‹ L'académie d'Arles au 17è siècle d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 14 sur 33 · COMMISSAIRES DE LA CHAMBRE DES GRANDES NUICTS · texte numérisé non relu

COMMISSAIRES DE LA CHAMBRE DES GRANDES NUICTS

Président : M. de Sabatier.

Conseillers - clercs : M. l'abbé de Bosches , M. l'abbé de Barrême.

Conseillers : M. Bouvet, M. Gifîon.

Advocat- général : M. de Guageron.

Nostre veillée consent et approuve vos ordonnances et je promets de prester main forte à messieurs vos députés.

J. d'Estoublon.

Le Registre de l'Académie ne parle plus des Grandes nuits ; il est probable qu'il ne fut pas donné suite à ce singulier projet.

L'année semblait s'ouvrir sous de très heureux auspices et, malgré les critiques de ses ennemis, l'Académie affirmait hautement sa vitalité. Néanmoins si

les assemblées se tinrent régulièrement, dès le mois de janvier, elles furent peu fréquentées (i) et les critiques recommencèrent à se faire jour dans le public (2). Les amis des académiciens leur adressaient leurs travaux et prenaient leur défense. Le 24 janvier, le P. Kspéron, préfet du collège d'Arles, envoya une épigramme en l'honneur de l'Académie :

Q.uoy que puisse dire l'envie, Vous estes les maistres du sort Et tant que vous serez en vie Elle sera digne de mort (3).

La meilleure réponse eût été, de la part de l'Académie, un redoublement d'activité, et c'est le contraire qui se produisit.

Dans sa harangue du 3 1 janvier, à la fin de sa direction, M. de Grille exalta pompeusement l'Académie : « Ce mot tout seul, s'écria-t-il, représente votre gloire, messieurs, et la faveur du ciel ; cette gloire et cette faveur sont des preuves de votre mérite, ces

(i) Le 10 janvier l'Académie se réunit dans la chambre du R. P. Vachier, au couvent des Cordeliers.

« Le lundi, 17 janvier, l'assemblée fut médiocre, à cause delà solennité de mariages et baptesmes où la plus part des académiciens furent invités ; néantmoins il s'en trouva jusqu'à six. » Registre de l'Académie.

(2) Le 17 janvier, « on s'entretint des nouvelles malices de l'envie et des moyens de l'éviter. » Registre de l'Académie.

(3) Registre de l'Académie. — Le collège d'Arles était dirigé par les PP. Jésuites, dont plusieurs des académiciens avaient été les élèves.

preuves sont les plus beaux éloges et les plus légitimes que vous puissiez revoir (i).

La querelle des anciens et des modernes fit le prin-. cipal sujet de cette harangue et M. de Grille prononça hautement en faveur des modernes, en citant les nombreux chefs d'œuvre éclos depuis la renaissance du XV^ siècle, sans oublier la Diane d'Arles (2). Nous sommes obligés de constater que le zèle de l'Académie ne répondait pas à celui de son secrétaire. Le Registre ne nous fournit absolument rien de saillant : le 26 janvier l'Académie accepte d'entendre un drame du P. Mourgues, jésuite, intitulé Bélisaire (3), elle va écouter, les 8 et 9 février, les sermons des abbés de Barrême et de Boche, dans l'Eglise de la Visitation. C'étaient les débuts de ces jeunes académiciens : ils furent très brillants, paraît-il, puisque « ces deux messieurs ne contribuèrent pas peu, par ces coups d'essay, à l'estime que tout le monde a conçeue de l'Académie et des membres qui la composent (4). «

(i) Registre de l'Académie, fol. Sg. Le harangue de M. de Grille occupe trois longs feuillets, 38-39 fit40-

(2) Registre de l'Académie, fol. 39, verso.

La question des anciens et des modernes fut encore agitée à la séance du 9 août 1667, Registre, fol. 49, recto.

L'Académie fut toujours disposée à préférer les modernes, avec M. Charpentier de l'Académie française et Charles Perraut.

(3) Registre de l'Académie, fol. 38, recto.

(4) Registre de l'Académie, toi. 41, verso.

Puis vient le carnaval qui se passa dans des réjouissances (i) et, le i3 mars, M. de Grille lut à l'Académie une épitaphe du carnaval en vers héroïques (2). Les séances étaient peu intéressantes et l'abbé Flèche avait beau prier ses collègues, de s'appliquer au grec et au latin et à quelque traduction importante (3), il semble que les académiciens faisaient réellement trop peu de cas de mériter des reproches qu'on leur adressait (4).

Les moindres causes suffisaient pour faire déserter les réunions ; une fête, un voyage, la chaleur, voires mêmes « la foire de la Madeleine qui dissipa l'assemblée. »

Au mois de mars 1667, M. de Cays fut élu consul d'Arles ; ses collègues en furent très satisfaits et l'Académie vint le féliciter en corps, le 29 mars (5).

(i) (I Tout le reste du carnaval se passa dans le divertissement de la saison et dans le sens que quelques-uns de ces messieurs prirent pour la représentation de Be7/5<3/re. Ils dansèrent encore un balet à la tin de cette tragédie, dont le subjet estoit le Triomphe de l'Académie. Ces représentations furent la closture du carnaval, et eurent un succès admirable. C'est ce qui empêcha les assemblées ordinaires de l'Académie durant ce mois de février. » Registre, fol. 41, verso. Il n'y eut, en effet, que deux séances insignifiantes sous la présidence de l'abbé Flèche.

