‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 7 sur 34 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

LES THOUVELIN

iBtU. — Eh bien, tu as vuf

Thouvelin, — Qu'est-ce que j'ai vuï

Irma, — Eh bien, les fleurs... C'est une gaffe-. Nous sommes chez Alberte depuis une semaine... La déveine veut que son anniversaire de mariage tombe juste pendant cette semaine-là, et nous ne lui avons rien donné,

Thouvelin. — On ne souhaite pas l'aïuiiversaire de mariai, ce n'est pas une fête!

Irua. — Merci. Enfin, il faut absolument que nouK tenr fussions une politesse.

Thouvelin. — Quoiî

Irma. — On pourrait les înriter à dîner au restaurant.

Thouvsun. — Fichtre I Mais, est-ce que c'est indispensable, à ton avisi

Irua. — Oh! indispensable!

Thouvelin. — Eh bien, c'est gai! Où les inviter? Quand nous dînons dehors, tous les deux, au restaurant, nous trouvons de bons petits établissements à trois francs cinquante, compris le vin. C'est, d'ailleurs, aussi bien que dans n'importe quel restaurant. Seulement, du moment qu'on les invite, on ne peut pas les traiter à prix fixe... Ce n'est pas pour l'argent...

Irma, — C'est pour l'argent 1

Thouvelin, — Ce n'est pas complètement- pour l'aient, je t'assure. Je déteste commander sans savoir où je vais... C'est l'inconnu... C'est un peu effrayant.

Irma. — Voyons, mon ami, il faut tout de même savoir faire un sacrifice, et même avec une politesse, notre voyage nous aura coûté beaucoup moins cher qu'un séjour à l'hôtel: voilà ce qu'il faut se dire. D'ailleurs, quand on est quatre, on ne demande pas pour quatre, bien entendu, on demande pour trois,

Thouvelin. — Oui, mais si on apporte trois filets de sole ou trois ris de veau quand on est quatre, ça ne fait pas bon effet, la quatrième personne a l'air d'avoir été punie. Enfin, quand est-ce qu'il faut que je les invileî

Irma. — Ce soir.

Thouvelin, tombre. — Ce soirî

Irma, — Oui, ce soir, s'ils sont libres. Comme ça, nous aurons l'air de fêter leur anniversaire.

Thouvelin. — Eh bien, fètons-le... Mais, écoute, j'y pense... Et Maurice Marin, eet-ce qu'il faut-l'inviter, luiT

Irma. — Depuis une semaine, je l'ai vu ici tous les jours. Il est de toutes les expéditions au dehors; on peut le considérer comme de la maison,., Dîsmoi, est-ce que tu crois qu'il y a quelque chose entre Albei'te et Iniï

Thouvelin. — Je me le suis déjà demandé.

Irma. — Et qu'est-ce que tu t'es répondat

Thouveun. — Je ne me suis pas. répondu. Et toi?

Irma, — Moi aussi, je flotte.

Thouvelin. — Tu vois comme c'est compliqué, tout de même, quand on se met à inviter les gens à

Irma. — Mais non, ce n'est pas compliqué. C'est même très simple; ou il y a quelque chose entre eux, ou il n'y a rien...

Thouvelin, — Ça, c'est inattaquable!

Irma, — Eh bien, dans le doute, il faut inviter Maurice Marin. Supposons qu'on ne l'invite pas..,

Thouveun. — Je suppose...

Irma, — Et qu'il y ait vraiment quelque chose entre eux... Aloi-s, c'est une soirée ratée, ce sont des frais imitiles... Altwrte ne cessera d'être mome, maussade, et elle ne nous saura aucun gré de notre •invitation, au contraire. Et, -même, es-tu sûr qu'au dernier moment elle ne nous fasse pas le coup de la migraine, pour ne pas venir du (outt Tandin que, si nous invitons Maurice Marin, elle sera épanouie, pleine d'entrain, de bonne humeur, et elle nous aura beaucoup de reconnaissance. Elle est même capable de ne plus nous laisser partir, après ça.,. Et puis, il n'y a pas à discuter, mon ami, à Paris, c'est l'usage, on ne met jamùa une femme à côté de son mari. On s'arrange toujours pour ia mettre à côté de son ami.., c'eift ce que les maîtresses de maison appellent « faire leur table ». C'est tout un artl

Thouveun. — Tu as raison... tu as raison... In-

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L'ILLUSTRATION THEATRALE

vitons Maurice Marin... De toutes façons, ee a plus convenable... Et pnis, une fois qu'on s'est laneé dans les folies... (Aprci réflexion.) Seulement, je ne sais pas ai, quand on est cinq, on peut encore demander pour trois.

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