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*) L'auteur de la version bodléenne, tout en abrégeant le texte, nous donne quelques détails qui manquent dans N et dans L; ainsi B seul (v. 57 et suiv.) fait mention d'une prière adressée par le roi à Dieu, ,qui a fait la lune”, pour protéger son fils. Nous ne croyons pas que cette prière, dont les derniers mots sont inintelligibles, appartienne àla : forme originale du poème. δ
L’ACHILLEÏDE BYZANTINE. 21
᾿ς nouissement de la jeune fille, n’a eu lieu qu'un peu plus tard, lorsqu'elle voit Achille. On lit au vers 1078 de W (— Z 771): χαὶ εὐθὺς ἐλιγοσύμησεν. ἔπεσεν πρὸς τὰ &y9y (ἢ εἰς τ. ἀ.). Ce dernier vers est ici à sa place; sa présence dans le passage précédent a améné des conjectures absurdes dans les trois manuscrits.
- Ce ne sont pas seulement des vers isolés qui font supposer une … origine commune aux trois versions; ils ont en commun des passages entiers dans lesquels l’incohérence des expressions ou l’absurdité du contenu ne s'explique que par le désir d’éclaircir quelque chose qu'on ne comprenait guère.
Prenons comme exemple V 1082 et suiv., correspondant à Z 116 et suiv., PB 444 et suiv. Achille est entré au jardin; les amoureux s’embrassent tendrement, mais ne vont pas plus loin. Pourquoi pas? D’après N le héros οὐκ ἡϑέλησεν ποσῶς τὸν ἔρωταν πληρῶσαι | ἵνα μὴ πάλιν γένηται Sepuérepos ὁ πόϑος (1083, 1084); 1 ἃ quelque chose d’analogue: on s'arrête ἵγα μηδὲν ἀγαπηδϑοῦν πλειότερα εἰς ἀγάπην (111); B aussi constate qu’on ne va pas jusqu” an bout: παρὴ οὐκ ἤσελέν more τὸν ἔρωταν πληρῶσαι ἕνα καὶ πάλιν γίνονται ἀμφότεροι # οἱ δύο (444, 445). ἢ Donc les trois versions sont d'accord sur la chose principale: Achille ne s’unit pas à la princesse. Les raisons que donnent W et Z de cette abstinence sont également absurdes; 2 ést confus. Ensuite tous les trois nous racontent que le couple continue ses caresses jusqu’à l’aube; W et Z ont mème la particularité qu’ils sont couchés dans un lit. Cependant l'union définitive des amoureux nous est décrite aux vers 1240— 1256 de N (Z 926—941, B 528—530). Il y a là quelque chose d'invraisemblable qui a frappé les remanieurs et qu’a signalée M. Wartenberg (ο. 1. p. 182). Celui-ci croit que l’auteur du roman se figurait que la jeune fille se donne à la première rencontre. ?) Nous ne sommes pas de son avis et voici pourquoi. À sa première visite Achille s’est contenté de baisers; il n’osait pas aller plus loin, parce qu'il craignait une trahison de la part de la princesse. Il sait que dans les bras d’une femme 1] n’est plus l’invincible Achille, mais à la merci de ses ennemis (Ν᾽ 1178-1180, ἢ, 867—568, B 488—4AS9) La princesse est attristée par ses soupçons; elle lui reproche sa méfiance et lui jette une couronne
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)) On peut à l’aide de N corriger ainsi le premier de ces deux vers: παρὴ (pour παρά) σὺκ ἤϑελεν ποσῶς τὸν ἔρωταν πληρῶσαι. Le second vers semble signifier ,encore une fois les deux (personnages) deviennent un seul”, mais probablement il faut lire #4 καὶ 7. ete.: safin que de nouveau ils s'unissent”, le poète voulant dire que plus tard l’union complète aura lieu, qu'on la remettra (καὶ πάλιν au lieu de κατόπιν).
‘) Le copiste de N ἃ annoté à l'encre rouge: ηὗρεν καιρὸν τὸν ἤϑελεν ὁ ᾿Αχιλλεὺς ὁ μέγας. Cette expression se prête à des explications différentes.