(2) Registre de l'Académie, fol. 42, verso.

(3) Les traducteurs étaient alors très estimés et l'Académie française en admit plusieurs, à ce seul titre, parmi ses membres.

(4) Registre, fol. 42, verso.

(5) Registre de l'Académie, fol. 43, recto,

M. de Cays , absorbé par ses fonctions ne parut plus, cette année-là , que très rarement et, même durant le mois de sa direction, il fut suppléé par son neveu, le marquis de Boche (février 1668, Registre, fol. 49). M. de Montcalm ne fit que passer quelques jours à Arles, au mois de mars et d'avril, M. d'Aiguières se rendit à Turin où il séjourna plusieurs mois (i); l'abbé Flèche s'absenta au mois de juillet, M. Giffon au mois de septembre, M. de Grille au même mois (2). Tantôt les assemblées sont interrompues pendant plusieurs semaines, tantôt elles ne comptent que quelques membres (3). On a beau s'arrêter à « la résolution de reprendre vigoureusement les premiers exercices » il faut bien

(i) Le lundy i3 juin 1667, « M. Gifton produisit la lettre qu'il avoit reçue de M. de Gageron, depuis son arrivée à Turin, par laquelle il faisoit compliment à l'Académie et fut chargé de la réponse. » Registre, fol. 47.

(2) Voir le Registre.

(3) Le i8 avril quatre membres seulement se trouvent à la séance présidée par le P. Vinay. Le 16 mai a les sottises de la ville sont cause du peu de gens qui se trouve dans l'assemblée. » Le 12 septembre, la séance « fut une conversation de raillerie, il y eut trois académiciens et M. de Beaumont père. > Au mois d'octobre, les réunions sont peu fréquentées.

Le 12 décembre 1667, a l'Acadimie souffre un grand vuide, mais pour en dire la vérité, ce n'est pas avec moins d'effort que celui que la nature souffre en pareille rencontre. M. de Vendôme qui arrive, et les affaires de la maison de ville sont des tyrannies qui font cette interruption. » Registre, fol. 46.

Le 20 décembre, assemblée peu nombreuse, de même le 29 ( attendu les festes de la Noël. » Registre de l'Académie.

reconnaître « que la saison inspirait beaucoup de langueur aux exercices de l'Académie. »

« Le 6 juin 1667, jour du lundi, M. de Robias, directeur , remonstre comme il avoit esté ordonné qu'après une année de compliments et de cérémonie, il ne s'en fairoit plus, qu'on devoit regarder tout ce temps passé comme un préliminaire du solide , où il faloit viser et s'appliquer tout de bon (i). » Ce conseil fut assez peu fidèlement suivi.

Durant trois mois l'Académie s'occupa de l'aventure de la marquise de Ganges (2) qui passionnait l'opinion.

(i) Registre, fol. 47, verso.

(2) Marie de Rossan, mariée en premières noces au marquis de Castellane, petit-fils du duc de Viliars, épousa ensuite le marquis de Ganges. Elle parut avec éclat à la cour de Louis XIV et Mignard nous a conservé ses traits dans un de ses plus beaux tableaux. Elle résista aux obsessions criminelles de ses deux beaux-frères, qui la contraignirent à absorber une boisson vénéneuse. Pour leur échapper, elle sauta à demi nue, par une fenêtre du château, où ils la tenaient prisonnière, mais ils la poursuivirent l'épée à la main et la frappèrent, malgré l'intervention des assistants, de plusieurs coups mortels. Le marquis de Ganges fut lui-même complice des assassins. Ces faits monstrueux sont établis par l'enquête du Parlement de Toulouse qui condamna, par contumace, les coupables à être roués vifs. Ce drame émut profondément l'opinion publique, et dès le lendemain, G juin, l'Académie d'Arles en était instruite. La marquise de Ganges était originaire d'Avignon. Un habitant de Ganges, M. Mazel, vient de publier, chez Monnerat, à Paris fi vol. in-11, i885y, une curieuse biographie de cette malheureuse femme, à l'aide des traditions locales, des documents inédits recueillis sur place, des pièces déjà citées par les historiens, et son travail éclaircit bien des questions obscures jusqu'à ce jour.

Le 6 juin, M. Bouvet fut chargé d'en faire la relation sous forme de nouvelle, mais il ne l'acheva pas et ce fut Giffon qui composa le relation « qui a esté reçue avec l'aupplaudissement de tout le monde (i). »

Cette pièce fut imprimée, et comme elle provoqua des protestations dans le public, quelques académiciens se plaignirent de ce qu'on l'eut fait sans l'autorisation de l'Académie.

Le i8 juillet, M. Sabatier fut obligé de prendre la défense de Giflfon, en faisant observer que l'honneur de l'Académie n'était pas engagé et que, du reste, chaque académicien pouvait écrire en son particulier ce qu'il voulait (2). M. de Grille écrivit sur le même sujet « l'Ombre de Madame de Ganges, composée en vers héroïques », et il soumit ce travail à l'Académie, qui donna son assentiment à l'impression « s'il avoit envie de la mettre au jour, comme il disoit (3).» Séance du I" août 1667.

