C. C. GUIONNET DE VerTRON (l
Ci) Registre de l'Académie, fol. i86. Cette lettre est du mois d'avril 1680, et Vertron ne fil que la reproduire le 24 mai : « La lelre dont il faict mention dans celle-cy pour l'Académie n'est
En présence des instances du duc de Saint-Aignan, de Mé^erayy de M. de Châteaurenard, de M. de Sabatier, du P. Simiati, l'Académie résolut d'envoyer à M. de Vertron des lettres patentes d'académicien (i). Ce fut un peu à contre cœur, il faut l'avouer, néanmoins elle fit bien les choses, car ces lettres patentes étaient « en beau velin » avec le sceau de l'Académie en cire bleue. « Affin d'abréger l'impatience du prétendant », elles furent envoyées par l'ordinaire du i3 juin « à M. Guyonnet de Vertron le fils, demeurant dans risle N.-D., rue Saint- Louis, vis à vis l'arcade de M. de Bertonvilliers, » selon les indications données par M. de Sabatier, qui était parti à la fin de mai pour Fontainebleau, où se trouvait la cour, avec l'intention d'y passer plus d'un mois et demi (2).
qu'une copie de la première qu'il avoit escritte despuis le mois d'avril. On n'a pas cru debvoir amuser les lecteurs curieux par ces sortes de reppctitions, puisque la première lettre de ce vertueux gentilhomme est enregistrée ci-devant avec une devise de sa manière. » Registre de l'Académie, fol. 189, verso.'
(i) Séance du 3 juin 1G80. Registre de l'Académie, fol. 189, verso. Vertron par ses relations avec le duc de Saint-Aignan et avec le Mercure était un personnage auquel l'Académie ne pouvait fermer ses portes. Il semble, du moins, qu'elle ait compris que le caractère ambitieux de cet écrivain était de nature ik lui créer de sérieuses difficultés.
(2) Registre de l'Académie, fol. 190, verso. M. de Sabatier écri" vait de Paris, le 24 mai 1680, à M. de Grille, une lettre qui fut lue à la séance du 1 3 juin :
« J'ai rendu mes respects h M. Guionnet de Vertron, comme vous souhaitiez, monsieur. C'est un homme de qualité qui
Avant même d"avoir reçu le consentement de l'Académie, M. de Vertron, fort de l'approbation du duc de Saint- Aignan , prit le titre d'académicien, et fit insérer, dans le numéro de mai du Mercure Galant, « une harangue d'intention que ledict prétendant à l'Académie eust bien voulu faire en qualité d'académicien de la royalle d'Arles à M""** la Daulphine (i). » Il en informait l'Académie, en ces termes : '< La letre de monsieur vostre illustre secrétaire m'assure que vostre noble compagnie m'a reçeu in petto, mais pardonnez -moi si, dans l'empressement que j'ay d'estre des vostres, je me pleins de mon destin.
s'attasche extraordinairement aux belles lettres et qui a faict des ouvrages qui ont esté du goust de la cour et des plus délicats de l'Académie Françoise. Il souhaite avecque passion d'estre de l'Académie royalle, ce que M. le protecteur et M. le marquis de Chasteaurenard lui ont desjà faict espérer. 11 vous adresse pour cela un pacquet cet ordinaire, dans lequel il y a une lettre qu'il escrit à messieurs de nostre Académie pour les prier de lui accorder cette grâce. Je ne doubte pas que messieurs nos confrères assemblés soubs vos auspices ne le reçoivent dans nostre corps. Lorsqu'on lui aura faict cet honneur, il désire avec empressement de recevoir bientosl les patentes de sa réception, qu'il vous priera de lui expédier dans la forme la plus autantique. Je pars dans quelques jours pour Fontenebeleau, où je serai peut estre plus d'un mois et demi, ainsi vous addresserés, s'il vous plaist, ces pattantes à M. de Vertron mesme dont voici l'adresse. (Elle est indiquée en marge). Cependant, monsieur, faictcs moi la grâce de croire que je suis tousjours vostre très humble et très
obéissant serviteur,
Sabatieb. <>
Registre de l'Académie, fol. 190, verso.
(i) Registre de l'Académie, fol. 191.
A dcffault du courrier, trop exact à m'obmettre, Vous debvcs recevoir du Mercure Gallan, Mon compliment, mes vers et la charmante lettre, De l'AppoIIon françois, du divin Saint-Aignan, Si quelque Dieu jaloux de ma gloire future. N'a couppc par malheur les aisles de Mercure.
