CHAPITRE III
Pierre de Cortone. — Reconstruction de l'Eglise de Sainte-Martine, après la découverte du corps de la Sainte patronne. — Legs et donations de Pierre de Cortone. — Alexandre Turchi et Alexandre Algardi. — Charles Maratta. — Guido Reni et Dominiquin en ballottage à l'élection du Prince de l'Académie en 1629.
Nous touchons à l'époque où la décadence, déjà flagrante, est sur le point de devenir complète. La nuit se fait insensiblement sur les arts, dans toutes les écoles naguère si florissantes en Italie. Les écoles Vénitienne, Florentine, Bolonaise et Lombarde ne vont plus être représentées que par des médiocrités, à l'exception de quelques rares célébrités qui se donneront rendez-vous dans l'auguste Métropole. Rome sera, seule, le point lumineux qui, durant cette longue éclipse, brillera au-dessus de ces ténèbres, comme la flèche élancée d'un temple gothique sous les rayons dorés du soleil couchant. L'Académie de Saint-Luc sera, en même temps, le foyer où convergeront à la fois tous les feux du génie.
Pénétrons encore dans cette vénérable assemblée. Nous y apercevons d'abord Guido Reni, Guercin, Dominiquin, Albano, Charles Maderne, Bernin; puis, à côté de ces artistes de génie, Pierre Berettini de Cortone, surnommé, par l'anagramme de son nom (Pietro di Cortona), Corona dei PU-
tori, et Charles Maratta, qu'on appela le Dernier des Romains, parce que s'éteignit avec lui, pour ne plus renaître, l'illustre école romaine.
Nous n'avons pas à nous étendre ici sur les grands Maîtres que nous venons de rappeler en première ligne, et dont le nom appartient à la grande histoire de l'art; il suffit à l'objet que nous nous sommes proposé dans cet ouvrage, d'en constater la présence à l'Académie de Saint- Luc. Mais nous devons une mention spéciale à Pierre de Cortone et à Charles Maratta, dont la présidence, aussi laborieuse qu'éclatante, combla de bénéfices l'institution romaine.
Ce fut en 1634 que Pierre Berettini occupa le siège présidentiel laissé vacant par le chevalier Lanfranco, artiste judicieux qui assuma la tâche hardie, infructueuse, hélas! de combattre à l'aide de ses préceptes, non moins que par son exemple, l'aberration des trop faciles imitateurs de Luca fa presto. A tous les titres, l'Académie de Saint-Luc est redevable à Pierre de Cortone du prestige qu'elle continua d'exercer en Italie au xvie siècle. Ses œuvres, quoique inférieures, sans doute, à celles des célébrités qui lui firent couronne, ont cependant une date spéciale dans l'histoire des arts, à Rome. Les historiens le mieux accrédités en matière d'art disent de lui qu'il forma son dessin sur les bas-reliefs antiques et que la colonne Trajane fut son modèle de prédilection. Son nu a effectivement un cachet antique, qui pèche cependant par des proportions fortes, en général, quelquefois lourdes. D'une fécondité d'invention et d'une facilité d'exécution prodigieuses, Pierre de Cortone dut à l'aisance de son pinceau un style qui fut sa création et auquel Raphaël Mengs a donné le nom de facile et de gracieux. Mais sa peinture n'en fut pas moins toujours châtiée et empreinte d'une pureté de goût que n'atteignirent guère ses nombreux imitateurs. Cette peinture, bien comprise, aurait pu exercer une influence salutaire sur les arts; malheureusement, le style de cette école fut modifié de fond en comble par ses imitateurs. Le maniérisme s'étant ancré dans l'esprit des artistes, ceux qui s'inspirèrent à la manière de Pierre de
Cortone le subissaient déjà trop, pour se défendre des excentricités qui ne tardèrent pas à déparer tout ce que la manière du Maître avait d'ampleur, d'attrayant, de pur et de gracieux. Cet excès se propagea jusqu'à Florence, et vers la fin de ce même siècle l'école romaine et l'école florentine n'avaient plus rien conservé de leur propre caractère. Pierre de Cortone fut néanmoins un artiste de premier ordre, et les louanges méritées dont on le combla lui firent promptement ajouter à la profession de peintre celle d'architecte, qu'il exerça avec une égale supériorité.