(i) Registre l'Académie, fol. 47, verso.

(2) Registre, fol. 48, verso.

(3) Registre, fol. 48, verso.

Cet ouvrage fut imprimé et se trouve à la Bibliothèque d'Arles, parmi les Ms du Fonds Bonnemant, au volume Académie. Voici le titre : L'Ombre d'Amarante, on retour de Madame de Ganges qui parle à son mari dans sa prison. A Arles, chez François Mesnier, imprimeur du roi et de ladite ville, 28 p., in-4».

Le 12 septembre, M. d'Arlatan de Beaumont « vint voir la sale de l'Académie où il se trouva avec trois des académiciens seulement, il montra un ouvrage qu'il avoit faict en suite de l'Ombre

Un malencontreux sonnet italien faillit , au mois de sept. 1667, brouiller les académiciens. Le Registre en désigne l'auteur par N., c'était croyons-nous l'abbé Flèche. Un académicien se crut atteint, et exigea une réparation qui fut consignée sur le registre. Giffon en fut le promoteur. L'auteur du sonnet fut réprimandé et très surpris de cette correction : il en usa cependant comme un véritable homme d'honneur, et tit des excuses à son confrère qu'il avait blessé sans s'en douter.

L'incident est assez mesquin, quoique le Registre exalte pompeusement à ce propos la justice de l'Académie « aux despens mesme des membres les plus considérables »

Nous avons déjà signalé le reproche adressé à l'Académie de s'enfermer dans un mystérieux silence. Les réunions étaient interdites aux étrangers, mais n'aurait-on pas pu les y admettre , au moins en certaines occasions ? C'était l'avis de Giffon qui pro-

d'Amarante, qu'il appeloit Philis aux Champs Eliziens. » Registre de l'Académie, fol. 5o, verso.

Ce passage indique que M. de Grille avait, à cette date, publié son ouvrage : le titre avait été modifié légèrement.

Il semble que l'Académie ait su mauvais gré, pendant quelque temps, à M. de Beaumont d'avoir prétendu marcher sur les traces de son secrétaire, car le Registre en parle avec une certaine aigreur, en cette occasion. L'abbé Flèche fit deux sonnets sur Madame de Ganges. V. Registre, fol. 49.

posa, le 27 mars (i), de tenir quelques séances publiques. Cette proposition fut prise en considération et le lundi de Pâques, 12 avril, on chercha « les moyens de satisfaire à la curiosité de tant d'honnestes gens qui passionnent de cognoistre des employs de l'Académie , on proposa en autres choses de faire une assemblée dans le mois de may, comme nous avons déjà dit, où la porte fut ouverte au public (2) » Le mois de mai se passa, l'Académie tira au sort les directeurs pour la nouvelle année qu'elle commençait (3) et l'on parla de nouveau de cette réunion

(i) Registre de l'Académie, fol. 4.3.

L'Académie française elle-même tint pendant longtemps toutes ses séances à huis clos, et ce fut seulement en 1671 qu'elle décida qu'à l'avenir elle ouvrirait ses portes, pour les jours de réception. « Charles Perrault, dont le remercîment avait été fort applaudi, prit occasion de son succès pour proposer cet important changement qui, malgré l'opposition de Chapelain, ennemi de toutes les innovations, fut adopté avec d'autant plus d'empressement qu'on le crut suggéré par Colbert. Deux ans après, Fléchier inaugura par sa harangue de réception la nouvelle solennité des séances publiques. Dans cette même année 167 1, où l'Académie décréta la publicité de ses séances extraordinaires, le prix d'éloquence fondé par Balzac fut décerné pour la première fois. Celui de poésie, dont les frais avaient été faits tantôt par quelques académiciens, tantôt par la compagnie tout entière, commença aussi à être donné régulièrement. Ainsi tout concourait à fixer les yeux du public sur l'institution académique, au moment même où Louis XIV allait l'adopter, 1672. » Histoire de l'Académie française, par Paul Mesnard, I vol. in-i2. Charpentier, p. 24.

(2) Registre de l'Académie, fol. 44, verso.

(3) «r Le mois de may de cette année 1667 est l'anniversaire de l'établissement de l'Académie, ou le temps de la direction d'un

et même on prit jour, le 14 mai, « pour une assemblée extraordinaire au cabinet du sieur Giffon, au samedi prochain , pour conclure sur le compliment qu'on fairoit aux amis invités à la prétendue réunion du lundi prochain (i). »

Quelques membres s'opposaient à cette réunion publique qui n'eut pas lieu. Les chaleurs de juin et de juillet suspendirent souvent les séances. Le 18 juillet et le 14 août, il fut de nouveau question de cette réunion, qui était une nouveauté, et au sujet de laquelle on ne put s'entendre. Elle fut renvoyée à une date indéterminée (2).

chascun estant achevé, on tire au sort de nouveau, pour donner son rang à chasque académicien et son mois, comme il avoit esté pratiqué l'année précédante.

