SONNET
Quittez, muses, quittez ces accens langoureux Dont vous solennisez les pertes que vous faites. Cessez de regretter en Testât où vous estes Et vos cygnes mourants et vos aiglons peureux.
Quelques jeunes lyons, hardis et vigoureux Hantent nos bois sacrés et nos saintes retraites, Cette conqueste vaut mille et mille conquestes Et nous n'eusmes jamais un destin plus heureux,
G toy, par qui je vois accroistre mon empire, Mère des beaux esprits que nostre cour admire Nourrice des lyons qui révèrent ma loy,
Arles, je te rendray tous ceux que tu me donnes.
Mais je te les rendray bien plus dignes de toy,
Et plus grands et plus forts et chargés de couronnes.
moiries est de M. Huart, professeur de l'école de dessin, et conservateur du Musée lapidaire, et la gravure de M. Véran, d'Arles, domicilié à Paris. »
Etudes archéologiques, etc., sur Arles , par M. Estrangin, I vol. in-8, Aix, i838, p. 238.
Les armoiries d'Arles ont souvent varié, mais le lion s'y trouve toujours; les accessoires seuls et la devise ont changé. Le lion d'Arles tient à la patte dextre le labarum avec ces mots : Civ. Arel. Les variations sont si nombreuses qu'il est difficile de les indiquer toutes : La fleilr de lis disparaît et réapparaît suivant les régimes politiques. Il y a eu aussi des variations dans les métaux et les émaux ; d'anciens sceaux portent aussi des tours, comme les armoiries actuelles.
Cfr. Diction, topographique de l'arrondissement d'Arles, par MM. de Revel et de Gaucourt, Amiens, in-4'', 1871, p. 12.
Voir sur les modifications des armoiries d'Arles, le Nobiliaire des Bouches-du-Rhône, par M. de Genouillac, p. 22-23.
Lire dans le premier numéro de la Revue Félibréenne (i5 janvier i885) une pièce de vers de Mistral sur le Lion d'Arles,
Après ces acclamations, Messieurs, qui vous publient pour des lyons, pour des illustres et pour des héros, peut-on s'estonner si je parle de vous, et puis-je avec quelque apparence de raison vous reffuser mon suffrage après celui de tout le Parnasse. Il est vray. Messieurs, que je passe plus avant, j'ose vous faire des présents, mais outre que la coutume de donner des estraines au commencement de l'année (i) authorise ma témérité, je ne vous régale que de vos propres biens. Les couronnes que je vous offre sont faites de l'or et des pierres prétieuses qui naissent dans votre fonds. Votre naissance et la vertu de vos ayeuls vous ont mérité des blasons illustres dont je ne fais qu'exposer les grands augures : vous allez voir, Messieurs, comme dans une glace naturele, vos propres grandeurs ; que si vous laissez faire à votre modestie, elle vous mettra un bandeau sur les yeux pour vous empêcher de vous recognoistre, elle vous dira de cette glace tout ce que l'envie elle-mesme pourroit' vous dire, qu'elle est obscure, cassante, peu fine ou enfin qu'elle n'est pas sans taches; mais si vous laissez agir vos lumières, je ne doute point que vous ne vous recognoisssiez aisément. Cepandant, Messieurs, je vous laisse ces distiques pour exercer vostre curiosité,
(i) L'Académie chargea, le 3 janvier 1667,1e P. Vinay a d'apporter tout ce qu'il pourroit d'observations curieuses sur les estreines. » Registre, fol. 36.
m'offrant en tout c.s (s'il faut que votre modestie l'emporte) d'estre l'écho de l'oracle ou pour mieux dire l'Œdipe aussi bien que le Sphinx de mes propres énigmes. »
Au-dessous des armes de chaque académicien se trouvait un distique que nous reproduisons avec le regret de ne pouvoir reproduire aussi les armes.
XENIA
M. DE GAGERON
Orbes argentatos, rubro in stemmate, primus, Sex raerito, cui non sufficit unus, habet.