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CHAPITRE HUITIEME La théorie chimique confirmée par saint Thomas

Ce j)oint est tout à fait capital, puisque si nous parvenons à l'établir solidement, nous avons écarté l'obstacle le plus sérieux à l'accord si désirable entre la philosophie scolastique et la science moderne. On nous permettra donc d'insister encore, et d'emprun-

ter à la doctrine d'Aristote et de saint Thomas de nouveaux arguments, qui mettent absolument hors de conteste cette permanence réelle des forces élémentaires dans le composé.

Le premier argument nous est fourni par la belle théorie d'Aristote sur la composition du corps vivant. C'est saint Thomas luimême qui nous renvoie à cette théorie, dans la question LXXVI de la première partie de sa Somme ihéologique (art. 4, ad 4) où il se demande si, dans l'homme, il y a une autre forme substantielle que l'âme raisonnable. Le corps humain étant un composé à la fois chimique et vivant, les éléments doivent y demeurer comme ils demeurent dans tout composé. Mais comment y demeurent-ils? — Saint Thomas répond, d'après Aristote, que « les éléments ne demeurent pas dans le corps humain en acte mais en verta ; car les qualités propres des éléments demeurent, bien que tempérées l'une par l'autre ; et dans ces qualités réside la vertu, l'énergie des formes élémentaires : Dicendum est, secundum Philosophiim, (de partibus animalium, lib. II a principio), quod formas elementorum marient in mixto non actu sed virtute; marient enim qualitates proprise elementorum licet remissœ, in quibus est virtus formarum elementarium. » Saint Thomas résume dans ce peu de mots, et par là même il s'approprie la théorie développée par Aristote dans l'ouvrage qui vient d'être cité. Le philosophe de Stagyre distingue, dans tout corps animal, trois degrés de composition, et par conséquent trois ordres de composants. Il y a les membres, comme la tête et les mains : ces parties principales du corps, qui sont les dernières dans l'ordre de la composition, sont nommées par Aristote parties dissimilaires (avo[xoto[;.£py3) , parce qu'elles sont composées de parties moindres, qui diffèrent les unes des autres par leur contexture, comme sont les os, les nerfs, les fibres, la peau. Ces dernières, qui sont les composants du second degré, Aristote les nomme parties similaires [o\Loio\i.epf^ ; enfin, il y a les composants primitifs, qui sont les éléments, ou plutôt, dit Aristote, les forces de ces éléments : « Cum triplex sit compositio, prima statut potest ea quse ex primordiis conficitur, quse nonnulli elementa appeltant... sed melius fartasse dici potest ex virtutibus confici elementorum. » Qu'on veuille bien y prendre garde : Aristote ne parle pas ici de ce qui précède la formation du composé, mais

du composé existant, vivant, ayant ses membres ; et de même que dans les membres il se trouve des os, de la chair, de la peau actuellement existantes, ainsi, pour expliquer l'existence et la différence de ces tissus, il affirme comme actuellement existantes les forces élémentaires. Il aime mieux affirmer l'existence des forces que celles des éléments eux-mêmes, parce que cette dernière offre des difficultés, et exigerait des explications dans lesquelles le Philosophe ne tient pas à s'engager présentement. Nous aurons nous-mêmes à résoudre cette seconde question ; mais celle que nous traitons en ce moment, la seule dans laquelle nous ayons proprement affaire avec la science, à savoir si les forces des corps simples restent dans le composé, Aristote, comme nous venons de le voir, la résout affirmativement sans l'ombre d'hésitation.

C'est qu'en effet l'hésitation n'est pas possible dans l'ordre des faits que nous venons de signaler. Si les forces des éléments dont le corps humain est composé avaient été détruites, s'il ne restait plus dans l'homme, avec l'âme raisonnable, que la matière première, sans qualité, sans force, sans détermination d'aucune sorte, il n'y aurait point de différence entre les parties du corps : les os, les fibres, les nerfs, tout cela serait une seule et même chose ; il n'y aurait plus, par conséquent, de différence entre les organes; et il serait impossible d'assigner la raison pour laquelle le pied ne serait pas l'organe de la vision aussi bien que l'œil, et pourquoi nous n'entendrions point par l'estomac plutôt que par l'oreille. L'estomac, l'œil et le pied étant également et uniquement composés de matière première, prêteraient à l'âme un concours également docile pour les diverses opérations, qu'elle ferait, dans cette hypothèse, en vertu de ses seules forces. La conséquence est évidemment absurde, et absurde par conséquent est l'hypothèse d'où cette conséquence se déduit par un lien nécessaire.