May escheut à M. de Boches,

Juin à M. de Robias,

Juillet à M. Flèche,

Aoust à M. de Sabatier,

Septembre à M. Gifton,

Octobre à M. Bouvet,

Novembre à M. l'abbé de Boche,

Décembre à M. l'abbé de Barrême,

Janvier à M. de Manville,

Février à M. de Cays (M. de Boches présida pour luy à cause de son absence)^

Mars à M. de Sabbatier,

Avril à M.

Registre de l'Académie, fol. 46. M. de Sabatier présida durant le mois d'août 1667, les mois de mars et d'avril et même durant la moitié du mois de mai 1668, en l'absence du directeur, M. de Manville.

(i) Registre de l'Académie, fol. 46, verso.

(2) Registre de l'Académie, fol. 49.

— dOO —

Au mois de septembre 1667, legardien des Cordeliers fut changé, conformément à la règle, ce qui n'empêcha pas l'Académie de tenir ses séances dans l'appartement du R. P. provincial. Souvent aussi on se réunissait dans le cabinet de M.Giffon et du sacristain de Boche.

Les sujets traités sont peu nombreux et peu importants ; une dissertation de M. de Grille sur la différence qui existe entre les vertus morales et les vertus civiques, quelques vers de MM. Bouvet, Sabatier et Flèche, quelques critiques littéraires sont à peu près tout ce que nous pouvons relever dans le Registre (i). Le zèle de l'Académie avait besoin d'être stimulé et

(i) Voici quelques-uns des sujets dont s'occupa l'Académie durant l'année 1667, d'après le Registre :

L'origine et l'antiquité des étrennes.

La méthode d'écrire les lettres.

Une prose latine du P. Chérubin Rupé.

Si la mémoire sert plus que le jugement aux productions savantes.

Les aventures tragiques de la marquise de Ganges.

Epitaphe du carnaval.

Paraphrase de divers auteurs : Sénèque, Cicéron, Aristote, Tibulle, Virgile, Salluste, Tacite.

Différence qu'il y a entre le mépris de la mort et de souffrir constamment la mort.

Le plan des dix-sept provinces de Flandre.

Une amitié nouvelle pour une personne de différent sexe peutelle excuser la négligence qu'on a pour les vieux amis, sans que l'amour s'en mêle ?

Si Madame de Conty aurait mieux fait d'accepter le mariage proposé par le roi Casimir, qu'elle a refusé.

— loi —

nous comprenons que plusieurs directeurs se soient plaint de cette apathie (i).

Ce qui semble avoir le plus occupé l'Académie, durant l'année 1667, ce sont les réceptions de nouveaux membres.

Les statuts avaient fixé le nombre des académiciens à vingt, et il fallait absolument les compléter. Ce n'était pas une difficulté, les demandes ne manquaient pas, et l'Académie avait besoin de rappeler l'article 3 des statuts : « On ne recevra pas tous ceux qui le demanderont. » Nous ne voyons pas cependant que bien des demandes aient été écartées, et il n'y eût peutêtre que le P. Boeyman (2) dont la candidature fut repoussée avec les plus grands ménagements (juillet 1667), parce qu'il appartenait à un corps religieux et que l'on ne voulut pas déroger, en sa faveur, à l'article 4 des statuts.

Le Registre témoigne, par contre, que l'Académie était très désireuse de compter, parmi ses membres, des personnages, importants moins par leur valeur littéraire que par le nom et la fortune. Il y a même de ce côté un véritable excès, car elle semblait solliciter

k(i) € Le 21 septembre, l'assemblée fut mandée extraordinairement au cabinet de M. Giffon, pour tascher à renouveler un peu l'esprit de l'Académie qui selon le sentiment des sages sembloit s'estre relâché depuis quelque temps. 9 Registre, fol. 5 1, verso.

— 1U2 — leur adhésion. C'est ce qui se produisit pour M. Guillaume de VEstang Parade et pour M. d'Arlatan de Beaumont. Ce dernier fut même assez longtemps sans répondre aux avances de l'Académie, qui s'impatientait de ce retard (i). (Sept. 1667).

Voici, du reste, comment se faisaient les nominations des nouveaux membres. Un académicien de leurs amis les proposait à ses collègues, on discutait leurs titres, puis on prenait les voix « par scrutin et par ballote. » L'absence d'opposition était considérée comme « le consentement commun et unanime » exigé par l'article 2 des statuts.

On avertissait alors le candidat, qui envoyait sa lettre de demande officielle. Ce n'était plus qu'une formalité. Il faisait un petit discours, un académicien y répondait, il jurait fidélité aux statuts qu'il signait et dès lors il faisait partie de l'Académie.

C'est ainsi que les choses se pratiquèrent pour M. d'Aymar de Châteaurenard. « Le 16 mai, les sottises de la ville sont cause du peu de gens qui se trouve dans l'assemblée et pourtant M. Giffon tesmoigna de la part de M. d'Aymar le désir qu'il avoit d'estre admis à l'Académie, à laquelle il escriroit au premier jour, pour obtenir son aggrégation (2). »

Le samedi suivant, on délibéra sur cette proposition

(t) Registre de l'Académie, fol. 5 1, verso. (2) Registre de l'Académie, fol. 46, verso.

dans le cabinet de M. Giffon j elle fut accueillie sans difficulté, et, le 25 mai, M. d'Aymar, informé du résultat des démarches de Giffon, fit parvenir sa demande.

