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LES ARCHIVES DE L’ACADÉMIE D

Lors de sa fondation, les communications reçues par rillustrc Compagnie lui venaient le plus souvent par scs membres, qui, les tenant directement des correspondants officiellement et personnellement attachés à leurs personnes, les considéraient non sans raison comme étant leur propriété et les retiraient après les avoir présentées. A cette époque, le goût des autographes n’était pas aussi répandu qu’il l’est aujourd’hui, et malheureusement l’impression d’un mémoire ou d’un ouvrage, quel qu’il fût, était la condamnation de l’original qui avait servi à sa composition.

C’est ainsi qu’on comprend, de nos jours, l’impossibilité dans laquelle on se trouve de rentrer en possession des manuscrits des grands écrivains du siècle de Louis XIV.

Pour ce qui nous occupe, que sont devenus les papiers de J. -B. Duhamel, le premier secrétaire perpétuel de l’Académie?

Où sont ceux de Fontenelle?

Seuls, ceux de Grandjean de Fouchy se retrouvent aux Archives de l’Académie, classés dans un ordre parfait, sans aucune omission, quoiqu’ils n’aient jamais été catalogués; mais Grandjean de Fouchy apportait dans l’exercice de ses fonctions une régularité singulière, non égalée dans l’ancienne Académie, ni par ses prédécesseurs ni par son successeur.

On sait bien que les manuscrits de Condorcet, ou plutôt les papiers de l’Académie reçus par Condorcet, sont revenus, par suite d’un intelligent hasard, à la bibliothèque de l’Institut; on sait encore que les papiers de Lavoisier, le dernier des trésoriers de l’Académie et ceux de Tillel, son prédécesseur, appartiennent à M. de Chazelles. On retrouve là tous les comptes de la Compagnie pendant une période importante. Mais où sont les papiers de Butlbn et ceux des frères Couplet, les prédécesseurs de Lavoisier ?

Quand l’Institut fut créé, la première classe décidait que toutes les communications adressées à la Compagnie deviendraient, sans exception, l’objet d’un rapport motivé. Pour donner satisfaction aux commissaires élus et leur faciliter l’accomplissement de leur tache, il était indispensable d’envoyer successivement à chacun d’eux les travaux sur la valeur desquels ils avaient à se prononcer ; c’est à partir de ce moment que l’Academie des sciences vit disparaître ses documents les plus

importants. Seuls, les rapports auxquels ils ont donné lieu subsistent.

Les manuscrits ne portaient d’ailleurs aucune marque extérieure qui indiquât leur origine, ils restaient aux mains des commissaires ainsi que les registres en font foi, pendant des mois, le plus souvent pendant des années entières, et bien peu d’académiciens songeaient à en assurer la restitution aux Archives ; leurs héritiers n’attachaient pas toujours à ces mémoires une valeur bien sérieuse, et c’est ainsi qu’un nombre assez considérable d’entre eux se perdit ou disparut, pour passer plus tard dans les ventes publiques ou pour rentrer dans les collections particulières.

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