous honore et l'extrême respect avec lequel je suis vostre très humble. » Suit une lettre à l'abbé de S. Andiol sur la mort de l'archevêque d'Arles son oncle (1689). Recueil des divers ouvrages et œuvres meslées du s'' Pomme, i vol. in-fol., relié en parchemin, 1 95 p. écrites de la main de l'auteur, p. 90. Bibliothèque de M. Paul Arbaud d'Aix.
Guillaume Marcel
« L'an 1708 et le 29» jour du mois de décembre a été enterre dans cette église M. Guillaume Marcel^ commissaire de la marine, décédé hycr, âgé de 68 ans, marié avec dame Marie Bathellier, ainsi l'atteste soussigné, témoins Messire Denis Mavillier, secondaire de cette paroisse, et Pien^e Aiijphant, prêtre. Auphan, prêtre, Marinier, second. Michel, prieur. » Registre de Saint-Laurent, dernier acte de l'année 1708.
Guillaume Marcel fut enseveli dans la chapelle à
droite du chœur : c'est là du moins que l'on voit encore son inscription sur une large plaque de marbre blanc, près de la petite porte aujourd'hui condamnée. L'e'glise Saint-Laurent est intacte : elle sert de magasin. Nous croyons que les sépultures n'ont pas été touchées. L'inscription fut gravée par les soins de Marie Batilly ou de Battel, qui survécut de longues années à son époux. Au XVIIÏ* siècle il y avait encore à Arles des Battel (i), et ce fut Piet^re de Battel avec Maurice de Montfort qui y fit venir les Frères des Ecoles chrétiennes, en 1740.
(1) Le 24 nov. 1744, les PP. de l'Oratoire achetèrent de Pierre de Battel le mas et le domaine de la Battelle en Crau, quartier de Fourchon, pour la somme de 3o.ooo livres. Voir Journal de l'Oratoire, acheté en avril i85o, chez une fripière par M. RoboUjy, qui le donna aux Archives d'Arles, le 22 juillet 1862. Ce curieux manuscrit provenait précisément du domaine de la Battelle.
Pierre de Battel était un grand homme de bien : il fut un des bienfaiteurs de l'hospice d'Arles. Il ne permit pas qu'on mît son portrait dans la salle des délibérations, selon l'usage; mais les administrateurs firent poser l'inscription suivante sur marbre blanc, à l'angle nord-ouest du cloître de l'Hôtel-Dieu, où nous l'avons relevée, le 6 avril 1889 :
In memoria ceterna erit justus. Psaïm.
A la Mémoire éternelle
De Monsieur Pierre de Battel décédé le 8 février iq']4
A l'âge de 8^ ans, i mois, 12 jours,
Qui a employé tous les instans d'une aussi longue vie
A faire le bien de l'humanité
Et de cette maison en particulier
A laquelle il avoit consacré la plus grande partie de ses jours.
Et de sa fortune.
Le Bureau du 4 décembre i']']4 ne pouvant se procurer son portrait
Par la défense qu'il en avoit faite
A délibéré de lui élever ce monument de sa reconnaissance
Et de la vénération publique.
Dans les registres de Saint-Laurent, que nous avons parcourus de 1690 à 1708, nous n'avons pas trouvé le mariage de Guillaume Marcel. Voici deux actes que nous y avons relevé, le concernant.
f Le 18 décembre lôgi), est née et a esté baptisée dans cette paroisse Thérèse-Philippe de Batel, fille de noble Charles de Batel, commissaire de la marine, et de dame Marie de Meiran ; son parrain a esté noble Arnaud de Meyvan-Despin^ et sa marraine dd,mo\&t\\Q Angélique de Battel, fille dudit siquv àQ Batel \ toutes les parties ont signé avec moi, Battel, Arnaud de Meyran, Angélique de Battel, Michel, prieur. »
« L'an que dessus (1707) et le 26^ nov., est née et a esté baptisée dans cette paroisse Louise-Charlotte Benard, fille de M. Charles Benard, conseiller du roy, commissaire de la marine et de dame Claire Pontier, le parrain M. Louis Girardin de Yauvré et la marraine Claire Benard, estant assistée de dame Marie Batilly^ femme de M. Guillaume Marcel, le père et le parrain ont signé avec moi qui ai fait le présent batême. Benard, Girardin de Vauvré, Michel, prieur. >
Ce dernier acte donnerait à penser que Marcel n'était plus commissaire des classes, lorsqu'il mourut.
Nous avons vu de lui un placet à Louis XIV, par lequel il demandait, en raison de ses services et de sa pauvreté, à être dispensé de payer la somme exigée des commissaires. Ce placet est de 1702. Fut-il accueilli favorablement? Nous l'ignorons» En voici la teneur :
Placet et très humble remonstrance au Roy.