En ce cas, j'aurois recours à la troupe aislée, à la renommée, aux génies, aux vents, aux amours et aux temps pour vous porter la nouvelle agréable de la réception que m'a faicte la cour, en qualité d'académicien d'Arles, non pas in petto, mais àt facto, s'il m'est permis, contre l'usage des Académies franceses, de citer ce mot de philosophie, quoique les académiciens soient les vrais philosophes et qu'ils aient le don des langues. Oui, messieurs, si j'en avois une assez forte et assez éloquante, je vous persuaderois la passion que j'ai de me dire vostre confrère, encore que je sois privé de ces grands avantages si nécessaires à un accadémicien ; vous ne debvés pas vous repentir de m'accorder une grâce que vous demandent pour moi tant de beaux génies, persuadés qu'ils sont par mes soings infatigables, que vous tirerez un jour beaucoup de ghrire d'avoir travaillé de concert à faire de moi un académicien digne de vous.
J'ai tort de me pleindre, Messieurs,
O mille fois heureux, je trouve en mon malheur Le secret de vous plaire, en un mot mon bonheur. Vostre bontJ reçoit mon cœur, pour ma harangue, Mes désirs pour l'cfTcct et ma main pour ma langue.
Je me sers, messieurs, des vers et de la prose pour vous assurer de mon estime et de ma reconnessance et du respect avec lequel )e suis vostre très humble et très obéissant serviteur,
GuiONNET DE VeRTRON.
La vérité pour guidde et la gloire pour fin (i).» Le procédé parût assez singulier aux académiciens, lorsque, le 24 juin 1680, le secrétaire leur communiqua cette lettre. Le i" juillet, M. de Cays demanda que lecture fut faite de la harangue, imprimée sous le nom de Vertron. Toute la compagnie fut d'avis qu'il était important de l'examiner. Lorsqu'elle eût été lue, on formula diverses observations. M. de Grille ne voulait pas admettre qu'elle fût l'œuvre de Vertron, à cause de deux ou trois erreurs qui s'y trouvaient (2),
(i) Registre de l'Académie, fol. 191. La harangue parut dans le Mercure Galant de mai 1680, et fut reproduite dans le Recueil de divers Oraisons funèbres. Harangues, Discours, etc. des plus célèbres auteurs de ce temps, Bruxelles,4 vol., in-12, chez François Foppens, 2* partie, p. 160-164 (1682).
{2) « Premièrement il se dict académicien de l'Académie royalle et à pêne a-t-il reçeu ses lettres patentes pour cela, qui ne sont parties que par le dernier ordinaire ; ensuite, M. de Vertron met un peu mieux par escrit que cela, outre quoi, il n'offenceroit pas ses nouveaux confrères en disant, comme il dict dans cette harangue, qu'on l'a choisi comme le plus sensible à l'honneur de la France, pour porter la parole à M"' la Daulphine et la complimenter, au nom de l'Académie royalle, ce qui est absolument faux, l'Académie ayant de subjets naturels et capables dans son sein pour les actions de cette importance, sans les aller cherchera Paris, adjoutez à tout cela que le sieur de Vertron est trop sage pour faire imprimer quelque chose au nom de l'Acadé-
il l'attribuait à un ami de Vcrtron, qui l'aurait fait imprimer à son insu.
L'assemblée « furieusement en pêne de cet inconvénient » parla d'écrire au protecteur, de réprimander M. de Vertron ou même de dissimuler son ressentiment, et renvoya l'affaire à la séance du 8 juillet. M. d'Ubaye dit alors que M. de Vertron aurait une « idée ridicule de cette Accadémie, s'il s'imagine qu'on la peust offenser impunément. » M. de Gageron, qui n'avait pas assisté à la séance du i""" juillet, demanda qu'on lui lut les passages incriminés, ce qui fut fait, et la majorité décida qu'on se plaindrait au protecteur, et qu'on adresserait à M. de Vertron « une remonstrance un peu forte. » Cependant un académicien fit observer « que l'esprit des parisiens estoit doux et débonnaire, quoi qu'ils eussent pour la plus part l'esprit précipité et, par conséquent, peu capable de réflexion, qu'il ne croyoit pas que M. de Vertron, nouvellement rcçeu de l'Académie, eust la pensée de lui faire tort, qu'au reste il n'est pas vériffié qu'il ait esté l'autheur ou l'instigateur de ce Mercure Galland, que mcsmc quand cela seroit aussi vrai que vraiscmbla-
mie sans la consulter, ce qui seroit un attentat contre les statuts et qui chocqueroit M. le duc de Saint-Aignnn, chef et protecteur de la compagnie, aussi bien que M. de Mczcray et MM. de Sabbatier, de Chastcaurenard et tous les autres qui ont faict Tc-loge de ce moderne accadémicien, en le recommandant par leurs lettres. » Registre de TAcadcmie, fol. 191, verso.
