‹ L'académie d'Arles au 17è siècle d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 26 sur 33 · RELATION · texte numérisé non relu

RELATION

FAITE PAR M. LE MaRQUIS DE ChaTEAURENARD, A MM. DE l'AcADÉMIE

Royale d'Arles , dans une publique assemblée , le mardi, 2g avril 1670.

Contenant un fidèle récit de toute sa gestion en qualité de député de ce corps auprès de Sa Majesté, de Monseigneur leChaicelier et de Monseigneur le duc de Saint-Aignan et de MM. de l'Académie Française (i).

Messieurs,

Lorsque vous me fîtes l'honneur de jeter les yeux sur moi, pour porter à Sa Majesté le témoignage de

(i) Nous citons le texte du Ms 475 du fonds Bonnemant : Collège Académie, Bibliothèque d'Arles, parce qu'il est plus complet que celui du Registre (fol. 77, verso, à fol. 85, verso), et nous indiquerons au passage la seule variante importante. La relation se trouve dans un cahier transcrit en 1753.

Notons de suite que la séance est assigne'e par le Registre au 3o avril, nous avons adopté cette date contredite par le Ms 476 de la Bibliothèque d'Arles et par le Ms 788, Annales d'Arles, de a Bibliothèque Méjanes. On y lit à l'année 1670 : « Le 29

votre respect et de votre gratitude, pour l'établissement glorieux de notre Académie, selon les ordres et les intentions de Monseigneur le duc de Saint-Aignan, notre protecteur ; lors même que vous eûtes la bonté de me confier vos dépêches à MM. de l'Académie française, et me charger en même temps de demander la protection et l'alliance de cette illustre compagnie, de remercier Monseigneur le Chancelier de la bonté qu'il avait eu de sceller les lettres patentes, dont il a plu au roy de nous honorer, et rendre les très humbles actions de grâces que nous devons à notre incomparable protecteur de tous les avantages qu'il nous a procurés ; l'oserai-je dire, messieurs, je balançai longtemps entre l'obligation de vous satisfaire et l'appréhension que j'avais de ne pouvoir pas remplir aussi dignement vos espérances que vous vous l'étiez peut-être promis. La grandeur de cet emploi me paraissait au-dessus de mes forces, et mon peu de suffisance me le faisait regarder comme un écueil à votre naissante gloire et comme un abîme dont j'aurai peine à me retirer. Mais mon zèle et mon devoir l'emportèrent par dessus toutes ces considérations, je crus que vos lumières, messieurs,

avril, dans une assemblée publique de l'Académie, M. le marquis de Châteaurenard rendit compte de sa députation à Paris, avec M. le marquis de Castillon, et comment ils avaient été admis à une assemblée de l'Académie française, leSo janvier précédent.et à l'audience du roi et à celle de M. le Chancelier, le b février, suivant. »

En faux titre, le Ms 475 porte ce qui suit : Relation de ce qui s'est passé au sujet de la députation faite par MM. de l'Académie royale d'Arles, de M. d'Aymard, marquis de Châteaurenard, auprès du roy, de Monseigneur le Chancelier, de M. le duc de Saint- Aignan et de MM. de l'Académie françoise(i67o).

Voir le chapitre VII, du présent volume où nous avons résumé ce récit, p. igS et sqq.

suppléeraient au défaut des miennes, que mon cœur me tiendrait lieu d'esprit, en cette rencontre, et que, si j'étais privé de la force et des brillants de ce dernier^ les ardeurs et la sincérité de l'autre feraient mon excuse- Notre Magnanime protecteur rie contribua pas peu à ce dessein, son éloquence soutint ma faiblesse , et ce grand homme qui sait forcer ses amis et ses ennemis par des moyens différents, à qui rien ne résiste, me soumit d'abord à ses sentiments avec la même facilité, que les plus redoutables guerriers ont accoutumé de se rendre à la force de son épée. Je ne pus après cela me dispenser d'accepter cet emploi, qui me fit paraître en même temps environné de toute votre gloire, et qui est la plus 'forte et la plus favorable raison de l'heureux succès qui a suivi ma députation. Mais comme vous m'ordonnez aujourd'hui de vous en rendre un compte exact, de vous particulariser les moindres circonstances, de réciter devant cette illustre et nombreuse compagnie, jusqu'aux moindres paroles que j'ai dites de votre part à notre grand monarque, à la savante et très polie Académie française, à Monseigneur le chancelier et à notre généreux et illustre protecteur M. le duc de Saint-Aignan, je suis contraint d'avouer, messieurs, devant cette auguste assemblée, que c'est mettre mon obéissance à bien plus forte et plus rude épreuve, puisque par tout ce que j'ai fait de votre part à la cour et à Paris, je ne hasardais que votre gloire que vous soutiendrez à l'avenir par mille choses dignes de l'immortalité, et je sacrifie aujourd'hui toute la mienne que je ne recouvrerai peut-être jamais, et que je n'ai acquise que par un bonheur inespéré et par la participation de la votre ; mais comme je ne soutiens pas assez par mon mérite l'honneur que j'ai d'être votre confrère, il faut que ce soit par mon obéissance : aussi veux-je,

messieurs, la faire éclater hautement devant tout ce beau monde qui m'écoute et vous donner aujourd'hui des marques authentiques de ma defférence et de ma soumission à vos ordres, en vous rapportant mot à mot toutes les choses que j'ai dites de votre part, autant que ma mémoire pourra me le permettre.

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