Il est une autre théorie d' Aristote d'où cette même conclusion ressort avec une égale évidence. C'est la théorie à l'aide de laquelle le philosophe démontre l'aptitude du corps humain à servir d'organe au sens du toucher. Il remarque avec raison que ce dernier est en quelque sorte le sens général, dont tous les autres ne sont que des forme» spéciales ; l'œil, en effet, ne perçoit

— sala lumière et l'oreille le son, qu'autant que ces organes sont touchés, l'un par l'onde lumineuse, et l'autre par l'onde sonore. Cependant les qualités tactiles proprement dites : le chaud, le froid, la résistance, sont perçus par le toucher suivant une loi toute différente de celle qui régit la perception des sons et des couleurs. C'est parce que l'oreille ne possède par elle-même aucun son qu'elle peut les distinguer tous ; de même, l'œil est apte à percevoir les couleurs parce que lui-même est incolore. Le corps, au contraire, en tant qu'organe du toucher, possède toutes les qualités tactiles ; il a une certaine chaleur, une certaine résistance; comment donc pourra-t-il servir à percevoir ces qualités dans les autres corps, et ne pas donner lieu à confondre celles des autres corps avec les qualités semblables qui lui sont propres ? Aristote examine ce problème dans le chapitre XI du second livre de Anima, et la solution qu'il donne est pleinement acceptée par saint Thomas (2^ 2* q. 164, a. 1, ad 1). Le corps humain, dit-il, possède dans la surface charnue par laquelle nous touchons les corps étrangers, toutes les qualités dont ils sont doués ; mais ces quahtés sont en lui à un degré moyen : ainsi, sa température est également éloignée d'une chaleur excessive et d'une absence complète de chaleur; sa consistance a également un degré moyen de fermeté. Composé des quatre éléments (suivant l'opinion généralement adoptée jadis), le corps en rassemble dans un tempérament parfait les quatre qualités fondamentales, le chaud et le froid, le sec et l'humide. Et c'est par là qu'il est apte à saisir les qualités des autres corps, en tant qu'elles s'éloignent de la moyenne, dans un sens ou dans un autre. Car du moment que l'un de ces corps est plus chaud ou plus froid, plus mou ou plus dur que notre corps, il fera sortir ce dernier de son état actuel et produira par là même une sensation. Nous ne discutons pas en ce moment cette théorie ; ce que nous voulons constater, c'est qu'elle est toute fondée sur la permanence réelle des qualités élémentaires dans le corps humain : or, ces qualités ne sont autre chose que les forces : la chaleur est une force, la résistance également ; donc, si les qualités élémentaires demeurent dans le composé, comme Aristote et saint Thomas l'affirment, les forces demeurent également. Enfin, voici une théorie qui paraît appartenir en propre à saint

Thomas, et qui achèvera de mettre dans toute son évidence la vérité que nous cherchons à démontrer : la théorie de la mort. C'est pour expliquer ce triste phénomène que le saint docteur nous a rappelé les enseignements d'Aristote sur la composition du corps humain. Saint Thomas, en effet, tire de cette composition la solution de la difhculté qu'oppose à l'explication de la mort de l'homme l'immortalité essentielle à son âme. D'un côté, il est certain que l'àme, forme du corps, lui donne non-seulement sa vie, mais encore son existence substantielle ; d'un autre côté, il est également certain qu'inaccessible aux atteintes de la mort, l'àme n'a rien en elle-même qui puisse l'empêcher de faire toujours vivre et exister avec elle cette matière qui lui est substantiellement unie. D'où peut donc venir la mort ?

De fait, répond saint Thomas, la mort vient du péché, puisque Dieu avait créé l'homme immortel. Mais cqmme cette immortalité était un don gratuit, le péché, en nous l'ôtant, n'a fait que nous remettre dans notre condition naturelle. La mort, en effet, nous est naturelle; et comment? Parce qu'elle résulte de la condition essentielle de notre corps. L'âme, il est vrai, est immortelle et incorruptible de sa nature ; et d'elle-même elle tendrait à rendre également incorruptible la matière à laquelle elle est unie ; mais celle-ci porte en elle-même un principe de corruption dont l'âme ne peut pas naturellement la délivrer. Quel est ce principe ? Si en dehors de l'âme, il n'y a dans l'homme que la matière première, celle-ci étant absolument indifférente à toute détermination, ne pourra évidemment opposer aucun obstacle à l'action vivifiante de l'âme. Si elle peut être vivifiée un jour, elle peut l'être toujours. La matière première du corps du vieillard n'a sous ce rapport rien de plus et rien de moins que celle du corps du jeune homme ; et par conséquent il n'y aura pas de raison pour qu'on meure de mort naturelle à cent ans plutôt qu'à vingt ans. Encore une fois, d'où peut venir la tendance naturelle du corps à la corruption ? Elle vient, répond saint Thomas, de ce que la matière, dans l'homme, n'est pas privée de toute détermination, de toute qualité et de toute force ; c'est un corps composé de qualités contraires ; et c'est cette contrariété qui produit nécessairement la corruptibilité. « Forma hominis est anima rationalis quae est de se immortalis; et ideo mors non est

