David, trop fameux pour qu'il soit besoin de le désigner
Le sr Suzanne, sculpteur1, qui avoit fini sa figure, déterminé autant par amitié pour son camarade que pour se distraire lui-même, m'avoit demandé à faire le même voiage. J"y consentis, non sans lui représenter qu'ils partoient dans un tems critique, suivant l'opinion générale que l'on a ici que l'air des marais Pontins,
autrement, avait été nommé pensionnaire le 31 août 1775. Cette lettre fait allusion à un chagrin d'amour qui le minait, comme le donne à entendre une lettre de Pierre à d'Angiviller, jointe à celle-ci et datée du 3 septembre : « Nous avons eu des camarades de pension qui étoient mariés à Paris, ainsi que le directeur à Rome en étoit informé, et Ton fermoit les yeux. La jouissance avoit amorti un sentiment que M. David doit porter à l'excès, ainsi que tous ses accessoires. » Et dans une autre lettre adressée à Vien, Pierre ajoute : « Je suis bien mortifié d'apprendre l'état d'anéantissement où se trouve le pauvre David, que nous aimons tous. Je ne puis me prêter à un dégoût vague de la part d'un homme aussi avancé et aussi caressé que lui, et je n'ay pu me refuser à l'idée qu'il l'aura sacrifiée d'abord par un premier enthousiasme de voir l'Italie et de se perfectionner... Ou il périra après avoir été miné par une mélancolie prolongée, ou il courra les risques d'essuyer de ces explosions que les âmes éprouvent lorsqu'elles sont contrariées. Nous avons affaire à un homme franc, honnête. mais en même tems d'une chaleur qui exige des ménagemens. »
1. François-Marc Suzanne, né à Paris en 1751, était entré à l'Académie en 1778. Sa maladie se prolongea encore un an, au bout duquel on fut obligé de le renvoyer en France : Vien lui prêta 300 livres pour le voyage, outre son viatique. Suzanne demanda la continuation de sa pension à Paris; mais cette laveur, sans précédent, lui fut refusée. (30 juin 1780/
qu'on est obligé de passer pour aller à Naples, est quelquefois préjudiciable à la santé. Le mauvais air prétendu ne leur a rien fait; mais une transpiration arrêtée par les différentes courses qu'ils ont fait aux environs de Xaples a occasionné au s1 Suzanne une fièvre qui le retient à Naples. Le médecin de M. l'ambassadeur en a le plus grand soin...
Le sr Peiron ', qui doit finir son tems cette année, a éprouvé depuis plus d'un an une maladie dartreuse qui le tient au régime. Cette maladie l'a empêché de travailler à la copie qu'il doit faire pour le Roi : il se propose de passer à Rome quatre mois à ses frais pour s'acquiter de cette obligation ; il désireroit, Monsieur, que vous voulussiez bien lui accorder pendant ce tems-là la grâce de jouir de la chambre du s1' Després, qui est vacante. Cette grâce le feroit également jouir de la facilité de dessiner journellement à l'Académie. C'est un jeune artiste méritant à tous égards; sa conduite est irréprochable.
]cr septembre 1 77'.*.
Dans ma précédente lettre, j'ai eu l'honneur de vous écrire que la tête du s' David, depuis son retour de Naples, n'estoit pas mieux que lorsqu'il y avoit esté. Pour me faire voir sa bonne volonté à remplir vos intentions, il a recommancé de nouveau à peindre une aca-