« Sire, le sieur Marcel, commissaire de la marine à Arles, qui eut l'honneur et l'avantage de présenter luymesme plusieurs de ses ouvrages, il y a 23 ans, à Vostre Majesté dans une audience (i)de trois heures... , qui depuis a fait un voyage de 3 ans à Constantinople (2) et au Caire, pour les affaires de la nation et
(ij Les nores i, 1, 3, 4 noua manquent.
deux traitez de paix à Alger (3), où il fut envoyé à ses de'pens (4), dans les années 1689 et 1690, vous représente très humblement que son application du service et aux sciences . . . lui a osté les moyens de penser à sa fortune, qui ne sçauroit estre plus médiocre, puisqu'il n'a pour vivre que ses appointements, ni plus incertaine, puisqu'il est à la veille de la perdre avec sa commission, n'ayant pas de quoy financer pour un office, conformément à vostre édit, si Vostre Majesté... ne se fait un point de justice de vouloir le décharger et tenir quitte de cette finance qu'il n'a pas, mais qu'il souhaiteroit d'avoir, beaucoup moins dans l'esprit de se mettre plus à son aise, que pour estre plus en estât de remplir le dessin qu'il se propose touchant l'art des signaux, qu'il a fort heureusement inventé, tant pour la mer que pour la terre .... »
Suivent les titres justificatifs des faits mentionnés dans le Placet, précédés de cette Epigraphe : Neque enim vereor, ne jactantior videar cum de me aliorum judicium non meum profero.(Plin. sec. Jun. Maximo L. IXEp. 23).
Ouvrages du sieur Marcel :
Ce fut à Sainl-Germain en Laye, dans la chambre des colonnes, le 2S* jour de janvier 1679, que le sieur Marcel eut le bonheur de présenter à V. M. les ouvrages suivants :
Le Colisée des Roys, table en forme d'amphithéâtre pour soutenir une cosmographie coupée et divisée en 4,000 pièces, de la grandeur et de l'espaisseur d'un demi-escu. Elles y estoient rangées dix à dix, par rapport à l'aire de la mesme table, couverte de deux grands cercles plats et mobiles l'un dans l'autre : le premier portoit les époques de toutes les nations, et le plus grand portoit les noms des personnes qui avoient eu quelque caractère de souveraineté dans le monde. Chacun y avoit une diction à costé, dont les lettres estoient autant de notes qui le caractérisoient, par rapport aux signes et aux planètes qui paraissoient avoir dominé dans sa
conduite ; si bien que toutes ces notes prises ensemble donnoient une idée juste et complète du prince, sans qu'il fust nécessaire d'y ajouster un discours. Le mesme cercle indiquoit les contemporains et les suittes des Empereurs et des Roys, dans toutes les dynasties anciennes et modernes, qui se trouvoient rangées dans une boeste quarrée qui occupoit le milieu de la table dans l'enceinte des cercles. . . 11 est vrai que ce travail ne subsiste plus, ayant perdu le volume (i) qui lui servoit de clef; mais les fragments qui en restent encore. . . le dédommageront de cette perte.
I" Fragment : Tablettes de VHistoire Ecclésiastique. (Le Journal des Sçavans du 17 février 1681 en rend compte p. 44). 2 éditions; Paris, J.-B.Goîgnard 1680. Amsterdam, Pierre Mortier 1687.
2»" Fragment ; Tablettes Chronologiques des Papes, Empereurs et Roys ^ pour servir à ceux qui lisent l'histoire. Escrites et gravées à Paris, par Senault, 1679. Amsterdam, Pierre Mortier i6go. La Bibliothèque Universelle de l'année 1686, t. Il, en parle avantageusement.
3me Fragment : Histoire de l'Origine et des progrès de la Monarchie Françoise, in-i2 Paris, Thierry, 1686, 4 vol.
Extrait des Nouvelles de la République des Lettres par M. Bayle, septembre 16^6, p. 1046 :
« Ces tablettes ont fait voir combien l'auteur est inventif en méthode, pour soulager la mémoire et faciliter la vaste recherche des faits. Il y a beaucoup de l'esprit méthodique dans cette histoire de France. On y voit un recueil fort travaillé des choses les plus remarquables qui concernent les anciens Gaulois. »
Menkenius, Actes des savants, de Leipsick, avril 1688, p. 206, en fait grand éloge, etc.
L'art des signaux, tant pour la terre que pour la mer, par le sieur Marcel, commissaire de la marine à Arles, 1702.