ble, il faut tousjours laisser une porte favorable à ce gentilhomme, dont la conduite semble plus jeune que criminelle (i). » Un autre représenta, avec non moins de raison, « que les personnes de mérite et de qualité qui ont donné tant de recommandations pour ce gentilhomme seroientoffancées, si l'on ne gardoit quelques mesures avec lui. » En conséquence, il fut arrêté qu'on écrirait « tous les subjcts de pleinte qu'a reçeu l'Académie par l'impression de cette harangue », au duc protecteur, qui agirait comme il lui semblerait bon, à l'égard de Vertron. Cela dispensait l'Académie de faire elle-même les remontrances et sauvegardait tout à la fois sa dignité.
La lettre fut immédiatement rédigée et expédiée à M. de Sabatier, à Paris (2),
Mais ce dernier revint à Arles, malade (3), avant de l'avoir reçue, et, par conséquent, sans avoir pu obtenir
(i) Registre de l'Académie, fol. ic)2.
(2) « On addresse le tout à M. de Sabbaiier qui rendra le pacquet, et uniment avec ce protecteur mesnagera les honneurs et les satisfactions de l'Académie. M. l'abbé Flesche s'est chargé de faire tenir ledict pacquet à M. de Sabbatier, par la voie de MM. les consuls qui savent l'adresse de leur député dans Paris. Ledit ply u esté remis au sieur Grossi, consul, qui l'a mis devant le sieur abbé Flesche dans l'enveloppe des affaires de la ville, ce 10 juillet 1680. » Registre de l'Académie, fol. 192.
(3) Registre de l'Académie, fol. 192, verso. Le vrai motif de son retour était l'inutilité de sa présence à Paris, qui entraînait des frais considérables pour la ville, et le renvoi du jugement sollicité à une époque indéterminée. C'est ce que M. de Sabatier explique dans ses Mémoires, Musée, III' série, p. 255,
« les satisfactions si justement prétendues.» (Août 1 680). En même temps, une lettre de M. de Vertron, arrivée le i^f août, désarma les académiciens. Il se plaignait que l'Académie ne lui eût encore rien dit de sa harangue, et témoignait un vif désir d'avoir le sentiment de de ses nouveaux collègues. Cette lettre montrait a l'innocence de son procédé » ; aussi l'Académie tomba d'accord que cette candeur marquait assez « qu'il n'a pas failli par malice et que s'il y a eu quelques mots mal digérés dans cette prétendue harangue, çà esté par trop peu de réflexion. » (fol. 192, verso).
Vertron remerciait l'Académie des lettres patentes qu'il avait reçues, mais il demandait au secrétaire « son consentement pour le tittre de substitut à l'emploi de secrétaire, pour les affaires du monde, de Paris et d'ailleurs, de l'Académie royalle. » Cette demande nouvelle parût « assez extraordinaire » et l'on ne décida rien, sur une proposition « dont personne ne s'estoit encore advisé (i). »
M. de Vertron avait eu soin de se faire appuyer par M. de Châteaurenard, qui écrivait de Metz, pour prier le secrétaire « de respondre aux instances du sieur de Vertron qui vont jusqu'à la persécution touschant la pensée d'estre substitué pour les affaires du dehors au secrétaire de l'Académie royalle. » M. de Grille s'y serait prêté volontiers ; mais, peu de jours après, il
{1) Kcgisirc lie rAciulcmic, lo). lya, verso. Aoiil lorto.
reçut une lettre, datée du 27 juillet 1680, par laquelle de Vertron demandait les bons offices des académiciens « pour la qualité de secrétaire général des Accadémies de l'Europe. » M. de Grille déclara, à une séance d'août 1680, ne rien comprendre à cette nouvelle prétention. Cependant Vertron insistait pour que le secrétaire écrivit en sa faveur à M. de Mézeray « qui taira sans doubte beaucoup de cas de cette recommendacion et ne pourra lui reffuser son consentement à l'esgard de l'Académie Françoise, dont il est secrétaire (i). «
L'Académie ne répondit point, ce qui ne découragea pas M. de Vertron. Il protesta de son zèle pour l'Académie, il l'accabla de ses envois : ce sont tantôt des « vers" à la mode » sur le roi, sur le Dauphin, sur les
(i) Registre de rAcadémie, fol. igS.