Cette lettre est datée d'Avignon et très flatteuse pour le « petit corps ». « Pouvois-je estouffer dans mon âme la vertueuse Emulation de participer un jour à toutes les belles choses qui partent de vostre illustre compagnie ? et puisque j'ay esté autrefois membre d'un corps qui avoit pour devise et pour but cette louable passion, souffrez, messieurs, que je ne me serve que de ce nom pour mériter celui que je vous

demande Vos assamblées, poursuivait-il, me

rendront meilleur, plus éclairé et plus poli ; vos conférences sauront régler mes mœurs, ainsi que mon langage, et si je ne puis à vostre exemple composer des livres et des vers galants, j'apprendray du moins de vous le moyen de composer mes passions déréglées (i). »

Le marquis de Châteaurenard ne sollicitait que le titre d'externe, mais le 3o mai, après la lecture de sa lettre, l'Académie décida « qu'il seroit admis dans le rang d'académicien » et le secrétaire fut chargé de lui notifier cette décis'ion.

François Félix d'Aymar, marquis de Châteaure-

(i) Registre de l'Académie, fol. 47. En marge on lit ; 11 avoit été des Emulateurs d'Avignon.

nardjdoit être ici l'objet d'une utile digression, en raison du rôle qu'il joua plus tard vis-à-vis de l'Académie d'Arles. Il naquit le lo mars 1627, à Aix, et non pas à Arles, comme l'insinue le Dictionnaire de Provence.

La famille d'Aymar a été, suivant Maynier, auteur de l'Histoire de la Principale Noblesse de Provence, en grand lustre aux iS""" et i/\P^ siècles: elle possédait au diocèse de Sisteron, le fief de Saint-Vincent dont Gautier d'Aymar rendait hommage au roi Louis II, en 1410, et ses enfants au roi Charles III, en 1480(1). Lors de la réunion de la Provence au Royaume de France, les d'Aymar s'établirent à Aix. Ils furent du parti du Roi contre la Ligue, et Guillaume d'Aymar^ conseiller au Parlement dès i554, exposa plusieurs fois sa vie dans les guerres de religion, pour le service du roi. Il mourut en 1607, doyen du Parlement, où il avait vu siéger trois de ses fils, conseillers, procureurs généraux et présidents. Jean André d'Aymar fonda la Chartreuse d'Aix en 1623 ; son frère Silvi était gentilhomme de la Chambre du roi, et écuyer de la reine. Les d'Aymar s'étaient alliés aux Villeneuve, Forbin, Pontèves, Aube de Roquemartine,Benault de Lubières, d'Estienne, La Valette d'Espernon, etc.

Dans la rue de la Grande-Horloge, au coin de la rue des Brémondis, se trouve un vaste hôtel décoré de

(i) Archives des Bouches-du-Rhône, Série B, Registre 773 et Registre 781. Tome i" de l'inventaire, p. 182 et i85.

belles peintures de Daret (i), décrites par de Haitze (2) dans un de ses premiers ouvrages. Cet hôtel qui appartenait autrefois aux Rascas, seigneur du Canet et dans lequel naquit, le 8 février 1 562, Jean-Antoine de Bagarris le savant numismate, avait été complètement rebâti ^siv Jean-François d'Aymar d'Albi, baron de Châteaurenard, conseiller au Parlement,

Lorsque Louis XIV, se rendant à la frontière d'Espagne, OLi Mazarin négociait son mariage avec l'infante Marie- Thérèse, passa par la Provence, afin d'apaiser les troubles d'Aixet de Marseille, le conseiller d'Aymar eut l'honneur de recevoir Sa Majesté.

Les Mémoires du temps nous apprennent que le roi et la suite nombreuse qui l'escortait furent logés à l'hôtel de Châteaurenard (3), auquel on avait réuni l'hôtel de Régusse par des portes de communication, à l'hôtel d'Oppède et au palais Archiépiscopal.

( i) Jean Daret, né à Bruxelles, vint s'établir à Aix, où il épousa Madeleine Cabassole et y mourut en 1668, à l'âge de 55 ans. Il reste encore dans cette ville de nombreuses peintures qui sont de lui. (Mémorial d'Aix, 19 décembre 1843).

(2) Les Curiosités les plus remarquables de la ville d'Aix. Aix, Ch. David, 1679, in-S".

(3) Honoré Bouche, Histoire de Provence, Pitton, Histoire d'Aix, tous les deux témoins contemporains.

Cet hôtel devint plus tard la propriété de M. Giraud d'Agay et, en ces derniers temps, l'administration du Bureau de Bienfaisonce l'a acheté et s'y est établie, quittant les locaux trop étroits de l'Ancienne Miséricorde. Les sculptures de la façade et les frontons des fenêtres ont malheureusement disparu, lors d'une restauration déjà ancienne.