Pierre de Cortone resta quatre ans à la présidence de l'Académie. Il déploya dans ces hautes fonctions un zèle remarquable et une activité qui se traduisit bientôt en améliorations de toutes sortes. Son premier soin fut de donner à l'Académie une résidence plus confortable. Il fit agrandir les écoles et construire un local plus spacieux pour contenir tous les objets d'art, peintures et sculptures, donnés en présent par les membres et les présidents, ou laissés à l'Académie par les élèves qui, dans les concours, avaient remporté le premier prix. L'Académie consacra, à tous ces travaux, des sommes considérables, auxquelles Pierre de Cortone contribua pour quelques milliers d'écus.
Sur ces entrefaites, le hasard fit découvrir le corps de Sainte Martine dans un des souterrains de l'église de ce nom que, nous l'avons dit, Sixte V avait cédée à l'Académie pour la dédommager de la petite chapelle de Saint-Luc, dont il l'avait dépouillée pour agrandir sa villa. Ce fut à l'occasion de cet événement, solennisé avec un enthousiasme extraordinaire, que l'Académie forma le projet de reconstruire l'église de Sainte-Martine. En quelques mois, grâce à la munificence d'Urbain VIII et à la générosité des académiciens, ce projet fut mis à exécution. Pierre de Cortone en fut l'architecte, et l'on sait avec quelle magnificence il orna ce temple, sans parler de la Confession qu'il enrichit, à ses frais, de pierres précieuses et pour laquelle il dépensa une somme de cinq cents écus romains.
Enfin, Pierre de Cortone mit le sceau à ses nombreux bienfaits envers l'Académie par des dispositions testamen-
taires qui lui léguèrent divers Luoghi di Monte l-, d'une valeur de six mille sept cent cinquante écus romains, soit 40,000 francs environ de notre monnaie.
De Pierre de Cortone à Charles Maratta, les artistes qui se succédèrent à la présidence de l'Académie ne furent pas tous à la hauteur de leur situation honorifique. A l'exception de quelques-uns, dont les œuvres attestent un talent spécial, la plupart reflètent à divers degrés et sous différents rapports les caractères du maniérisme que la décadence traînait après elle dans sa marche rapide. Nous nous bornerons à mentionner Alexandre Turchi et Alexandre Algardi.
Alexandre Turchi, qui occupa, en 1638, le fauteuil de la présidence de l'Académie, laissé vacant par Pierre de Cortone, brossa ses tableaux d'une façon toute originale. Bien que sa peinture ait le défaut capital de ne représenter aucun style en particulier, tout en trahissant mille réminiscences de diverses écoles, il obtint, auprès de ses contemporains, un vif succès d'enthousiasme. On le surnomma YOrbetto, et ses admirateurs poussèrent leur complaisance jusqu'à établir un rapprochement entre lui et les Carraches. Toutefois, la critique a pu constater depuis que cette réputation était surfaite. Quel que soit le mérite que l'on veuille attribuer à ses tableaux le mieux réussis, on doit forcément reconnaître que l'engouement dont il fut l'objet pour ses gracieuses compositions, a son secret dans l'artifice du coloris. L'habileté incontestable de cet artiste fut celle de charger sa palette d'excellentes couleurs, qu'il composait, épurait et manipulait lui-même à la perfection.
