‹ L'Académie des sciencesChapitre 67 sur 91 · BUREAU · texte numérisé non relu

BUREAU

lies prisonniers Paris, le 19 pluviose an 8® de la Répu-

tie ^erre. blique une et indivisible.

Le Ministre de la Marine et des Colonies au Lne pièce à joindre, président de l’Institut national.

Je m’empresse, citoyen Président, de vous adresser copie de la lettre que M. le Chevalier Banks a écrite au C'" Nion pour l’informer des démarches qu’il a faites en faveur du C'" Dolomieu. Yous verrés avec plaisir que cette affaire prend une tournure qui donne lieu d’espérer que la captivité de ce savant aura un terme et que l’Institut le reverra dans son sein. Le C“" Nion m’observe que si les moyens employés par M. le Chevalier Banks n’avoient pas le succès qu’on a droit d’en attendre, il y auroit lieu d’espérer que le ministère anglais y ajouterait hientôt sa médiation.

Forfait.

Copie.

Copie de la lettre écrite par M. le Chev^^ Banks, Président de la Société royale de Londres.

Soho Square, 8 janvier 1800.

Au C'" Nion, Commissaire du Gouvernement français, en Angleterre.

M’’ Ayant été retenu au lit depuis très longtemps, je n’ai pu vous informer qu’après avoir eu le plaisir de vous voir, je n’ai point perdu de lem|)s pour écrire à Najiles et que j’ai été assez heureux pour que mes lettres fussent envoyées avec les dépêches du Gouvernement

23“-' liONAPARTI-: MliMIiRK Dli L’INSTITUT NATIONAL

peu (le jours après qu’elles oui été écrites. J’ai tout lieu de croire ([u’clles sont eu ce moment parvenues à leur destination.

J’ai écrit en même temps à Sir William et à Lady Hamilton avec l’énergie et le zèle dont je suis capable en les priant d’intercéder le roy de Naples en faveur de Dolomieu et d’engager lord Nelson, s’il est possible, de se joindre à cette demande auprès de sa majesté Sicilienne.

Je ne puis assurer quel sera le résultat : des personnes de peu de conséquence ont quelquefois amené à leur fin des événements importans. Tout ce que je puis vous dire, c’est qu’aucuns moïens imaginables n’ont été ni ne seront omis de ma part tant qu’il y aura la moindre apparence de pouvoir être utile à Dolomieu et de remplir les désirs de mes amis de l’Institut. Ils seront bien aise d’apprendre que M. Horreman, voyageur de l’Association africaine qui a reçu le traitement le plus doux de votre Premier Consul Bonaparte, au Caire, a réussi de se rendre de cette Place à Fezzaii. 11 a passé la Sierva et s’est assuré en suivant les traces des Ruines des murailles qui ont entouré le petit batiment observé par M. Brown pour avoir été réellement le temple de Jupiter Hammon. Horreman est retourné de Fezzam à Tripoly, d’où il a renvoyé son journal que nous sommes impatients de voir. Il se disposoit à partir en novembre pour le sud et avoit l’espoir de visiter Tombouctou, Ilousa, Ashna, ainsi que toutes les grandes villes d’Afrique, au nord de la rivière Joliba ou Gulbi, qu’il considère être le département de son voyage et où il a l’intention de rester 3 ou 5 ans.

Quand vous croirez pouvoir envoyer à Paris les Transactions philosophiques et autres livres de littérature que j’ai pour l’Institut, je vous les adresserai : il y a, je pense, plus d’un an qu’il n’en a été expédié d’ici pour eux.

Je suis, AP, avec égard et respect votre, etc.

Joseph Banks.

Pour traduction, signé Guillaume.

Pour copie conforme.

Le chef de la 6® division du Ministère de la Marine et des Colonies,

Bonjour.

liONAlWIiTK PniiMIEH CONSUL

LiitEnTK. — Imlujtk.

Paris, le 21) floréal an 8 de la Uépiibliqne une et indivisible.

Le Ministre de la Marine et des Colonies au

- , Président de l’Institut national.

3 pièces jointes.