Le i5 mai 1681, M. de Vertron écrivait aux académiciens d'Arles, et leur exposait les idées, dont il poursuivait la réalisation. Il en est une qui nous explique en quel but il voulait se faire nommer secrétaire général des Académies de l'Europe. C'était afin d'avoir les correspondances nécessaires au Journal Académique, une sorte de Mercure, dont il nourrissait le projet. Ma troisième idée est celle d'un journal académique, où je inetrois tout ce qui se faict de beau et d'utile dans toutes les Académies, avec lesquelles j'ai establi quelque commerce, comme j'en ai faict voir le plan à M. le marquis de Robias, vostre secrétaire. » Registre de l'Académie, (ol. 199, verso.
Après avoir usé de l'influence de Mézeray « son ami » pour se faire admettre à l'Académie d'Arles, de Vertron se servait de cette Académie pour obtenir une faveur de ce même Mézeray, c'était assez habile ! !
grands seigneurs de la cour MM. de Montausier, Le Tellier, Saint- Aignan, etc. (26 août) ; tantôt des vers latins en l'honneur du Dauphin, des vers élégiaques en l'honneur de Vertron, par un docteur de Sorbonne, qui le remerciait d'avoir argumenté à l'acte de son doctorat ; tantôt une lettre de Fléchier écrite de Valenciennes ; tantôt des « maximes de cour ou d'amour » qui ont eu l'approbation du duc de Saint- Aignan (septembre) ; d'autres fois, il envoyait des vers de sa façon « qu'on appeloit, à Paris, la Veltronnade »; un compliment à M. de Colbert, nommé à l'archevêché de Rouen, enfin une lettre écrite en quatre langues, latin, espagnol, françois et italien 1(1).
Il composa une harangue, pour remercier l'Académie de son admission et la fit insérer dans le Mercure Galant du mois d'août (1680).. 11 l'envoya à l'Académie (2) avec une longue lettre, pour se justifier des reproches qu'avait mérités sa harangue à la Dauphine, et dont il avait été informé.
(i) Ix Registre de l'Académie, fol. io'?-o4-m.^, pnssim, s'occupe sans cesse de M. de Vertron.
(2) Séance du 26 août. « M. de Robias, secrétaire, lit ladite harangue... Tous ces messieurs la trouvèrent artistement composée et demeurèrent d'accord qu'elle estoit dans toutes les règles de l'art de bien dire, et poliment escrite. d Registre de l'Académie, fol. 193, verso. Elle fut déposée dans les Archives. Gstte pièce est reproduite dans le Recueil de diverses Oraisons funèbres. Harangues, etc., Bruxelles, 1682,4 vol. in-12, 2* partie, p. i(>f>- 174. Le i5 septembre, M. de Grille comttiunica la lettre dans laquelle M. de Vertron se justitiait.
Ces envois successifs de Vertron avaient, ce semble, pour but de disposer l'Académie à lui accorder ces « lettres de secrétaire général des Académies de l'Europe, » qu'il désirait tant (i). M. de Grille en écrivit à Mézeray, selon la prière de Vertron, mais Mézeray ne répondit pas, et l'Académie, ne décida rien, « ne sachant comment s"y prendre » et pensant qu'il n'y avait point péril en la demeure (2). On craignait cependant de froisser M. de Vertron, surtout à cause des puissantes protections qu'il avait : a M. le duc de Saint- Aignan, M. de Mézeray, le R. P. Simian, chef d'ordre, M. de Chasteaurenard, M. Quinaut, M. de Corneille, M. de Charpentier, » ainsi que l'indique une note du
Il en rejette toute la faute sur son copiste, conome l'on peust voir par sa lettre à M. de Robias, secrétaire, qui n'est proprement que pour s'excuser par sa bouche à messieurs les académiciens. On charge M. le secrétaire d'y respondre le plus honnestement qu'il est possible, et de tesmoigner au sieur de Vertron la pêne qu'on avoit de le croire coulpable. » Registre de l'Académie, fol. 194, verso.