En tête des Tablettes chronologiques, éd. de 1680, on trouvait déjà une liste d'ouvrages plus complète que celle-ci. Notons qu'il n'y est pas fait non plus mention du Promptuai^ium. La voici :
Catalogue de plusieurs livres manuscrits dans Vordre qui seront imprime^ et distribue:^ au public.
(1) Ce volume a péri dans un naufrage que Marcel a fait dans le Nil près de Nicaria, le 3o septembre 1687.
Tablettes chronologiques contenant la suite des Papes, Empereurs et Rois qui ont régné en Europe, depuis la naissance de J.-C, écrites et gravées par le sieur Senault.
Tablettes cosmographiques contenant une description exacte de toutes les parties du monde, avec les particularitez qui se trouvent dans les livres les plus étendus sur cette matière.
Miindus arithmeticus^ in quo Triplex humano generi commodum proponitur.
I. — Litterarum et vocum sua cuilibet auxiliante patria lingua terrarum ubique facilis et enucleata communio.
II. — Ordo Censendi populos, exercitus, immo Régna quantumvis numerosissima^ brevi tempore.
III. — Citatae per œra discursiones ab Antiquis frustra, vel levi commodo pro signis duntaxat militaribus tentatae, nunc classiâriorum ignium, tintinnabulôrum et côeterorum id genus opéra, prô quolibet jussu (usu?) tam politico quam militari perfectae. Opus triparti tum. In-fol.
Le Colisée des Princes, machine propre à l'instruction des grands. Les Sciences et les arts y sont démontrez dans un ordre méchanique et par rapport à l'art militaire.
Tractatus de similitudinibus exquibus efficiuntur notitiaererum.
Quid sil illud quo meminimus et quam habeat vim ?
Bibliotheca librorum quos *** legit et censuit.
Traité de plusieurs notes ou figures qui se réduisent au nombre de cinq, et peuvent représenter d'une manière plus courte et plus distincte que celle de nos lettres ordinaires toutes les pensées mesme les plus cachées et les plus abstraites.
Litterarii Prodromiy sive jucundissima memoriae vel judicii tàm in pueris quam in adolescentibus praeparatio, lusibus et exercitiis juxta mentem D. Hieronymi in epist. ad Lœtam viduam illustrata. Opus cum machin.
Suit avis relatif aux contrefaçons et aux précautions qu'il preildra à ce sujet, puis cette note :
Tous les livres compris dans le catalogue seront imprimez ou gravez avec privilège de Sa Majesté, dans Tordre qu'ils tiennent cydessus, et seront distribuez en feuille et reliez à la Bibl. publique de S. Victor et chez Nicolas Langlois, rue S. Jacques, à la Victoire.
Les indications données sur Guil. Marcel ne concordent pas toujours; nous avons essayé de les contrôler avec le plus grand soin.
V. Histoire d'Arles Mss. par P/erre Fér^w, t. III, p. 190- 191, 257- 258; Mss. 1060, 2« partie, p. 4i ; Nouvelles de la République des L^^/r<?5, août. 1686, p. 976, sept. 1686, p. 1046-1061 ; Journal des Sçavans, 21 nov. 1678, p. 386-387; 8 février 1694, p. 62-66; Lenglet Dufresnoy, Méthode pour étudier l'histoire, Paris, 1729, t. III, p. 55, t. IV, p.4o; Le Long et Fontette, Bibl. Historique, spécialement t. II, p. 53, n» i5753; Catalogue des Mss. de M. de Cambis-Velleron, Avignon, 1770, p. 669-671; Journal de Leipsick, 1688, p. 206; Legendre, t. II, p. 44; Martène et Durand, Voyage littéraire de deux religieux Bénédictins de la Congrégation de S. Maur. Paris, 2 in-4'', 1718 et 1724; i'» partie, p. 280-281; 'Biographie Toulousaine... par une société de gens de lettres, 2 vol. in-8°, Paris, 1823, t. II, p. 18-19; La Bibliothèque Universelle de 1686, t. II; Dictionnaire historique (par une société de gens de lettres) Cacn et Paris, 1789; enfin les divers dictionnaires de Moréri, Didot, Michaud, Feller, Ladvocat, . .
Les Archives du consulat de France à Alger, par Albert Devaulx. Alger, Bastide, i8o5,in-8°, p. 19, et Archives de la Chambre de commerce de Marseille, AA, 469-470.
Gilles Du Port. — Honoré de Beaujeu
Notes complémentaires
(V. t. ir, p. 210 et 3i6)
Le Journal de l'Oratoire d'Arles et les nombreux registres de l'Oratoire, conservés aux Archives nationales, nous permettent d'ajouter ici quelques dates précises de la vie de Gilles Duport et Honoré de Beaujeu., qui furent tous les deux Oratoriens.
