‹ L'Accouchement DirigéChapitre 12 sur 50 · TER · texte numérisé non relu

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Sans que soit démontré son usage comme analgésique : VOGLER le préconisait pour supprimer la « tension, les contractions et les Spasmes des parties internes » ainsi que les crampes et les D ont Si les résultats n'étaient pas ceux qu’on atten- . dait, le principe d’une Obstétrique médicale était tout de même a posé et il sera le point de départ de recherches particulièrement fécondes. C’est alors qu’éclata en chirurgie le coup de théâtre de l’anesthésie. Après la découverte de JACKSON et MORTON

(1846), le chirurgien WARREN pratiqua la première opération Sous anesthésie à l’éther, à Boston, le 1è octobre 1846. Plus tard, Sir James SIMPSON appliqua l’éther en Obstétrique dans les accouchements laborieux (ce qui jui valut le prix Monthyon en 1856). Puis, fait important dans l’histoire de l’obstétrique médicale il préconisa l’emploi du chloroforme dans jes accou- Re chements ordinaires : la première apphcation en fut faite le T7 avril 1853, sur la Re VICTORIA, à la naissance de son huitième enfant, d’où le nom de chloroformisation « à la Reine », __ donné à la méthode. Appliquée habituellement, l’analgésie « à la Reine eut rapidement de nombreux adeptes, et elle est encore 3 Dec Gas utilisé assez couramment aujourd'hui.

S A la fin du xix‘ siècle, l’assistance que l’on pouvait apporter aux femmes en travail disposait déjà de méthodes précieuses, mais consistant surtout en procédés opératoires, rendus plus efficaces par l'application de l’asepsie, introduite en Obsté- 2: trique par SEMMELWEIS. L’Obstétrique médicale néanmoins se trouvait déjà munie, en plus de la méthode d’anesthésie géné- rale utilisée dans les opérations, du procédé « à la Reine » qui, - appliqué surtout au moment de l'expulsion donnait entre les Ée mains de certains accoucheurs des résultats très encourageants.

Notre siècle assista à l’essor immense de la science obstétricale dans ie sens opératoire, avec la mise au point de la 2 césarienne corporéale, puis segmentaire (BAR, SCHICKELÉ, BRINDEAU..) de la césarienne avec extériorisation temporaire . de l’utérus (PORTES, en 1923), parallèlement avec les progrès de Ps Gynécologie opératoire (J.-L. FAURE, DOYEN). D'autre part la meilleure connaissance de la physiologie et du mécanisme de l'accouchement, le grand développement des sciences chimiques et biologiques ne pouvaient manquer d'offrir à l’'Obstétrique

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médicale les ressources de médicaments nouveaux pour renforcer les contractions utérines et accélérer ainsi la marche de l'accouchement; au début on eût à déplorer de nombreux gccidents dus aux trop fortes doses et au titrage incertain des premiers produits. .

La standardisation des extraits post-hypophysaires (1), exprimée en unités internationales de VOEGTLIN, permettant une posologie précise et plus judicieuse, en fait aujourd’hui un médi- | cament extrêmement précieux, véritable « digitaline du mus- À cle utérin (LE LORIER) dont probablement aucun accoucheur ne voudrait plus se passer. Dans le cas contraire, pour freiner des contractions trop violentes, comme des douleurs subintrantes, la morphine et ses dérivés furent employés couramment.

