MÉDAILLE GRAVÉE PAR JEAN WARIN
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ARMAND • IOAN • CARDVX DE RICHELIEV; Buste du Cardinal. R. HOC DVCE | TVTA 1634; Galère armée de Canons, voguant.
trois Académiciens, remplissant, avec le sérieux inséparable d'une si haute mission, les places accordées par le Roi.
On ne saurait dire à quelle époque remonte' l'usage selon lequel le Roi faisait distribuer aux Académiciens les médailles qu'il faisait frapper à l'occasion de quelque événement de son règne. La première mention qui s'en trouve aux registres est du 28 mai 1770. Il y est dit : « M. le Secrétaire a remis à chaque Académicien une médaille d'argent frappée à l'occasion du mariage de M>r le Dauphin. » Lors du sacre de Louis XVI, il fut alloué une médaille d'or à l'Académie (mais était-ce un don royal ou un don particulier du maréchal de Duras?) et une médaille d'argent à chacun des Académiciens. Toutefois, il ne semble ni que l'usage fût très ancien, ni qu'il fût constamment suivi : car, lorsque Morellet énumère les pauvres richesses qui furent mises sous scellés en 1793 et qu'il ne put sauver, il dit seulement. « Quelques médailles. »
S'il n'y avait les honneurs décernés à l'Académie en corps, ce serait là tous les bénéfices qu'un des Quarante tirerait de son élection, mais il y avait encore les bénéfices posthumes. D'abord le service aux Gordeliers, ensuite l'éloge prononcé par le successeur dans son discours de réception et confirmé par le directeur ; enfin l'honneur d'avoir son portrait pendu dans la salle des séances.
Di's l'année 1688, sur la proposition de l'abbé de Dangeau, l'Académie avait résolu de former une collection d'estampes représentai les membres de l'Académie et elle avait demandé que, à cri effet, chaque Académicien donnât le portrait de sou prédécesseur, mais il ne semble pas qu'on alla bien loin dans cette voie et d'ailleurs faut-il reconnaître que l'iconographie de l'Académie est assez pauvre.
( >u trouve aux registres, à la date du 31 août 1726, que, sur l'invitation que l'Académie avait faite à tous ses membres de donner leurs portraits pour être placés dans la salle des séances et de rechercher les portraits des Académiciens morts pour lui en faire présent, l'abbé d'Olivet avait aussitôt offert, de la part de M"'e de La Chapelle, le portrait de La Fontaine et annoncé celui de M. de La Chapelle, et que, le 2 septembre. M. h' maréchal duc de Villars avait envoyé le sien. Selon d'Alembert, c'eût été Villars qui eût pris les devants pour offrir son portrait, comptant qu'il sérail seul aux murs avec ceux des protecteurs, Richelieu et le chancelier Séguier, Louis XIY et Louis XV, et qu'il en tirerail une grande vanité; mais que, pour rétablir l'égalité académique, M. de Yalincourt se trouva pour envoyer tout aussitôt ceux de Despréaux et de Racine. Cette histoire, comme la plupart, de celles qu'édite d'Alembert. se trouve contredite par les registres.
A la lin, en 1793, l'Académie possédait quatrevingt-treize portraits, dont une bonne part offerte-
L'UN DES QUARANTE loi
par les modèles ou par leurs familles. On avail pris le parti de les faire tous de même dimension, de les placer en des cadres pareils, au bas desquels étaient inscrits le nom de l'académicien et l'année de sa réception . Plusieurs pouvaient ne point paraître excellents aux connaisseurs, et la plupart étaient des copies, mais des copies dont les contemporains pouvaient affirmer la ressemblance. S'ils ne valaient point comme peinture, ils valaient assurément comme documents iconographiques; ils valaient aussi dans leur ensemble, et. mis l'un pies de l'autre, évoquaient la suite des Académiciens depuis Godeau jusqu'à La Harpe.
Sauvés en 1793 par Morellet qui les avait entassés dans uns des tribunes de la salle de réception, ils furent, après la période du Vandalisme, transportés au Musée des Monuments français d'où, en l'an XI, lors de la réorganisation de l'Institut, ils furent restitués à la 2° classe, celle qui prenait la place de l'Académie française, en héritait et devait la continuer. En 1839, lors de l'organisation du Musée de Versailles, une pression fut exercée sur l'Académie pour obtenir d'elle la remise des quatrevingt-treize portraits composant sa collection. Ces portraits furent placés dans des salles du deuxième étage, mêlés à des portraits quelconques, de peintres, d'architectes, de théologiens, sans ordre et sans goût; après les avoir enlevés de .force, on les hospitalisa à la diable, on les jugea sans indulgence. On écrit encore : « Copies banales et
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sans intérêt qui composent la collection dite de l'Académie française. » Pourquoi dite? Elle appartient légitimement à l'Académie. Chacun de ses membres en ayant payé une partie, on ne saurait douter qu'elle n'ait le droit de la reprendre et de la tirer du dépôt où l'on en fait si peu de cas Avec les portraits qui lui appartiennent et les bustes qu'elle possède, l'Académie pourrait former un incomparable musée. Car il n'importe que, comme peinture, ces portraits des anciens soient « des copies banales et sans intérêt » il importe qu'elles constituent, à travers près de trois siècles, la lignée traditionnelle de l'Académie et qu'elles lui apportent, avec la consécration des âges, les effigies des ancêtres.
Le jour où l'Académie sera chez elle, elle devra se souvenir qu'elle a des revendications à exercer et un devoir de piété à remplir.