DISTRIBUTION DU BORE DANS LA NATURE
Le bore ne se trouve pas seulement en grande quantité: sous forme d’acide borique et de borate dans certains gise— ments, comme les «soffioni » de Toscane qui sont exploités. industriellement, mais encore à l’état de traces dans de. très nombreux échantillons de terre (Agulhon) (1).
L’acide borique naturel n’est pas pur, il contient du. sulfate d’ammoniaque, du sulfate de chaux, de l’alun, du soufre, etc... L’acide extrait des borates peut contenir de l'acide sulfurique, du sulfate de soude, du cuivre et du sulfate de plomb.
La présence de l’acide borique dans les tissus végétaux, a été constatée dès 1879 par Béchi (5). La teneur des varechs, feuilles de platane, sommités d’absinthe, fleurs de chrysanthème, oignons comestibles, varie de 2 g. 10 à 4 g. 60 par kilogramme de cendres ; dans le blé, l’orge, le riz, le seigle, les champignons de couche, le cresson, le pourcentage est très faible et la quantité trouvée ne dépasse pas 0 g.50 par kilogramme de cendres (H. Jay) (47). La plus forte teneur a été rencontrée dans l'écorce du bouleau, où Agulhon dans 100 grammes de cendres a décelé 0 g. 20 de bore, correspondant à 1 g. 17 d'acide borique. Dans la règle, les parties durables du végétal, l'écorce et. le bois sont les plus riches,
La présence de l’acide borique a été relevée dans les vins ‘de Californie (Rising) (89), dans ceux de Saxe (Solstein) 95). Des quantités variant de 0 g. 0105 à 0 g. 022 par litre -ont été trouvées dans des vins absolument naturels, des Bourgogne de 1892, des Bordeaux de 1889, ainsi que dans des cidres et poirés préparés au laboratoire en 1892, 1893 “et 1894 (Jay et Dupasquier) (49). De tous les liquides d’origine végétale, le vin est un des plus riches en acide borique “et des quantités allant de 0 g. 009 à 0 g. 033 par litre ont été trouvées (Jay) (47), ce dernier chiffre maximum a été observé dans des recherches faites sur un Gamay d’Indre- -et-Loire. :
En 1929, Dunn et Bloxam (32) ont constaté la présence de l’acide borique dans les oranges, dans les proportions ‘suivantes : 1 g. 44 par kilogramme d’écorce et 0 g. 36 par kilogramme de pulpe. Les poids moyens de ces deux parties de l'orange sont les suivants : 30 g. pour l'écorce et 120 g. pour la pulpe.
Ainsi, on retrouve l’acide borique chez tous les végétaux “qu'ils croissent sur le sol ou dans les eaux.
On pourrait faire la même généralisation dans le règne animal. Les animaux et l’homme, l’absorbent par l’intermédiaire des végétaux qu'ils consomment, il est normal -d’en déceler dans les urines, qui sont la voie principale .d’élimination de cette substance. Jay (47), (48), le retrouve à raison de 0 g. 0086 par litre dans l’urine de vache et “ g. 0075 dans celle de jument. Analysant l’urine de l’homme aux diverses périodes de la journée, cet auteur constate -que le maximum se situe le matin, l'élimination oscille à ce moment entre 0 g. 011 et O0 g. 035 par litre ; la teneur minimum de 0 g. 005 à 0 g. 015 par litre est observée dans l’après-midi. ;
Pour les carnivores, les végétaux ne sont qu'un aliment zaccessoire, c’est pourquoi, dans l’urine des chiens que nous
savons examinée, nous n'avons jamais trouvé d’acide bo-
rique en utilisant la méthode au papier de curcuma dont. nous indiquerons ultérieurement la technique.
Le bore a été non seulement rencontré dans les urines des herbivores, mais encore dans de nombreuses parties de leur organisme. Il a été retrouvé dans les cornes et la bile de bœuf, dans les poils et le sang de cheval, dans la totalité d’un cobaye nouveau-né, dans les muscles de lapin, à raison de {/200 de milligramme pour 10 g. de substance sèche, soit 1 mg. pour 7 kg. de muscles à l’état frais (Bertrand et Agulhon) (6). Cependant le bore n’est pas également disséminé dans toutes les parties de l’organisme, car il n’a pu être décelé dans les os, la chair musculaire du bœuf, dans le lait de vache, dans le sang de bœuf et de mouton (Jay et Dupasquier) (49). À partir de 1 kg. de matériel, Jay (47) n’a pu le mettre en évidence, ni dans le lait de vache, ni dans le sang de bœuf.
Les végétaux trouvent le bore dans le sol, et sa présence dans le règne végétal est constante quoique en quantité. infinitésimale ; les animaux et spécialement, les herbivores. et les omnivores, par leur alimentation, en absorbent de petites quantités chaque jour, de ce fait, on le retrouvesurtout dans les urines et en très faible proportion dans les. productions épidermiques et parfois dans les muscles.