‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 12 sur 34 · ALBERTE, MAURICE · texte numérisé non relu

ALBERTE, MAURICE

iiliVBJaa. — Eh bien, vrai! j'ai cru qu'ils ne s'en iraient jamais... On n'a pas entendu que je télépho-

- Non, non. Dis donc, ils viennent de nous inviter à dîner tous les deux pour dans huit jours™ C'est leur vieille invitation de l'année dernière qui ressert. Ils espèrent sans doute, en retour, qu'on va les combler de billets de théâtre... J'ai dit que j'allais te consulter.

UAtnttCE. — Oh ! qu'est-ce que tu veux î Acceptons. On leur a déjïl fait faux bond l'an dernier... Dis donc, c'étaient les Raymond qui parlaient au téléphone. Ils vont à l'Opéra ce soir; ils nous offrent deux places dans leur loge.

Alberte. — Eli bien, oui, on peut accepter... Mois j'y pense... si Achille vient passer la soirée ici...

Maurice. — Et il viendra très probablement... Mais on ne va pas se gêner avec lui. Nous lui dirons que nous allons à l'Opéra.

Alberte. — Tu ne veux paa essayer encore une fois de le faii-e inviterï

Maurice. — Oh! non, rapi>elle-toi ce qui s'est passé à l'Opéra- Comique... F^s Gérard nous offrent deux places dans leur loge. Comme nous sommes très intimes avec eux, nous avons emmené Achille. C'est effrayant ce qu'on était tassé... Les Gérard nous ont souri beaucoup plus aimablement qu'à l'ordinaire, mais je connais ce murire-Ià: ça veut dire qu'ils ne nous inviteront plus... Et puis, n'est-ce pas, je ne sais pas... il y a des gens qui sont un peu g^ncs de cette situation ; ainsi les Thouvelin, tu vois, ils nons invitaient tous les trois, l'année dernière, et maintenant ils n'invitent plus Achille.

Alberte. — Evidemment.

Maurice. — Qu'est-ce que tu veux, nous allons lui dire que nous n'avons que deux places...

Alpehte. — Oui, mais va-t-il comprendre?

Macrice. — Je n'en sais rien.

Alberte. — C'est qu'il tient tant à nous!...

Maurice. — Oui, il est comme un enfant: il ne veut pas nous quitter...

Alberte. — C'est très rare, un attachement pareil.

Maurice. — Mais il en souffre... II est évident que nous sommes aussi aimables que possible avec lui, mais un jour, que veux-tu, nous pourrons nous montrer un peu fatigués... ce serait un déchirement pour ce pauvre garçon.

Alberte. — C'est comme pour la question du dimanche; il prétend qu'il ne peut pas passer le dimanche tout senl. D'autant plus qu'il lui semble bien naturel que nous l'emmenions dans notre auto, comme il t'emmenait dans la sienne...

Maurjck. — J'aurais dû prendre une carrosserie à deux places; la question ne se serait pas posée.

Alberte. — ■ Qu'est-ce que tu veux, c'est parfois un peu gênant, mais c'est tout de même quelque chose de rare, d'avoir un bon ami comme ça dans la vie.

Maurice. — Oui, ça n'est pas commun. On sent chez lui une telle chaleur d'affectiou.

Alberte. — Que nous avons également )Kiur lui d'ailleurs.

Maurice. — Oui, que nous avons pour lui.

Alberte. — Qu'est-ce que c'est I On a gratté à In porte...

Maurice. — On a gratté à la portet

Alberte. — Oui, par là... quel est ce bniitî

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