‹ L'académie d'Arles au 17è siècle d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 6 sur 33 · LE ROY A ARLES · texte numérisé non relu

LE ROY A ARLES

Le 28 décembre de l'année précédente il fut tenu un conseil sur les préparations et commissions pour la réception du roy en cette ville en suite des avis donnés par M. le duc de Mercœur, gouverneur de Provence, et M. d'Oppède, premier président. Le i3 janvier de ladite année le roy Louis XIV, venant de Toulouse, et passant par Tarascon, arriva en cette ville.

Le 17 mars suivant, le roy ayant voulu honorer cette ville de sa présence à la sortie de cette province, ainsi qu'il avait fait à son entrée, envoya à MM. les consuls, deux heures avant son retour, un exempt des gardes pour leur dire de sa part qu'il ne voulait point de harangue, mais seulement les civilités ordinaires. Il en partit le ig pour Avignon. Voyez la relation imprimée de ce qui s'est passé à la réception de S. M. en cette ville, laquelle est dans les titres du roy et dans ceux des privilèges, voyez encore les conseils et assemblées de ladite année tenues à ce sujet. Il fut présenté au roy, à son second voyage en cette ville, le cahier des affaires de la communauté pour raison de quoi MM. les consuls députèrent à Avignon, pour avoir la réponse d'iceluy et pour obtenir lettres patentes sur la confirmation des privilèges. Ce qui leur fut accordé.

Saint-Aignan, alors gentilhomme de la chambre du roi, homme d'esprit, grand ami des lettres et qui devait entrer, quelques années après, à l'Académie française, se lia avec divers membres des sociétés littéraires artésiennes et fut si enchanté, dit M. Galle (i),

lôSg. € Dans ce consulat, sçavoir le i3 de janvier 1660, un mardy, le roy est arrivé en cette ville et y a esté jusqu'au mercredy 16 du mesme mois avec la reine sa mère, M. le duc d'Anjou son frère, M. le cardinal Mazarin, etc.

Le roy a esté logé en la maison de M. de Bouchon, la reine à l'archevêché, Monsieur chez M. Decais, le cardinal à Saint- Jean. Le roi n'a point voulu d'entrée royale et ayant séjourné deux mois à Aix, ou autres villes de la province, il est revenu à Arles le 17 mars et en est parti pour Avignon et Orange le ig. » Registre des noms des consuls ou syndics d'Arles Bib. Méjanes Ms 807 (Voir la Galette de France, 1660, p. 83, io5, 296.).

(i) Discours déjà cité plus haut.

François de Beauvillier , comte, puis duc de Saint-Aignan, naquit le 3o octobre 1610. Sa famille originaire du pays chartrain, était alliée aux Courtenay, La Trémouille, Rohan, Rochechouart, Béthune, en un mot à tout ce que la noblesse de France compte de plus distingué. Il eiit une carrière militaire brillante et se signala au combat de Vaudrevanges (i635), au siège de Landrecies (1639), etc. Maréchal de camp, puis lieutenant général , il combattit victorieusement la Fronde en Guyenne et en Berri. Il reçut 20 blessures pendant les 14 campagnes auxquelles il prit part. Gentilhomme de la chambre du roi, puis gouverneur de Touraine {1661) et enfin du Havre il consacra ses loisirs à la culture des lettres. Ce fut lui qui donna à Louis XIV l'idée d'encourager les savants par des libéralités. Il composa quelques pièces de vers où l'on trouve de la facilité, de la grâce et un peu de mauvais goût. Elles sont conservées dans les oeuvres de Scarron, de M"' Deshoulières et les recueils de Vertron. D'une exquise politesse, on l'appelait à la cour le Paladin. Il était le grand organisateur des fêtes royales et Louis XIV l'avait en particulière estime.

« de la noble émulation qui les animait tous, qu'il promit de demander au roi des lettres patentes pour faire affilier ces sociétés, réunies en une seule, à l'Académie française, » Cette promesse fut lente à se réaliser. En attendant, huit beaux esprits se réunissaient régulièrement pour s'occuper de littérature. C'étaient MM. A' Eyguières-Gageron , l'abbé de Barrême, de Boche^ de Bouvet du Val, de Cays, Gif on, de Romieu et de Sabatier (i663).

« Ces Messieurs s'assemblaient régulièrement tous les lundis, et deux d'entre eux, qu'on en avait prié,

Le duc de Saint-Aignan était un lettré : plusieurs de ses poésies ont paru dans les Mercures galants et dans quelques autres recueils de son temps; l'abbé de Marelles, dans son dénombrement d'auteurs, lui attribue même une tragi-comédie intitulée : Bradamante. L'abbé d'Olivet , dans l'Histoire de l'Académie, dit que les poésies connues du duc de Saint- Aignan témoignent « qu'il possédait les règles de l'art comme ceux qui en font leur principal objet; mais que par une finesse de l'art même, il y répandait de ces négligences méditées, qui donnent lieu de croire qu'on n'en fait que son amusement. »

En 1667, il concourut pour le prix de poésie accordé par l'Académie de Caen à la meilleure pièce de vers en l'honneur de la Sainte Vierge et fut victorieux, sans que la faveur y eût la moindre part, puisque l'on ne connaissait pas son nom. Cette pièce est publiée dans le Recueil des poésies qui ont été couronnées sur le Puy de l'Immaculée Conceptiori de la Vierge, tenu à Caen dans les grandes écoles de l'Université.