Voici donc l’obstétrique moderne enrichie de toutes les acquisitions ayant permis l'essor prodigieux de la chirurgie en général : anesthésie, asepsie, technique rigoureuse, et possédant des médicaments actifs et maniables, susceptibles d’infiuencer la marche du travail dans un sens ou dans l’autre. 4

Mais c’est seulement depuis les récents travaux de l'Ecole de Strasbourg, repris par l'Ecole lyonnaise, que l’on a réellement tenté de « diriger » médicalement l'acte de l'accouche- A ment. Ne

Et c’est cette méthode de « l'accouchement médical é. K (KREIS), ou de « l'accouchement dirigé » (VORON et PIGEAUD) que nous voudrions étudier dans ce travail. Ee

Dès 1925, continuant les recherches de son maître SCHI- CKELÉ, KREIS, de Strasbourg, étudia la contraction utérine, sa #4 physiologie et sa pathologie et particulièrement les états Spasmodiques du muscle utérin, localisés à certains endroits ou se ralisés; il en dévoila la grande fréquence, rendant l’accouchement dit spontané souvent difficile et pénible : étudiant de près de nombreuses observations, KREIS démontra le peu d’utilit de la poche des eaux dans le mécanisme de la dilatation et mêm

() Le sulfate de spartéine est actuellement à l'étude en tant qu'ocytociqu et semble présenter un intérêt certain.

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l’obstacle qu’elle constitue souvent à la marche normale de l’ac-

couchement. Après de nombreux essais cliniques, KREIS créa une méthode d’ « Accouchement médical », basée sur la rupture

‘des membranes au début du travail (dilatation de 1 f.) et sur

l'administration systématique d’un antispasmodique à base de belladone et d’opium (Spasmalgine), dans le but de prévenir les spasmes du muscle utérin et d'accélérer ainsi le travail tout en le rendant moins pénible. Puis KREIS appliqua sa méthode à l'épreuve du travail dans les bassins limites, permettant d’obtenir rapidement une indication opératoire dans les meilleures conditions de résistance pour la femme.

Ces travaux furent repris en 1932 par VORON et PIGEAUD,

de Lyon. Ces auteurs appuyèrent la thèse de KREIS, mais com-

plétèrent la méthode par l'administration très fréquente de post-hypophyse, contrebalancant l’action parfois inhibitrice de la spasmalgine. Ils démontrent l’innocuité de la post-hypophyse à faibles doses même répétées et la plus grande efficacité de la spasmalgine associée à l'extrait pituitaire. Le rôle dystocique de la poche des eaux est de même admise par les auteurs lyonnais, qui rompent également les membranes d'une facon systématique, mais à une dilatation plus avancée (5 f.).

VORON et PIGEAUD proposent le terme d’ « accouchement dirigé » pour désigner cette méthode qui a pour but de raccourcir la durée de l’accouchement et de le rendre plus suppor-

table, et cela sans aucun danger pour la mère ou pour l'enfant.

Si cette méthode fut et demeure très discutée, surtout en

- tant que méthode devant s'appliquer indistinctement à tous les

cas, elle semble néanmoins constituer un progrès considérable, et une étape vers l'accouchement « humanisé » tel que nous voudrions le voir réalisé un jour.

D'autres méthodes ont vu le jour durant ces dernières années. Ce sont toutes des procédés d'accouchement rapide par association d’ocytociques avec une anesthésie générale par inhalation (chlorokélène avec DELALANDE) par administration intraveineuse, intrarectale ou régionale (rachianesthésie avec DEL- MAS, infiltration du sympathique lombaire, anesthésie périnéale,

épidurale continue, etc...).

Nous les avons cités dans notre introduction en nous | posant de les éliminer complètement du çadre de notre travail.

Ces procédés « mécaniques » d’ « accouchement artificiel » ne sont pas exempts de dangers; ils doivent reconnaître d indications très précises et, bien qu'ayant donné lieu à d'in ressants succès entre les mains des auteurs, ils We sont I pas encore entrés dans la pratique courante.

Nous nous en tiendrons donc à la méthode d’accoucheme médicalement dirigé, méthode de KREIS avec les modificatic me apportées par les Lyonnais et d’autres auteurs, méthode qui met actuellement entre les mains du spécialiste et même du praticien intelligent et instruit un procédé efficace et sans dan . ger qui, tout en prévenant certaines complications et évita de nombreuses interventions instrumentales, rend dans presque > tous les cas l’acte pénible de l'accouchement infiniment lus supportable.

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