La chose en question est le mariage de Wleughels
poste pour venir à Paris accomplir son projet. On eut la complaisance d'envoyer M. Coypel pour remplir son poste, qu'il vint reprendre après un séjour de deux ans à Paris. Il y a eu même des pensionnaires qui l'étoient : M. Favanne en est un. Je représente ceci à Y. G. pour qu'elle juge que l'Académie (malgré que tous les directeurs ayent été dans l'état, excepté moi) a toujours été bien administrée. 11 ne me sjéroit pas de vous parler de la personne ; je peux être prévenu. M. le cardinal dit vous en avoir écrit. Elle a du bien et en aura davantage ; elle est d'un âge qui convient ; elle est d'une bonne famille, où il y a des sujets du premier ordre dans les arts ; elle m'a appris quelque chose, et travaille joliment J'ose ajouter ce mot, que tout le monde souhaite cette alliance et que S. E. m'offre de l'accomplir. Si cependant Y. G. trouvoit que ce fût trop de femmes dans la maison, elle n'y mettroit jamais le pied ; mais, ayant ordonné que Mnic Poerson y demeurât, ce qui l'a fait bénir de tout le monde, peut-être aura-t-elle bien la même bonté pour moi... l.
24 janvier 1732.
Yotre Grandeur trouvera ci-joint un état des pensionnaires, et sur quelques-uns certaines petites notes que
1 . Il va sans dire que le duc d*Antin envoya son consentement. Marie-Thérèse Gosset, que Nicolas Wleughels épousa bientôt après, lui donna deux enfants à Rome (22 octobre 1733, 11 novembre 173o). Son nom nous est révélé par l'épi-
je lui confie. Je les connais tous à merveille, et, excepté les deux derniers, je peux l'informer passablement du reste...
Sableras. Il a été recommandé à V. G. par Mnlc la princesse Pamphile et à Mme la duchesse d'Uzès. C'est un honnête homme, provincial, qui fait plutôt bien que mal.
Bernard. Ce n'est pas un bon sujet. Son père, qui est ici, et qui le croit le premier homme du monde parla prévention qu'on a pour ses enfants, n'a pas peu contribué à l'égarer. Il finit une copie du Germanicus du Poussin, qui n'est ny bien ny mal ; de là il sortira de l'Académie. Il a, comme le sait Y. G., été reçu par faveur1; c'en seroit une autre grande si on lui payoit son voyage.
Trémouillière. Celui-ci est un très bon sujet, jeune, qui se donne bien de la peine, sur la conduitte duquel il n'y a rien à dire, et qui fera avec le temps.
Charles Vanloo. C'est un habile homme, à qui V. G. a accordé la pension pour son habileté ; bon garçon, qui étudie bien et qui mérite qu'on lui procure le temps d'étudier... Il ne lui faut demander que sa peinture.
François Vanloo. Il y aurait bien à dire sur celui-ci, qui est autant né pour la peinture que qui que ce soit ; mais il est très jeune et mal élevé. 11 vient de finir une
taphe de son mari, quon lit à Saint-Louis des Français; car son contrat de mariage n'a pas été retrouvé. (V. Jal, Dict., p. 1303.) 1. Sur la recommandation du duc de Richelieu.
Galatêe; c'est un tableau bien composé... Il dessine et peint très passablement ; mais il est sorti de trop bonne heure.
RonchiK C'est un sujet recommandé : V. G. sait ce que c'est. D'ailleurs, c'est un garçon de bonnes mœurs, qui me trompera s'il devient jamais habile : cependant je peux me tromper.
Slodtz2. Celui-ci a du génie pour son métier ; il a besoin de travailler pour le perfectionner.
Blanchet3. Celui-ci doit partir au printemps : c'est un sujet très commun, qui n'a pas cependant perdu son temps ici.
Boisseau et FrancinA. De ces deux-ci, je n'en peux en core dire grand'chose. Le peintre, qui est Boisseau, me paroit sçavoir vivre... Pour le sculpteur, il dessine et paroît avoir volonté de bien faire. Ces deux pensionnaires sont en quelque manière alliés ; mais je les crois bien différents de coutume.
20 mars 1732.
J'ai trouvé un trésor: c'est une petite statue, découverte depuis peu dans la vigne Justiniani, qui joue avec