Quelque peu satislaisantes que soient, Citoyen Président, les nouvelles que j’ai reçues sur la situation du célèbre üolomieu, je ne puis me dispenser de vous les transmettre; vous verrez par les trois lettres dont je vous adresse cijoint des copies, que la position de ce savant est toujours la même. Je m’empresse d’en instruire le Commissaire français à Londres, et je l’engage à voir M."' le Cliev" Banck, qui n’apprendra pas, sans le plus vif intérêt, que la République des Lettres est menacée de la perte du C'"‘ Dolomieu, s’il faut que sa détention dans les cachots de Messine soit encore prolongée.

Je rappelle au C®" Otto que son prédécesseur m’avoit mandé que si les moïens qu’a employés M. le Chev" Banck en faveur du C*’" Dolomieu n’avoient pas le succès qu’ou en espéroit, on se flattoit que le ministère Anglais y ajouteroit bientôt sa médiation.

Je vous préviens aussi que j’ai instruit le Ministre des relations extérieures de l’état des choses.

\euillez bien. Citoyen Président, être auprès de l’Institut, l’interprète de mes sentiments et du désir qqe j’ai de contrihuer au retour d’un de ses plus célèbres membres.

Forfait.

(i" Div"”, 3* Skctiox.

BUREAU (les prisonniers de guerre.

(Sur la détention du C'" Dolomieu à Messine.)

Messine, le 14 ventôse an 8 de la République.

Au Citoyen Dolomieu, le Lieutenant de vaisseau Feuillet.

Je viens d apprendre, cher compatriote, avec la plus affreuse douleur le traitement inouï que vous éprouviez de la part des napolitains. Je viens de réclamer au Couvernement votre élargissement hase sur le Cartel d’Échange qui a eu lieu pour vous contre le général Anglais Knox. Je désire du plus profond de mon cœur que mes démarches reçoivent la plus grande efficacité et sous peu nous passerions ensemble sur le Parlementaire Anglais qui est destiné à

1!0NAI‘ARTE MEMItRE RE 1/INSTITUT NATIONAL

porler les prisonniers français dans leur patrie, et nos maux cesseront (In moment on nous marcherons encore une fois sur la terre sacrée de la Liberté.

Je vous embrasse fraternellement.

Siiïné ; Feuillet.

N. B. Ayant perdu la copie du mémoire Gels, il m’est impossible d’en donner un double.

Pour copie conforme,

Le Chef de la 6° division,

Bonjour.

D. Dolomieu, membre de l’Institut national, au Lieutenant de

vaisseau Feuillet.

Je suis extrêmement reconnaissant, mon Cher Citoyen, de l’intérêt que vous voulez bien prendre à mon sort; il est vraiment affreux, et j’ai été traité avec une barbarie dont on n’a point d’exemple parmi les nations policées.

Vous m’avez donné une nouvelle tellement au dessus de mes espérances que j’ai besoin de détails pour me livrer à la joie avec quelque sécurité.

Tl y a donc eu un Cartel d’Ecbange où j’ai été compris. Dites-moi : 1“ de quelle époque est ce Cartel, est-ce bien mon nom avec ma qualité qui y est porté ? 2“ Comment vous en avez connoissance. 3“ Entre les mains de qui il se trouve. 4“ Quelle demande vous a faite le Gouverneur sur ma mise en liberté. Quels moyens vous employerez en cas de dénégation.

Vous voudrez donc bien me répondre avec détail à ces questions, il s’agit ici pour moi de la vie ou de la mort, et vous pouvez concevoir quelle doit être mon impatience et quelles doivent être mes craintes. J’attendrai votre réponse en comptant les heures jusqu’au moment où elle m’arrive, j’espère qu’elle sera prompte.

Recevez mes remercîments et les Saints de la fraternité.

.Signé : D. Dolomieu, membre de l’Institut national.

Je suis encore bien malade, on m’a cbangé aujourd’bui de prison.

Pour Copie exactement conforme à l’original,

Signé : Feuillet.

Pour Copie conforme.

Le chef de la ü" division.

Bonjour.

1$0NA1>AHTI<: PHKMIEI! CONSUl,

Le l"' avril 1800.

12 germinal an 8.