Le roi passa trente-cinq jours à Aix, chezle baron de Châteaurenard, et il s'en souvint lorsque le frère de son hôte parut à la Cour, FrançoisFélix*(i) fut accueilli avec la plus grande bienveillance par le roi qui le nomma capitaine au régiment royal. Il servit avec distinction et se trouva à plusieurs sièges et batailles. Il fut très grièvement blessé, en 1 674, durant la campagne de Hollande. C'était un esprit cultivé et un littérateur aimable. Il paraît avoir fait sa résidence à Avignon auprès de sa sœur Françoise mariée à Jacques Grillet de Brissac, seigneur d'Aubres et de Casillac. Il avait été membre

(i) François Félix d'Aymar était fils de François d'Aymar, président à la Cour des Comptes, seigneur de Montsalier et baron de Châteaurenard, et d'Anne d'Albi, dame de Brès. Le président d'Aymar avait acquis Id baronnie de Châteaurenard en i63 I. Ses descendants ont formé deux branches dont l'aînée, celle des barons de Châteaurenard, s'est éteinte à Châteaurenard en 1760. La deuxième s'est transplantée, en 1728, dans l'Agenais où elle est représentée de nos jours (jugement du tribunal de première instance de Lyon du i3 juillet 1859), par le marquis d'Aymar de Châteaurenard, ancien ambassadeur et conseiller d'Etat, qui a plusieurs enfants de son mariage avec mademoiselle de SufFren, de la famille de l'illustre marin de ce nom.

C'est à M. le marquis d'Aymar de Châteaurenard que nous devons la communication de bon nombre des documents qui nous ont servi pour cette étude. Q.u'il nous soit permis de le remercier de son précieux concours !

Sur la famille d'Aymar consulter :

Maynier. La Principale Noblesse de Provence, p. 41.

Robert de Briançon. L'Etat de Provence, t. i, p. 2 55.

Artefeuil. La Noblesse de Provence, t. i, p. 12.

Roux-Alpheran. Les Rues d'Aix, passim.

Dictionnaire des Hommes illustres de Provence, t. i, p. 554,

de l'Académie des Emulateurs (i). Lorsque M, d'Aymar sollicita l'honneur de faire partie de l'Académie d'Arles, cette demande fut accueillie avec empressement. Les services qu'il rendit à l'Académie montrèrent qu'elle avait fait en lui une précieuse recrue. Son réel talent de parole et les nombreuses relations qu'il s'était créées à la cour, l'amitié dont Thonorait le duc de Saint-Aignan, tout le désignait pour plaider à Paris et à Versailles la cause de l'Académie. Celle-ci le comprit et n'eut qu'à s'en féliciter.

La lettre de M. d'Aymar fut insérée au Registre de

(i) « Ces jours passés, l'Académie des Emulateurs, établie en la ville d'Avignon, et qui a esté honorée depuis peu, par Sa Sainteté, de plusieurs beaux privilèges, ayant député le marquis de Perraut, secrétaire de cette compagnie, vers l'Académie françoise, pour la complimenter, il fut reçeu par l'abbé de Bois- Robert et le sieur de La Chambre qu'elle envoya au-devant de lui, et introduit par le sieur de Montmort, maistre des Requestes ; et après avoir pris séance auprès du chancelier de France, protecteur de cette fameuse et illustre assemblée, qui se tient en son hôtel, il lit, de fort bonne grâce, son compliment, auquel il fut aussi très élogieusement répondu par l'abbé Tallement, qui en est le directeur. » De Paris, le 4 décembre 1660.

Gazette de France, n* 142, p. 1200.

Il semble que, en 1667, les Emulateurs avaient cessé de se réunir; nous ne pourrions, sans cela, nous expliquer l'empressement de plusieurs savants d'Avignon à se faire affilier à l'Académie d'Arles. Cette société des Emulateurs est malheureusement peu connue, et nous n'avons sur elle aucun renseignement précis. Cependant, en 1678, elle demanda vainement son affiliation à l'Académie française, ce qui prouve qu'elle se releva de sa décadence. La société des Emulateurs avait été fondée, en i658, par le cardinal vice-légat Conti. Voir Bouillier, op. cit., p. 57.

l'Académie (i), ce qu'on fit, d'ailleurs, pour toutes les autres. Elle donne le ton général de cette correspondance où l'éloge tient une place très large.

Au mois d'août, Gilles Roubin (2), présenté également par Giffon, fut admis au rang d'académicien

(i) Registre de rAcadémie, loi. 46 6147.

(2) Gilles Roubin, originaire du Pont-Saint-Esprit, s'était fixé à Trinquetailles, faubourg d'Arles. Il fut ennobli par Louis XIV en 1677. C'était un rimeur habile^ mais ses œuvres ne se composent guère que de placet ou de suppliques en vers. Le Dictionnaire des hommes illustres de Provence, t. II, p. 176, cite de Roubin un placet qu'il adressa à Louis XIV, pour être exonéré de l'impôt sur les îles du Rhône, qui constituaient la seule fortune, très aléatoire, du rimeur menacé de la misère.

M. Fassin a consacré à cet homme d'esprit, dont les œuvres n'avaient pas ce qui assure la durée et l'avenir, une notice, parue il y a une vingtaine d'années, dans un journal d'Arles. « Gilles de Roubin du Saint-Esprit fut un académicien des plus distingués de cette Académie royale. Il mourut à l'âge de 81 ans, à Toulouse {1716), pendant qu'il y faisait imprimer des œuvres mêlées qu'il dédia au marquis de Torcy , secrétaire d'Etat. Ce savant a laissé divers ouvrages qu'on lit avec plaisir, b Bibliothèque Méjanes, Ms 1060, p. 36, deuxième partie.

