SUPER
Ses parents sont bien portants (père français, mère d’origine suisse allemande); ils n’ont pas d’autres enfants.
Elle a toujours été difficile à alimenter, nerveuse, si bien que le début de la maladie actuelle est difficile à préciser. On peut le faire remonter environ au mois de mars.
Le comportement de l'enfant s’est modifié; elle s’est plainte de douleurs des extrémités qui s’accompagnèrent d’éruption et de desquamation.
Après diverses hésitations, le diagnostic d’acrodynie est porté par un médecin de Bordeaux appele en consultation en avril.
Divers traitements sont tentés : belladone, vitamines, calcium, ayons ultra-violets, diathermie.
L'état ne s'améliore pas et tend au contraire à s’aggraver.
Quand nous voyons l’enfant, son aspect est typique.
Elle est hostile et anxieuse, se rejetant en arrière quand nous approchons. Par moment, elle est plus calme; à d’autres, au contraire, elle enlève sa chemise, se cache bizarrement sous les draps.
On est aussi d'emblée frappé de sa maigreur extrême el de son hypotonie qui lui permet de prendre les positions les plus singulières.
Les douleurs des extrémités sont vives, à type surtout de prurit, de picotement. |
L'enfant se frotte continuellement les mains et les pieds. Ces picotements s’exagèrent en paroxysmes intolérables, Il n’y a pratiquement aucun rép't, même la nuit. L'enfant ne dort pas (ses parents non plus) depuis deux mois.
L'aspect des mains et des pieds est typique. Une desquamation en squames polycycliques est visible le long des orteils et des doigts.
Les mains et les pieds sont de plus rouges.
Les sueurs ne paraissent pas spécialement abondantes, Il n’y a aucune menace de mutilation.
Il n’y a pas de paralysie, mais en raison de l’hypotonie, l’enfant tient à peine debout.
Les réflexes tendineux sont très diminués.
Cœur rapide (100), mais normal.
Tension artérielle (14-9) indice 2.
Poumons normaux. Bouche et dents normales. Pas d’adéno-
pathie, Pollakiurie, l’enfant demande sans cesse à uriner. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Formule sanguine normale,
Le traitement que nous mettons en œuvre comprend :
1° des injections sous-cutanées d’acétylcholine (5 puis 10 cg. tous les trois jours);
2° une médication calmante à base de gardénal et de bromure;
3° du chlorure de calcium.
Nous avons appris que la situation s'était transformée avec une extrême rapidité.
Après quatre semaines de traitement, le sommeil était complètement revenu, les douleurs disparues, la peau redevenue normale. Le poids a rapidement augmenté.
Fin juillet, l'enfant guérie allait passer ses vacances en Suisse, à ce point guérie qu'à leur passage à Paris, ses parents ne songeaient même pas à revoir les médecins qui l’avaient soignée.
Pour terminer cette liste de cas assez démonstratifs, nous croyons devoir y ajouter une observation prise dans la thèse de THÉBAUD, sur l’acrodynie dans la région nantaise.