naturalis homini ex parte suœ formée. Materia autem hominis est corpus taie quod est contrariis compositum, ad quod sequitur ex necessitate corruptibilitas ; et quantum ad hoc mors est homini naturalis. » Ces qualités contraires que le corps humain renferme en lui-même sont précisément les forces élémentaires dont Aristote vient de nous parler : « Oportebat corpus humanum esse organum tactus^ et per consequens médium inter tangibilia ; et hoc non poterat esse nisi esset ex contrariis compositum, ut patet per Philosophum, in 2 de Anima. » Mais quelqu'un se persuadera peut-être que, dans la pensée de saint Thomas, les forces des éléments ne sont pas restées dans le corps, en tant que le corps est matière ; qu'après la disparition des éléments eux-mêmes, ces forces n'existent plus que dans l'àme, à peu près comme les forces végétatives et sensitives. Pour repousser cette supposition, il suffirait d'en montrer l'opposition avec le raisonnement du saint docteur. Si les forces contraires, par lesquelles il explique la corruptibilité du corps, résidaient dans l'àme, c'est donc de l'âme et non du corps luimême que naîtrait cette corruptibilité : le corps serait corruptible parce que l'âme l'informerait de manière à le corrompre, en le soumettant à des forces contraires ; et par conséquent la corruption naîtrait non de la matière elle-même, mais de la manière dont cette matière serait unie à sa forme. Or la théorie entière de saint Thomas proteste contre cette explication. Du reste, il ne nous laisse pas la peine d'interpréter sa pensée : car, comme s'il avait prévu qu'on pourrait donner ce sens à ses paroles, il le repousse expressément : « Cette opposition des forces, dit-il, et la corruption qui en résulte appartiennent à la nature du corps humain en tant qu'il est matière, et nullement en tant que cette matière est unie à la forme, car la forme étant incorruptible de sa nature, tendrait plutôt à rendre la matière également incorruptible : Hœc conditio in natura humani corporis est consequens ex necessitate materiae, non autem est conditio secundum quam materia adaptetur formée; quia si esset possibile^ cum forma sit incorruptibilis, potius oporteret materiam incorruptibilem esse. » (2^ 2* , q 76. a. 1, ad I.)

Arrêtons-nous ici un instant pour admirer la justesse et la beauté de cette théorie. Si, aux notions anciennes sur les quatre

éléments et leurs qualités, nous substituons les notions plus précises de la science UiOderne sur les forces physiques, nous trouverons dans les paroles de saint Thomas, non-seulement l'explication de la mort, mais celle de la vie.

La vie nous apparaîtra telle qu'elle est en réalité, comme une lutte incessante entre les forces supérieures du principe vital et les forces inférieures de la matière. Ces dernières sont de deux genres : les forces mécaniques et les forces chimiques. Les unes et les autres sont en opposition avec les forces vitales. Tandis que la pesanteur attire vers la terre toutes les parties de notre corps et tous les liquides qui circulent dans ses vaisseaux, l'énergie vitale nous tient debout, et fait remonter notre sang des extrémités inférieures vors le cœur et du cœur vers la tête. Tandis que les agents extérieurs, la chaleur, l'électricité, etc., travaillent sans cesse à dissoudre les combinaisons chimiques qui forment les divers tissus de nos organes, le principe vital neutralise ces influences corruptrices, et seul il défend ce petit monde dont il est le roi, contre la coalition des forces auxquelles obéit l'univers matériel. Aussi longtemps que, dans cette lutte, le principe vital demeure le plus fort, la vie s'accroît ou du moins se maintient sur son terrain ; mais, comme tout ce qui est créé, l'énergie vitale a ses limites. Un moment vient où elle ne soutient plus que faiblement le combat ; les forces inférieures prennent peu à peu le dessus, le corps se penche vers la terre, la circulation des fluides se ralentit, les organes se matérialisent de plus en plus ; enfin, la vie est complètement vaincue, et les forces matérielles ne trouvant plus de résistance, n'ont qu'à s'exercer sur le cadavre, comme elles agissent sur tous les autres corps, pour le faire tomber en pourriture.

En ce point, comme en tout le reste, l'ordre physique et natu> rel est le symbole de l'ordre moral et surnaturel. Là encore la vie se montre à nous comme le résultat de la lutte entre les forces supérieures, qui nous portent vers Dieu, et les forces inférieures qui tendent à nous rabaisser vers la terre; et nous voyons l'àme, tout immortelle ({u'clle est par sa nature, subir la plus honteuse de toutes les morts, lorsqu'elle permet aux tendances qui la poussent vers la matière de prévaloir sur les instincts spirituels et divins.