(i) « La letre du sieur de Vertron, la mesme qui contient tout ce que dessus, réittère la demande qu'il avoit desjea faicte des letres de secrétaire général des Accadémies de l'Europe. » Registre de l'Académie, fol. 194, verso. Septembre 1680,
(2) « On ne voit rien d'important ni de nécessaire, ni de
gasté à se donner patience, d'autant mieux que M. le secrétaire
dict avoir envoyé son consentement pour celte affaire à M. le
marquis de Chasteaurenard, qui l'avoit demendé en faveur dudict
M. de Vertron ; M. de Chasteaurenard sera bientost à Paris, et
l'on sçaura par lui les choses plus particulièrement et jusqu'où
il fault aller, u Séances de septembre 1680. Registre de r.\cadé-
mie, fol. 194, verso.
Registre (i). Malgré sa bonne volonté, le secrétaire ne pouvait suffire à répondre à M. de Ver.tron,qui presque à chaque ordinaire, envoyait 5 ou 6 pages. Il ne pensait pas d'ailleurs que « l'Académie se doibve manifester par les mesmes voyes, d'autant mieux que l'exemple de l'Académie Françoise favorise en quelque manière la lenteur et la gravité d'un corps qui ne doibt pas avoir la légèreté ni la demengeison des esprits, en matière d'escriture et de composition (2). » Il fallait
(:) En marge du fol. 194, verso. «M. le secrétaire a dict que le sieur de Vertron doibt estre assurément un digne subjet d'Académie, puisque tant de personnes de mérite et de qualité se sont intéressés pour lui, et que ses œuvres ont pu donner le nom à certaines rithmes nouvelles qu'on nous envoie et qu'on nomme et qu'on débite dans Paris, soubs le nom de Veltronnadc. ;> Registre de l'Académie, fol. 194, verso.
(2) Registre de l'Académie, fol. igS, 23 septembre 1680.
« M. l'abbé P^lesche a faict lecture encore d'une eslégie au langage d'Ovide qu'il a faicte à l'honneur de ce M. de Vertron et a dict qu'après tant de remerciemens, d'éloges et de satisfactions que ce nouveau confrère venoit d'envoyer à l'Académie royal le c'estoit du debvoir des confrères de respondre en toutes les m:; nières à ceux qui leur avoient escrit. M. le secrétaire a dict qu'il estime infiniment les sentiments de la compagnie, mais qu'outre que ces responses exactes et surtout estant du calibre des pièces envoyées par le sieur de Vertron, fatiguent extrêmement un secrétaire, c'est qu'il n'est pas mal au zelle primitif des modernes accadetniciens de travailler beaucoup, et d'exercer les talans qu'ils ont reçeu pour les belles letres, mais enfin qu'il ne croit pas... ; qu'il soubscrit cependant pour le coup à l'opinion de l'assemblée et qu'il s'oblige de répondre au sieur de Vertron selon SCS ordres. On s'excite de plus belle, par le bel exemple des amis externes, il est ordonné de remettre dans l'archifvc toutes les pièces de M. Je Vertron, et la rcspnnse en quatre langues de
cependant répondre aux nombreuses lettres et envois de Vertron, après les avoir examinés et déposés dans les Archives, ainsi le décida l'Académie, et M. de Grille le fit de son mieux, dans une lettre unique, écrite peu avant son départ pour Paris, (4 oct. 1680), où il devait avoir occasion de rencontrer plusieurs fois M. de Vertron (i), comme nous le verrons.
M. le secrétaire, pour servir en temps et lieu. » Registre de l'Académie, fol. 195, 23 septembre 1680.
(1) Le marquis de Châteaurenard devait aussi se rendre à Paris (Registre de l'Académie, fol. 194, verso). Il essayait alors de faire admettre un de ses neveux comme page de la Chambre du roi. Il réussit, car dans VEtat de la Cour, pour 1682, qui a le caractère d'une publication officielle, on peut relever le nom du jeune marquis de Châteaurenard, parmi les pages en service, sous les ordres du duc à'Aumont. Ce marquis de Châteaurenard hérita du titre et des biens de l'académicien, et il est l'arrière grand père du chef actuel de la famille.