V. la lettre du G mai
cette position difficile, avec beaucoup de délicatesse, et il sut diriger tout par lui-môme sans en avoir Pair; ce que le duc lui avait recommandé.
Un des premiers actes de leur administration commune fut l'installation de l'Académie dans le palais Mancini ou de Nevers. Depuis longtemps le délabrement du palais Gapranica, où elle était fixée depuis 1673, excitait les plaintes de ses habitants, et Ton cherchait en vain un local plus convenable. A son arrivée, Vleughels entama des négociations pour louer le palais Farnèse, situé sur le bord du Tibre. Mais le duc de Parme, qui en était propriétaire, refusa son consentement, sous prétexte que cette habitation, remplie d'ouvrages de Raphaël et d'autres grands maîtres, serait dégradée par les élèves. Vleughels fit un voyage à Plaisance pour le décider ; mais il ne put en venir à bout '. Après avoir poussé jusqu'à Venise, il revint à Rome, et finit par découvrir un logis beaucoup plus commode, situé au centre de la ville, à l'angle de la Via Lata et du Corso : c'était une vaste maison appartenant au marquis Man-
1. Lettres des 28 août 1724. 15 février. 11 avril. 4 juillet 1725, etc.
cini, qui habitait alors Paris. Cette circonstance facilita les arrangements,, et l'édifice, loué par le roi au prix de 1,000 écus romains1, reçut ses nouveaux hôtes au mois de juin 172b\ Fort peu de temps après, le- 2 septembre, Poerson mourut presque subitement ; il laissait une femme aveugle, qui lui survécut jusqu'en 1736, et dont son successeur a pu dire : « C'était une sainte2. » Le roi lui accorda une pension de 1,500 livres et lui permit de rester logée dans l'Académie, où elle finit ses jours entourée de soins.
Vleughels, resté seul à la tète de l'établissement, lui donna, grâce à la bonne volonté du duc d'An tin, une animation nouvelle. Son directorat fut une des brillantes époques de l'Académie, au dire des artistes contemporains. D'un côté, l'émulation régnait parmi les pensionnaires, et ils attiraient par leurs ouvrages l'attention universelle : il est vrai qu'ils s'appelaient alors Natoire, Adam, Bouchardon,Slodtz,Trémoillière, Franchi, Pierre, etc. Animée par leur exemple, une jeunesse studieuse, appartenant à l'Italie, à l'Espagne, à la