J’ai été très-affecté de votre maladie, mon cher compatriote, et je prends beaucoup de part à votre rétablissement, j’espère que votre santé sera assez bonne pour que vous puissiez partir avec les premiers prisonniers que l’on expédie pour France, vous aurez le bonheur de revoir votre Patrie et de vous trouver parmi vos parents et vos amis; pendant que moi je suis condamné à rester ici entre quatre murs, livré h tous les besoins, éprouvant toutes les privations et dévoré par le chagrin et l’ennui. Vous saurez que le Gouvernement n’a reçu aucune instruction qui soit relative à ma liberté, ainsi, il faut ou que la nouvelle de mon échange ne soit pas fondée, ou que la cour de Palerme ne veuille pas consentir à son exécution, dans l’un ou l’autre cas, je suis privé de tout l’espoir que m’avoit donné la lettre que vous avez eu l’obligeance de m’écrire, et me voilà plus que jamais indécis sur mon sort ou plustot je suis presque certain que mes infortunes ne doivent pas finir de longtemps sans prévoir quand et comment elles se termineront.

En arrivant en France, faites-moi le plaisir de rendre compte au Gouvernement de la situation où j’étais en arrivant ici, du traitement rigoureux que j’éprouve, de la barbarie avec laquelle on m’a tenu enfermé pendant neuf mois dans une sorte de cachot très étroit qui ne recevoit presque ni air ni jour. Dites que je manque de tout, que ma santé est mauvaise et que si on ne vient promptement à mon secours, je suis un homme perdu. Ecrivez cela au Ministre de la Marine, au Ministre des relations extérieures et à celui de l’intérieur, et instruisez-les de la démarche que vous avez faite pour moi auprès du Gouverneur de cette ville; vous pourrez faire la même relation au Commandant de la marine à Toulon pour qu’il en rende compte au Gouvernement.

Dites-moi précisément l’état de votre santé, si vous croyez partir pour la première occasion et le jour à peu près où vous pourrez mettre à la voille, afin que si j’ai quelqu’autre chose à vous faire savoir ou à vous envoyer je puisse m’arranger en conséquence.

Je n’oublierai jamais, mon cher Concitoyen, l’intérêt que vous avez pris à moi et le désir que vous avez eu de m’obliger, je désire que l’occasion se présente de vous témoigner ma reconnaissance.

Salut et fraternité. D. Dolomieu,

Membre de l’Institut national.

Je sais que le Commandant Anglais prend part à ma tristesil.ua-

5230 IJONAPAIVri': MEMBRE DE L’INSTITUT NATIONAL

lion, faites-lui en mes sincères remercîmenls et dites-lui Itien que j’en suis extrêmement reconnaissant.

Mandez-moi s’il y a quelque apparence de paix, si vous y croyez, ce qu’en pense le Commandant anglais, et ce qu’en disent les papiers anglais; car mes dernières espérances sont dans cette paix désirée depuis si longtemps et que le Gouvernement français a offert à toutes les puissances.

Malgré la démarche faite hier de vive voix, je crois qu’il seroit avantageux que vous écrivissiez toujours votre lettre au Gouverneur motivant la demande de ma liberté sur la notoriété publique qui annonce mon échange, ainsi que sur les papiers anglais qui en ont parlé. Le Gouverneur devra vous répondre et envoyer votre lettre à Païenne, ce qui produiroit au moins quelques éclaircissements.

Pour Copie conforme,

Feuillet.

Pour Copie conforme,

Le Chef de la six" division, Bonjour.

Lirerté. — Égalité.

Paris, le 19 messidor an 8 de la République une et indivisible.

Le Ministre de la Marine et des Colonies au Z pièces a joindre. Président de l’Institut national.

Je présume, citoyen Président, que vous aurés reçu la lettre que je vous ai écrite le 29 floréal dernier pour vous transmettre les nouvelles qui m’étoient parvenues sur la situation du C““ Dolomieu, je vous mandois que je les faisais passer au Commissaire du Gouvernement français à Londres avec invitation de les communiquer à M. le Chev“‘' Banck.

Je vous adresse ci-joint, avec la copie de la réponse que m’a faite le C®“ Otto, la traduction de celle qu’il a reçue de M. le Chev" Banck. Croyés, Citoyen Président, que je partage bien véritablement l’impatience que doit éprouver l’Institut, en attendant aussi longtemps le retour de l’homme célèbre qu’aucunes démarches n’ont encore pu faire sortir de l’affreux cachot où son existence reste toujours compromise.

G“ Division.

BUREAU des prisonniers de guerre.

(Henseignenienls sur le C°“ Dolomieu.)

Forfait.

nONAl'AUTK IMIKMIKll CONSUL

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