PIECES JUSTIFICATIVES
GILLES ROUBIN A PARIS
( VOIR PAGE 5 ET Saa. )
Roubin était député de la ville d'Arles, au moins depuis les derniers mois de 1676, car aux Comptes de la ville, sous la date du 14 février 1677, figure une note de 23 1. pour « port de lettres reçues de Roubin. » Les frais occasionnés par sa députation sont très exactement portés à leur date, aux Comptes de 1677 et 1678. Le conseil approuva, le 2 Janvier 1678,1e paiement de « 700 1. 5 sols, six deniers mandés au sieur Roubin et par luy employés la plus grande partie pour les ornemens des stampes de l'obélisque présentées au Roy, à Monseigneur le Dauphin, à messieurs les ministres d'Etat et autres personnes de considération de la Cour, et le restant pour les fournitures par luy faites pour l'affaire que la communauté a contre commis au bureau de la poste, pour la surtaxe des ports de lettres. » Fol. 201, verso, Archives d'Arles. On y remarque encore « 60 livres pour une lettre de change envoyée à Paris au sieur Roubin, pour faire tirer 200 stampes de l'obélisque, pour en donner aux personnes de qualité qui n'ont pas eu de celles qui avoient déjà esté envoyées, » (conseil du i4)dnvier 1678), puis la note pour l'encadrement de divers exemplaires de l'estampe de
l'Obélisque pour le roi, Colbert, le coadjuteur d'Arles, etc. Dans la lettre qui y est jointe, Roubin ajoute qu'il a déboursé en plus Sy livres, dont 25 pour faire reproduire en petit l'Obélisque, dans le Mercure Galant de janvier 1678, où cette estampe se trouve en effet. C'est une réduction de la gravure de François de Poilly, faite sur un dessin de Peytret (v, sa note soldée le 23 mars 1677), et qui coûta à la ville 400 livres. V. aux Comptes de 1676, le reçu de Poilly, signé de lui, à Paris, le 23 mars 1677. A côté se trouvent divers reçus de Jean Dedieu : 48 1. 11 sols, 6 deniers pour les inscriptions de l'Obélisque, et 5oo 1. pour la statue de Louis XIV, {24 mars 1677), sans compter un chapon (5 sols) qui lui fut donné, le 25 février 1677. Le cuivre de F. de Poilly est aujourd'hui aux Archives d'Arles.
Les Harangues de Roubin au roi, à l'Académie
française et au chancelier Le Tellier sont insérées dans >
\ts, Œuvres Mêlées, TowXonse, 1716, p 193-202.
Le Mercure d'août 1 677, p. 1 1 8- 1 26, reproduisit la Harangue au roi et celui de septembre, p. 67-76, le compliment à l'Académie française. La note 3, p. 49, sur Le Tellier, est à rectifier : Le Mercure àç. novembre 1677, raconte l'enregistrement des lettres patentes du chancelier au parlement « à l'ouverture du parlement après les vacations. » Le Mercure de décembre 1677, mentionne les divers compliments, madrigaux et quatrains qui lui furent adressés. Le Mercure de janvier 1678, p. 272-273, parle de la présentation de ses lettres à la cour des Aydes, et analyse la Harangue de Roubin au'chancclier, p. 194-199, sans indiquer le jour oîi elle fut prononcée.
Il est souvent question de Roubin et de l'obélisque dans le Mercure, nous ne pouvons qu'indiquer ici ces passages : août 1677, p. 105-127 ; septembre 1677,
p. 64-81 ; janvier 1678, p. Sy-SS, 194-19961272-273. Les inscriptions françaises de l'Académie d'Arles sont dans le Mercure de janvier 1678, p. 49-53. La notice sur les académiciens est dans ce même numéro, p. 173- 202, Ed. de Lyon, ii3-i3i. Voir t. I, chap. IX et p. 409-414, et plus haut, p. 79.
Roubin qui eut à s'occuper du procès de la poste, (voir note 3 de la p. 4), s'occupa-t-il d'un autre procès de la ville contre M"^ de Venel, la femme de l'académicien, au sujet de la ferme des glaces en Provence, que le roi lui avait concédée, et pour lequel Mercurin représentait la ville d'Arles à Aix, en 1676 ? î*^ous ne savons. Fut-il chargé par la ville d'Arles de défendre, à Paris, ses intérêts, dans le procès qu'elle soutenait contre les fermiers du roi, pour la propriété des les du Rhône ? On peut le croire. « Je représentai à M. le chancelier qu'il était de la dernière justice de nous proroger le sieur de Saintefoy, qui était saisi de l'affaire depuis quatre années : que nous avions depuis ce temps-là des députés à Paris à grands frais pour l'instruire, et que de nous le changer à présent c'était nous remettre dans des longueurs et dans des dépenses qui nous épuiseraient. » Mém. de Sabatier, à l'année 1680 (Musée, 3* série, p. 254). Roubin était personnellement intéressé dans ce procès, perdu par la ville, en octobre 1687. Dans son PJacet au roi sur les îles, inséré dans le Mercure de mars 1687, p. 178-182, puis dans les Œiivres, p. i, il suppliait Louis XIV de le protéger, et de ne pas lui refuser un morceau de pain
« ... Je n'avais qu'un domaine au rivage du Rhône, Qui m'en donnait pour subsister;
On m'en veut dépouiller, et me mettre à l'aumône, Si je n'ai de quoi l'acheter. »
Dans une autre pièce, il revenait à la charge et disait au roi qu'il est dur d'être à la besace, lorsqu'on est gentilhomme, et que cependant ce sera son sort, si le roi ne lui maintient la possession de son île et ne tient la promesse qu'il lui fit à cet égard.
