‹ L'Acide Borique et le Borate de Soude Action Physio-Pathologique - Utilisation Comme Antiseptique AlimentaireChapitre 28 sur 45 · B. LE CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

B. LE CONSEIL SUPÉRIEUR D'HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE

Alors que le Conseil d'Hygiène Publique de la Seine s’oppose à l'emploi du borate de soude pour la conservation de la viande, cette assemblée, lors du premier avis qu’elle a été appelée à donner en 1879, ne voit aucun inconvénient à son utilisation. S’inspirant des travaux de de Cyon (25) (26), de Herzen (45), Bouley (5) conclut ainsi son rapport : « Le biborate de soude pur, employé à la conservation des viandes n’a pas paru offrir d’inconvénients pour la santé des consommateurs ; et que par conséquent,

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il n’y a pas lieu de s’opposer à l’application de ce procédé. »

Quelques années plus tard, en 1885, sous l'influence de Pouchet (70), l’opinion du Conseil se modifie. « L'état de nos connaissances actuelles ne nous permet pas de décider en toute certitude de l’innocuité absolue pouvant résulter de l’ingestion très longtemps prolongée d’une substance étrangère aux aliments qui constituent nos divers produits alimentaires. » Une commission est instituée, à la suite des expériences faites (71), elle n’admet pas l’innocuité de l'acide borique.

Avec Dubrisay (31), elle refuse l’autorisation de conserver les œufs sans coquille à l’aide de l’acide borique à 8 p. 1000. « Aucune substance antiseptique, quelle qu'elle soit, ne doit être introduite dans les matières alimentaires. »

De nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, toléraient les antiseptiques alimentaires. Les mesures prohibitives prises en France, gênaient le commerce de ces pays, aussi la Chambre de Commerce britannique à Paris, saisit-elle le Conseil Supérieur d'Hygiène d’une réclamation concernant l'interdiction d'importer en France des viandes contenant du borate de soude et de l’acide borique. Le Conseil maintient sa manière de voir (Pouchet) (73).

L'emploi du borate de soude dans la préparation du caviar n’est également pas tolérée (Pouchet) (75).

Les négociants en beurre, demandent par l’intermédiaire du Ministre de l'Agriculture, l'autorisation d'employer le borate ou le fluorure de sodium à la dose de 0 g. 50 par kilogramme de beurre, Dans sa lettre au Conseil d'Hygiène, le Ministère s’exprime en ces termes : « Les négociants font valoir que le beurre doit son arôme agréable à un commencement d’altération et doit être consommé rapidement, car cette altération se poursuit et transforme très vite le beurre frais en beurre rance. Ils auraient vainement cherché à arrêter, autrement que par un antiseptique, cette altéra-

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tion au point voulu, pendant le temps nécessaire à permettre le transport des centres de production jusqu'aux lieux de consommation. »

« Les négociants assurent que l’usage d'enceintes frigorifiques ne résoud qu'incomplètement le problème, notamment en ce qui concerne le transport. »

Nous discuterons plus loin la valeur de ces arguments.

Cette demande est en outre appuyée par le Ministre des Affaires Etrangères, qui s'inquiète de la «répereussion très défavorable que l'interdiction de l’emploi de tout antiseptique peut avoir sur notre commerce d'exportation du beurre en Angleterre. »

Cette pression des Pouvoirs Publics n’émeut pas le Conseil, si les intérêts du commerce sont respectables dit Pouchet (74), ceux de la santé publique le sont plus encore. La conclusion du rapport est la suivante : « Le Conseil Supérieur d'Hygiène ne connaît actuellement aucun antiseptique dont on puisse conseiller l’addition aux matières alimentaires. » |

Le borax et l’acide borique ne sont également pas tolérés pour empêcher le développement des vers ou acares dans les fromages (Ogier) (66), l'efficacité du saupoudrage est contestable et l’acide borique a été retrouvé non seulement dans la croûte, mais encore dans la pâte des fromages analysés.

L'emploi en est également refusé pour la conservation de la présure destinée à la fabrication des fromages (Ogier) (67), de petites quantités d’alcool pouvant remplir le même office.

En 1910, les mareyeurs, afin de faciliter le transport du poisson, des ports de pêche aux lieux de consommation se voient refuser l'autorisation d'employer l'acide borique (Pouchet) (76).

Ce n’est qu'après une période de douze années que le Conseil se trouve saisi de nouvelles demandes. Les moru-

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