LOUIS XVI
LOUIS XVI ROI DE FR • | ET DE NAVARRE; Tète du Roi; signée : DUVIV R. Même légende et même type, sans date.
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Feuilles de présence du 2 janvier 1673 et du 3 lévrier 1701.
ceux-là seuls qui avaient assisté à toute la séance. Or, s'il n'y avait eu qu'une séance hebdomadaire depuis l'origine jusqu'il 1651, on en tenait deux depuis 1651, et à partir du 20 janvier 1675, on en tint trois. Celait donc une grande part de vie qui se trouvait absorbée, et l'on ne saurait dire qu'elle se trouvât rémunérée : les jours où, selon une expression qu'on entendit fréquemment — et même de nos temps. — « le jeton était bon », c'est qu'on recevait quatre ou cinq jetons de trente-deux sols chacun, soit au plus huit livres : mais ce cas ne se produisait guère et, à l'ordinaire, il-y avait dix académiciens en séance, ce qui eût donné à chacun quatre jetons, si le Secrétaire perpétuel n'avait eu douhle part, jusqu'au relus qu'en fit Mirahaud, et si le Libraire de l'Académie, qui en était comme l'huissier, n'avait à chaque fois reçu un jeton.
Lorsque les services funèbres eurent lieu aux Gordeliers, que l'assistance tint lieu de séance, et qu'on y distribua les jetons, le prieur fut compris dans la distribution.
Grâce à la perception faite par année pour cent einquante-six séances et à l'économie sur les jours de fête où l'on ne s'assemblait point; grâce au paiement par le Trésor de mois et d'années arriérés et l'impossibilité de répartir de telles sommes, les jetons finirent par former en quelque sorte la monnaie courante de l'Académie. Là-dessus, elle paya les frais des services royaux, les cachets des
musiciens qui participaient à la fête de Saint-Louis, aux Te Dewn, et aux services, les gratifications du commandant du Louvre ou des officiers de Ville ; môme parfois on changeait des jetons contre de la monnaie courante, pour acheter les livres nécessaires au travail du Dictionnaire.
En ces conditions, une sorte de masse noire se trouvait formée aux mains du Secrétaire : c'est ainsi que, à la mort de l'abbé Dubos, secrétaire perpétuel, en 1742, ses héritiers firent savoir à l'Académie qu'ils étaient prêts à lui remettre les jetons lui appartenant, trouvés dans les effets de leur oncle et qu'ils en remirent six cent quatrevingt-quatorze, faisant 1.110 livres.
En 1784, seulement, sans qu'aucune demande eût été faite par l'Académie, le Roi accorda l'augmentation des jetons de la Compagnie jusqu'à la valeur de trois livres, ce qui permit aux plus zélés d'arriver à se faire dix-huit cents livres par année : mais, c'était trop beau pour durer, et de telles sommes étaient de nature à faire taxer d'aristocratie ceux qui les recevaient. On leur fit bien voir.
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Le droit de Cbmmitiimm et la participation aux jetons formaient, si l'on peut dire, l'essentiel des avantages effectifs que trouvait le nouvel élu à son entrée parmi les Quarante, mais il était encore divers autres agréments que son fauteuil lui procurait.
Le 3 mars 1732, « sept députés des Comédiens français ayant fait avertir l'Académie qu'ils étaient clans son antichambre et qu'ils souhaitaient de lui parler, elle les reçut de la manière qu'elle reçoit les étrangers qui ont quelque chose à lui proposer ». Les députés s'étant assis, M. Quinault, l'aîné, lut un bref discours où il disait, au nom de tous, que la crainte d'un refus les avait empêchés, jusqu'à présent, de faire cette démarche, mais, ayant appris que les Académiciens ne dédaigneraient pas l'entrée de la Comédie, ils venaient la leur offrir. « En l'acceptant, ajoutait-il, vous nous honorerez infiniment. Il ne nous reste plus, messieurs, qu'à vous supplier de nous venir entendre le plus souvent qu'il vous sera possible et de nous faire part de vos lumières dans les occasions où nous aurons besoin des secours d'une Compagnie aussi illustre
et aussi respectable que la vôtre. » Sur quoi, l'abbé Dubos, secrétaire perpétuel, qui, par l'absence du Directeur et du Chancelier, présidait à cette séance où se trouvaient seulement huit Académiciens, partit en un discours qui ne pouvait sûrement pas être improvisé, où il parla du Cid, du théâtre français, de ses succès européens et de quantité d'autres choses. Toutefois, il n'abaissa point l'Académie, ni les auteurs dramatiques, et il dit à messieurs les Comédiens : « Que les bons acteurs font valoir les bonnes pièces, mais que ce sont les bonnes pièces qui forment les bons acteurs. » D'ailleurs, de lui-même, il n'accepta pas la proposition faite à la Compagnie : « Au reste, messieurs, dit-il en terminant, l'Académie rendra compte de l'offre obligeante qui lui est faite au Roi, son protecteur. » L'abbé Dubos écrivit, en effet, à son confrère, le cardinal de Fleury, premier ministre, pour lui demander s'il ne pourrait point faire chercher les Comédiens la première fois qu'ils iraient à Versailles et leur dire qu'il leur sait gré du respect qu'ils ont témoigné pour les lettres. Et le cardinal répondit simplement que « à la première occasion, il fera témoigner aux Comédiens français le gré que l'Académie leur sait de l'offre qu'ils lui font et le Roi trouve bon qu'elle l'accepte ».
