OBSERVATIONS
OBSERVATION PREMIÈRE (Auto-Chir., n° 37) G. A. R.
(Inédite) Due à l’obligeance de M. le professeur Soubeyran Blessé présenté au Centre de Beauvais Balle de fusil dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche Extraction par résection temporaire de la clavicule.
W. K.., sergent, 18° régiment d'infanterie américaine ; blessé le 18 juillet 1918 par balle de mitrailleuse (à Montdidier).
Orifice d'entrée sur le côté gauche du cou à la hauteur de l’os hyoïde, sur le ‘bord postérieur du sterno-cléïdomastoïdien. Pas d’orifice de sortie. :
Il n’y a pas eu d’hémoptysie; il n’y a pas d’hématome. Le cou est parfaitement souple, sans induration.
Radiographie. — Faite par le docteur Nougaret, autochir, n°57, G. AR.
Balle de mitrailleuse localisée à la partie supérieure du
thorax gauche, se détachant sur la clarté du dôme pulmonaire dans le triangle costo-claviculaire. La pointe est dirigée obliquement en bas et en dedans, la base regarde en dehors vers la première côte. En somme la balle est exactement derrière l’articulation sterno-claviculaire gauche. A l’examen on trouve que la région qui est en arrière de
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la clavicule et du manubrium, est douloureuse à la pression. Il, y a quelques douleurs irradiées dans le bras gauche.
En raison de la situation de cette balle, de son voisinage avec les gros vaisseaux de la base du cou, ainsi que des phénomènes de compression nerveuse, on décide d'intervenir. En effet, la région est dangereuse et l’on eraint la production d’anévrysme consécutif. On décide, pour avoir du jour, de pratiquer la résection temporaire de la clavicuie. L'opérateur est M. le professeur Soubeyran, aidé par le radiographe armé de sa bonnette.
Opération le 28 juillet 1918. — Anesthésie avec l’appareïl d'Ombredane. Incision de Sencert, horizontale au niveau du bord supérieur de la clavicule, allant depuis le tiers externe de cet os jusqu’à deux centimètres au-delà de l’articulation sterno-claviculaire du même côté.
À l’extrémité externe de l’incision, on met à nu la clavicule et on la scie en travers à l’aide d’une scie de Gigli. A l'angle interne de l’incision on sectionne le chef claviculaire du sterno-cléildo-mastoïdien, on met à nu l’articulation sterno-claviculaire, on l’ouvre et on désarticule l’extrémité interne de la clavicule, en laissant le ménisque articulaire adhérent à la surface sternale.
Puis, suivant la ligne d’incision cutanée qui se continue en se recourbant en bas et en dehors vers le pli axillaire, on trace un vaste lambeau ostéo-cutané à large base externe. Le muscle grand pectoral est sectionné, son nerf reste intact et est relevé dans le lambeau avec les muscles.
La bascule de la clavicule, saïsie par un davier, au niveau du point où elle a été sciée, à l’union de son tiers externe avec ses deux tiers internes, permet de rabattre le lambeau complètement en dehors.
On a alors sous les yeux le confluent de la veine jugu-