D'après M. Bouillier, l'Institut et les académies de Province (p. 3g, note 1)5 Roubin aurait été capitaine au régiment de Guise et aurait servi en Italie, en 1 658.

Le 2 janvier i658, M. Roubin envoya à M. Giffon les vers suivants :

Ma foi, mon cher Giffon, ce n'est plus bagatelle. Nous courrons à grands pas vers l'éternelle nuit, Et notre âge vieillit, quand le, temps renouvelle Notre printemps s'enfuit, sans espoir de retour. Nos jours comme les flots s'entrepoussent l'un l'autre Et lorsque le soleil recommence son tour. Souvent il achève le nôtre.

(Ms 1060}.

« bien qu'il ne demandât que le titre d'externe. » Sa lettre de demande est datée du 22 août 1667 (i).

Giffon était plein de zèle pour l'Académie et ce fut encore lui qui présenta M. de Castillon (2) sénéchal d'Arles, lequel fut admis le 19 septembre 1667. « Je fais un coup bien hardi, disait-il dans sa lettre de demande, d'oser vous demander quelque part à l'honneur d'une société si illustre que la vostre. Depuis son établissement, j'ay langui , j'ay soupiré inutilement pour m'attirer ce glorieux avantage (3). »

(i) Registre de l'Académie, fol. 5o. Elle est écrite avec une emphase singulière : « Oui, messieurs, je comprends qu'être reçeu de cette noble assemblée, c'est entrer en communication de tous les trésors de l'esprit, c'est participer à toutes les richesses du Parnasse... C'est enfin estre faict le membre d'un corps qui faict l'ornement et la gloire de sa patrie, aussi bien que l'admiration de toute la terre. » L'encens est un peu grossier, mais le Registre ne note-t-il pas que, le 5 septembre 1667, l'Académie fut visitée par le marquis de Spinola, Génois, « qui en approuva l'employ et les exercices, » et cela avec une satisfaction non dissimulée i L'éloge est encore le meilleur des passeports, en maintes occasions.

(2) Registre de l'Académie, fol. 5i.

(3) Pierre de Castillon était fils de François de Castillon, seigneur de Méailles et de Madeleine de Varadier de Saint- Andiol. Il avait épousé d'abord Lucrèce de Forbin La Barben (9 oct. 1645); puis Anne-Thérèse t/eScarro», rfe Vavre et de Mérigny. Il fut élu premier consul d'Aix, en 1680.

Les marquis de Beynes descendent de Luc de Castillon, noble Napolitain, qui suivit en Provence, vers iSgo, Louis II d'Anjou, roi de Sicile. Ses descendants, honorés des plus hauts emplois par les comtes de Provence et les rois de France, s'allièrent aux Forbin, aux Quiqueran, aux Villeneuve, aux d'Aube, aux Grimaldi, aux Castellane et aux Varadier. Plusieurs furent consul»

- liô -

Dans cette même séance du 19 septembre, on parla de la candidature de M. Guillaume de lEstang Parade, conseiller au Parlement de Provence, qui avait témoigné le désir d'être reçu académicien.

Afin écarter tout soupçon de complaisance, l'Académie observa à l'égard de ce personnage important toute « la rigueur du statut. » On prit les voix par scrutin et l'on décida « qu'on ne s'en dispenseroit à l'avenir pour qui que ce soit, d'autant mieux qu'on a toujours jugé qu'il n'estoit pas à propos de comettre personne et l'exposer à faire la demande par escrit de sa récep-

d'Arles et d'autres conseillers ou présidents au Parlement de Provence.

Pierre de Castillon obtint du roi le titre de marquis de Bcynes, en avril 1673. « Les lettres du marquisat du sieur Pierre de Castillon de Beine, sénéchal d'Arles, sont de cette année lôyS, vérifiées à Aix, en mars 1674. » Bibl. Méjanes, Ms 807. Registre des noms des syndics d'Arles. Registre Ruffus, n" 53, fol. 38, Arm. B. Archives du roi, à Aix.

Pierre de Castillon, seigneur de Beynes, était beau-frère de M. Joseph de Cays qui avait épousé Françoise de Castillon sa sœur. Son autre sœur Honorée de Castillon fit alliance, en 1643, avec Amand de Monier de Cliâteaudeuil, conseiller au Parlement. Il avait acheté, en 1667, de François de Simiane, marquis de Gardes, comte de Carcès, dernier grand sénéchal de Provence, la charge de sénéchal au siège et ressort d'Arles. Il prêta serment et fut mis en possession, à Arles, le 26 avril 16Ô7, par M. de Barrême, conseiller, et M. ds Gantés ^Jean-P'rançois), procureur général, délégués par la Cour. Bibl. Méjanes, Ms 807.

Cfr. Maynier, la Principale Noblesse de Provence, p. 99.

Artefeuil, Noblesse de Provence, 1. 1, p. 243.

Robert de Br lançon, Etat de Provence, 1. 1, p. 490.

