LES LETTRES PATENTES DE
comme les mitres lubies forniRienl un cîirre vide mi milieu, les anciens pensionnaires se plaçaient à celle qui était à droite, les pensionnaires moins anciens prenaient leurs places, ainsi que le secrétaire et le trésorier, à celle qui était à gauche. Les tables qui se trouvaient en face de celles des honoraires étaient occupées par les associés, et derrière les pensionnaires étaient disposées des banquettes destinées aux adjoints qui furent substitués aux élèves par le règlement de i7i6.
Il ne nous a pas été possible jusqu’ici, ainsi qu’on l’aura sans doute remarqué, de reproduire aucun document émané de l’autorité royale, qui fût relatif soit à l’institution, soit au maintien de l’Académie des sciences ; le premier acte qui revêt ce caractère date de 1713 ; il est conçu de la manière suivante :
Lettres patentes qui confirment l’établissement des Académies royales des inscriptions et médailles et des sciences.
Louis, par la greâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présens et à venir, salut.
Le soin des lettres et des beaux-arts ayant toujours contribué à la splendeur des États, le feu Roy, notre très honoré seigneur et père, ordonna en 1635, l’établissement de l’Académie françoise, pour porter la langue, l’éloquence et la poésie au point de perfection où elles sont enfin parvenües sous notre règne. Nous choisismes en 1663, parmi ceux qui composoient cette académie, un petit nombre de sçavans, les plus versez dans la connoissance de l’histoire et de l’antiquité, pour travailler aux inscriptions, aux devises, aux médailles et pour répandre, sur tous les monumens de ce genre, le goût et la noble simplicité qui en font le prix. Tournant ensuite plus particulièrement nos vücs du côté des sciences et des arts, nous formâmes en 1666 une Académie des sciences composée de personnes les plus habiles dans toutes les parties des mathématiques et de la physique et en 1667, nous fîmes construire le fameux édifice de l’Observatoire, où ceux d’entre eux qui s’appliquent à l’astronomie ont déjà fait de si célèbres et de si utiles découvertes. Ces deux académies assemblées par notre protection et soutenues par des bienfaits que la difficulté des tems n’a jamais interrompus, remplirent si dignement nos espérances que quand la paix de Risvvick eut rendu le calme à l’Europe, nous songeâmes â leur donner un témoignage authentique de notre satisfaction; nous leur accordâmes des règlemens signez de notre main, pour déterminer l’objet, l’ordre et la forme de leurs exercices et, par une distinction encore plus singulière, nous vou-
lûmes que leurs conférences se tinssent au Louvre. L’estime et la réputation que ces Compagnies ont acquises depuis ce tems-là nous engagent de plus en plus à donner une forme stable et solide à des établissemens si avantageux.
A CES CAUSES, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons par ces présentes signées de notre main, permis, approuvé et autorisé, permettons, approuvons et autorisons les assemblées et conférences des membres qui composent les d. deux Académies, que nous avons d’abondant, en tant que de besoin est ou seroit, instituées et établies comme par ces présentes nous les instituons et établissons, l’une sous le titre (['Académie royale des inscriptions et médailles, et l’autre sous celui d' Académie royale des sciences; lesquelles continueront d’être dirigées par le Secrétaire d’État ayant le département de notre maison. Voulions pareillement qu’elles continuent de tenir leurs assemblées dans les appartemens que nous leur avons assignez au Louvre, aux jours et heures indiqués par nos d. règlemens des 20 janvier 1099 et 10 juillet 1701 (1), dont copies sont cy attachées sous le contrescel de notre chancellerie, et que nous entendons être exécutés selon leur forme et teneur. Si donnons en mandement à nos amés et féaux con®” les gens tenant notre chambre des comptes à Paris, que ces présentes ils ayent à faire lire, publier et enregistrer et le contenu en icelles garder et observer selon sa forme et teneur, car tel est notre plaisir et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces d. présentes.
Donné à Marly, au mois de février, l’an de grâce mil sept cent treize et de notre règne le soixante dixième.
Louis.
Par les Lettres patentes qui précèdent, on voit que le roi attachait quelque importance aux relations qui existaient déjeà entre l’Académie des sciences et celle des inscriptions et médailles (2). Ces relations avaient été réglées par l’article XLVlll du règlement donné à cette dernière Académie, le 16 juillet 1701; elles sont peu connues ; Dionis du Séjour, dans une note lue à l’Académie des sciences le 10 avril 1777, en a conservé l’histoire.
(1) Ce règlement de 1701 est celui qui a été donné spécialement à l’Académie des inscriptions et médailles.
(2) C’est seulement â la suite d’un arrêt du Conseil d’Étal en date du 4 janvier 171G (jue l’Académie des inscriptions et médailles a pris le titre d’Académie des inscriptions et belles-lettres.