Alexandre Algardi fut, à la fois, sculpteur et architecte. Comme sculpteur, il s'appliqua à modeler dans un
1 Les Luoghi di Monte étaient des titres représentant une subdivision d'un capital en nature, semblables aux Actions ou aux Obligations des Sociétés anonymes ou en commandite. Ces titres avaient cours dans l'Etat pontifical. Malheureusement, quand le capital se dépréciait ou lorsque l'autorité permettait l'émission d'un trop grand nombre de titres, i! se produisait de ruineuses dépréciations. On trouve, de nos jours encore, a Rome, des Luoghi di Monte, comme ceux de Bentivoglio et autres.
style moins conventionnel que ses contemporains. Toutefois, en voulant s'inspirer de l'école des peintres de l'école bolonaise pour la facture du nu et les dispositions des draperies, il tomba dans le défaut contraire ; ses ouvrages de sculpture révèlent tous les défauts qu'on a reprochés à ceux qui ont tenté d'appliquer à la statuaire les principes de la peinture. La construction de la Villa Pamphili, ainsi que la façade de l'église de Saint-Ignace, justifie à tous égards les éloges que lui a prodigués le sévère Milizia.
Charles Maratta occupa la présidence en 1664. Naturellement doué d'un goût exquis, il s'efforça de le rendre plus pur par l'étude approfondie du grand oeuvre de l'Aigle d'Urbino ; il vit avec amertume la marche croissante du maniérisme en vogue, l'attaqua de front et rompit avec lui une dernière lance. Son premier soin tut d'initier les jeunes peintres aux beautés artistiques du divin Raphaël. Le Maître fut l'unique modèle qu'il plaça constamment sous les yeux de ses élèves. Sa vénération pour Raphaël était proverbiale : nul ne la porta jamais à un plus haut degré. Aussi le pontife régnant n'hésita-t-il pas à lui confier des travaux de restauration que nécessitait l'état des peintures de Sanzio dans les Chambres du Vatican. Charles Maratta exécuta ces travaux avec une rare délicatesse. Son pinceau était si rompu à la manière de l'Urbinate que les retouches, fraîchement opérées, échappèrent à la plus scrupuleuse observation. — L'Académie de Saint-Luc, qui vit en lui un des beaux fleurons de sa couronne intellectuelle et artistique, l'éleva par deux fois aux honneurs de la présidence, en confirmant tous les ans sa nomination jusqu'au jour où, courbé sous le poids des années, elle lui accorda un coadjuteur dans la personne de Charles Fontana, qui prit le nom de vice-président. Charles Fontana avait déjà occupé le siège présidentiel en 1686. C'était un excellent architecte dont les oeuvres nombreuses, à Rome, attestent hautement la pureté de son goût artistique l.
1 II ne faut pas confondre Carlo Fontana avec les célèbres frères Fontana connus dans l'histoire de l'architecture sous le nom de Dorne-
Nous avons déjà dit que parmi les collègues de Pierre de Cortone brillaient au premier rang les Dominiquin, les Guido Reni, les Guercin, les Albano et les Bernin. Missirini — qui déclare n'avoir trouvé, dans les archives de l'Académie, aucun document de nature à fournir à ce sujet une preuve péremptoire, — ce qui n'est pas surprenant, puisque les registres de l'Académie n'ont été tenus d'une manière régulière qu'à partir de Pierre de Cortone — a appuyé cette assertion sur les souvenirs traditionnels du corps académique.
Plus heureux dans nos recherches, — grâce à l'intelligence que M. César Fallani, archiviste de l'Académie, a apportée à la classification de tous les papiers et documents concernant cette Compagnie — nous avons acquis la certitude que non seulement Guercin, Guido Reni et le Dominiquin firent partie de l'Académie, mais que ces deux derniers se disputèrent les honneurs de la présidence.