V. sur la Directe, la note 2 de la p. i3g de ce volume. Roubin fut indemnisé de ses dépenses par la ville, néanmoins sa députation à Paris l'entraîna à des frais considérables et il n'avait pas de fortune. V. la note 2 de la p. 108, t. I.
« .... Quand je fus encore t'offrir notre obélisque, Les frais en furent bien plus grands :
Car j'y tombai malade avecque tant de risque, Qu'il m'en a coûté huit cents francs.
Bien pi us, devant paroître aux yeux d'un si grand prince.
J'eus besoin de faire un habit; Mais ma bourse pour lors se trouvant un peu mince,
Il me fallut le prendre à crédit.
Or, m'ayant de ces frais attiré la dépense,
M'y laisseras-tu succomber i Répond-moi, grand monarque, en bonne conscience,
Sur qui devroit-elle tomber ? »
La mort de Saint-Aignan (1687) priva Roubin de son principal protecteur à la cour, et il dut solliciter longtemps et souvent sans succès, malgré ses instances auprès du marquis de Dangeau.
Sur l'obélisque, voir encore dans le fonds Bonnemant, à la Bibliothèque d'Arles, le volume Antiquités, en particulier pièce 57, Conversation curieuse sur la Diane et sur la pyramide, 8 p. in-8, petit caractère et incomplète ; pièce 58, Mémoire sur les Pyramides et les Obélisques par M. Jean Louis Brunet, avocat au Parlement de Paris, Ms,8 p. in-4''; pièce 59, Observations sur les proportions des pyramides à M (Brunci) par Terrin, Ms, 6 feuillets in-4, imprimées, p. 33 et sqq., dans La Vénus et Tobélisquc d'Arles ; pièce 60, Réponse autographe de Brunet, 4 feuillets in-8 ; pièce 61, Eclaircissement des doutes, imprimé dans In V^nuset l'cbélisque, p. 134 et sqq., 4 feuillets in-4; pièce 'î^,
Lettre à M. B. (Brunet) par M. de Saint-Andiol, Arch. d'Arles, 20 septembre 1676, avec réponse du 16 octobre ; pièce 64, Lettre autogr. de Brunet à Terrin, 21 juin 1677, et pièce 67, une autre lettre fort curieuse de Brunet à Terrin, dans laquelle il le presse d'engager les consuls à faire graver l'obélisque, pour ne pas laisser ce soin et cet honneur à l'Académie. (6 août 1677).
Il avait d'abord été question de députer M. de Châteaurenard pour présenter l'obélisque au roi, mais il dût rejoindre l'armée avant qu'on eut rien décidé.
« Ce sixiesme febvrier 1676, M. l'abbé de Verdier mande l'assemblée chés M. de Boches, il trouve bon de faire les fonctions académiques dans le cabinet de ce confrère pour avoir occasion d'entretenir M. de Boches le père (consul) des affaires de l'Académie qui avoient quelque rapport à celle de la ville.
M. le secrétaire remonstre que depuis qu'on parle de la Piramide et que M. le marquis de Chasteaurenard a esté choisi pour en faire les honneurs à la cour, où il se trouve présentement, on n'avoit rien conclu touchant l'obligation qu'il semble y avoir à députer ledict marquis de Chasteaurenard pour entretenir le roy du zelle, de la despense et des soins que prenoit la ville, pour élever ce monument éternel à la gloire du monarque.
M. de Boches, père des deux académiciens, s'estoit verballement engagé à faire résoudre cette députation, on en avoit escrit au sieur de Chasteaurenard, il estoit enfin temps de résoudre la chose d'autant mieux que le prétendu député ne seroit pas longtemps encore à Paris, et qu'ayant esté restabli dans tous les honneurs de son employ par Sa Majesté, il estoit en estât d'aller ser- . vir la campaigne, etc.
M. de Boches, consul, gouverneur de la ville d'Arles, se trouvant à l'assemblée tesmoigne de nouveau l'estime particullière qu'il avoit pour l'esprit, la conduite et le mérite de M. de Chasteaurenard, et mesme le désir et l'intention qu'il a de faire réussir cette députation, mais il remonstre que les inscriptions ne pouvant estre mises qu'après l'élévation delà piramide, on ne pourroit faire voir celles de l'Académie et par conséquent on ne pouvoit résoudre précisément la députation dudict M. de Chasteaurenard £ moins que de faire tort à la dicte Académie, qui devoit avoir une part considérable en cette affaire, puisqu'elle devoit donner l'inscription. Ledict M. de Boches, consul, s'engage autant qu'il dépendroit de luy, de faire mètre les inscriptions faictes et approuvées par l'Académie au piédestail de lobé-
lisque, et aussitost de faire délibérer de la commission qu'on avoit fait espérer audict M. de Chasteaurenard. M. le secrétaire est prié d'en escrire ainsy audict M. de Chasteaurenard. » Registre de rAcadcniie. fol. 141. Nous avons vu que l'accord des consuls et de l'Académie ne dura pas. Si Roubin fut chargé de présenter l'obélisque au Roi, ce fut au nom de la ville qu'il parla, non pas à celui de l'Académie : devant l'Académie française, le 17 août 1Ô77, il parla en qualité d'académicien, V. plus haut, p. 5, et l'Introduction en tête des œuvres de Roubin, 1716.
Lettre de l'Académie au Président Arnoul Marin