ADMISSION DES ÉTIIANGERS AUX SÉANCES
avant tout à ses sympathies personnelles, les candidats ne sont point ménages. On englobe injustement l’Académie dos sciences dans la masse des Sociétés où la politique joue parfois un rôle prépondérant cton ne se gêne guère pour affirmer que plusieurs
Réception académique, par Daumier {Charivari, 1868)?
nominations faciles à citer, sont dues des influences purement gouvernementales.
Quand on avance de pareilles affirmations, on ne se rappelle
pas assez que Louis XVIII a refusé autrefois de ratifier l’élection
de Ilachette et celle du baron Joseph Fouricr, sous le prétexte
lutilc que CCS deux savants avaient appartenu par leurs fonctions
au regnme précédent. Il n’y aurait donc rien de changé sous le soleil !
Ces réserves faites, il faut reconnaître que l’Académie des sciences, entant qu’institution, est rarement l’objet de critiques sérieuses ou amères. On parle tantôt de la lenteur de ses jugements, tantôt de leur précipitation, mais on attend toujours pour le faire, que les événements lui aient donné tort ou raison. On ne saurait exiger davantage.
Les autres Académies occupent peu le gros du public ; celles des inscriptions et belles-lettres, celle des beaux-arts, celle des sciences morales et politiques vivent dans un calme parfait. C’est l’Académie française qui paraît être en butte aux attaques les plus vives et les plus précipitées. Elle a peut-être, dans plusieurs circonstances, donné prise à ces attaques, mais elle n’en reste pas moins l’ime des Compagnies qui font le plus d’honneur au pays.
On plaisante donc souvent l’Institut, et ce n’est pas toujours sans apparence de raison. On ne saurait croire, en effet, combien on y entoure de respect les usages et les coutumes du temps passé. Nous ne savons pas exactement l’époque à laquelle on a renoncé à l’éclairage des salles académiques par les quinquets, mais nous savons bien que ce n’est qu’en 1875 que les bougies, placées alors devant chacun des membres, furent remplacées par le gaz ; nous savons bien aussi que les plumes de fer ne trouvèrent leur emploi dans les Académies qu’en 1871.
Aujourd’hui encore, les tuyaux acoustiques sont inconnus à l’Institut. En 1879, pour le service des Archives, révolution mémorable ! on a fait établir une sonnette électrique.
Dans combien d’années les bienfaits du téléphone seront-ils reconnus et célébrés au palais Mazarin?
Les Archives de l’Académie des sciences n’avaient jamais reçu de classification régulière avant 1879. Il faut rappeler pourtant qu’elles avaient fixé l’attention de M. le général Morin, président de l’Académie en 1864, et qu’à cette époque un premier travail avait été entrepris; malheureusement, ce travail, resté incomplet, ne donna pas les résultats qu’on en attendait.
Justement émus de cette situation regrettable, le 23 janvier 1880, MM. Dumas et Bertrand faisaient insérer dans le Journal officiel la note suivante :