‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 9 sur 34 · MAURICE, ALBERTE · texte numérisé non relu

MAURICE, ALBERTE

Mautice. l'instani d'aprèi, l'approche J 'Alberte et la

Maurice. -

Alberte. - Maurice. -

- Petit bec chéri !...

Petite bec aimée!...

■ Tu n'es pas gentille, aujourd'hui.

Alberte. — Pourquoi ça, ma petite reineT

Maurice. — Tu n'as pas eu ton bon regard quand je suis rentré, tout à l'heure.

Alberte. — C'est ça,., c'est ça!.., I) fallait sortir mon bon refrard devant les Tiiouvelin... Ça ne fait pourtant pas partie des curiosités de Paris, ça...

Maurice. — Qu'est-ce que tu penses qu'ils croient, les Thouvelin t

Alberte. — Oh ! Je suis bien tranquille, tu sais... Ils ont peut-être un tout petit, toiit petit soupçon... mais je n'ai pas été maladroite avec eux... J'ai abordé la question devant eu.v, tout à l'heure, du ton le plus franc. Maintenant, ils doivent être persuadés qu'il n'y a rien entre nous, heureusement, tu sais!

Maurice. — Pourquoi, ce sont de mécliantes gensT

Ai.BKKTE, — Non. ce ne sont pas de méchantes tiens, ils sont simplement très mauvaises langues.,. Tu comprends, ils n'ont pas jrrand'chose à faire dans la vie... 11 n'a jamais eu de maîtresse... Elle n'a jamais eu d'amant,.. Alore. ils parlent des autres liersonnes, et. naturellement, cela les soula^, de dire Fur leur prochain les choses les plus effroyables.,. Je suis siire que si. tout à l'heure, je n'avais pas parlé de toi earrcment, eh bien, à la prochaine occasion, ils auraient marché i\ fond de train contre nous,.. Seulement, n'est-ce pas, j'ai pris les devants,.. Ils ont senti que je les traitais en amis,.. Maintenant, si on nous attaque devant eux, je suis siire qu'ils nous défendront.

>[auri<-e. — Tu m'aimes. hecT

Alberte, — Ce n'est pas la question.

Maurice, — C'esl toujours la question... Tu m'aimes, petite becT

Alberte. — Je l'adoi-e!.,. (ils se baisem lonsucmmi

l.« Irir,.. Alloue- w .IvKage lout à coup, en levant la tel*,)

J'ai oul)lié de dire à la cuishiière qu'on ne dînait pas.

Maurice, , — Ah! c'est ii ça que tu penses en m'em brassant ?

Alberte. — Non, mais, c'est que je vais te dire...

Maurice. — Ecoute, mon petit, moi, quand je l'embrasse, je pense à ce que je fais.

Alberte. — Mais, moi aussi, voyons. Oh! qu'elle

est mécliente !... Tiens!... (Rtli' lui baise eneorc l» lèvrco.)

Tiens! regarde, si je pense à ce que jetais.

L'ACCORD PAKKAIT

Maurice. — Elle est gentille, cette petite bec... ili la prend dam us brai.) Je crois que je vais avoir beaucoup de sympathie pour cette personne. En tout cas, je crois que je ne vais avoir pour elle, aucune espèce d'êloignement... Si on allait chez nousT...

AI.BEBTE, lotijDurs dini srs bras. — Demain.

Maurice. — Pourquoi çr, demain?

Alberte, Kricuse. — Demain, chéri, les Thouvelin ne déjeunent ]>aa ici... Je pourrai sortir de bonne heure.

Maurice. — Est-ce que tu m'aimes un petit peuî

nd. Tous

ctéscnlacciii vivement. Maurice, la

DP savoir ce qu'il dît.) Quelles t

- Qui est-ce qui a pu passer

vellesî

Ai^ERTE, de mioif. — Aucune, aucune nouvelle...

Maurice, d'un ton faussement dégagé. — SbvcZ-VOUS

quand ou\Te l'esposition des fleurs T

Albbrte. — L'année prochaine.

Maurice. — Celle de cette année...

Alberte. — Bientôt, je crob...

Maurice. — Noos ne manquerons pas d'y aller, n'est-ce paaf

Albgkte. — C'est une idée.

Maurice. — C'est une très bonne idée.

AliBERTE^ gaine le fond et, tout en pensant h autre chose.

— C'est une idée excellente. (A mi-voii.) Il n'y a plus personne...

Maurice, de par làî

Alberte, de même. — C'est effrayant. Quelqu'un est venu, cei-tainemeut. Tu avais i-aison quand lu me disûs...

Maubicb, bat. — Il faut me dire: vous.

Alberte. — Mais je te dis des choses assez compromettantes par elles-mêmes...

Maurice. — Cela ne fait rien... le v tu » s'entend trop!

Alberte. — Alors vous aviez raison, quand vous me disiez qn'il valait mieux ne pas s'embrasser dans cette pièce.

Maurice, — C'est stupide... c'est de Ir folle...

Alberte. — Quel malheur de s'être laissé pincer!... Nous qui depuis deu.x ans... Mais, 8ais~tQ»T

Maurice. — Tous, \'ous..

Alberte, ïffarée, sai» eomprcmlrt. — VoUS, VOUSÎ

MAintiCE. — Dites-moi vous... Dites-moi vous!...

Alberte, de même, toujours bas. — Je veux bien te dire vous, mais je ne sais plus du tout ce que je disais.

Maurice. — Tu disais... (Ta(«nt du pi*d av*i împa. ticnce.) Yous me disiez... vous me demandiez si je savais...

Alberte. — Sais-tu qui a pu nous voirî

Maurice. — Je n'en ai aucune idée...

Alberte. — On était si tranquilles!,.. On était trop tranquilles. On ne pensait pas qu'une pareille chose arriverait jamais!

Maurice. — C'est absurde de n'avoir pas pris plus de précautions... pour une fois...

Alberte. — Qu'est-ce qui va arriver T

Maueice. — RasBure-toi.

Alberte. — Rassure-toi... Rassure-toi!... Il me dit: « Rassure-toi!... » Est-ce que tu es rassuré, toiî Voilà quelqu'un...

Maurice. — Qui est-ce encoret

Achille ippariit i la baie. Il rczarde Alberte et Mau-

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