L'abbé d'Olivet nous apprend encore que beaucoup de ses compositions poétiques n'ont jamais été livrées à la publicité.

C'est en somme une noble figure de gentilhomme de cour, lettré, actif, brave et chevaleresque.

Il mourut le 16 juin 1687.

apportaient à la compagnie des dissertations où, de deux propositions contraires, chacun en avait pris

une à prouver L'on trouve dans les registres

beaucoup de sujets aussi curieux , sur lesquels ces Messieurs s'exerçaient innocemment, agréablement et utilement, laissant toujours aux ecclésiastiques qui étaient parmi eux, à traiter les sujets qui pourraient avoir du rapport à la religion (i). »

Pendant quelques années ces réunions se tinrent aux époques déterminées. Leur succès était grand mais il était à craindre qu'il n'en advint de la nouvelle association comme de ses devancières et qu'elle ne disparut par suite de la mort ou de la dispersion de ses membres. Déjà les troubles et les révoltes survenus en Provence avaient éloigné momentanément quelques-uns des gentilhommes qui la composaient. Les réunions étaient de plus en plus- espacées et de plus en plus désertes. La promesse du comte de Saint-Aignan de faire affilier la société à l'Académie française, semblait oubliée. Cette situation préoccupait les organisateurs de ces réunions: après de longues réflexions , ils se convainquirent de la nécessité de s'adjoindre de nouveaux collègues pour infuser une nouvelle vie à leur œuvre. L'idée ne tarda pas à être mise à exécution.

f l) P. Fabre, Panégyrique de la ville d'Arles, 1743,

« Les troubles et les divisions delà France privèrent plusieurs savants de fréquenter cette société, les assemblées devinrent désertes, et ce ne fut que le 20 avril 1666 que MM, François d'Ayguières, chevalier, sieur de Méjanes et de Gageron, — Jean de Sabatier de l'Armeillère, — Jean Giffon, docteur en médecine, — Gaspard de Romieii, chevalier, — René de Barréme , conseiller clerc en ce parlement , — Henri de Boche, chevalier, capitaine des chevaux légers, — Michel Bouvet, sieur du Val — et Joseph de Cays, chevalier, seigneur de la Fossette, formèrent le dessein dans une promenade qu'ils faisaient sur la Lice, de relever la société en s'associant quelques hommes distingués de cette ville, portés à la faire briller. Le 25 avril, jour de la fête de Saint-Marc, ces Messieurs s'assemblèrent dans la maison de M. de Boche, et ne s'occupèrent qu'à dresser quelques règlements (i). »

Il était nécessaire en effet de rédiger des statuts pour assurer l'organisation et l'avenir de l'entreprise, si l'on ne voulait pas qu'elle eût le même sort que les essais précédemment tentés.

Ce petit groupe d'hommes intelligents appartenait

(i) Ces huit savants renouvelèrent la société littéraire établie en cette ville par Jacques de Grille de Robias , Viguier , en 1622 (Ms 1060), p. 2-3, v. Le Registre original de l'Académie, arch. d'Arles.

aux meilleures familles de la ville, sauf Gijffon à qui la distinction de son esprit tenait lieu de noblesse. Tous étaient unis par un longue amitié, plusieurs par les liens du sang et il est hors de doute que le dessein arrêté par eux, le 20 avril 1666, n'eût été souvent l'objet de leurs conversations. Ils avaient à cœur de maintenir la vieille réputation d'intelligence, méritée par la cité d'Arles et d'en continuer les traditions littéraires.

Quelques notes rapides sur ces fondateurs de l'Académie d'Arles trouveront ici leur place. Pour ceux d'entre eux qui nous sont moins connus et sur lesquels les renseignements sont moins nombreux , nous renvoyons le lecteur à l'extrait du Mercure galant de 1678, que nous citerons plus loin.

Nous puiserons surtout nos renseignements dans l'Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence , dédiée à Messeigneurs les sindics et commissaires possédans fiefs du corps de la noblesse élus parmi les membres du même corps dans son assemblée générale tenue à Aix, le 3 juin 1754. Cet ouvrage en trois volumes in-4'' , avec plusieurs planches gravées à Aix « chez Coussin, graveur près le Palais » fut imprimé à Avignon, chez la veuve Girard, imprimeur-libraire, place Saint-Didier, 1757 et 1759, avec permission des supérieurs : il est signé Artefeuil. Ce pseudonyme , d'après une note manuscrite de

l'exemplaire de la bibliothèque Méjanes d'Aix , n*5534, serait celui de Gaillard Lonjumeau (i).

Nous avons contrôlé le témoignage d'Artefeuil par ceux de l'abbé Robert de Briançon, ( L'état de la Provence dans sa noblesse, 3 vol. in-12, Paris, lôgB), de B. de Majrnier, de Saint-Marcel Franfort, doyen et primicier de l'Université d'Aix. (Histoire de la principale noblesse de Provence, i vol. in-4*', Aix, 1719).

Nous avons aussi consulté la Critique du nobiliaire de Provence , de l'abbé Robert de Briançon , par Joseph de Barcillon de Mauvans, dont la bibl. Méjanes possède trois copies manuscrites (2).