Mais pour que la vie physique soit ainsi l'image fidèle de la vie morale, pour que la théorie de saint Thomas conserve sa vérité, et suffise à expliquer les faits, il faut nécessairement que les deux ordres de forces contraires subsistent dans l'être vivant. Supprimez les forces inférieures, ne laissez plus subsister qu'un seul principe actif, il n'y aurait plus de contrariété, et partant plus de lutte ; la mort sera impossible et la vie inexplicable ; par excès de respect pour saint Thomas, vous lui auriez enlevé une de ses plus belles théories.

Que si le lecteur désirait avoir une expression plus précise de la pensée de saint Thomas sur le point qui nous occupe, il la trouverait dans le passage suivant de l'opuscule De Natura materiœ (ch. VIII), cité par le P. Kleutgen : « Dans la production d'un composé (chimique), les corps simples ne sont nullement réduits à l'état de matière première; sans cela les forces des corps simples ne demeureraient pas dans le composé, tandis qu'elles y demeurent. La génération du composé n'est donc pas précédée par une corruption proprement dite ; car les éléments ne sont pas entièrement corrompus, comme l'enseigne Aristote au livre pf des Météores. La mixtion ne se fait qu'entre des choses qui peuvent se séparer, et qui, par conséquent, conservent ce qu'il faut pour être aptes à exister séparément. In generatione mixti non fit spoliatio simplicium usque ad materiam primam ; aliter vir tûtes simplicium non remanerent in mixto : nunc autem manent. Unde non est corruptio simpliciter per quam fit generatio compositi, cum elementa non corrumpanturpenitus, ut dicitur lihro I Meteor. Quia eorum est mixtio quorum est separatio ; non enim miscentur^ nisi quœ apHa sunt per se existere. »

On ne voit pas comment saint Thomas aurait pu exprimer plus clairement la doctrine qui est généralement considérée comme appartenant en propre à l'école chimique. Peut-être obj cetera- t-on d'autres passages où le saint docteur semble nier le fait qu'il vient de constater, et donner de ce fait l'explication que Suarez déclarait naguère inadmissible. Il dit, nous le savons, en plus d'un endroit, que la chaleur, la couleur, et les autres qualités du cadavre ne sont pas numériquement les mêmes que celles du corps vivant ; mais quelle raison donne-

t-il de cette assertion ? Celle-ci, que nous retrouvons également dans Aristote, à savoir que la substance à laquelle adhéraient ces accidents, ayant subi un changement essentiel, les accidents ne peuvent plus être absolument les mêmes. Naguère ils étaient les propriétés d'un corps vivant ; maintenant ils appartiennent à un cadavre. Dans ce sens, nous pouvons accorder, nous aussi, que des doux côtés il y a eu changement ; mais on imputerait gratuitement à saint Thomas une absurdité palpable si on lui faisait dire que la chaleur du corps vivant a été détruite, et qu'une chaleur nouvelle a été produite dans le cadavre. Si telle eût été la pensée du saint docteur, il n'aurait pas pu dire que les accidents restent après la décomposition ; pas plus qu'on ne peut dire qu'un homme reste dans une chambre s'il en sort pour être remplacé par un autre homme. Il serait également faux de dire que, dans la composition et la décomposition des substances, les éléments ne sont pas réduits à la matière première. Si nous ne voulons pas mettre saint Thomas en contradiction avec lui-même, si nous ne voulons pas saper par la base plusieurs de ses plus belles théories, il faut admettre qu'il a reconnu la permanence des qualités et des forces dans les éléments ; et puisque c'est sur cette vérité qu'est fondé l'accord de la philosophie scolastique avec la science moderne, nous avons le droit de regarder cet accord comme conclu, non-seulement par l'autorité de la raison, mais encore par l'assentiment exprès des deux pères de la scolastique, Aristote et saint Thomas. Ce n'est pas sans un sentiment de vive joie que nous proclamons à ce sujet notre profonde conviction. Car, en vérité, c'était faire une situation intolérable aux disciples les plus consciencieux de saint Thomas, que de persister à mettre ses enseignements en opposition avec la doctrine soutenue par l'immense majorité des savants orthodoxes. Saint Thomas, pour son compte, n'eût jamais accepté cette situation ; car, loin de vouloir contredire en quoi que ce soit les conclusions de la science, le désir de rester toujours d'accord avec elle l'a porté à accepter quelquefois trop facilement telles de ses conclusions qui n'étaient pas suiTisamment démontrées. N'imitons pas cette facilité trop grande ; soyons plus exigeants envers la science moderne que saint Thomas ne l'a été envers celle de son temps ; n'acceptons ses théories comme

certaines que lorsqu'elle les aura prouvées ; mais évitons à tout prix ce qui pourrait l'amener à faire avec la philosophie catholique un divorce aussi contraire à la nature des choses qu'aux intérêts des deux parties.

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