CHAPITRE V
L’Institut est créé. — Son transfert au palais des Quatre-Nations. — Décret impérial réglant ce transfert. — Appropriation du palais à sa nouvelle destination. — Les statues qui l’ornent. — Une partie de la bibliothèque Mazarine est affectée à la réunion des classes de l’Institut. — Disposition de ce local. — La bibliothèque Mazarine et celle de l’Institut sont réunies et séparées à deux reprises différentes. — L’Institut obtient une nouvelle salle. — Sa disposition. — Elle est jugée mauvaise. — Nouveau projet d’installation. — Le jardin des Quatre-Nations. — Adoption des plans de Lebas. — Les constructions nouvelles. — Leur disposition. — Plan intérieur de la salle actuelle. — Places qu’y occupaient les académiciens en 1881. — Les médaillons peints, les statues et les bustes qui décorent la salle. — La salle de l’Académie française. — Admission du public aux séances de l’Académie des sciences. La création des Archives de l’Académie. — Les documents qu’elles renferment. — Le Médaillier scientifique.
Deux ans plus tard, le 3 brumaire an IV (25 octobre 1795), l’Institut était créé sur des bases qui rappelaient par bien des points le grand projet conçu par Colbert plus d’un siècle auparavant. Rien ne fut changé alors au lieu de réunion des classes qui composaient la nouvelle CoEipagnie, ces réunions avaient lieu à tour de rôle dans les salles de l’ancienne Académie des sciences; l’Institut tout entier tenait ses séances générales dans la salle des Cariatides.
Mais cet état de choses ne devait pas durer ; en effet, désireux d’apporter au palais du Louvre de nombreuses améliorations et d’en bâter l’achèvement ou la restauration, le premier Consul reconnut en 1801 l’impossibilité d’y maintenir les Académies, au moins pendant un certain temps; c’est alors que, par ses ordres, on chercha un local placé autant que possible au centre de Paris, et que le choix se porta sur le palais des Quatre-
Nations devenu propriété de l’Etat et qui depuis 1792 avait été suceessivement transformé en maison d’arrêt jusqu’à la mort do Robespierre, en Ecole centrale supérieure sous la direction de A. T. Brongniart, et enfin, par un décret du 19 vendémiaire an X (11 octobre 1801), en Ecole des beaux-arts.
Cette situation fut régularisée par un décret impérial dont les termes suivent :
Le collège Mazarin,
d’après un médaillon gravé de l’époque.
Au palais des Tuileries, le 29 ventôse an XIII (1).
Napoléon, empereur des Français, sur le rapport du ministre de l’intérieur, décrète ce qui suit :
Article 1". — L’Institut national sera transféré de l’emplacement qu’il occupe au Louvre, dans l’édifice des Quatre-Nations, aujourd’hui palais des beaux-arts, qu’il occupera jusqu’à ce que le nouveau local qui lui est destiné au Louvre soit arrangé : le pavillon à droite, une partie de la façade circulaire et la rotonde seront mis à sa disposition.
Art. 2. — Les écoles spéciales de peinture, sculpture et architecture seront établies dans les autres bâtiments intérieurs dépendant du palais des beaux-arts.
Art. 3. — Le ministre de l’intérieur est chargé de l’exécution du présent décret. Napoléon.
Par l’empereur, le secrétaire d’Etat, Hugues Maret.
(I) Vaudoyer, dans la très iirtércssante brochure qu’il a publiée en I8M sur les modifications introduites par lui dans la distribution intérieure du palais des (Juatre-Nalions, donne à ce décret la date du 10 ventôse.