Ajoutons que nous avons parcouru plusieurs des nombreux manuscrits relatifs à la ville d'Arles, conservés également à la Méjanes (3).

Ci) D'après M. Roux-Alphéran (Les ruesd'Aix,i, 197), l'histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence A^ Artefeuil aurait pour auteurs Pierre-Joseph Laurent de Gaillard Longjumeau seigneur de Ventabren, conseiller à la Cour des Comptes, né à Aix, le 21 août 1709 et mort le 2 octobre 1766; et Louis- Charles-Marie d'Arnaud de Rousset, conseiller au Parlement, né à Aix en 1727 et mort en 1784; tous les deux étaient fort versés dans l'histoire du pays.

(2) Bibl. Méjanes, Ms 642-643, 800 et 820.

(3) Nous les citerons au passage. Mentionnons seulement ici le Ms 388, petit vol. in-12, sans titre. Sur le dos on lit « Mémoires d'Arles. » Ce manuscrit a été composé par un Porcelet Il fut trouvé dans les livres vendus à M. David (libraire à Aix) en 1779, par le marquis *^^ Porcelet. Une note de la main de M. de Méjanes, en tête de ce Ms, nous apprend qu'il fut acheté par lui chez David, le i»' mai 1779, pour la somme de 2 livres,

tnfin, à la bibl. d'Arles, nous avons compulsé le Nobiliaire de la ville d'Arles, par l'abbé Bonnemant (Ms 78-79), une copie de la Critique du Nobiliaire qui diffère de celles qui se trouvent à Aix, et l'Histoire de la noblesse d'Arles, par Pierre Véran.

François d'Aiguières, chevalier, est né probablement en 1637, d'une famille très ancienne. Un de ses ancêtres , Pierre, de Maillane , fit un accord en 1287 avec l'archevêque d'Arles. Un autre membre de la famille, Pierre d'Aiguières (Petrus de Aqueria) était consul noble, à Arles, en 1420 et, en consultant le Ms 808 de la Méjanes , on peut se convaincre que de i534à 1786 le nom d'Aiguières revient sans cesse dans la liste des consuls. François d'Aiguières lui-même fut consul de 1684 à 1690, et il succédait à son père dans cette dignité.

Les d'Aiguières dont le nom est souvent écrit : Eiguières, comme dans l'Histoire de la noblesse de Provence par Artefeuil (art. de Sade, seigneur d'Eiguières), d'autres fois Eyguières , sont alliés aux Quiqueran, aux Romieu, aux de La Tour, aux Porcelet, aux de Grille, aux Cays, aux Thomassins, aux Gallifet, aux Varadier, aux Brancas, etc. (i).

Il se compose de 406 pages écrites, plus quelques-unes en blanc. Les Notices sur diverses familles d'Arles sont assez succinctes, mais très exactes.

(i) V. le Ms 812, de la Méjanes, recueil de Bouquier, savant arlésien. A la page 170, se trouve une généalogie des Aiguières,

Depuis le seizième siècle ils étaient seigneurs de Gageron et de Méjanes en Camargue. D'après la critique du Nobiliaire de Provence de l'abbé Robert de Briançon (i) , les Ayguières , sont nobles de sang, de nom et d'armes ; ils tirent leur nom de la seigneurie qu'ils possèdent de toute antiquité (2). Durant la Ligue , les d'Aiguières prirent parti pour le roi, et l'un d'eux eût la tête coupée dans Arles, en i588, parce qu'on l'accusa d'avoir voulu trahir les Ligueurs. Henri IV déclara plus tard cette mort glorieuse pour la famille. En 167g , Jeantirée des Mémoires du P. Loys, cordelier d'Arles, touchant la famille d'Aiguières.

(i) Bibl. Méjanes, in-fol., Ms 820.

(2) Bibl. d'Arles, fonds Véran, La noblesse d'Arles, p. 45. Eyguières est un gros bourg de 3, 000 h., chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Arles, sur le versant oriental des Alpines et la lisière de la Crau. L'ancien nom est Aygairia (1044) à cause des sources qui y abondent. On y voit les ruines d'un château féodal et une fort belle église.

Le nom latin et le nom vulgaire d'Eyguières indiquent assez que ce pays était marécageux et entouré d'eau. La partie nord d'Eyguières, sur les confins de Sénas porte le nom de Paluds de la Baume. Un fossé d'écoulement appelé la Grande Roubine traverse ces marais en formant la limite entre le territoire de Lamanon et de Roquemartine. Ce dernier village fait partie de la commune d'Eyguières. Il existait d'abord, à l'endroit que l'on appelle Le Castellas, qui ne présente plus aujourd'ui que des ruines, plus tard il fut bâti à l'endroit qu'il occupe actuellement. La terre de Rochemartine fut érigée en marquisat en 1671, en faveur d'André d'Aube. Cette famille est éteinte et ses titres ont passé dans la famille de Lubières ; le château de Rochemartine a été restauré depuis la Révolution.

