‹ L'Académie des sciencesChapitre 65 sur 91 · BONAPARTE PREMIER CONSUL · texte numérisé non relu

BONAPARTE PREMIER CONSUL

Renversement du Directoire. — Impression des Mémoires sur l’Égypte. — Lettre de Cuvier. — Lettre de Creuzé-lvatouche au sujet des indemnités académiques. — Bonaparte est nommé président de la première classe. — Ses observations sur le mode d’élection des membres de l’Institut. — Circulaire de Bonaparte aux Sociétés savantes à propos des prix proposés par la première classe. — Lettre de l’Institut à J. Banks, concernant l’organisation de voyages scientifiques. — Documents relatifs à la captivité de Dolomieu. — Retour de Dolomieu à Paris. — Lettre de Bonaparte aux Consuls sur la suppression de VAmi des lois. — La machine infernale. — Réception de l’Institut par le Premier Consul. — Nouvelles d’Égypte. — Arrêté concernant le costume des membres de l’Institut. — Lettre de Vincent relative à la signature de la paix avec la Grande-Bretagne. — Volta à l’Institut. — Sur la proposition de Bonaparte, la première classe lui décerne une médaille. ^ — Lettre de l’Institut à Volta. — Fondation du prix du galvanisme. — Lettre de Bonaparte. — Remerciements de la première classe. — Rapport de Biot. — Les lauréats du prix du galvanisme. — Lettre de Champagny à Napoléon. — Le Consulat à vie. — Lettre de Haüy. — Organisation de l’Institut en quatre classes par la loi du 3 pluviôse an XI. — Règlements de l’Institut des 10 et 17 germinal an XL

Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), moins d’un mois après sa rentrée en France, Bonaparte renversait le Directoire, et, s’emparant du pouvoir, se faisait proclamer Premier Consul pour dix années. Tranquille alors sur l’issue de ses actes et sur l’importance du rôle que l’avenir lui réservait, résolu d’ailleurs à suivre la voie dans laquelle il entrait et à précipiter les événements dont il voulait s’assurer le bénéfice, il s’adjoignait Cambacérès et Lebrun, tout en s’attribuant les prérogatives d’un roi constitutionnel.

Cette révolution, grâce à l’énergie déployée par son auteur, s’était accomplie sans protestations. Bonaparte allait régner et préparait déjà l’œuvre d’organisation de l’an VI 11 ; rien n’échappait à sa pénétration ni à son activité créatrice, les détails eux-

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nièiiies n’éUiitiiit pas négligés et l’impression des Mémoires sur l’Égypte, auxquels il attachait une grande importance, avait été poussée avec vigueur. La première classe en ayant reçu un exemplaire, Cuvier, alors secrétaire, remerciait le donateur, le 6 ventôse an VIll (25 février 1800), dans les termes suivants :

L’Institut national nous charge de vous remercier de l’exemplaire des Mémoires sur l’Égypte que le citoyen Didot lui a adressé de votre part. L amour des sciences et le soin de les propager vous ont toujours occupé, même au sein des plus brillantes victoires, et l’Europe entière attendait les fruits qu’ils produiraient dans cette antique patrie des connaissances humaines que vous venez d’ajouter à vos conquêtes. C’est avec le plus vif intérêt que l’Institut national en a reçu les prémices.

On le voit, l’Institut saisissait avec empressement toutes les occasions qui lui étaient offertes de manifester les sentiments d’affection qu’il professait pour Bonaparte; mais ce dernier, emporté, il est vrai, par des préoccupations d’un ordre véritablement supérieur, délaissait quelque peu ses confrères, qui ne recevaient même plus d’une manière régulière les indemnités attribuées par la loi du 29 messidor an IV (17 juillet 1790) aux membres de l’Institut.

Creuzé-Latouche, interprète de la savante Compagnie, lui écrivait à ce sujet, le I" germinal an VIII (22 mars 1800) :

L’Institut national représente au Premier Consul qu’un très grand nombre de ses membres n’a pour subsister que les indemnités modiques qui leur sont attribuées, et que ces indemnités sont arriérées de onze mois. Ce retard en a réduit plusieurs à la plus grande détresse et à des expédients désespérés.

L’Institut a nommé une commission qu’il a chargée de faire connaitre cet état de choses au Premier Consul. La commission prie le premier magistrat de la république de prendre en considération les besoins de ces vétérans des sciences et de leur assurer régulièrement tant pour le passé que pour l’avenir une rétribution à laquelle l’existence d’un grand nombre d’entre eux est attachée.

L’Institut prie le Premier Consul d’ordonner le payement régulier des indemnités, pour le courant et le rapprochement des payements de l’arriéré.

Creuzé-Latouciie.

Le jour même où cette récbimutioii était adressée à Boiia-

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