‹ L'Acide Borique et le Borate de Soude Action Physio-Pathologique - Utilisation Comme Antiseptique AlimentaireChapitre 29 sur 45 · ROSES · texte numérisé non relu

ROSES

tiers sollicitent l'autorisation de mélanger l’acide borique au chlorure de sodium pour aider à la conservation des morues et empêcher l'apparition du «rouge », altération des morues mal préparées, qui se traduit par une coloration rouge du poisson. Le Conseil répond : « Les industriels de l'alimentation pensent que le produit chimique doit suppléer aux défauts provenant de l'ignorance et de l’incurie » (Bordas) (73).

En 1928, une sous-commission ayant Pouchet pour Président, est nommée afin d'étudier à nouveau la question de l’utilisation de l’acide borique et de ses sels pour la conservation des morues (83). L'autorisation est refusée. Puis l’année suivante, sur un rapport de Bordas (14), le Conseil ne s'oppose pas à cet emploi pour la conservation des morues destinées à l'exportation.

C. CoNSEïIL D'HYGIÈNE ET DE SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE.

Cette Assemblée, créée par l'Ordonnance de Police du 18 Messidor an VIII (6 juillet 1802), s’est préoccupée très tôt des fraudes diverses dont les produits alimentaires pouvaient être l’objet. Dès 1846, elle s'inquiète de la généralisation de l’usage du carbonate de soude pour la conservation du lait et des abus constatés (77).

En 1856, le Conseil permet la conservation de la viande crue par fumigation d’anhydride sulfureux (78). C’est la seule autorisation que nous avons relevée dans toute la collection des rapports. Par contre, lorsqu'il s’agit de la viande cuite, il n’approuve que le procédé Appert (conservation par la chaleur).

I s’enthousiasme pour les travaux de Ch. Tellier relatifs à l’utilisation du froid dans la conservation de la viande et dès 1874, Poggiale (80) demande la poursuite de ces recherches et ajoute : « un moyen de conserver la viande

au A4 REA

fraîche, sans addition de substances étrangères, constituerait un bienfait public ».

Cependant, les demandes d'autorisation relatives à l’utilisation des antiseptiques, ne cessent d’être soumises au Conseil. En 1877, une commission composée de Delpech, Poggiale et A. Voisin, examine le procédé Scollay, qui consiste à injecter dans les veines de Fanimal de l’oxyde de carbone et ensuite un liquide dont la composition est la suivante : eau 4 litres, carbonate de soude, 454 g., borate de soude 454 g., acide salicylique, 4 g., acide benzoïque, 4 g. Après une première dégustation d’une côtelette de mouton, les membres de la commission 2 à 3 heures plus tard sont pris de vertiges, d’étourdissements, de météorisme, ma-. laises abdominaux. Qucique deux autres dégustations n'aient été suivies d'aucun trouble, la commission émet l’avis : « que la viande préparée se conservait pendant 8 à 30 jours suivant la température, mais qu’elle présentait l'inconvénient de produire des troubles digestifs appréciables lorsqu'on en faisait usage pendant plusieurs jours » (80).

En 1878, un procédé conservant la viande fraîche en la saupoudrant de borate de soude lui est à nouveau présenté. Après une intervention de Pasteur, l’autorisation sollicitée est refusée parce que : « dans l’état actuel de la science, on ne peut affirmer que le borate de soude puisse être mêlé sans inconvénient aux matières alimentaires » (81).

Les formules pour la conservation des denrées alimentaires se multiplient et le Conseil d'Hygiène s’émeut à nouveau. Nocard à ce propos écrit : « la jurisprudence du Conseil n’a jamais varié : il n’a pas cru qu'il fût possible d'autoriser l'emploi de produits antiseptiques, même inoffensifs à haute dose, quand il s’agit d’assurer ou de prolonger la conservation des matières alimentaires d’ori-

gine animale » (82).

Sur un rapport de Bourgoin (16), le Conseil refuse à nouveau l'autorisation d'employer de l'acide borique. Malcré leur condamnation officielle, l’usage des antiseptiques alimentaires se généralise de plus en plus pour la bière et la viande, Riche (85) demande l'arrêt de cette invasion des aliments par les produits chimiques. Le Conseil adopte les conclusions de son rapport. « Il y a lieu d’interdire l'emploi des antiseptiques, quels qu'ils soient, nocifs ou non, dans toutes les matières alimentaires » (86).

Pendant de nombreuses années, l’idée d’utiliser des antiseptiques alimentaires semble avoir été abandonnée. L'emploi du Froid se généralise et le commerce en comprend toutes les possibilités et en saisit tous les avantages.

Il faut la période de la guerre 1914-1918 pour que la question réapparaisse à nouveau.

Le Ministre de l'Agriculture par circulaires en date du 14 février et 11 avril 1916, autorise par mesure exceptionnelle et provisoire l'emploi de divers antiseptiques et notamment de l’acide borique et du borax à la dose de 9 p. 1.000 dans le beurre et dans la margarine.

En 1917, le Conseil n’en continue pas moins à condam-

ner l'emploi des antiseptiques alimentaires (Martel) (61). .

Une demande est formulée en 1919, afin d’obtenir l’autorisation d'utiliser dans la pâtisserie des jaunes d’œufs additionnés de 2 à 2,5 p. 100 d’acide borique.

Un rapport de Lindet (54) est adopté par le Conseil d'Hygiène, les conclusions en sont les suivantes : « Tous les hygiénistes ont repoussé l'emploi des antiseptiques pour la conservation des matières alimentaires, de crainte que leur présence n’en cache l’altération et remédie momentanément aux dangers que présente un produit mal préparé. Malgré la pénurie d'œufs, dont la population souffre aujourd’hui, nous ne croyons pas devoir prendre la responsabilité de conseiller d'admettre comme inoffensive

la consommation des jaunes d’œufs additionnés d’acide borique. »

Dans la discussion, Hanriot, Vaillard, Wurtz, se sont opposés à toute addition d’antiseptiques aux denrées alimentaires.

Page 1