Un de ces documents est la minute authentique du procès-verbal de la séance Académique du 2 novembre 1629. Cette minute est ainsi conçue : « Die nov. 1629, fuit « facta congregatio in solita mansione Academiae Sancti « Lucae in Campo Bovario, pictorum et sculptorum urbis « et intervenerunt omnes infrascripti : Simone Ambrosio, « 2° Rettore; cav. Baglione, 1° Consigliere; cav. Ottavio « Leone, 2° Consigliere ; Francesco De Rossi, Camerlengo ; « cav. Giovanni Anfrat, Michel' Augusto Guidi, Giovanni « Battista Magni, Paolo Bruni, Antonio Barisoni, Leonardi « Santé, Domenico Caracci, Marc-Antonio Allibrandi. Fu « resoluto da cavare li signori Guido Reno e Domenico « Zampiero che restorno in Bussola per prencipj delVAc- « cademia e furono imbussolati e a sorte e uscito Guido « Reno, il quale per essere fuori di Roma e ritrovarsi in
nico et Giovanni. Ceux-ci, également académiciens de Saint-Luc, vécurent bien avant Carlo, puisque ce fut sous le pontificat de Sixte V, en 1587, que Domenico Fontana reconstruisit le palais apostolique de Saint-Jeande-Latran, presque tombé en ruines.
« Bologna fu recacciato per prencipe il sig. Domenîco « Zampiero. » 1
Dans un autre document (protocole N° 5), nous avons trouvé une liste authentique des membres qui composaient l'Académie en 1633, et parmi lesquels figurent les noms de « Guercin, Claude Geilée, Erard, Romanelli, Jean Francia, « Martin Lunghi, Pierre Bellori et Salvator Rosa. »
En outre, l'Académie possède des tableaux de toutes ces célébrités artistiques, et ces toiles peuvent, à leur tour, servir d'argument a posteriori pour prouver que leurs auteurs firent partie de l'Académie. On sait, en effet, qu'aux termes des statuts, chaque membre de cette Institution était tenu de lui faire présent d'un ouvrage d'art de sa composition en témoignage de perpétuel souvenir. Or, il ne résulte d'aucun document que ces tableaux aient été achetés par l'Académie ou qu'ils aient été compris dans des legs ou dispositions testamentaires en faveur de cette Compagnie.
Après la minute du procès -verbal du 2 novembre 1629, note dont l'examen minutieux n'a pas permis de contester l'authenticité, il n'y a plus lieu de douter que Guido Reni, Guercin et Dominiquin n'aient été appelés, pendant leur séjour à Rome, à faire partie de la compagnie artistique qui continuait les traditions de l'Université des Arts. Il serait donc oiseux d'objecter que l'Académie, ayant dans son sein de telles célébrités, n'aurait pas manqué de les élever aux honneurs de la présidence. Missirini, cependant, s'est
1 " Le 2 novembre 1629, a eu lieu, dans la salle ordinaire des séan- " ces, la Congrégation des peintres et des sculpteurs de la ville, mem- " bres de l'Académie de St-Luc au Campo Bovario, et ont été présents : " Simon Ambrosio, 2e Eecteur, etc. — Il a été décidé de retirer les u noms de Guido Reni et Dominique Zampiero, qui étaient restés dans " l'urne pour l'élection à la présidence de l'Académie. Ces noms remis " dans l'urne et tirés au sort, Guido Reni a été élu ; mais, comme il se " trouvait à Bologne, on a élu Prince de l'Académie M. Dominique Zam- " piero. „
posé cette objection dans ses Mémoires sur l'Académie de Saint-Luc, et il y répond en ces termes :
« Il y a plusieurs raisons à alléguer à ce sujet. Il faut con- « sidérer, en premier lieu, que l'agrégation de ces artistes « éminents à l'Académie fut toujours un tribut de vénéra- « tion que cet illustre corps rendit à leur mérite singulier; « fort honoré de les compter parmi ses membres, il ne « prétendit jamais les astreindre à des charges ou fonctions « qui eussent pu leur être gênantes. En outre, les digni- « taires de l'Académie étaient tenus d'avoir un domicile « stable à Rome ; or plusieurs de ces artistes, souvent ap- « pelés dans les grandes capitales de l'Italie et à l'étranger, « pour y exécuter des œuvres d'art, étaient le plus souvent « absents de la Métropole, et d'autres n'y eurent qu'un « séjour de bien courte durée. Enfin, ce n'est point des « Académies que l'artiste de grand mérite acquiert sa cé- « lébrité; c'est à elles, au contraire, qu'il la donne par sa « présence. Uniquement occupé à l'exercice de sa profes- « sion, il met à profit tout ce que les Académies peuvent. « fournir de saine doctrine; puis, loin des discussions, ne « briguant nuls honneurs, tout entier, au sein d'une douce « quiétude, à la contemplation de la divine beauté dont il « embellit ses œuvres, il méprise ces louanges fugitives « qui provoquent l'envie, et n'aspire qu'à l'immortalité d'une <■< gloire future, dégagée de toute servilité. »
Quoi qu'il en soit, on ne saurait ne pas accepter une assertion basée sur une tradition constante et accréditée par les écrivains le plus autorisés des siècles derniers.
