Pierre Legros, sculpteur, arrivé le 28 juin
tous deux honneur à leur profession. Sur ce que vous me faittes L'honneur de m'escrire de la pension du sr Théodon, je suivrois vos conseils avec plaisir sy je n'estois pas retenu parles conditions que vous y mettez. Vous jugerez, Monsieur1, de ce que je puis ou ne puis pas. après que je vous auray dit qu'ayant écrit à monseigneur de Louvois que je eroyois qu'il ne trouverait pas mauvais que je payasse un quartier audit s1 Théodon, il me fit l'honneur de me respondre que je ne luy donasse rien qu'après que ses deux ligures sert tient finies, et que ce fût le moins que je pourrois, après quoy je ne luy fisse plus toucher d'argent sans nouvel ordre. Sy le retardement que j'ay apporté à le payer le préjudicie en quelque chose, j'en suis bien fasché ; mais je ne pouvois pas mesnager les intérêts du Roy et les siens... J'ay eu ordre de le licentier sur le peu que j'en ay escrit à monseigneur de Louvois. Je vous supplie très-humblement. Monsieur, de croire, quoiqu'on vous puisse dire d'ailleurs, que cet homme n'est pas propre pour le service du Roy. particulièrement dans une communauté et à gages reiglés. Je crois même estre obligé d'ajouster que c'est une personne d'un commerce dangereux... Il s'est trop naturalisé dans ies manières de ce pays, qui n'est que fourberie, artifice, pure comédie, où toute
1 . Cette lettre ainsi que les suivantes sont adressées à Villacerf, qui devint surintendant des Bâtiments l'année d'après. A en juger par ce passage, Théodon devait s'être plaint de La Teulière, dont il demeura l'ennemi à la suite de cette affaire.
sorte de méchanceté passe pour vertu, pourveu qu'elle porte quelque utilité à celuy qui la fait. Je vous supplie néanmoins, Monsieur, que tout ce que j'escris ne vous empesche pas de le servir pour son entier payement ; je fairay de mon costé tout ce que je pourray pour le faciliter.
27 juillet 1691.
Enfin l'on a fait pape le cardinal Pignatelli1. napolitain, dont l'on dit généralement beaucoup de bien, particulièrement sur sa charité pour les pauvres, qui n'est pas ordinaire. Il leur donnoit à Naples, dont il estoit archevesque, huit cens escus tous les mois; et après avoir vendu ses biens de patrimoine et payé les dettes de sa maison, il leur avoit encore distribué le reste, ne s'estant réservé que quatre mil escus, qu'il avoit ici au Mont-de-piété et qu'il a commancé de distribuer dès lors qu'il a esté esleu, voulant encore leur donner tout ce qui reviendra de la vente de ses meubles. Tout le monde croit qu'il ne fera de mal à personne.
22 août 1691.
J'ay receu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait ['honneur de m'escrire du 28 juillet. J'ay bien creu que