TITRE IV
Des devoirs à rendre aux membres de l’Institut après leur décès.
Article XXIII. En cas de décès d’un des membres de l’Institut, le Commis au Secrétariat prendra auprès des personnes de la famille, les renseignements nécessaires sur le lieu et l’heure des funérailles, et il en donnera avis par écrit aux membres de l’Institut, qui sont tous invités à se réunir pour rendre les derniers devoirs à leur collègue décédé. Les Présidens, le Secrétaire perpétuel et six membres désignés par la classe dont il était membre sont spécialement chargés de s’acquitter de ce devoir; dans le cas où ils ne pourraient pas s’en acquitter par eux-mêmes, ils prieront un de leurs collègues de les remplacer.
L’Institut arrête que le Bureau présentera le règlement à l’approbation du Gouvernement.
Certifié conforme au registre.
(1) Cet article inodilie l’arrété du 29 messidor au IV.
BONAl'ARTIÎ PUEMIEH CONSUL
Le Secrétaire perpétuel de la classe d’histoire et de littérature aucieiine, faisant fonctions de Secrétaire général des classes réunies,
Daciku.
Le Premier Consul a approuvé le présent règlement, a 1 exception des articles xv, xvi, xvii et xviii du titre II, sur l’objet desquels les quatre classes de l’Institut ont pris des délibérations individuelles.
Par ordre.
Le Secrétaire d’État, Hugues Maret.
19 floi’éal an XL
Ce sont ces règlements qui subsistèrent jusqu’au moment où, en 1816, Louis XVIII rétablit les Académies.
Plus entreprenants, plus audacieux que jamais , secondés qu’ils étaient par l’Angleterre, les émigrés poursuivaient leurs projets, et Napoléon courait de nouveaux et sérieux dangers; un vaste complot auquel avait pris part Cadoudal et Pichegru venait d’être découvert au moment même où il allait recevoir un commencement d’exécution.
Les procès-verbaux des séances de l’Institut rappellent ce fait important dans les termes qui suivent :
L’Institut, ayant été convoqué le 30 pluviôse an XII (20 février 1804), a arrêté de se rendre en corps chez le Premier Consul, dans l’instant même, pour lui témoigner la part que prenait ce corps au danger qui avait menacé sa personne et la sûreté publique.
L’Institut, présidé par M. Regnaud de Saint-Jean d’Angély, a été introduit dans la salle d’audience; le Président a adressé au Premier Consul le discours suivant :
Citoyen Premier Consul,
Le gouvernement anglais pouvait, en frappant une seule tête, frapper la République entière.
Veuve du héros qui l’a sauvée, la Patrie voyait renaître tous ses malheurs.
Nous perdions en vous, citoyen Premier Consul, la garantie du repos de nos familles, de la paix de nos cités, de la gloire de nos armées, du salut de notre pays.
Des institutions savantes et littéraires à peine renaissantes, des
“2ÜÜ UONAMUTE MEMBRE ÜE L’INSTITUT NATIONAL
collèges à peine ouverts, des écoles à peine établies, pleuraient leur fondateur. *
Les élèves de Saint-Cyr, de Compiègne, de Fontainebleau, de nos nombreux lycées, redevenaient orphelins.
Le génie de la France vous a préservé. Heureux de lui devoir votre salut, l’Institut national lui rend grâces encore de ce que vous n’avez pas eu, de ce que vous n’aurez jamais à redouter des conspirations formées en France et par des Français. Les complots qui vous menaçaient étaient tramés sur un sol étranger par les éternels ennemis des Français et de la France.
Ceux qui ont voulu les servir, les seconder, en profiter, égaux devant la loi qui les jugera et les Anglais qui n’ont pu vous atteindre avec leurs poignards impuissans, trembleront bientôt devant votre épée victorieuse.
Pourquoi faut-il que cette pensée nous ramène à celle d’un autre danger pour votre personne, et au sentiment d’une crainte nouvelle?
Il est permis de l’exprimer, quand la France entière la partage, quand ces bataillons intrépides, cette garde fidèle, ces braves de toutes les armes, que leurs propres périls n’ont jamais émus, frémissent à l’idée des vôtres.
Ail ! du moins, citoyen Premier Consul, n’oubliez jamais que la grande nation vous a remis le dépôt de ses destinées. Secondez par une prudence que nous implorons, les vœux de la France et les nôtres; secondez la Providence qui veille sur vous, et qui veut que pour la paix du monde, vos institutions protégées, perfectionnées par vous-même, deviennent immortelles comme votre gloire.
Au sortir de l’audience du Premier Consul, les membres de l’Institut national ont été admis chez Bonaparte. Le C““ Regnaud de Saint-Jean d’Angély, président, a porté la parole en ces termes :
« Madame, la France a été menacée de perdre son chef, l’armée son héros, et vous un époux.
(( La Providence l’a préservé.
« L’Institut national vient unir l’expression de ses sentiments à ceux de la France, de l’armée et de l’Épouse du Premier Consul.
« Votre tendresse. Madame, a vivement senti les dangers qui l’ont environné; qu’elle veille pour en écarter de nouveaux, et doubler vos droits à la reconnaissance publique, en vous occupant de conserver la vie du Premier Consul, comme vous vous occupez de la rendre heureuse. »
On sait de quelle épouvantable répression fut suivie la découverte de ce complot : quarante personnes soupçonnées d en
HONAPAHTE PREMIER CONSUL
avoir fait partie furent exécutées; Moreau dut prendre le cliemin de l’exil, et, le 21 mars, le duc d’Engliien était fusillé dans les fossés de Vincennes.
Cette dernière exécution parut ébranler un instant la puissance de Bonaparte; mais avec une décision remarquable, avec une profonde intelligence de la situation, il fit représenter au Sénat les dangers que courait le pays, et parvint, à l’aide de ce moyen, au but qu’il voulait atteindre et qu’il avait poursuivi avec une si grande persévérance : le 28 floréal an XII (18 mai 1804), Napoléon était proclamé Empereur.