Quant à Charles Maderne et à Bernin, personne n'a jamais émis le doute qu'ils n'aient appartenu à l'Académie romaine. Comme nous l'avons fait à propos des célébrités qui ont fait l'objet des précédentes réflexions, nous nous bornons à cette simple mention, le nom de ces deux grands artistes ayant une place marquée dans l'histoire de l'art italien. Au sujet de Bernin, cependant, nous tenons à faire remarquer qu'en Italie on apprécie plus avantageusement qu'en France le mérite artistique de l'auteur de la colon-
nade de Saint-Pierre. Dans les critiques italiens on chercherait vainement une appréciation analogue à celle que M. Yiardot exprime en ces termes :
« Laurent Bernin (1598-1680), qu'on nomma pom- « peusement le second Michel-Ange, et qui fut pendant un « demi-siècle, sous neuf papes, l'arbitre des choses d'art en « Italie et du goût en Europe, que Louis XIV fit venir à « Paris (1665) pour prendre ses conseils sur la restaura- « tion du Louvre, eût été probablement un grand artiste « dans la grande époque. Venu avec la décadence, il la « suivit, ou plutôt, loin de la ralentir, la précipita. C'est lui « qui édifia, comme architecte, l'emphatique place circulaire « qui précède, à Saint-Pierre, la coupole du grand Florentin ; « c'est lui qui, dans le temple, éleva, comme sculpteur, la « chaire et le baldaquin du Souverain Pontife, et sur le tom- « beau d'Urbain VIII (le meilleur pourtant des œuvres de « Bernin, lequel peignait un peu comme peignait Rubens, « moins la couleur) ces deux grosses et hommasses figures « allégoriques qui pressent leurs mamelles flamandes pour « jeter sur le corps du défunt pape le lait de la Justice et « de la Charité. »
Bien que M. Viardot soit si peu prodigue de louanges envers Bernin, on ne peut s'empêcher de reconnaître en lui un de ces vastes génies qui s'annoncent dès l'âge le plus tendre. Milizia, ce critique sévère et caustique, raconte, à son sujet, que, tout jeune encore (il avait à peine atteint sa dixième année), Bernin sculpta en marbre une tête qui existe encore à Sainte-Praxède. Cette composition remarquable, exécutée par une main qui pouvait à peine tenir le ciseau, fit tant de bruit dans le monde des arts, que Paul V voulut connaître ce prodige d'enfant. Quand il l'eut en sa présence, le pontife lui demanda s'il saurait lui dessiner une tête. « Laquelle voulez-vous, Saint-Père? » répondit le jeune artiste. — « S'il en est ainsi, reprit le pape, il sait les faire « toutes », et il lui fit dessiner la tête d'un Saint Paul. En moins d'une demi-heure, la tête fut fort bien dessinée. Paul V, émerveillé, lui donna une poignée de médailles d'or,
en le recommandant au cardinal Barberini, qui était appelé à occuper le trône pontifical sous le nom d'Urbain VIII. Ce fut sous ce pontificat, si fertile en ouvrages d'architecture, que Bernin déploya toutes les forces de son génie : Rome eut le privilège d'avoir ses plus heureuses créations, et l'Académie de Saint-Luc la gloire de le compter parmi ses membres les plus illustres.