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Au pied de ce lit, gisent à terre, abandonnés en désordre, les souliers de la parturiente , un peu plus loin, également à terre, un bassin dont l'utilité n'est pas contestable ; puis, sur une chaise luxueuse, une boîte, dont la serrure figurée avec exactitude, est remplie de bandes et de compresses classées méthodiquement. Ce n’est pas encore l'asepsie moderne, mais c’est déjà la propreté.
Là s'arrêtent nos éloges et commence notre critique. La scène principale, la parturition, est d’une réelle médiocrité, et cependant l'artiste y a figuré neuf personnages, si nous comptons le nouveau-né, dont la tête seule est visible.
La parturiente est dans la position obstétricale, les jambes écartées et repliées sur l’abdomen; mais l'expression de la physionomie est défectueuse : ce n'est pas celle de la douleur, c’est plutôt celle de l’'étonnement ; les membres supérieurs n'ont pas une attitude naturelle : tandis que le bras gauche est accoudé sur l’épaule d’une assistante dans une pose théâtrale, le bras droit est mollement élevé et soutenu sans effort par une autre assistante. Il suffit de comparer ce torse avec celui d'Alcmène, pour que la différence saute aux yeux des moins attentifs. Sous le flottement de la chemise, suffisamment abaissée pour masquer le mont de Vénus, apparaît la tête en position transversale ; c'est une O.I. D. A. dont la rotation vient de s’accomplir.
La sage-femme, agenouillée sur une chaise, — ce qui n’est guère favorable au travail qu'elle doit accomplir — et les manches retroussées jusqu'à mi-avant bras, soutient à peine du bout des doigts la tête qui apparaît, comme si elle craignait de briser en la touchant cette frêle existence.
Tout, dans ce personnage, est factice et conventionnel, et ne répond pas à la réalité. On peut en dire autant des autres personnages qui assistent, l'air distrait ou indifférent, aux souffrances de l’accouchée ; mais le mari surtout, impeccable dans ses vêtements comme dans sa coiffure, a une physionomie jobarde assez déplacée en un pareil moment.
Arrivons à l’œuvre de GiBeuin (figure 7), que j'ai rencontrée à l'Exposition coloniale de Marseille et qui a été le point de départ de ce travail. Cette gravure porte comme titre : L’Accouchement, d’après l'un des Tableaux de la nouvelle Ecole de chirurgie, Dédié à M. Joseph David ; à Paris, chez la veuve la Gardette, marchande d'Estampes rue du Roulle. A l'angle gauche on lit : inventé et peint par Æ. Gibelin, à l'angle droit : gravé à l’eau-forte par le même. Nous verrons plus loin que cet artiste avait, en effet, plusieurs cordes à son arc.
Au cours de mes recherches sur l’obstétrique dans l'Art, j ai retrouvé cette gravure dans l'Histoire des accouchements chez tous les peuples, de WrrkowsxI. À la page 349, cet auteur la reproduit sous le titre : Une couche laborieuse chez les Grecs, d'après un panneau du musée Orfila. Il ajoute, dans une note : « A la Faculté, personne, doyen, bibliothécaire, professeurs, ne connaît ni l’auteur ni le sujet de cette peinture. Nos recherches nous ont permis d’en découvrir une gravure, qui porte pour légende: L’Accouchement,avec le nom du peintre, Gibelin. »
Où est ce tableau aussi remarquable que peu remarqué ? Quels nombreux déménagements lui a-t-on fait subir ? Nous ne pouvons que
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