Sur Eyguières, voir la Statistique du département des Bou-

Baptiste Piquet , capitaine dans le régiment de Conty , d'une famille originaire de Picardie mais fixée à Arles depuis plus d'un siècle, épousa Philise d'Aiguières de Méjanes. Son fils aîné, appelé également Jean-Baptiste, fut créé marquis de Méjanes, en 1724. Ce premier marquis de Méjanes est le père de .lean-Baptiste-Marie Piquet , marquis de Méjanes , seigneur du Baron et de Saint-Vincent, né en 1729 et mort à Paris en 1786. Consul d'Aix, procureur du pays de Provence en 1777 et 1778, il signala son administration par une foule d'actes d'utilité publique. Il avait formé une riche collection de livres et de manuscrits achetés par toute l'Europe durant de longues années. Il la légua à la ville d'Aix par testament. C'est la bibliothèque Méjanes, installée à l'Hôtel de Ville. Elle comptait alors près de 100,000 volumes; depuis lors elle a été augmentée dans de grandes proportions et c'est maintenant une des plus riches bibliothèques de Province (i).

Jean de Sabatier appartenait à une famille arlésienne de noblesse assez récente.

ches-du-Rhône. par M. le comte de Villeneuve, 4 vol. in-4V Marseille, 1824, t. 11, p. io85 et s. q. q.

Dict. pratique et portatif des Bouches-du-Rhône par A. Saurel, I vol. in-i8, Marseille, 1880.

(i) Voir la Notice sur la bibliothèque d'Aix, dite Méjanes, Aix, Aubin i83i, par M. Rouard, bibliothécaire.

« Les seigneurs de l'Armillière, portant le même nom que la famille précédente (Sabatier) mais des armes différentes , sont connus à Arles où ils ont leur demeure , depuis Antoine de Sabatier , qui obtint de Louis XIII des lettres d'ennoblissement le 19 juin 16 19, enregistrées aux archives du roi à Aix, le 2 septembre suivant. (Registre rcligionis, n* 33, fol. 106.) (i). »

Cependant le dictionnaire des hommes illustres de Provence assure, d'après Robert de Briançon, que les Sabatier furent ennoblis en 1 571, en la personne de Jean Sabatier. Nous ne savons non plus pourquoi il appelle notre académicien N, de Sabatier, tandis que son vrai prénom est Jean. Mais ces erreurs sont malheureusement assez nombreuses dans le dictionnaire. Jean de Sabatier de l'Armillière (non de La Mélière comme dit le Nobiliaire de Provence, ni de la Meillère comme il est écrit au Ms 1060), naquit à Arles dans la première moitié du XVII* siècle. Il fut page aux petites écuries d'Artois et prit part à l'expédition de Catalogne , avec le duc d'Anjou au service duquel il était attaché.

« Il se distingua par son savoir et par sa probité. Il donna au public un recueil de poésies avec des Epitres morales et académiques qu'on lit

(i) Histoire héroïque de la noblesse de Provence, 3 vol. in-4*, par Artefeuil. Avignon. 1757, t. 11, p. 35i.

toujours avec plaisir. Il avait lu dans les séances de son académie des dissertations curieuses sur des sujets très intéressants. Voici le sentiment de l'abbé Gouget sur ses épitres : a La sagesse (dit-il) caractérise les épitres morales et académiques de M. Sabatier. » Elles furent imprimées à Lyon en 1687, in-12, au nombre de 54, toutes fort courtes et adressées à des personnes connues. Les sujets en sont excellents , mais l'auteur ne s'y est pas arrêté assez pour satisfaire pleinement le lecteur. . . , Toute la poésie de ces épitres est dans le style familier , mais sans bassesse (i). »

(i) Dict. des hommes illustres de Provence, t. 11, 186.

La famille de Sabatier n'existe plus. L'origine de sa noblesse est rapporte'e d'une manière si contradictoire par les divers historiens qu'il est difficile de se prononcer. Selon Robert de Briançon, t. m, p. 4, cette noblesse daterait de ibyi. Il est certain que Jean de Sabatier, marié en 1660 avec Monique Cotel, fut maintenu dans sa noblesse, lors des recherches qui furent faites, le 22 février 1667, en exécution d'une ordonnance de Louis XIV.

Sabatier, noble de race. — Jean Sabatier, de la ville d'Arles, est issu de Jean Sabatier du lieu de Gardanne, taxé après avoir été baptisé ensuite de la déclaration du roy Louis XII comme nouveau chrétien de race judaïque. Il fut annobli par lettres patentes du roy Charles IX, l'an i5gi. Il a fait deux branches, Louis de Sabatier en fait une et Jean de Sabatier en fait l'autre. Elles portent pour armes d'azur à trois coquilles d'or, deux en chef et une en pointe, un croissant d'argent posé en abisme. Devise : pleno sidère plenas.

Critique du Nobiliaire de Provence, Ms 820, p. 1 148. Voir sur la famille de Sabatier, Maynier, Nouveau état de Provence, I vol. in-8 ( Avignon, sans date), p. 109.

Sabatier a laissé, à l'état de manuscrits, des Mémoires de cour et de guerre et des Mémoires des affaires publiques qui ont été publiés pour la première fois, par M. Fassin, dans le Musée, revue arlésienne, 3* et 5® séries, et qui constituent, en quelque sorte, son autobiographie.