Depuis lors, les rapports entre l'Académie et la Comédie-Française se sont maintenus sur le même pied et s'il arrive qu'à celle-ci la mode impose parfois des spectacles qui paraîtraient mieux placés
dans des théâtres de second ordre, grâce à cellelà. aux œuvres qu'elle a fournies dans le passé et qui constituent le répertoire, aux œuvres qu'elle fournit dans le présenl et qui, quel qu'en soil le succès, forment seules une littérature dramatique digne d'être retenue, le Théâtre connaît encore des jours où il ne démérite pas de son ancienne gloire.
Il sera temps, lorsqu'on rendra compte des rapports de l'Académie avec ses protecteurs, de montrer ses diverses députations près du Roi et de rechercher les honneurs qu'elles recevaient, mais ce n'était point en forme de députation que certains de ses membres étaient admis aux spectacles de la Cour. La première mention que l'on en trouve remonte à janvier 1076. Le président Rose, connue on sait, était secrétaire du cabinet du Roi et fort avant dans sa confiance; il a été élu el reçu un mois auparavant. Il est plein de zèle pour l'Académie et désire le l'aire paraître. Il annonce qu'il a pris la liberté de supplier le Roi de vouloir accorder quelques places à la Compagnie pour voir la représentation de l'opéra, comme il lui avait plu d'en donner aux Compagnies souveraines. Sa Majesté reçut favorablement cette prière et accorda six places à la Compagnie pour tel jour qu'elle voudrait choisir. L'honneur était grand et le président Rose pressa pour qu'on en jouît le plus lot possible : toutefois il s'agissait d'aller à Saint-Germain et d'y coucher, ce qui écartait bien des gens. Charpen-
lier et Furetière, qui étaient prêts à profiter de tout, s'engagèrent à y aller dès le mercredi suivant qui était le 29, et, le lendemain de ce beau jour, Charpentier rendit compte à la séance ordinaire de ce qui s'était passé. « Il a dit que M. Furetière, trois autres de Messieurs et lui, s'étaient rendus en ce lieu là. qu'ils y avaient trouvé M. Rose qui les avait introduits avec toute la facilité qu'ils pouvaient désirer dans la- salle des Comédies; que là, ils avaient trouvé un garde auprès d'un banc qui leur dit qu'il leur gardait six places par l'ordre du Roi; que, s'y étant assis, on était venu, à quelque temps de là, leur présenter des fruits et des confitures dans des corbeilles ; qu'ensuite ils avaient vu avec ravissement et admiration représenter l'opéra. Qu'au sortir delà, M. le duc de la Feuillade les avait fait conduire dans son hôtel où ils avaient été régalés à souper et qu'après le souper, M. de Benserade les avait pris et menés dans une maison où ils avaient été fort commodément logés. Sur quoi, la Compagnie remercia M. Rose et M de Benserade et de même ceux de Messieurs qui étaient allés à Saint-Germain et qui, par leur présence, l'avaient mise, pour ainsi dire, en possession d'un honneur si avantageux. »
Il faut penser que l'Académie continua, durant le règne de Louis XIV, d'être ainsi favorisée, quand l'occasion se présenta, bien plus rare, à mesure que le règne s'avançait, de voir l'opéra, mais il semble qu'ensuite un demi-siècle passa avant
qu'elle retrouvât ses places aux spectacles de la Cour. Ce fut M. Duclos, secrétaire perpétuel, qui, en avril 1770, sans avoir reçu mandat officiel de la Compagnie, « remit à M. le ducd'Aumont, premier gentilhomme de la Chambre, un placet adressé au Roi, tendant à obtenir de Sa Majesté, comme sous le feu Roi, des places pour des Académiciens aux spectacles de la Cour, et particulièrement à ceux qui se préparaient pour le mariage de Mgr le Dauphin. S. M. eut la bonté d'écrire, elle-même, au bas du placet : bon pour les trois Officiers ». L'Académie remercia M. Duclos des soins qu'il avait pris, députa au duc d'Aumont pour lui porter l'expression de sa gratitude, et décida qu'elle vaquerait le jour de la première fête donnée à Mme la Dauphine. M. le prince de Beauvau, capitaine des gardes du corps de quartier, remit pour cette fête six billets au Secrétaire. « Mais l'Académie jugea à propos de se borner à ses trois places de droit et rendit trois billets. » Trois Académiciens furent placés dans le parquet à chaque fête : « ils ont même assisté au bal paré et au festin royal. » Toutefois, il semble qu'il y ait eu, en 1773, une contestation au sujet des places réservées à l'Académie ; le prince de Beauvau intervint heureusement près de son collègue le prince de Tingry, lequel écrivit au Directeur pour « lui promettre de faire garder trois places pour les spectacles de la Cour ». Et, sous le nouveau roi, l'on vit, en août 1775, en particulier à la représentation du Connétable de Bourbon, les