Voici d'abord une note du Journal de l'Oratoire d'Arles, fol. 3 verso : « Le P. Gilles Du Port^ natif d'Arles, et baptisé le 7 juillet mil six cens vingt cinq. Receu à Paris dans l'Oratoire, le 24 de juin mil six
cens quarante sept, fait prestre le trantiesme de novembre mil six cent cinquante deux, est entré céans le 9 may mil six cens soixante quatre, pour y résider. Il est parti d'ici, pour Paris, le 27 de sept. 1666. »
On lit aux Délibérations de V Oratoire, MM. 577- 578 : « Du 8 oct. 1654, le P. Gilles Du Port, de Paris à notre maison d'Avignon, pour y résider. Il lui est permis d'aller à Arles pour ses affaires. » Du 4 oct. ï658 : « Il est permis au P. Gilles Du Port de faire un voyage à Paris pour ses affaires particulières. » Du 24 avril 1659 : « Le P. Gilles Du Port de Paris, à notre maison de Lyon, pour y résider. » Du 8 mai 1659 : « Le P. Gilles Du Port de Paris, à notre maison d'Orléans, pour y résider. » Du 3 sept. 1660 : a II est permis au P. Gilles Du Port de faire un voyage d'Orléans à Grenoble, pour y faire juger un procès qui lui est de grande importance, et il résidera à notre maison de Lyon le temps que sa présence ne sera pas nécessaire à Grenoble. » Il n'est pas question de lui aux années 1666 et 1667. Ce fut vers ce temps qu'il se retirade l'Oratoire. Son premier ouvrage parut en 1667, et il ne se qualifie pas prêtre de l'Oratoire.
Du Port avait été reçu docteur en droit à l'Université d'Avignon, en 1645. Dès 1670, il prend le titre de protonotaire apostolique. Le 3 août 1682, il acheta à Jacques Pasquaiilt la charge de clerc de la chapelle de la duchesse d'Orléans pour la somme de 1,222 1., ce qui nécessita son séjour à Paris (Note de M.Robolly).
Le 24 août 1664, il fonda à l'église Sainte-Anne une messe tous les jours à perpétuité, et à cette tin, il assigna un fonds de 2,400 1., à prendre sur tous ses biens, qui devait produire 120 livres. Plus tard les messes furent réduites à 240. Il avait aussi donné 1,000 1.
pour l'entretien de deux lampes, qui devaient brûler constamment devant le S. Sacrement. Une ordonnance du lieutenant principal, du 21 oct. 1695, obligea les recteurs du Mont-de-Piété, héritiers de l'abbé Du Port, d'achever le paiement de cette somme. V. le Journal de l'Oratoire. Le dernier testament de Gilles Du Port, daté du 4 août 1691 (i), fut déposé par lui chez Dûment et Remon, notaires à Paris, le 18 août 1691 et « ouvert le jour de sa mort au requys du s'iquv Aubert prestre son exécuteur testamentaire, à Paris le vingt et trois dexembre mil six cens nouante et un avec les formalités requises. » Honoré Aubert, prêtre, demeurait « chez les Filles de S. Thomas, rue Vivien, » dont il était le confesseur et l'aumônier. Du Port recommande de veiller à l'exécution de la fondation d'une messe basse par jour à l'Oratoire d'Arles et des deux lampes devant le S. Sacrement. Il choisit sa sépulture dans l'église des Augustins déchaussés de la place des Victoires, auprès du grand autel, du côté de l'Evangile (église actuelle de N.-D. des Victoires) et demande que son cœur soit porté à Arles et déposé dans le tombeau de son père. Ces prescriptions furent suivies.
(i) Ce testament très détaillé annule tous les autres. Le voir aux Archives des Hospices d'Arles, avec les précédents VII, B. I. Cfr. Ibid., H. I, les papiers de la famille Du Port, 1640-1695. Le portrait de Gilles Du Port, gravé en 1690 par Voligny, de Lyon, in-8"», indiqué par Lelong-Fontette, t. IV. appendice, Portraits des Français illustres, p. 25i, est à la Bibl.Nat. Cabinet des Estampes. On le trouve en tête de l'Histoire de l'Eglise d'Arles, exemplaire de la Bibl. de TArsenal, à Paris. V. VIndex Bibliographique, p. XXI V. aux archives hospitalières, sous la date du 4 avril, du 21 mars et du 1 avril 1690, \e^QÇM de V Histoire d'Aj'les, par le chancelier, par la communauté des libraires et la Bibl. du roi (2 exemplaires).