Jean Giffon, docteur en médecine, était originaire d'Arles (i). Il était grand amateur d'antiquités et collectionneur émérite ; il avait une bibliothèque choisie et quelques beaux tableaux. (Seguin, antiq. Il, 9.) Il prit une part très active aux travaux de l'Académie,

Il fut membre de l'académie des Ricurati de Padoue et paraît n'avoir produit, en dehors de ses travaux académiques, qu'un opuscule (Mesnier, impr. libraire à Arles, 1669) contenant la relation des fêtes données en l'église de la Visitation d'Arles^ à l'occasion de la canonisation de saint François de Sales (2).

Joseph de Cays était fils de Gilles de Cays , gouverneur et commandant des Saintes - Maries , marié, le 3o avril 1617, avec Julie des Porcelet de

Ms Bonnemant, 77-78 , Nobiliaire de la ville d'Arles et la noblesse d'Arles, Ms Pierre Véran.

(i) Voir ce qu'en dit le Mercure galant, n» de janvier 1678.

(2) Cette relation serait-elle la même qui est conservée manuscrite aux archives des B.-du-Rh. fonds Nicolaï , 62 ? La relation imprimée se trouve dans les Recueils de Bonnemant, à la bibl. d'Arles, recueils inappréciables pour l'histoire civile et religieuse de cette ville.

Fos ; il épousa, le 14 avril i65o, Françoise de Castillon, tille de François de Castillon et de Madeleine de Varadier Saint-Andiol. Il fut consul d'Arles en 1667 et, en 1678, il faisait partie de l'assemblée communale. 11 mourut en 1690 (i). Les registres de l'Académie mentionnent souvent des travaux de lui, mais il n'en est rien resté, du moins à notre connaissance. Il était excellent latiniste.

Lors du passage de Louis XIV et de sa cour dans la ville d'Arles, Joseph de Cays donna l'hospitalité au duc d'Anjou (2). L'Académie le chargea , ainsi que nous le dirons plus bas, de différentes missions.

Les fils de l'académicien , Joseph et Pierre de Cays furent reçus chevaliers de Malte, en 1668.

« Ils ont fait preuve de 32 quartiers ; savoir : 16 du côté paternel et 16 du côté maternel, dans lesquels se trouvent les familles les plus qualifiées de Provence. D'or au lion d'azur, couronné, lampassé, armé et vilaine de gueules. Cimier : un lion naissant de même

(1) Annales de la ville d'Arles, bibl. Méjanes, Ms 787-788.

« Le 18 octobre 1690, l'académicien Joseph de Cays, âgé de 60 ans, mourut et laissa de Françoise de Castillon trois fils, François, Joseph et Pierre, chevaliers de Malte. En 1660, il reçut dans sa maison le duc d'Anjou, b Bibl. Méjanes , Ms 10' o, -1 * partie, p. 3i.

(2) L'hôtel de Cays se trouve sur la place de Cays, au chevet de Sa'nt-Trophime.

et pour supports deux porcs-épic d'or. Devise : Fortior in adversis (i). »

» La maison de Cays , établie à Arles depuis 400 ans est originaire de Nice et issue de Jacques de Cays, amiral des mers de cette ville sous Charles I d'Anjou. Il fut envoyé en 1262, avec une armée navale, pour soumettre les Génois qu'il obligea à prêter serment à ce prince (2). »

Un des petits-fils de l'amiral , Jacques de Cays, épousa à Arles, en i35i , Raymonde de l'Estang Parade. Il fut élu premier syndic de la ville, en i353 puis en iSSg, et il fut au nombre des députés qui obtinrent la confirmation des privilèges d'Arles par Marie de Blois régente de Louis II d'Anjou, comte de Provence, en iSgS.

Les Cays remplirent très souvent d'importantes fonctions dans la ville d'Arles. Us sont alliés aux

(i) L'état de Provence, par Robert de Briançon, i, p. 5oo.

(2) Hist. de la noblesse de Provence, par Artefeuil, t. i, p. 244. Cf. Bibl. Méjanes, Ms 388, p. 283-286.

« Après la maison de Porcelet^ la plus ancienne que nous trouvons dans Arles est celle des Cays. » Noblesse d'Arles, par Pierre Véran, p. iii-iig. Elle fournit plusieurs chanoines de Saint-Trophime et le dernier représentant a été François de Cays, chanoine de Saint-Trophime, qui mourut vers 1820. Ses lettres d'ordination et de nomination sont aujourd'hui entre les mains de M. Bernard, archiprêtre d'Arles.

Voir la Critique du Nobiliaire de Provence , Méjanes, Ms 800, p. 9. Maynier, Hist. de la principale noblesse de Provence, p. 100, Robert de Briançon, Etat de Provence' 1. 1, p. 497. Bonnemant, Nobiliaire de la ville d'Arles.

Quiqueran, aux d'iZyguières, aux Porcelet, aux Castillon, aux de Grille, aux Isnard , aux de Boche. La famille de Barrême est originaire de Marseille et l'on cite des actes de 1405 et 1406 passés par Antoine Barrême, juge des premières appellations, dans lesquels il est qualifié nobilis et circumspectiis vir. Elle s'illustra surtout dans la carrière judiciaire, quoique plusieurs de ses membres aient embrassé la carrière des armes.

