‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 5 sur 34 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

ACHILLE, ALBEBTE, MAURICE

actuellement les chauffeurs. Elle est maculée de cambDui«, d'fauite et de pau.sière.

Maurice, entrant. — Ainsi, tiens, à la Patte-d'Oîe, là-bas... Tu ne connais pourtant que ça, c« croisement... Eh bien, non, il a fallu que tu stoppes devant le poteau pour déchiffrer toutes les indica-

Achille.

— C'est si ennuveux de faire d

re quand on s'est trompé.

Maubice.

— Mais on ne se trompe pas, \o\-

Et ce n'est pas ça qui te paralyse, au fond... Seulement, chaque fois qu'il y a un croisement de route, il faut que tu prennes une résolution, et tû n'aimes pas sa. Quand on se trouve devant un o"batacle, c'est la même histoire. Tu es à te demander: est-ce que je prendrai à droite? Est-ce que je-prehdrai à gauchef Et tu t'arrêtes . devant.

Achille. — Oui, mais, au moins, je n'entre pas bedons.

Macbide, — D'accord, mais, dans ce ca»^là, on n'avance pas, ce n'est pas la peine de faire de l'auto.

Albeste. — Le fait est, Achille, que si Maurice n'était pas dans ton dos pour décider à ta place...

Madbicb, — Eh bien, qu'est-ce que' voua- voulez, on ne se refait pas. Moi, je suis né comme ça; j'ai le sens de l'orientation, c'est un'instinct, oômme ehe:i les pigeons voyageurs.

Achille. — Dis aussi que tu as la ciu'te sous les

UACiaCE. — Maie non, tnon ami, mSme.qUand je n'ai pas de carte, je vois aussi elàîr et aussi juste. Quand tu apergois une poule à quatre cents mètres, ce sont des fanfares de trompe à -n'en plus 0hîr.

Alberte. — Et, l'antre jour, quand il s'est arrêté en voyant un troupeau de moutons.

Achille. — Les moutons sur la droite, on dit que c'est mauvais signe.

Alberte. — Alors, tu attendais qn'îb veuillent bien passer à gauche.

Maurice. — Il ralentit également quand il passe n'importe quelle voiture... A fa place, je renoncerais à l'auto et je prendrais un bon pbaéton attelé d'un demi-sang normand.

Achille. — Non, parce que j'aurais peur des

Maitrice. — Et, ce qu'il y a de rigolo, c'est que les voitures doivent avoir rudement peur de toi...

Tu vas doucement sur la route, mais tu as l'air de guetter les cochers poui* les renverser... Avec ce système-là, on ne fait pas beaucoup de chemin... Sans moi, nous serions encore là-bas à visiter cette viUa.

Est-ce qu'elle vous plt^t, Maurice?

Achille, — Eh bien, oui, ou fait : loue-t-on T ou ne loue-t-on pasî

Madrice. — Elle n'est pas mal; elle est confortable, en somme, et bien distribuée, joliment située.

Achille. — Et toi, Alberte, qu'est-ce que tu en dis?

Alberte. — Je la trouve bien ; c'est près d'une gare.

Achille. — C'est commode pour les communications avec Paris, mais on entend le bruit des

Maurice. — Il n'en jiasse pas souvent sur cette

ligne.

Achille. — Alors, ce n'est pas commode pour les communications!

Maurice. — Résumons-nous, Tu préfères ne pas

Achille. — La villa a ses avantages... on est bien chez soi.

Alberte. — Pas de voisins !

Achille. — Mais, alors, on est un peu isolé... Ça doit être triste à la longue... Si on pouvait faire du jardinage.

Alberte. — Mais il y a de très jolies fleura dans le jardin.

Di:i

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UILLUSTRATION THÉÂTRALE

Achille. — Oui, mais ça doit être un aria pour les entretenir.

Mahrice. — Décidément, on ne loue pasT

Achille. — ta vue est si belle !

ALlffiBTE. — Le fait est que la vue est magnifique.

Achille. — Mais l'intérieur est bien moche.

Albertb. — Qu'est-ce que tn veux, l*a mniaons toutes meublées...

Achille. — Ces pravurea, ces photographies de gens qu'on ne connaît pas, ces meubles qui ne sont I)lus neufs et qui ne sont pas encoi'e assez anciens.

Maubice. — Il y a une salle de bains!

Achille, — La bonne femme qvii faisait milei" m'a dit qu'il fallait quatre heures pour chauffer un bain... J'aime mieux ne pas y compter, j'emporterai mon tub.

Maurice. — Alors, on loueî

ACHtLLB. — Je veux bien. Mais, qnand la cuisinière verra la cuisine an sous-sol? Et, vous savez, on n'a qu'un puils pour l'eau.,. Qu'est-ce que c'est que ce puilsf II faudra faire bouillir notre eau à boire, et le fourneau de la cuisine et^t bien petit.

Madhice. — Alors, je vois que tu es d'avis d'y renoncer.

Achille. — C'est si embêtant de chercher. Si je loue, est-ce que c'est toi qui iras il l'agence pour <1cbattre le prixî

Mattrice. — Je suis il ta disposition.

Achille. — Oui, parce qne, tu sais, s'il faut batailler ponr les prix, discuter les réparations, j'aime mieux passer l'été à Paris!

Maurice. — Alors, j'irai à l'agence demain.

Achille, — Tu ne peux pas y aller maintenant T

MauHice, — Bon! bon! je vais y passer.

Achille. — Comme ça, on n'en parlera plus!

Maurice. — C'est à deux pas d'ici, jly vois et je reviens.

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