Bonnemant, le Nobiliaire de la ville d'Arles.

tion sans qu'il puisse être assuré du consentement de la compagnie (i). »

Après l'accomplissement des formalités, on fut d'avis d'admettre M. de l'Estang « lors qu'il fairoit l'honneur à l'Académie de luy marquer son désir. »

C'est ce qu'il fit par lettre, datée d'Aix, le 29 octobre 1667 (2). Registre, fol. 45 bis.

Dans l'intervalle, on parla beaucoup de M. d'Arlatan de Beaumont, qui laissait courir le bruit qu'il désirait

(i; Registre de l'Académie, fol. 5i, verso.

(2) La famille de l'Estang descend du chevalier de l'Estang qui conduisit au XI""' siècle une compagnie d'arlésiens en terre sainte. Au XVI"* siècle deux membres de cette famille furent successivement viguiers d'Arles.

Guillaume de l'Estang de Parade était conseiller au Parlement depuis i663. Il était le fils aîné de Jacques de l'Estang, marié en 1637 à Isabeau de Sade d'Aiguières , et consul d'Arles en 1661. Il avait épousé ^Hg-e7/^Me de Simiane La Cos^e, de la ville d'Aix. Il était parent, par les dernières alliances de sa famille, des Cays, des Sabatier, des Grille, des Porcelet.

Son fils aîné fut conseiller, en 1698, puis doyen du Parlement de Provence.

Un de l'Estang a composé un recueil des antiquités et de la noblesse d'Arles (1540).

Cfr. Nobiliaire des Bouches-du-Rhône, p. 202, 21 1.

Artefeuil. Noblesse de Provence, t. i, p. 346.

Robert de Briançon. Etat de Provence, t. 11, p. 17.

Maynier. La Principale Noblesse de Provence, p. 117,

Roux-Alpheran. Les Rues d'Aix.

Aux archives des Bouches-du-Rhône , fonds Nicolaï , 112, p. I à 10, se trouvent, en particulier, le contrat de mariage de Guillaume de l'Estang, un arbre généalogique dressé au XVII* siècle, à l'occasion d'un procès, et les Mémoires généalogiques de la maison de Parade Lestang, par le P. Loys, cordelier, iG p. in-folio.

être de l'Académie, et l'on écarta sa candidature en attendant que l'on fût assuré « de son respect et de sa bonne volonté dont on estoit très mal persuadé jusques-là (i). »

Le 3 1 octobre, le sénéchal de Castillon fut introduit à l'Académie et complimenté par M. Giffon. Ce même jour M. de Grille proposa M. de Barrême de Manville ce comme un sujet digne de l'Académie, adjoutant qu'il avoit reconnu en luy beaucoup de capacité pour cela, et surtout une grande estime, affection et zèle pour l'Académie. Ce proposition fut agréée et là mesme on procéda à la cérémonie ordinaire de la balotte, où tous les suffrages furent pour lui (2), »

M. de Manville fit sa demande et les visites ordinaires, puis, le 14 novembre, il prit séance (3), et prêta serment aux statuts qu'il signa.

Jean -Baptiste de Barrême de Manville était le frère aîné de l'abbé de Barrême, un des fondateurs de l'Académie (4).

(i) Registre de l'Académie, fol. 52, verso. Noter que les feuilles 43-52 sont répétées deux fois par erreur, après la feuille 52.

(2) Registre de l'Académie, fol. 43 (bis), verso.

(3) Registre, fol. 44 (bis), verso. — « On lui donna Properce pour son livre ordinaire. » Chaque académicien était prié de faire des remarques sur un auteur qu'on lui désignait.

(4) 11 fut successivement lieutenant criminel, avocat du roi et juge de la ville d'Arles. Il ,'a composé un recueil de Discours, plaidoyers et ouvertures de palais, d'un style généralement très

Le 5 décembre « M . de Sabatier fit voir une lettre de M. Giffon qui pressentoit l'Académie sur la réception de l'abbé du Tramblajr. On opina du bonnet (comme on dit) et M. de Robias, secrétaire, fut chargé de ménager cette affaire comme importante et glorieuse pour le corps (i). »

Le 12 décembre, on lut la lettre que l'abbé du Tremblay écrivait de Graveson, le 8 décembre 1667, et l'Académie lui accorda plus qu'il ne demandait (2). Elle voulut le compter non parmi les externes, mais parmi les « assidus » et le pria d'envoyer ses armes afin qu'on pût les joindre à celles des autres académiciens, ce qu'on avait fait aussi à l'égard de M. di Aymar et de M. Roubin.

élégant. Voir le Dictionnaire des Hommes illustres de Provence, t. II, p. 56. Ce recueil fut imprimé à Avignon, en 1698, 1 vol. in-i2, voir Dubreuil, Notice sur les ouvrages provençaux, t. 11, p. 285, Ms de la bibl. Méjanes SyS-SyS.

(i) Registre de l'Académie, fol. 46 bis.

(2) Voir cette lettre Registre, fol. 46 et 47 bis. Elle est datée par erreur de 1668. C'est une coquille de copiste.

Le 20 décembre, il écrivit pour remercier de son admission.

L'abbé du Tremblay était frère de l'aumônier du duc de Saint- Aignan. Voir le Registre, fol. 53.

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