‹ L'Académie de France à RomeChapitre 62 sur 119 · Edme Bouchardon, sculpteur célèbre, né en 1698, mort en · texte numérisé non relu

Edme Bouchardon, sculpteur célèbre, né en 1698, mort en

4. Appelé ailleurs Derisay. (Deriset dans la nomenclature de M. Baltard.)

de Lobel et Natoire1 (peintres) arrivèrent le 5 octobre... J'ay de grandes espérances de ce choix, dont je fais d'avance bien des remerciemens à V. G. 2.

22 février 1724.

V. G. appréhende que les élèves que M. l'abbé de Tancin a demandé, pour faire des figures à l'escalier de la Trinité du Mont, ne répondent pas pleinement à son envie, et V. G. ne les croit pas encore assez habilles pour faire honneur à son Académie. J'ay esté sur le champ voir M. l'abbé de Tancin : nous avons raisonné ensemble de ces ouvrages, et, quoique notre nation ait beaucoup de jaloux, connaissant les talents des élèves et la foiblesse des sculpteurs italiens, nous espérons que nos jeunes françois se feront honneur s'ils exécutent cet ouvrage... Le sr Le Moyne, jeune peintre, qui est receu de l'Académie, est arrivé à Rome ces jours icy, venant de Venise avec M. Berger et M. de Croisil. C'est, je crois, M. Berger qui les deffraye; car l'on dit qu'il est riche et grand amateur des beaux-arts 3.

1. Charles-Joseph Natoire, né en 1700, plus tard directeur de l'Académie de France à Rome.

2. '< Si je suis trompé cette fois cy, écrivait de son côté le duc d'Antin en envoyant ces jeunes artistes, ce ne sera pas ma faute, car j'ai choisi ce qu'il y avait de meilleur dans nos Académies. »

3. François Le Moyne, membre de l'Académie de peinture depuis 1718, se rendit ensuite à Naples. De retour à Rome au

478 i/ ACADÉMIE DE FRANCE A ROME.

7 mars 1724.

Mgr Delgiudice, majord'homme du Saint-Père, m'a fait la grâce de m'accorder la permission de faire dessiner dans les salles du Vatican les beaux ouvrages de Raphaël, m* ayant accepté pour caution de la bonne et sage conduite des srs Natoire, de Lobel, Bouchardon et Adam.

28 mars 1724.

J'ai l'honneur de recevoir une lettre de la part de V. G., par laquelle elle a la bonté de me marquer qu'elle a bien voulu se faire lire la lettre que j'ai écrite, dans le trouble de mon âme, à M. de Courdoumer l : mais je fus surpris, Monseigneur, dans celle qu'il m'avoit adressée sur un sujet auquel je ne pouvois ny ne devois m'attendre, étant plus en état que jamais de remplir dignement le

mois d'avril suivant, il eut avec Poerson de bonnes et fréquentes relations (11 avril 1724).

1. D'Antin, s'étant convaincu de la caducité de Poerson, âgé alors de soixante et onze ans, venait de le prévenir, avec tous les ménagements possibles, « qu'il y avoit un temps où il n'estoit pas juste d'abuser de la bonne volonté de ceux qu'on employoit, et qu'il falloit les soulager pour quïls puissent prolonger leurs services (29 février 1724). » Il lui envoyait donc un auxiliaire pour remplir la plus lourde part de ses fonctions : c'était Nicolas Bertin, ancien élève de Rome. Mais Bertin ne partit pas, et Nicolas Wleughels fut envoyé à sa place.

poste dont V. G. m'a honoré, et dans lequel, aidé de sa puissance et de son esprit, je me suis, malgré des tems très difficiles, soutenu et comporté assez heureusement, puisque j'ai eu le bonheur d'être bien vu des grands qui ont esté à Rome depuis plus de vingt années, et que Y. G. elle-même m'a fait la grâce de m'assurer qu'elle estoit très contente de mes services ; ce qui sembloit m'assurer d'un paisible et glorieux repos. Ce fut à cette occasion, Monseigneur, que, pressé vivement par la lettre de M. de Courdoumer de proposer quelque sujet dont je connusse la bonne éducation, la politesse et les bonnes mœurs, et d'ailleurs dans l'espérance de pouvoir, pendant plusieurs années encore, rendre mes très humbles services sous les ordres de V. G., flatté de ces agréables pensées, je hasardai de proposer M. Lestache, dont je connoissois la sagesse et la probité. Mais le Seigneur en a disposé : sa sainte volonté soit faite et la vôtre, Monseigneur, à laquelle je suis entièrement soumis. Et pour obéir à ses commandemens, je recevrai M. Bertin avec tous les égards et toute la considération imaginable, et lui rendrai tous les services qui dépendront demoy...

18 juillet 1724.

Y. G. a la bonté de me dire qu'elle est bien aise que M. Vleughels soit arrivé, et qu'elle est bien persuadée qu'il pourra m'être utile, S. G. éprouvant par elle-même que l'on a besoin de repos après avoir longtems tra-

vaille. Je l'ay receu aussi, pour obéir aux ordres de Y. G., avec bien du plaisir, et je suis persuadé qu'au besoin il pourra m'aider de bon cœur. Pour à présent, grâces au ciel, je ne me trouve point dans cette nécessité. Au contraire, jouissant, comme je fais, d'une bonne santé, je crois qu'un homme dans la place que j'ai l'honneur d'occuper inspire plus de considération et de confiance aux autres par sa longue expérience que ceux qui n'ont pas les mêmes prérogatives.

31 octobre 1724.

J'ai l'honneur de recevoir une lettre de V. G., par laquelle elle me témoigne n'estre point surprise de la joye qu'a fait voir le pape au sujet du ministère dont Mgr le cardinal de Polignac est chargé icy \ estant une preuve que ce Saint-Père connoît son mérite et ses talens. Suivant les ordres de V. G., je fais ma cour à ce seigneur régulièrement, et V. G. peut bien compter sur son amitié, ainsi que S. E. m'a fait la grâce de me le dire plus d'une fois, et dont elle vient de donner des preuves à l'occasion des bulles de Mgr de Langres 2. Devant que ce seigneur soit parti pour la villégiature de Frescati, où il est actuellement, j'eus l'honneur de lui présenter M. Lestache, cy-devant élève de l'Académie, lequel doit faire dans l'église de Saint-Louis un buste

1. Le cardinal était depuis peu chargé des affaires de France à Rome.

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