La branche des seigneurs de Manville descendait de René Barrême, II du nom, procureur du roi à Arles, en 1602, puis juge en cette ville, après la mort de son père, Saxi, dans son Pontificium Arelatense, cap. 117, en parle avec éloge. Il eût d'un premier mariage deux fils et une fille. L'un, Pierre, fut chanoine de l'église d'Aix et conseiller-clerc au Parlement de Provence, l'autre entra à l'Oratoire. D'un second mariage avec Diane de Barras , il eut deux fils et deux filles Le fils cadet, Louis, docteur en théologie, prédicateur du roi, fut abbé de Chamosin , et les deux filles se firent carmélites.

L'aîné seul, Charles de Barrême, se maria avec Marguerite d'Aguilhenquy de Chateaufort, en i636

Il était juge royal d'Arles et, en i663, il obtint du roi des lettres patentes qui le confirment dans sa noblesse. Elles furent enregistrées, aux archives

royales de Provence, le 27 novembre i663, Registre Oppressa, fol. 328.

Charles de Barrême est le père de René, IV du nom, chanoine de la métropole d'Aix et conseiller-clerc au Parlement de Provence (i) , après la mort de son oncle, Pierre de Barréme.

Un des neveux de René, René V du nom, devint plus tard chanoine de l'église d'Arles. On voit que cette famille donna à l'église nombre de ses membres les plus marquants.

D'après une note marginale ajoutée au Rôle des noms de Lieux et taxes exigées des chrétiens issus de race judaïque, par Louis XII en i5i2 (2), les Barréme de Manville descendraient de Jean de Barréme, juif converti de Tarascon.

Nous ne savons sur quoi se base cette assertion contraire aux données du Nobiliaire de Provence.

(i) René de Barrême était docteur en théologie depuis le 24 novembre i658, voir Catalogus E. E. D. D. doctorum almae Universitatis Aquensis, i vol. in-4», Aix, 1677. Il avait fait ses études classiques au collège des jésuites d'Arles. Il est cité parmi les acteurs d'une pièce de théâtre, jouée le 3 novembre i653, en l'honneur du duc de Mercœur récemment nommé gouverneur de Provence. V. à la bibl. d'Arles, Ms Bonnemant, vol. Académie : Les beauK jours d'Amalthée ou la Provence restaurée dans son bonheur, par les mains invincibles de S. A. le duc de Mercœur, tragi-comédie allégorique à Arles, par François Mesnier, irapr. du roi et de la ville, i653. René de Barrême mourut en 1702. Il était conseiller depuis 1677.

(2) Bibl. Méjancs, Ms 777, p. 5, Cfr. archives des B.-du-R. fonds Nicolaï, 102 pièces, 70-74.

Elle est combattue par Maynier et par Artefeuil, mais elle est admise par la Critique du Nobiliaire de Provence , qui prend si souvent le contre-pied de Robert de Briançon , et, de nos jours, elle a été reproduite par le Nobiliaire des Bouches-du-Rhône. La Critique nous semble accorder une trop grande autorité à cette fameuse liste des Néophytes, dont on s'est si souvent servi, pour attribuer une origine juive à plusieurs familles de la Provence et du Comtat. Cette liste est-elle bien authentique (i), et les juifs qui y sont portés sont-ils les ancêtres des familles du même nom? Là est la question et elle- n'est pas résolue.

On ne peut guère contester la noblesse des Barréme, sanctionnée par les lettres patentes du mois d'août i658 (2), et confirmée par un arrêt des commissaires chargés de vérifier les titres de noblesse, en 1667.

(i) Voir aux Archives des Bouches-du-Rhône, fonds Nicolaï, numéro 102, les pièces 2 et 3. Ce sont deux exemplaires, imprimés à Aix, chez Esprit David, d'un arrêt de Louis XVI, rendu en avril 1778, et enregistré, à Aix, le 12 juin 1778, qui défend, en particulier, d'invoquer contre certaines familles nobles de Provence, la liste des néophytes taxés par Louis XII, le 2 1 décembre i5i2. Elle est déclarée nulle et non avenue a attendu qu'elle ne se trouve point au dépôt de la Cour des Comptes » et que l'on ne peut « être assuré qu'elle a existé ou qu'elle n'a pas été réformée. »

(2) C'est la date exacte des lettres patentes enregistrées seulement le 27 novembre i663.

V. Robert de Briançon, l'Etat de Provence, t. I, p. 346. Selon Maynier, Nouveau Etat de Provence, p. 49, l'arrêt serait du 4 septembre : 667, et c'est probablement la date exacte. Voir Note

Les arguments invoqués par la Critique n'ont donc pas de valeur, car il n'était pas nécessaire que Pierre et René de Barréme, conseillers-clercs au Parlement de Provence, annoblissent leur famille par leurs charges. Pierre de Barréme fut pourvu d'un office de conseiller clerc, érigé en lôSg, par lettres patentes données, à Paris, le 3i janvier i64o, et fut reçu, le i8 juin suivant. Il résigna son canonicat, en faveur de son neveu René, et cette résignation fut approuvée, par le chapitre de Saint-Sauveur, le 16 août 1676. Dans cet acte, René de Barréme est qualifié, jurium doctor et prieur de Saint-Georges au diocèse d'Arles. Il avait été ordonné prêtre, le 17 décembre 1672, dans la cathédrale de Saint-Anne, par Jean-Baptiste de Sade de Ma^an, évéque de Cavaillon. Il fut mis en possession de son canonicat, le 17 septembre 1676 (r),

de divers jugements de noblesse rendus, en 1667, fonds Nicolaï, n* 102 ; Annales d'Arles, Bibliothèque Méjanes, Ms 807, à l'année 1667; Bonnemant, le Nobiliaire de la ville d'Arles, Ms 78-79. Voir dans le Musée, 5°" série, l'Analyse du livre de Raison de Pons de Barréme ( 1 6 1 7- 1 647 j.

