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L'exposition universelle de 1S

ture. Les doeuments faisaient défaut^ ou n'étaient accessibles qu'aux érudits de profession* Deux ou trois pages de Sauvai dans ses Antiquités de Pdris, qudr ques phrases de Félibien^ un récit développé mais obscur de Piganiol^ et le recueil des statuts, arrêts et lettres patentes publié par l'Académie elle-même^ voilà, en fait de documents imprimés, tout ce qu'alors on possédait. Pour en savoir plus long, il fallait recourir, soit aux anciens registres de la compagnie déposés dans les archives de l'École des beaux-arts, soit à un manuscrit donné en 1745 à la bibliothèque du roi, par un académicien honoraire, M. Hulst, entre les mains duquel il s'était conservé, relation partiale mais complète des premiers temps de l'Académie, depuis sa fondation en 1648 jusqu'à son établissement définitif en 1664.

• Aujourd'hui cette relation est sous les yeux du public : H. de Mont^iglon l'a imprimé en 1853 ^ ;'il en a même découvert l'auteur : c'est au peintre Henry Tes-

1. C'est le manuscrit de la bibliothèque impériale (in-ft* de 576 pages, portant, dans le supplément français, le n» 339) qu'a publié M. de M c^ntaiglon. Un autre manuscrit de cette même relation existe aux archires de TËcole des beaux-arts. L'obligeance de M. Vinit, conservateur de ces archives, nous a permis d'acquérir îa certitude que les deux textes sont à peu près identiques. Le manuscrit de l'École paraît être la copie de celui de la bibliothèque, copie presque contemporaine, et différant de l'original seulement par quelques mots omis ou transposés.

telin, un des premiers secrétaires de la compagnie^ qu'il en attribue l'honneur^ et tout semble confirmer cette ingénieuse conjecture ^ Quant aux archives de rÉcole des beaux-arts, elles commencent aussi à voir le jour^ grâce au zèle persévérant de quelques jeunes écrivains, MM. de Chennevières, Dussieux^ SouHé^ Hantz et de Montaiglon^ si heureusement associés dans la pensée de glorifier notre art français, de fouiller ses annales et de lui restituer ses titres de noblesse.

L'histoire de TAcadémie n'est donc plus un mystère : de sa naissance jusqu'à sa chute^ on la suit jour par jour. 11 n'est besoin que de classer les matériaux et d'en saisir l'esprit. Antérieurement à sa naissance, au contraire^ antérieurement surtout au dix-septième siècle, l'obscurité commence ou du moins la clarté s'affaiblit. Au lieu de documents concordants, au lieu d'explications contemporaines, on ne rencontre guère

1. La seule raison de la mettre en doute, c'est la façon plus qu'obligeante dont Tauteur anonyme de la relation parle d'Henry Testelin. Il ne perd pas une occasion d'en dire tout le bien du monde, de vanter son esprit, son adresse, sa perspicacité. Eût-il osé parler ainsi de lui, même en gardant l'incognito? Voilà l'objection. Mais, toute réflexion faite, il n'y a pas de quoi détruire les arguments et les preuves sur lesquels M. de Montaiglon s'appuie. Évidenmient c'est Henry Testelin qui est l'auteur du récit; seulement il en faut conclure que Testelin n'était pas modeste. A voir comment certains artistes parlent d'eux à visage découvert, on comprend que, sous le masque, celui-ci n'ait pas cru devoir taire tout le bien qu'il pensait de lui.

que des faits constatés après coup ou d'incomplets té moignages. Ce n'est pas une raison pour s'abstenir. Sans un coup d'œil jeté sur cette époque antérieure, comment comprendre le fait même qu'il s'agit de ra- ' conter, la naissance de l'Académie? G*est un préambule nécessaire. L'auteur du manuscrit qui tout à l'heure nous servira de guide l'avait senti comme nous. Son premier soin, avant d'entrer en matière, est de chercher les causes qui ont préparé, amené, nécessité l'établissement de la compagnie, c'est-à-dire d'exposer l'état des beaux-arts en France^ antérieurement à cette époque.

Par malheur, son travail est, dans cette partie, aussi bref, aussi peu complet qu'il est développé dans l'autre. Nous ne promettons pas de mieux faire; seulement nous essayerons d^ajouter quelques éclaircissements, surtout quelque critique, à ses explications, et de mettre à proût les recherches que ces sortes de questions commencent à provoquer.

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