(i) Archives de l'Archevêché d'Aix, 42' Registre des Insinuations ecclésiastiques, du 28 octobre 1675 au 3o mars i683, p. 108 et sqq. Toutes les pièces relatives à cette nomination y sont enregistrées et la lettre d'ordination est attestée par un notaire d'Arles, le 28 décembre 1672, et enregistrée sous la date du 18 décembre 1676. Jean-Baptiste de Sade était le cinquième fils de Jean-Baptiste de Sade, seigneur de Mazan, Saumane et Beauregard, colonel de la cavalerie légère du pape, au Comtat , et de Dians de Siraiane La Coste, d'Avignon. Il fut nommé évéque de Cavaillon en 1665, à la mort de son oncle, Richard de Sade,

et peu après, il fut pourvu par lettres patentes, données à Saint-Germain en Laye, le 17 décembre 1676, de l'office de conseiller-clerc dans lequel il tut reçu, le 9 mars 1677 (0-

René de Barrême devint plus tard vicaire général et Robert de Briançon atteste qu'il s'acquittait de tous ces emplois « avec une singulière estime de ceux qui ont l'honneur de le connoistre. » René de Barréme mourut le 8 décembre 1697, dans ses fonctions (2). Maynier lui reconnaît «un mérite de distinction »,le P. Fabre le cite parmi « les plus fameux prédicateurs modernes » à côté du P. Maure de l'Oratoire, arlésien comme lui, et M. de Villeneuve le mentionne parmi les principaux littérateurs de son temps (3).

Gaspard de Romieu avait été reçu chevalier de

et mourut le 21 décembre lyoS, âgé de yS ans. Il a laissé quelques ouvrages et la réputation d'un pieux et savant évéque. Voir Artefeuil, t. II, p. Sôy.

(i) Histoire du Parlement de Provence..., par Jean Louis Hyacinthe Hesmivy de A/o/s5^c, continuée jusqu'en 1771, par Charles Antoine de Ma^enod, t. II, p. 625, Ms delà Bibliothèque de M. le marquis Eugène de Boisgelin, à Aix. Pierre mourut en septembre 1676, car, au vol. 42% cité plus haut, nous trouvons la collation du prieuré de Seillon, faite le 14 septembre 1676, par le duc de Vendôme au sieur Pelot, de Paris, après la mort de Barrême.

(2) Et non en 1702, comme il est dit p. 22, note i. Voir son acte d'inhumation Registres paroissiaux de Saint-Sauveur, i6ci6- 1699, fol. 5o, Archives de la ville d'Aix.

(3) Nouveau Etat de Provence, p. 5o ; Remarques Historiques, p. i85 ; Statistique des Bouches-du-Rhône, t. III, p. 3 17.

Malte, en lôSp. Il était le troisième fils de Charles de Romieu, sieur de Lirac, qui avait épousé, en i625, Pierrette de Grille, fille de Valentin de Grille et de Magdeleine de l'Estang (i). Les Romieu sont nobles de sang et d'origine : leur berceau fut, assure-t-on, l'Espagne, a La famille de Romieu d'Arles est de très grande ancienneté, on la trouve dans toutes les chartes de l'église Saint-Trophime et dans les registres de l'hôtel de ville d'Arles (2). »

Les différents nobiliaires de Provence sont d'accord sur la noblesse des Romieu et, en 1667, Charles de Romieu n'eut pas de peine à produire ses titres devant les commissaires royaux. La filiation des Romieu est rapportée tout au long par Robert de Briançon, auquel Maynier se réfère absolument (3).

Gaspard de Romieu est assez souvent cité dans le

(i) Voir Essai sur le grand prieuré de Saint-Gilles de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, suivi du catalogue des chevaliers de la vénérable langue de Provence, par le comte Emmtinuel Ferdinand de Grasset, ivol., in-fol. Paris, Paul Dupont, 1869.

Cfr. Robert de Briançon, l'Etat de Provence, t. II, p. 624 • Artefeuil, Noblesse de Provence, 1. 1, p. 528. Gilles, frère de Gaspard, était chevalier de Malte depuis 1644, Leur frère aîné, Paul Antoine de Romieu se maria et continua la famille. 11 fut nommé, en i655, lieutenant général au siège d'Arles. Plusieurs Romieu furent chevaliers de Malte ; l'oncle de l'académicien, appelé également Gaspard, était chevalier depuis 1624.

(2) Critique du Nobiliaire de Provence, Bibliothèque Méjanes, Ms 820, p. 1 127.

(3) Robert de Briançon, t. II, p. 620 et sqq. ; Maynier, p. 237 Bibliothèque Méjanes, Ms 388, p. 245-247, fonds Nicolaï, n" 10^.

Registre de l'Académie où son rôle fut cependant secondaire. La renommée de son neveu Charles Joseph, également chevalier de Malte, a nui à la sienne ; son nom et sa vie restent enveloppés d'obscurité.

Henri de Boche était le fils aîné de François de Boche, marquis de Vers, baron des Baux, qui avait épousé, en i633, Sibylle de Porcelet, de la branche des marquis d'Ubaye.

La famille de Boche (i) descend de Rixendis de Boche, gentilhomme de Toscane, qui vint s'établir en Provence, au XIII* siècle, à la suite de Robert, roi de Naples et comte de Provence, au service duquel il était attaché. Les de Boche s'allièrent aux plus nobles familles d'Arles et exercèrent des fonctions importantes

(i) Sur les de Boche, consulter: Robert de Briançon, t. l, p. 399 et sqq., Maynier, la Principale Noblesse de Provence, p. 75 ; Critique du Nobiliaire de Provence, Ms 800, p. 72 ; Mémoire d'Arles, Bibliothèque Méjanes, Ms 3S8, p. 297 ; la Noblesse d'Arles, par Pierre Vérart, Ms de la Bibliothèque d'Arles, p. 48 ; le Nobiliaire de la ville d'Arles, par Bonnemant ; Chaos d'Arles, Ms 8co de la Bibliothèque Méjanes, passim ; Archives des Bouches-du-Rhône, fonds Nicolaï, n' 102, Noms des anciennes familles nobles de la ville d'Arles ; Ibid., n° 107, pièce 36, généalogie de la maison de Boche, dressée par Henri de Boche, dernier de la famille, dont l'original est aujourd'hui (i7i3) au pouvoir de M. le chevalier de Giraud; pièces 37 et sqq. (28 pièces), extraites d'un cartulaire en forme de la maison de Boche.

Nous n'avons pas trouvé le nom de Boche dans la Note des Jugements de noblesse rendus, en 1667 (fonds Nicolaï, n" 102), mais un arrêt du conseil d'état, du 10 mai 1667, défendait d'exiger aucun titre de noblesse des gentilshommes qui servaient actuellement dans l'armée (fonds Nicolaï, n" 102, pièce 24),

dans cette ville. Leur filiation est parfaitement établie depuis Rixendis de Boche, jusqu'au sacristain Jacques de Boche, qui mourut en 1721. François de Boche, père de Henri, servit longtemps dans l'armée : il fut deux fois premier consul d'Arles, en 1644, ^t^" 1675. Henri suivit son exemple, et à peine sorti du collège des PP. Jésuites, où il fut élevé (i), il s'engagea dans la marine, servit sous le duc de Beaufort, grand amiral de France, puis nous le trouvons, n juillet 1668, major d'une brigade des gendarmes de \à maison du roi, en l'armée de Flandre. En 1674, il reçut le brevet de capitaine de chevau-légers, revint à Arles et fit en 1675, la campagne d'Allemagne, où il fut blessé (2)! Enfin, retiré du service, il devint grand sénéchal au siège et ressort d'Arles, après Pierre de Castillon, vers 1686 ou 1690, et mourut dans cette charge, le 2 octobre 1709 (3), sans laisser de postérité. Il avait épousé, en 1660, Antoinette de Gtraud, fille de Trophime et d'Antoinette de Cays, sœur de l'académicien, morte le

(r) II est nommé parmi les acteurs de Mœrcis, tragédie jouée en février i655, au collège des PP. Jésuites, et imprimée à Arles chez François Mesnier, i655.

(2) Registre de l'Académie, fol. 63-119-129, etc.

(3) Cette date est la vraie (quoique nous en disions p. 4g en note; car elle est prise dans les Archives du sacristain d'Arles, Liber Memorialis, p. 91, Bibl. d'Arles. Un frère de Henri, Louis de Boche, chevalier de Malte, mourut en 1709,8 à la fleur de son âge aussi saintement qu'il avait vécu, il a été un grand exemple de piété dans cette religion. » Fonds Nicolaï, n» 107, pièce 3.^.

i5 août 1693. Il épousa, en secondes noces, Marguerite Restaurant, qui mourut le 3o décembre 1704, et en 'troisièmes noces, Françoise de Pierre de Bernis, fille de Jean Louis de Pierre de Bernis, cosseigneur de Saint-Marcel d'Ardèche, qui lui survécut, et mourut de la peste, le i3 juillet 1721. Henri de Boche était un esprit très distingué, il se créa d'excellentes relations à la cour, et le marquis de Vardes, gouverneur d'Aigues- Mortes, l'avait en particulière estime.

Michel Bouvet, sieur du Val, appartenait à une famille arlésienne qui est souvent mentionnée dans les actes de la ville, dès l'année i36o, et qui a fourni plusieurs consuls. Il est un des académiciens dont le nom revient le plus souvent dans les discussions et qui, durant les premières années du moins, montrèrent la plus grande assiduité aux séances. Il tournait élégamment les vers, et fit plus d'une fois applaudir ses traductions de TibuUe, de Properce et de Pétrarque.

Tels étaient les premiers académiciens : jeunes, pleins d'ardeur et tous désireux de continuer les traditions de la noblesse de Provence dont le caractère « estoit, dit Maynier, d'exceller autant en sçavoir qu'en faits d'armes, en solides sciences qu'en brillantes. »

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